CHAPITRE SIXIÈME
Histoire d'Ixtlilsocliill , lils et sucrassour de Tcchotlala.
La reine Ilancueitl et le roi Acamapichlli surent maintenir le bon ordre dans la ville qui composait lout leur royaume. Ils l'agrandirent en y ajoutant de nouvelles digues,
do nouveaux canaux, et l'embellirent en y faisant ériger divers bâtiments en pierre.
Ils furent interrompus dans ces pacifiques travaux par un appel que leur adressa leur suzerain Tezozomoc, roi d'Azcapolzalco. Ce prince avait résolu de faire la guerre à Tzompantecuhlli, roi des Olomiles, qui tenait alors sa cour a Xaltocan. Les Otomiles furent complètement défaits, Tezozomoc resta maître de la plupart de leurs provinces, el, pour reconnaître les bons services que les Mexicains lui avaient rendus, il leur accorda la possession de divers villages et porlions de territoire sur la terre ferme. Ils commencèrent ainsi à sortir de l'obscurité et en même temps leurs relations avec Tectiollak les initièrent à l'industrie et à la civilisation de la cour de Tezcnco. Celle-ci nous rappelle les anciennes cours de l'Asie, par la magnificence qu'on y étalait et par la sévérité de l'étiquette.
Après la mort d'Ilancucitl, Acamapicblli régna par luimême; les historiens indigènes disent qu'il occupa le trône pendant cinquante et un ans. 11 eut pour successeur, après un interrègne de quatre mois, Huitzilihuitl, jeune prince de la plus rare bravoure.
Huitzilihuitl fut sacré solennellement par les prêtres; il ligure dans les peintures avec la mitre d'or, ornée de plumes de quctzal; emblème de la royauté. Les nobles mexicains, désirant donner plus d'éclat a cette royauté, résolurent de marier le roi à la fille de leur suzerain Tezozomoc, roi d'Azeapotzalco. La demande faite à genoux, dans les termes les plus humbles, fui accordée. Peu de temps après ce mariage, lluilzililiuill eut d'une autre femme Monlezuma I", le plus illustre des souverains aztèques.
Vers la même Époque, Tlacalcolzin devint roi des Mexicains de Tlatilolco, et épousa également une fille de Tezozomoc. La population des deux villes prit alors de rapides accroissements.
Techollaia, roi de Tezcuco et empereur des Chichimèques,
mourut après un règne auquel les chroniques indigènes assignent une durée de cent quatre ans'. Selon les mêmes chroniques, il fut Irès-regretté de ses sujets, et les soixantetreize seigneurs entre lesquels le pays était alors divisé assistèrent presque tous a ses funérailles, et prêtèrent serment de fidélité à son lîls Ixtlikochitl.
Tezozomoc avait supporté impatiemment la suprématie de l'empereur des Clnchimèques, mais la grande puissance de Techollala l'avait forcé au silence. Délivré de celui dont it redoutait le pouvoir et l'énergie , il résolut de secouer le joug et de devenir à son tour le chef suprême de l'Anahuac. Pour s'y préparer, il lit venir à sa cour les deux rois mexicains, et leur dit confidentielle ment qu'il était très-irrilé de i'or^'Lseil et des prétentions d'Ixtlilxochill. « Il ne veut pas reconnaître d'égaux, ajouta-t-il °, et cependant c'est a moi que revient l'empire en ma qualité de descendant de Xololl , qui en a été le premier fondateur. Ixtlilxochill est d'ailleurs un jeune homme de trop peu d'expérience pour conserver d'aussi vastes États. Je ne veux pas le reconnaître pour mon suzerain ; même je prétends le soumettre à ma suzeraineté. J'aurai pour cela l'aide de mes parents, qui sont nombreux et puissants; je les attirerai facilement à mon parti, ainsi que fous les princes de ma maison et leurs vassaux. »
Les chefs mexicains, ajoute l'historien que nous suivons, répondirent à Tezozomoc qu'ils approuvaient son projet, mais qu'il fallait agir avec prudence, parce qu'Ixtlitxochitl, bien que jeune, était brave et très-aimé de ses vassaux.
1 Nous nous abstenons d'indiquer ici les dates. En adoptant celles des liUorifi:-. (li: jiais . un sYj.jW;yr;iil liai:- 1111 lai); LÏnllii* smis tssili'; ils si»
contredisent souvent d'une page à l'autre sur des dates qui différent de iLLiSt-ciiii]. treille cl i].r:ii!ï l i j 1 . [ 1 : lî ;i i ci ans, surtout durant le qnatoriièroe
' Cette conversation se trouve mot pour mot dans VHlsloire des Ckicliimègues , de don. FeflHDd d'Alva IltlUxocfaitl,
Le roi en tomba d'accord; mais, voyant qu'il pouvait compter sur les Mexicains, il s'efforça de gagner à sa cause, par xlcs promesses et des prévenances, les autres princes de l'Auahuac.
Les seigneurs les plus éloignés de la cour profitèrent les premiers des dispositions de Tezozomoc pour se soustraire à la dépendance d'ixtlilxochitl, dont la puissance diminua ainsi de jour en jour.
Le roi d'Azcapotzalco, se voyant à la tète d'un parti considérable, voulut savoir alors jusqu'à quel point son rival serait disposé à résister à ses prétentions; il lui envoya une certaine quantité de coton, en le priant amicalement de lui en faire faire des étoiles. Ixtlilxo Chili, désirant éviter une rupture, accéda à la demande et renvoya, au bout d'un certain temps, le coton parfaitement iilé et tissu. Encouragé par le premier succès, Tezozomoc renvoya l'année suivante une plus grande quantité de coton, et Ixtlilxoclnll le fit encore tisser. Mais la même demande ayant été renouvelée la troisième aimée, le roi de Tezeueo comprit qu'il fallait combattre ou payer h l'avenir ce tribut. Il lit donc dire a. Tezozomoc qu'il gardait le eolun pour faire des cuirasses à ses troupes ', et qu'il le priait de lui en envoyer davantage. C'était une déclaration de guerre. Ixtlilxocliitl réunit en conséquence les étals du royaume en l'année Mi l, et y convoqua les seigneurs de son parti pour traiter avec eux des moyens de réduire le roi d'Azcapotzalco et ses alliés, qui voulaient s'emparer de l'empire *.
L'assemblée convint qu'avant d'entrer en campagne, et afin d'assurer à tout événement la stabilité de la succession ,
1 LCS pOuplcs du nouveau monda portaient, lorsqu'ils allaient il la yui'M'c , .les ])lii;fro!is rembourrés de coton, qui Étaient à l'abri des flèches et des dards.
1 Six provinces, notamment tellesde Tollatrinco et deTcpcpulco, etquelijiii'S seigneurs élaiciit demeures fidèles au lils de Teeliotlala.
il fallait reconnaître comme héritier légitime du trône Nctzahualcoyotl ', (ils d'Ixtlilxochitl.
On prêta serment au jeune prince, en cette qualité. Il était alors âgé de douze ans. Il était né le 28 avril 1402, et neveu, par sa mère, de Ghimalpopoca, lequel avait succédé en 1409 à son frère Huitzilihuill sur le trône de Mexico- Tenoclilillan.
La naissance de Nelzalmalcoyotl , que nous verrons devenir plus lard un des plus grands monarques de l'Anahuac, avait été trés-remarquée par les devins et les astrologues. Elle avait eu lieu au moment du lever du soleil, à la grande joie de son père; de sages gouverneurs, au nombre desquels se trouvait Huitzilihuill, le plus profond philosophe de l'époque, avaient été chargés de son éducation.
La guerre commença bientôt après la réunion des élats. On la poursuivit de part et d'autre avec acharnement et avec des succès variés. Cependant l'avantage finit par rester aux troupes d'Ixtlilxochitl , et Cuacuecuenolzin , le neveu et le plus brave des généraux de ce prince, mit le siège devant Azeapolzalco, sans y laisser entrer aucun secours d'hommes et de vivres.
Le blocus durait depuis quatre années, lorsque Tezozomoc, voyant que, loin de dompter les Chichhnèqucs, il avait perdu un très-grand nombre de soldais, et que sa capitale ne pouvait plus tarder à se vendre, recourut à un stratagème pour se défaire de ses ennemis sans courir de nouveaux dangers. 11 sollicita une trêve, promettant de conclure la paix et de reconnaître Ixtlilxochill en qualité de suzerain. Cuacuecueuolzin suppliait l'empereur de ne pas ajouter foi aux promesses de son rival, de s'emparer de la ville, qui ne pouvait résister davaniage, et de la détruire. Mais Ixtlilxochill , pressé de retrouver les délices de ses palais et de ses jardins
1 Ce nom signifie renaiil qui jeûne, de nez/iua, jetner, et coijoll,
de Tezcuco, et n'écoulant que la générosité de son caractère, fit lever le siège de la capitale ennemie et renvoya ses soldais. Us se retirèrent en murmurant de perdre une proie qu'ils croyaient tenir déjà, et Ixtlilxochitl resta seul et presque sans gardes à Tezcuco.
Alors commencèrent les malheurs de ce prince. Tczozomoc, fe. voyant sans défiance, jugea le moment propice pour mettre ses projets à exécution. Feignant de vouloir célébrer une grande fête, accompagnée de jeux et de danses, en l'honneur de la paix, il se rapprocha, à la tète d'une assez forte armée, du royaume de Tezcuco, et s'établit en un lieu appelé Temamatlac. Son intention était de s'emparer de la personne du roi chkhimèquc et de le massacrer avec tous les siens. Les deux rois mexicains avaient trempé dans le complot, ainsi que tous les autres princes que les liens du sang unissaient à Tezozotnoc; beaucoup de nobles et de seigneurs du royaume de Tezcuco, jusqu'alors fidèles à Ixtlilxochitl , mais qui ne lui pardonnaient pas d'avoir levé la siège û'Azcapotzalco , allèrent grossir le nombre des conjurés.
On fit inviter le roi chichimèque 1 assister à la fèle. Alors enfin il sortit de sa sécurité et comprit qu'une perfidie se tramait. Abandonné par la plupart de ceux sur le dévouement desquels il avait compté, il ne pouvait plus songer ni à fortifier sa capitale ni à faire venir dos secours. 11 chargea simplement son frère Tocuillecall Acololli d'aller trouver Tezozomoc, et de lui dire qu'il ne venait pas lui-même parce qu'il était malade, et qu'il le priait de remettre les fêtes à un autre jour. ^
Afin de rendre plus respectable celui qu'il chargeait de ce dangereux message, Ixtlilxochitl revêtit son frère du costume impérial, le couvrit de bijoux d'or et de pierreries, et le fit accompagner de quelques-uns de ses serviteurs.
Quand Tocuiltecatl arriva au lieu où s'était établi Tezo-
an
zomoc, il trouva les rebelles assemblés en conseil, et leur délivra le message dont le roi l'avait chargé. Mais on lui répondit : » Ce n'est pas toi, c'est ïxtlilxochiil que nous avons demandé, o Puis on se saisit de sa personne, on l'écorcha vif, et l'on étendit sa peau sur un rocher du voisinage. Tous ceux qui l'avaient accompagné subirent le m6me sort,
Ixtlilxochill fut informé de ce tragique événement tandis qu'il faisait à îa hâte quelques préparatifs pour repousser l'ennemi. Celui-ci, furieux de n'avoir pu s'emparer de sa personne, s'avançait, dans le dessein de surprendre et de saccager sa capitale. Le roi défendit Tezcuco avec une valeur héroïque pendant cinquante jours. Alors, témoin de la misère affreuse à laquelle la population de la ville était réduite, et se voyant abandonné même par la plupart de ses courtisans les plus intimes, il s'enfuit*t se réfugia dans la foret de Quauhiacac avec son neveu Cuacuecnenotzin, son fils Netzahualcoyotl et le petit nombre de ses partisans.
Une confusion épouvantable régna dans la ville de Tezcuco et dans tout l'empire après le départ du roi. Les uns proclamaient Ixtlilxochill, les autres Tezozomoc. Les anciennes chroniques américaines nous disent que la division existait dans toutes les familles : le père embrassait un parti, le fils en embrassait un autre; le pays entier fut ravagé; les habitants quittaient en foule leurs demeures pour aller s'établir en d'antres lieux.
Cependant le roi fugitif et ses compagnons, serrés de près par les rebelles, se retirèrent toujours plus avant dans les montagnes; Ixllilxochitl ayant appris que les seigneurs demeurés fidèles à sa cause avaient été obligés également de chercher un refuge dans les forêts, résolut d'envoyer à Otompan pour demander du secours à Quetzalcuitli, qu'il avait mis a la tête des guerriers de cette province.
S'adressant en conséquence au fidèle Cuacuccuenotzin , il
lui dit" : « Tu vois, mon neveu, les malheurs qui affligent mes vassaux les Aculhuas Chichimèques, puisqu'ils ont été obligés d'abandonner leurs maisons et de se réfugier dans les monlngnes. Va dire à nos frères d'Olompan que les maux de mes sujets sont au comble , que nous sommes attaqués par les Tecpapeques et les Mexicains, et que j'implore leur secours; car si l'ennemi renouvelle ses attaques, il achèvera de disperser les misérables Aculhuas de Tezcuco. » s Noble et puissant seigneur, lui répondit Guacuecuenotziu en versant des larmes, je vous remercie de la grâce que vous me faites; je me charge de votre message, mais je ne reviendrai pas, car on a déjà proclamé Tezozomoc dans la province d'Olompan; tout ce que je vous demande, c'est de ne pas abandonner mes (ils et de les employer au service du prince Netzahualcoyoll. » Ixlliixochitl fut si louché du dévijuu nient et des pleurs de son général, qu'il resta quelques instants sans pouvoir proférer une parole; mais enlin, reprenant courage, il s'écria eu le serrant dans ses bras : a Mon neveu chéri, que les dieux te protègent et t'accompagnent; tu vois que je suis aussi exposé que toi, car pendant ton absence, les rebelles m'ôteront la vie. »
Cuacuccuenotzin partit; il se dirigea d'abord vers Ahuatepec 1 , où il possédait divers villages et fermes; il voulait y réunir des vivres et les envoyer a l'armée de son maître. Mais dés qu'il fut arrivé dons ses domaines, on s'empara de sa personne et on le conduisit h la place publique d'Olompan. Les habitants de la province s'y étaient réunis, et lui demandèrent pourquoi il venait. Il rendit compte du message dont il était chargé, et tin capitaine nommé Quelznlcuixtli s'écria aussitôt : « Tous ceux qui sont ici présents
1 Nous nous attachons , pour celle partie de notre récit, à In narration cîe l'historien indigène. Elle est à la fois la plus authentique et la plus intéressante, il raconte dans le plus grand détail les malheurs du roi et les aventures du prince Netiahualcoyotl , son ancêtre.
= Signifie montagne des cMnes; ahuatt, elicne; lepec, montagne.
ont entendu qu'IxlliixocMU nous demande dos secours; nous ne lui en accorderons pas , nous préférons nous mcllre sons la protection de notre père le grand Tezozomoc. a Icalzonc, qui gouvernait la province au nom du souverain chi chimique, ajouta : • Pourquoi irions-nous? Que l'empereur se défende lui-même, lui qui est un si puissant seigneur et qui se vante de descendre d'une si noble race ! Met- Ions en morceaux le capitaine général qu'il nous a envoyé, s Le peuple n'attendait que ce signal; il se précipita sur Ciiacuecucnolzin en criant : « Vive notre grand empereur Tezozomoc! » et le déchira en lambeaux. Icatzone s'avança et demanda qu'on lui donnât les ongles de la victime; il les enfila, les suspendit a. son cou, et d'il : « Puisque ces gens sont si nobles, leurs ongles doivent être des pierres précieuses d'un prix inestimable; je veux les porter comme un ornement. »
La populace prit plaisir pendant quelque temps à se jeter des lambeaux du corps de la victime, puis elle massacra les quatre serviteurs qui l'avaient accompagné (24 août 1418].
Mais un noble d'Ahuatepec qui se trouvait présent partit en grande haie pour rendre compte à Ixtlilxbchitl de ce qui s'était passé. Ce prince fit appeler alors la veuve de Cuacuecueuotzin, et lui dit en versant d'abondantes larmes ; « "Votre époux, mon neveu bien-aimé et mon capitaine général, a rempli son devoir de loyal vassal, car il a sacrifié sa vie pour ma défense. Prenez courage pour supporter les revers de la fortune, consolez-vous à la pensée que nous partageons votre misère, et cherchons ensemble les moyens d'échapper à cette persécution. » De là, le roi se retira avec ses fidèles en un lieu plus écarté, nommé Chicuhnayocan'. Il y passa trente jours.
Après ce temps, Ixtlilxocbitl quitta sa famille et le gros de ses serviteurs; et n'emmenant avec lui que son fils, deux
' Pays des neuf tortues; de chicana, neuf, et aijvtt, loriue.
capitaines et quelques soldats, il se réfugia dans le profond ravin de Quetzlachac. Y ayant trouvé un arbre abattu, il passa la nuit à l'abri de ses racines.
Cependant Tezozomoc faisait battre tous les recoins du pays pour découvrir son rival. Le lendemain du jour où le roi était arrivé a Quetzlachac*, un soldai envoyé par ce dernier à la découverte revint en courant lui dire qu'il avait aperçu une grande troupe d'ennemis qui s'approchaient rapidement. Le roi, voyant qu'il ne pouvait plus éviter la mort, ordonna au petit nombre d'amis qui l'entouraient de se disperser, puis il appela son fils et s'écria : » Mon fils bien-aimé, bras de lion Nelzahualcoyoïl, en quel Heu trouveras-tu un parent ou un allié qui veuille le recevoir? Mes malheurs vont finir ici; je vais quitter ce monde, mais je te recommande de ne pas abandonner tes sujets et les vassaux. N'oublie jamais que tu es Chichiméque, et tâche de recouvrer l'empire dont Tezozomoc te dépouille si injustement. Venge la mort de ton père infortuné, et ne laisse pas reposer ton arc ni tes flèches. Maintenant, cherche à te cacher dans cette forêt, je te i'ordonne; car ta mort mettrait fin à l'empire et à la glorieuse race de tes aïeux, o Le père et le fils sanglotaient de telle sorte qu'ils n'en purent dire davantage. Netzahualcoy otl , ayant embrassé Istlilxochill, obéit à sa dernière injonction, et monta sur un arbre dont le feuillage épais le célail à tous les regards.
Dans ce moment, le parti ennemi arrivait. Il était composé presque entièrement d'hommes des provinces d'Otompan et de Chalco, que l'empereur avait comblées de bienfaits peu de temps auparavant. ixililxochitl les chargea bravement et vendit chèrement sa vie. Il tua plusieurs de ses ennemis avant de tomber lui-même percé de coups de lance. Les rebelles, voyant alors qu'une troupe de guerriers accourait de la montagne pour venir au secours du prince,
1 Ce lendemain correspond, d'après l'historien Isllibioctiitl , au î4 septembre tiis.
laissèrent là le cadavre et reprirent en hâte le chemin d'Olompan. Toloeahiian l'un des officiers du défunt, releva le premier le corps en s'écriant : s 0 Ometecutli Ixtlilxochitl, la fin de les malheurs et l'heure de ton repos sont donc arrivées! C'est a l'empire à gémir; il est orphelin, il perd sa lumière et son père! Que vont devenir le prince Acohniztfi 5 Nelzahualeoyoll, mon seigneur, ainsi que ses Yassaux loyaux et infortunés? » Puis il commença à arranger le cadavre; d'autres Chichiméques arrivèrent bientôt. Ils dressèrent une sorte de balustrade sur le bord de lu rivière voisine de Quetzlachac, y placèrent les restes de l'empereur et veillèrent auprès toute la nuit. Le jour suivant ils les brillèrent à l'heure du lever du soleil. Us gardèrent soigneusement les cendres, en attendant qu'ils pussent les placer en un lieu convenable.
Le prince Nelzahualeoyoll était uyé alors de quinze ans et deux cents jours. On se souvient qu'oïl lui avait prêté serment en qualité d'héritier légitime de l'empire chichimèque, avant le commencement de la guerre avec Tezozomoc et ses alliés.