‹ L'Empire mexicain histoire des Toltèques, des Chichimèques, des Aztèques et de la conquête espagnole par le vicomte Th. de BussierreChapitre 8 sur 45 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Tezozomoc maître de l'Anuhunc, — - Hegae de si in fils Mastlatoo. — Aventures du prince Ne tzaliualco)oU.

Les assassins d'Ixtlilxocliitt se hâtèrent de porter à Tezozomoc la nouvelle de' leur crime; il les combla de faveurs. H distribua aussi des récompenses à ses alliés; les différents princes qui l'avaient soutenu furent investis de domaines considérables; les deux rois des Mexicains se virent affran-

■ Ce nom Bipiirie du pays des poules.

1 Épaule de lion; molli , épaule; mistti, lion.

chis du tribut qu'ils lui payaient, et obtinrent la pèche du lac et quelques agrandissements de territoire'. Ces princes avaient espéré des récompenses plus grandes encore, mais la puissance du redoutable Tezozomoc les empêcha de manifester leur mécontentement.

L'Anabuac entier était aux pieds du rusé vieillard; il s'y fit proclamer souverain, en conservant à Azcapolzalco son rang de capitale. Au lieti.de rétablir l'ancienne confédération des trois couronnes 1 , il partagea la vallée en sept principautés distinctes, et garda pour lui seul le pouvoir suprême.

Alîn que personne ne pût ignorer ses intentions, il convoqua tous les nobles et les principaux habitants de l'empire à une assemblée qui se tint dans une vaste plaine située entre Tezcuco et le village de Tepellaoztoc. Un des officiers du roi monta à un téocalli situé au milieu de la plaine, et proclama; en langues cbichimèqtie et tollèqne, que dorénavant, sous peine de mort, chacun devait reconnaître en qualité de seigneur unique et suprême Tezozomoc, roi des Tecpauèques, et lui payer o lui seul tous les impôts et revenus dus à l'empereur. Il fut ordonné ensitite à fous ceux qui rencontreraient le prince fictzalmnlcoyotl de s'emparer de lui et de l'amener, mort on vif, en présence de Tezozomoc; de grandes récompenses étaient promises pour cette œuvre de dévouement.

Le commencement du régne du tyran fut marqué par un acte de cruauté épouvantable. Tezozomoc lit demander à

1 Le! roi de Me\hn , (.' 1 1 r 1 11 ni ji< i [ino^i , recul la ville de Tezcuce. river ses dépendances. — Tlacatcotiin , seigneur de Tlalclolni, reçut He.ev>llii avec, un grand nombre de villages.

' Don Fernand d'Aha Iitliliocbitl dit, à la vérité, dana une autre du ses relations |la dixième), nue Tezozomoc associa à l'empire les rois d'AcoImnn et de Coliuatlirlia» , mais il se met en contradiction avec lui-mome et avec la tradition de l'Anabuac. L'em]iereur se borna, il co qu'il tarait, à décerner il res Ara\ princes le 1:1 rr pureiunil bmmrili'iiie île roi, Le.iis unis lus ler au partage de la souveraine puissance.

tous les enfanls âgés de moins de sept ans el déjà capables de parler qui ils regardaient comme leur souverain légiliinc, et il ordonna que l'on massacrât, avec leurs pères et mères, ceux qui répondraient Ixttiknehitl ou Netxahvalcoyell, et qu'au contraire on décernât des récompenses a ceux qui prononceraient son propre nom. Comme les malheureux enfants ignoraient cet ordre impitoyable et que presque tous ils avaient entendu dire a leurs parents qu'ils étaient vassaux des princes chichi m èques, ils les nommèrent et furent immolés.

Le roi s'occupa ensuite à faire rentrer sous l'obéissance, soit par lui-même, soit par ses capitaines, les cbefs des provinces éloignées qui s'étaient détachées de l'empire durant les derniers événements. Beaucoup d'entre eux se soumirent volontairement; les autres furent vigoureusement attaqués et subirent le joug.

Nelzahualcoyoll, informé des ordres que Tczozomoc avait donnés à son sujet, résolut, pour échapper ans embûches du tyran, de se retirer dans la province de Tlaxcalla', république dont les chefs étaient ses oncles. I! se mit en route déguisé en soldat, courut mille dangers, fut au moment d'être mis à mort par ordre du prince des Chalcas, et arriva enfin à Tlaxcalla, où il fut accueilli avec empressement. Le jeune prince avait l'espérance de remonter sur le tronc qui lui appartenait par droit de naissance. Il était résolu à tout tenter pour cela. Il fit part de ses projets à ses oncles, qui les approuvèrent.

II y avait près de six années que Netzahuakoyotl se trouvait à Tlaxcalla, lorsque quelques-unes des princesses mexicaines, qui étaient ses très-proches parentes, demandèrent à Tezozomoc de lui faire grâce de la vie. Le tyran ,

' Signifie endroit dit pain ; on y cultivait beaucoup de maïs. — Tlaicalla était une célèbre république qui sut toujours maintenir son indépendance vis-à-vis de l'empire. Nous aurons l'occasion d'y revenir oi de faire connaître son origine dans la seconde partie do celte liisloire.

voyant sa puissance parfaitement affermie, et croyant qu'il n'avait plus rien à craindre du fils d'Ixliilxochill, consentit à la requête, à la condition toutefois que le prince résiderait à Mcxico-Tenochtitlan , sans en pouvoir jamais sortir. Mais bientôt ses protectrices adressèrent à l'empereur desTecpanèques ()e nouvelles instances, à la suite desquelles Nctzahualcoyoll fut autorise a retourner à Tezcuco ; on lui rendit même les palais el les jardins de ses pères et quelques villages qui en dépendaient.

Ceci se passait a la fin de l'année 1426.

Quelque temps après Tezozomoc fit de bizarres rêves. Il songea d'abord que Nelzahualcoyoll, transformé en aigle royal, le saisissait et lui dévorait la poitrine. Il se réveilla plein d'effroi, mais il se rendormit promptement. Mors il vit le prince, changé en tigre, lui déchirer les jambes, puis s'enfoncer dans les eaux, les forêts et les montagnes, et en devenir le cœur 1 . Ce second rêve épouvanta le roi plus encore que le premier. Il fit appeler immédiatement les prêtres des idoles qui rendaient des oracles, leur raconta ses songes et leur en demanda l'explication. Ils lui répondirent que l'aigle son ennemi détruirait sa maison et sa race, que le ligrc ravagerait la capitale et le royaume d'Azcapolzalco , et que celui qui était devenu le cœur des eaux, des forêts et des montagnes, recouvrerait un jour l'empire.

Tezozomoc ayant demandé aux devins ce qu'il fallait faire pour éviter l'accomplissement de cette sinislre prophétie, ils lui déclarèrent qu'on détournerait les malheurs dont on élait menacé en faisant tuer Netzahualcoyotl , mais que ce devait être par surprise, parce qu'on n'y parviendrait pas autrement.

L'usurpateur de l'empire de l'Anahunc était arrivé alors au dernier degré de la décrépitude. Tous les documents indigènes, tous les historiens américains, affirment qu'il

• NOM rapportons fidèlement et sans commentaire les eipressions de l'historien indigène.

avait atteint l'âge de cent quarante-trois ans. Aussitôt après le départ des devins, il fit venir ses trois lils, Maitla ou Maxtlaton, Tayatzin 1 , et Tlaioca-Tlizpalzin. Après leur avoir adressé diverses recommandations, il leur dit que, s'ils voulaient conserver l'empire, ils ne devaient pas manquer de faire mourir le prince Nctzahualcoyotl lorsqu'il viendrait à Azcapotzalco pour assister à ses funérailles, lesquelles, ajouta-t-il, ne peuvent plus être éloignées, car je sens que ma fin approche. Puis il désigna son fils Tayatzin comme devant lui succéder.

Il mourut peu de temps après. La date assignée à son décès par les manuscrits hiéroglyphiques correspond au 24 mars de l'année 1427. On avertit immédiatement de son décès les rois mexicains et les princes de l'Anahuac, afin qu'ils vinssent aux funérailles de l'empereur. Nelzahualcoyotl s'y rendit également, et prit place parmi les seigneurs de la famille du défunt pour assister aux viles que les prêtres observaient en brûlant le corps. Tayatzin se souvenant des recommanda lion s de son père, les rappela seci rkimiil à son frère Maxllaton ! ; mais celui-ci lui répondit qu'il fallait attendre, et ne pas troubler par un assassinat la cérémonie funèbre. On négligea ainsi de se conformer aux injonctions de Tezozomoc. Nelzahualcoyotl, averti de ce qui se tramait contre lui, s'échappa aussitôt que l'on eut placé les cendres du roi dans le principal temple d'Azcapotialoo , et arriva heureusement à Tezcuco.

Cependant Maxtlaton, loin de tenir compte des dispositions de son père, jugea que la couronne lui revenait de droit en sa qualité d'aiué de la famille, cl se fit proclamer empereur. Héritier des sanguinaires instincts de Tezozomoc, il assassina son frère Tayalzin, en qui il reconnaissait un dangereux rival; et bientôt après Chimalpopoca, roi de

' Appelé aussi Quetsaljatl.

* De teyoa, gagner une bonne renommée.

3 Qui porte caleçon; lie maxtli, caleçon.

Mexico-Tenochtillan , etTlacatlcotl, roideTlalclolco, furent également massacrés par les sicaires du nouveau maître de l'Anahuac, parce qu'ils s'étaient prononcés en faveur de Tayalzin. En même temps, Max lia ton annonça que son intenlion était de soumettre de nouveau les Aztèques au tribut solennellement aboli par Tczozomoc.

Les Mexicains célébrèrent les funérailles de leurs princes avec les honneurs accoutumés. Ils brûlaient du désir de les venger; mais, ne se sentant pas assez forts, iis résolurent d'atletidre une occasion favorable. Ce qui leur importait surtout dans ce moment critique, était d'avoir des chefs courageux et capables. Le choix des Tenuchas' se porta d'abord sur Montezuma 1 Iihuicamina 1 , fils de Huitzilihuill ; mais Montezuma s'excusa sur sa grande jeunesse et engagea les anciens à se donner pour roi son oncie Itzcoalzin ou Ilzcohuall'. Ce prince était frère cadet de Cbimalpopoca, et réunissait une haute intelligence à un très-grand courage; il en avait donné des preuves nombreuses dans les dernières guerres de l'empire. Les lois excluaient Ilzcohuatl de la succession en sa qualité de fils d'une esclave; mais la nécessité l'emporta sur toute autre considération! Il fut élu à l'unanimité. Les Tlalielolcains proclamèrent Quauhtlaloazin*, que sa vaillance avait rendu également

Maxtlaton, après s'être défait de son frère et des deux rois mexicains, estimait qu'il ne lui restait plus qu'à faire périr le prince Nelzahualcoyoll uour jouir tranquillement du Irène qu'il avait usurpé. II lui dressa donc des embûches, chargea plusieurs de ses affidés d'aller le tuer, trouva

1 Habitants de Tenoclitlllan.

1 Ou pfuWt ilotecitltinmrt , ce (sut sisnitis sai/junn- sen'ir.

' Iihuicamina se traduit par qui lance des flèches.

* signifie serpent en obsidienne; A'itzli, pierre d'obsidienne , et coati,

1 oui a une voix d'aigle; de qnauhtli, aigle, et llatoa, parler.

çaient. Enfin, voyant que ses jours n'élaicnl plus en sûreté à Te^cueo, il prit la fuite par un passage souterrain pratique dans son palais, et qui aboutissait à la campagne (20 juillet 1427).

Maxtlaton, informé de la disparition de celui qu'il considérait comme son plus dangereux rival, eut un accès de violente colère. Il mit à prix la léte de Netzahitnlcoyoll, et envoya l'ordre h tous les seigneurs du pays de se saisir de sa personne, et de le lui envoyer mort ou vif. On proclama ensuite dans tout l'ancien royaume de Tezcuco que l'individu qui découvrirait le fugitif recevrait, fût-il des derniers du peuple, une femme noble et belle avec des domaines et des vassaux, et que s'il était déjà marié, on lui donnerait au lieu de la femme un certain nombre d'esclaves des deux sexes, n Ces promesses firent grand effet, ajoute le chroniqueur du nouveau monde, et les Tccpanèques poursuivirent parloul Netzahualcoyoll, comme des chiens enragés, à plus de cent lieues a la ronde. I! n'y eut pas de bourg ou de village qu'ils ne parcourussent par bandes, t

Hais les cruaulés de Tezozomoc et de Maxtlaton avaient ouvert les yeux à un grand nombre des anciens sujets d'Ixllilxochitl; ils regrettaient maintenant -la domination paternelle de leurs princes, et ils donneront des preuves d'un dévouement sans bornes h celui qu'ils considéraient comme leur souverain légitime. En plusieurs occasions, ii éebappa, grâce h leurs soins , nu péril le plus imminent. Une fois un vassal de la couronne, nommé Tozoma, le cacha dans un gros tas de fil de nequcm, au moment où les soldais envoyés à sa recherche n'étaient plus qu'à quelques pas. Peu de jours après, une femme de la campagne lui

rendit le mémo service en le couvrant de gerbes de cliian* qu'elle venait de couper dans les champs. Une autre fois encore Quacoz, noble otomite qui avait été jadis au service du la mère de Nelzahualcoyotl, sauva le prince en le cachant dans un immense tambour. Ce même Quacoz se rendit à Tezcuco, ramena au roi fugitif ses femmes et ses serviteurs, c! lui donna six guides aflïdés chargés de le diriger a travers les défilés des montagnes vers la république de Huexolzineo Nelzahualcoyotl voulait s'y rendre et espérait y trouver des amis, car son précepteur, le sage Huilzilihuilzin, lui avait envoyé un messager chargé de lui transmettre ces mois : > Prends courage et remplis ton devoir. Fais venir des se- » cours des provinces de Huexotzinco, de Tototcpcc', et de » Tlaxcalla. Tu en connais les habitants, ce sont des Iiomb mes valeureux cl presque tous de race chiebimeque ou s otouiiic; ils ne t'abandonneront pas cl seront prêts à s sacrifier leur vie pour loi. »

Le prince se mit en route avec une suite nombreuse composée d'habitants de Tczcuco, de quelques nobles et de presque tous ses parenls. Trois de ses guides le précédaient ; les trois autres le suivaient en examinant le pays et en feignant de chasser.

Netzanualcoyotl marchait triste et pensif, car le souvenir de tous les malheurs qu'il avait éprouvés depuis plusieurs années élait présent à sa mémoire. Arrivé près du lieu nomme Ilacuila, il se tourna vers les fidèles qui l'accompagnaient et leur dit : « Où allez-vous? Le père que vous * suivez cbL-il en élut de vous défendre? Ne voyez-vous pas b que j'erre seul dans les déserls et dans les montagnes, » suivant la trace des cerfs cl des iaiiius, sans savoir où je » vais, si je serai bien reçu ou si mes ennemis m'atteindront s eL me tueronl, comme ils ont tué mon père, qui élait bien

' Le eliian est uni! plante oléagineuse.

' De huexÔll, wnle.

' Signifie mou/OQHC lies poules.

» plus puissant que moi? Je suis orphelin et abandonné. » détournez dans vos maisons pour ne pas mourir avec moi, » ou tomber dans la disgrâce du tyran et perdre vos champs » et vos habitations. » Hais Quauhdihualzin cl Tzontcchoehalzïn, frère et neveu du prince, lui répondirent au nom de tous qu'ils le suivraient partout où il irait, et qu'ils sauraient mourir pour lui s'il le fallait. Netzahualcoyotl, profondément attendri de ce dévouement, remercia ses amis et les engagea une fois encore à retourner chez eux, où ils pourraient lui être fort utiles en surveillant ses ennemis. Il leur promit d'ailleurs de les tenir an courant de tout ce qu'il ferait. On se sépara, l'exilé ne conserva auprès de sa personne que quelques serviteurs, son frère et son neveu, qui remisèrent absolument de le quitter. 11 poursuivit son chemin, gravit les hauteurs de Papalotepec *, et vers l'heure du coucher du soleil' il arriva nu sommet du Huilotepec ! . De ce point élevé on apercevait, d'une part, les plaines de Huexotzinco, qui alors étaient déjà couvertes d'ombre, et du côté opposé, celles de ïepepoleo, sur lesquelles les derniers rayons du soleil jetaient encore une vive lumière.

Netzahualcoyotl sentit renaître l'espoir en son cœflr lorsqu'il aperçut les lieux d'où le secours pouvait lui venir. Il dépécha aussitôt deux de ses serviteurs aux seigneurs de Huexotzinco, leur faisant dire qu'il s'avancerait jusqu'à Copalapan pour y attendre leur réponse. Cependant il courut encore des dangers en continuant son voyage. Il vit venir une troupe de 'feepaneques envoyés a sa poursuite, et n'eut que le temps de se jeter dans un bouquet de saules avec ses compagnons pour échapper à leurs regards.

Ce fut sa dernière mésaventure. Le lendemain il reçut à Quauhtepec ! un message de la seigneurie de Huexotzinco; elle lui promettait de mettre des troupes à sa disposition, et

' Montagne des papillons; de papalotl, papillon, et lepec, montagne. ' Montagne des pigeons; île huïhtt, pigeon. 1 Iji montagne dti aigles; qumûilll , aigle,

lui envoyait en même temps des vivres et une grande quantité de pièces d'étoffes.

Le jour suivant, Netzahualcoyoll arriva sur le territoire de la république de Tlaxcalla. Un ambassadeur delà seigneurie vint lui porter en présent des vivres et des étoffes, lui offrir le secours d'un corps de troupes considérable pour l'aider à relever l'empire chiebimèque , et lui proposer de se rendre à la ville de Calpolalpan , où le sénat de Tlaxcalla avait fait préparer de vasles édifices pour le prince et pour l'armée qui devait se réunir autour de lui.

En effet, les troupes de Huexotzinco, de Gbolullan, de Cbalco, de Zacallan, de Totolepec, de Tepepolco, de Zempoalla et de plusieurs autres provinces encore , ne lardèrent pas à arriver, car en tout lieu on était fatigué de la tyrannie et des cruautés de Maxtlaton, et on aspirait à s'en affranchir.

Nelzahualcoyotl ne perdit pas un instant. Se voyant a la tète de forces imposantes, il se mit en marche, et se dirigea vers le royaume de Tczcnco. En traversant les montagnes, il aperçut sur leurs soinmels les plus élevés de grands Toux. G'élait le signal au moyen duquel les princes qui lui avaient envoyé des troupes lui annonçaient qu'ils arrivaient euxmêmes. Il prit ses dernières dispositions avanl de déboucher sur la plaine, car il voulait fondre sur l'ennemi a l'improvisle, et ne pas lui laisser le temps de se reconnaître. Il ordonna aux hommes de Tlaxcalla et de Huexotzinco de s'emparer de la ville d'AcoIman ', et chargea les Chalcas de la [irise de Coallichan 5 ; il savait que les Tecpanèqucs avaient de nombreuses garnisons dans ces deux cités. Le prince résolut de se rendre maître lui-même de ta capitale, Tezcuco, avec le reste de l'armée.

Attaqués au moment où ils s'y attendaient le moins, les Tecpanèqucs subirent une déroute complète, et périrent

1 Vient d'ueoifi, épaule. . "

1 Signifie pays des serpents.

presque tous. Les maisons qu'ils possédaient à Acolman, Coallichan et Tezcuco furent saccagées el brûlées. Leurs principaux chefs disparurent dans lu mêlée. Après la victoire, Netzahualcoyoll abandonna à ses alliés tout le butin, les remercia de l'assistance qu'ils lui avaient prêtée et prit congé d'eux, leur promettant de les rappeler lorsqu'il ferait une nouvelle tentative pour recouvrer le resie de l'empire {Il août 1427). Cependant il garda près de lui ceux de ces guerriers qui n'avaient d'autre profession que celle des armes. Il les occupa, ainsi que ses sujets fidèles, à fortifier Tezcuco, el les frontières du royaume du cûté des Tecpanèques et des Mexicains.

Maxllalnn, ajoule l'historien ïxtlilxochilf , fut frappé d'épotivante lorsqu'il apprit que Netzahualcoyoll avait recouvré en si peu de temps le royaume des Aculhuas de Tezcuco, têlc et fondement de l'empire chichimèque. Ce fut pour lui comme un coup du ciel, car en moins de quinze jours le prince s'élait échappé de ses mains, avait traversé les montagnes, réuni des forces considérables et reconquis son royaume. Maxllaton comprit qu'il lui importait d'arrêter ce mouvement à tout prix, et il s'occupa immédiatement de réunir une armée pour marcher contre ses ennemis.

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