PREMIÈRE PARTIE
toltèque, survit seul à ce désastre, et il est singulièrement affaibli et amoindri.
Topiltzin-Axcitl, roi de Tollan, fait mettre le feu à sa somptueuse capitale, afin de ne laisser qu’un monceau de cendres aux envahisseurs; puis, suivi d’une foule de ses sujets, de princes et de nobles, il quitte le pays et se dirige vers le sud K
Après de longues pérégrinations et des aventures qui pourraient servir de texte à une odyssée américaine, Axcitl réussit à fonder dans la partie méridionale du continent central un empire plus étendu et tout aussi policé que celui qu il vient de perdre. Pendant un règne glorieux de trente années, il fait revivre dans ses nouveaux États les institutions et les lois qui avaient porté jadis l’empire toltèque à un si haut degré de prospérité et le culte établi par Quetzalcohuatl, dont il se constitue le représentant suprême. La plupart des rois et des princes du voisinage reconnaissent son autorité ; il leur envoie quelques-uns de ses disciples pour fonder autant que possible une organisation uniforme.
D’autres nobles toltèques exercent une influence semblable dans les contrées sur lesquelles l’action d’ Axcitl ne peut s’étendre, bientôt le niveau de la civilisation toltèque s’établit dans toute l’Amérique centrale.
' Don Fernand d’Alva. Ixtlilxochitl fait disparaître Topiltzin à la suite d’une des batailles contre ses sujets rebelles, et ajoute qu’on n’a jamais su ce qu’il devint. — Nous nous attachons à la version de M. l’abbé Brasseur de Bourbourg, fondée sur ses récentes découvertes dans les archives indigènes. D’après Ixtlilxochitl , un seul des fils de Topiltzin survécut au désastre de sa famille. Il se nommait Pochotl, dit l’historien américain, et fut sauvé par sa nourrice, Tocheneil, qui l’éleva dans les déserts.