‹ L'Empire MexicainChapitre 23 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Sur ces entrefaites, les Xochimilqiies * , peuplade étal)lie au bord du lac, sur des terres dépendantes de Eulbuacan, avaient réussi à monopoliser à leur profit la pécbe de tontes les lagunes du voisinage. Les villes du lac portèrent plainte à ce sujet à Coxcox, qui ordonna aux Xocbimilques, ses vassaux, de rentrer dans le devoir; mais ils ne tinrent aucun compte de ses injonctions. Le roi chargea alors les Mexicains- de châtier les rebelles; ils y consentirent, dans l’espoir d’effacer ainsi la honte de leurs précédents désastres, et remportèrent une éclatante victoire. Ils tirent un butin considérable, déposèrent aux pieds de Coxcox des sacs remplis des nez et des oreilles des vaincus, et célébrèrent leur succès en sacrifiant en l’honneur de leur dieu Huitzilopocbtli quatre prisonniers de marque. Dès lors les Aztèques fui-ent autorisés à s’établir dans tous les États de Culhuacan et à habiter même la capitale. Coxcox donna une de ses filles en mariage à l’un des principaux chefs mexicains, et d’autres unions cimentèrent l’alliance des deux peuplades.

Cependant les Aztèques devaient traverser encore bien des tribulations. Le royaume de Culhuacan, mal gouverné et déchiré par différentes sectes religieuses, arrivait alors à l’époque de sa rapide décadence.

Nous avons parlé, dans un de nos précédents chapitres, de la fin déplorable des rois Coxcox et Acamapicbtli. Acbitometl, l’usurpateur du trône des Culbuas, exécrait les Aztèques parce qu’ils avaient immolé de la façon la plus barbare une de ses propres filles et quelques nobles culbuas de son parti. 11 résolut d’en faire un massacre' général; mais, avertis à temps, les Mexicains quittèrent Cailbuacan et file de Tizaapan, et réussirent à s’enfuir à travers les joncs et les roseaux du lac.

Les désordres affreux auxquels le royaume de Culhuacan fut livré ])endant les derniers temps de son existence lU'

C’est-a-dire : les liabilants de la ville des (leurs; xochitl signifie Ihur.

L’EMPIHE MEXICAIN.

permirent pas aux fugitifs d’aborder sur la terre ferme, oîi ils ne comptaient que des ennemis. Guidés par Tenucb, chef hardi qui avait succédé à Huitzililiuill, ils cou|)èreiit une grande quantité de hamhous et de roseaux, tirent de longs radeaux qu’ils couvrirent de plantes sèches et sur lescpiels chaque famille se construisit une cabane légère. A mesure qu’on achevait les radeaux, on les éloignait du rivage afin de se mettre à l’ahri de toute surprise. Ainsi se forma une sorte de ville tlottante à laquelle on donna le nom d’Acatziiititlan*. D’autres radeaux furent chargés d’une couche de terre sur laquelle on sema des plantes nutritives qui , favorisées par rimmidité du sol, se développèrent avec une extrême rapidité et composèrent ainsi une suite de jardins également flottants.

Un nombre très-considérable de Cullmas, chassés de chez eux parla guerre civile, se réunirent aux premiers venus et construisirent de nouveaux villages dans le marais; cette localité prit alors le nom de Mezicaltzinco.

De semblables établissements ne pouvaient être fondés à perpétuité pour une population qui devenait de jour en jour plus nombreuse. Après avoir erré pendant quelque temps avec leurs demeures et leurs jardins, presque tous les Mexicains se trouvèrent groupés autour de leur chef Tenuch dans les îlots du lac; alors ils supplièrent les prêtres de leur faire connaître le lieu où le dieu Iluitzilopochtli voulait que l’on fixât son arche, et que la cité définitive des Aztèques fût hàtie. Les grands sacrificateurs Axolohua et Cohuatzonlli se transportèrent en conséquence dans un immense marais voisin, couvert d’une forêt de joncs et de roseaux, et le parcoururent en tous sens, dans l’espoir d’y découvrir quelques collines non exposées au débordement des eaux. D’après la tradition mexicaine, ils trouvèrent à côté d’un rocher une source merveilleusement limpide et abondante

C’est-à-dirç j auprès Ups liouts de roseaux.

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