PREMIÈRE PARTIE
Mexico-Teiioclilitlan , etTlacallcotl, roidcTlatelolco, furent également massacrés par les sicaires du nouveau maître de l’Anahuac, parce qu’ils s’étaient prononcés en faveur de Tayatzin. En même temps, Maxtlaton annonça que son intention était de soumettre de nouveau les Aztèques au tribut solennellement aboli par Tezozomoc.
Les Mexicains célébrèrent les funérailles de leurs princes avec les honneurs accoutumés. Ils brûlaient du désir de les venger; mais, ne se sentant pas assez forts, ils résolurent d’attendre une occasion favorable. Ce qui leur importait surtout dans ce moment crilique, était d’avoir des chefs courageux et capables. Le choix des Tenuebas^ se ])orla d’abord sur Montezuma '^ Ilhuicamina*, fils de Huitzilihuitl; mais Monlezuma s’excusa sur sa grande jeunesse et engagea les anciens à se donner pour roi son oncle itzeoatzin ou Ilzcohuatl *. Ce prince était frère cadet de Chimalpopoca , et réunissait une haute intelligence à un très-grand courage; il en avait donné des preuves nombreuses dans les dernières guerres de l’empire. Les lois excluaient Itzcohuatl de la succession en sa qualité de fils d’une esclave; mais la nécessité remporta sur toute autre considération. Il fut élu à l’unanimité. Les Tlatlelolcains proclamèrent (Juauhtlatoazin^ que sa vaillance avait rendu également célèbre.
Maxtlaton, après s’être défait de son frère et des deux rois mexicains, estimait qu’il ne lui restait plus qu’à faire périr le prince Netzahualcoyotl jiour jouir tranquillement du trône qu’il avait usurpé. Il lui dressa donc des embûches, chargea plusieurs de ses aflidés d’aller le tuer, trouva
' Habitants de Tenoclititlaii.
^ Ou plutôt Mofecuhzoma, ce qui signifie seigneur sévère.
Ilhuicamina se traduit par qui lance des flèches.
'* Signifie serpent en obsidienne; iVitzü, pierre d’obsidienne , et coati, serpent.
^ Qui a une voix d'aigle; de quauhtli, aigle, et ilaloa, parler.
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môme des com}Mices parmi les familiers du prince de Tezcuco, mais toujours Xetzaluialcoyotl , avcrli à temps par quelques amis dévoués et en particulier par son ancien précepteur lîuitzilihuitzin , échappa aux dangers qui le menaçaient. Enfin, voyant que ses jours n’élaient plus en sûreté à Tezcuco, il prit la fuite par un passage soulerrain pratiqué dans son palais, et qui aboutissait à la campagne (20 juillet 1427).
Maxtlaton, informé de la disparition de celui qu’il considérait comme son plus dangereux rival, eut un accès de violente colère. Il mit à prix la tête de Netzaluialcoyoll, et envoya l’ordre à tous les seigneurs du pays de se saisir de sa personne, et de le lui envoyer mort ou vif. On proclama ensuile dans tout l’ancien royaume de Tezcuco que l’individu qui découvrirait le fugitif recevrait, fût-il des derniers du peuple, une femme noble et belle avec des domaines et des vassaux, et que s’il était déjà mai'ié, on lui donnerait au lieu de la femme un certain nombre d’esclaves des deux sexes. « Ces promesses firent grand effet, ajoute le chroniqueur du nouveau monde, et les Teepanèques poursuivirent parlent Netzabualcoyoll , comme des chiens enragés, à plus de cent lieues à la ronde. 11 n’y eut pas de bourg ou de village qu’ils ne parcourussent par bandes. »
Mais les cruautés de Tezozomoc et de Maxtlaton avaient ouvert les yeux à un grand nombre des anciens sujets d’Ixtlilxocbitl; ils regrettaient maintenant la dominalion paternelle de leurs princes, et ils donnèrent dos preuves d’un dévouement sans bornes à celui qu’ils considéraient comme leur souverain légitime. En plusieurs occasions, il échappa, grâce à leurs soins, au péril le plus imminent. Une fois un vassal de la couronne, nommé Tozoma, le cacha dans un gros las de fil de nequcm, au moment oû les soldats envoyés à sa recherche n’élaient plus (pi’à quebpics pas. Peu de jours après, une femme de la campagne lui