‹ L'Empire MexicainChapitre 40 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de riiulustrie; il favorisa singulièrement la classe des marchands, et pendant son règne le commerce prit une immense extension ; nous aurons occasion d’en parler dans les chapitres que nous consacrerons aux mœurs et aux usages des peuples de l’Analiuac.

Le roi de Mexico-Tenochtitlan s’entoura d’une cour nomhreuse et hrillante, et il y établit l’étiquette sévère, le luxe oriental, l’apparat et le cérémonial qui causèrent au siècle suivant une si vive admiration aux conquérants espagnols. Les chefs des peuples vaincus venaient avec leurs suites y rendre hommage à leur vainqueur. Les prétentions aristocratiques durent se taire en présence du pouvoir royal; suivant l’expression de l’iiistorien Glavigero, les grands de l’empire devinrent les valets. du monarque, et tout fut silence et respect autour du trône. Montézuma sut se faire un instrument du corps sacerdotal; pour tenir le peuple dans la crainte, il rendit plus imposantes les cérémonies du culte, établit de nouveaux rites, et donna à toutes les institutions la couleur du despotisme théocratique. Il se montra excessivement sévère contre le vol et Tivrognerie, et fut grand justicier; ses lois et sa police atteignaient les hommes de toutes les conditions, et maintenaient en tout lieu l’ordre et la soumission.

Idole du peuple mexicain malgré sa sévérité, respecté dans l’empire entier, Montézuma Ilhuicamina mourut en l’année 14G9.

11 laissait trois petits-tils, enfants de sa fille Atotoztli L femme de Tezozomoc, fils du roi de Mexico Itzcohuatl. Ces petits-fils se nommaient Tizoc % AxcayacatP et AhuilzotP;

‘ Ce nom est celui d’une espèce de pélican; il se compose eau , et

de tototl , oiseau.

2 Ce nom signifie transpercer ; l’iiiérogl) plie de ce prince est une cuisse percée de blessures.

^ Ce nom est formé à^atl, eau , et xauacatl, face. Son hiéroglyphe est une figure devant laquelle se trouve le signe de l’eau.

^ Espèce de loutre , qui est aussi l’hiéroglyphe de ce roi.

Montézuma avait désigné le second pour lui succéder, et les anciens respectèrent ses dernières volontés.

Axcayacatl fut un roi conquérant comme son prédécesseur et, pendant son règne, la puissance du royaume de Tcnoclititlan grandit de plus en plus. La guerre était la vie de cet État, il, étendait sa domination par la terreur qu’inspiraient ses victoires; à mesure qu’il soumettait une nation, il la forçait à grossir ses armées; les vaincus devenaient les tributaires et les soldats du vainqueur. xVxcayacatl porta ses armes à quatre cents milles de Mexico, sur les bords du grand Océan. Une confédération des villes maritimes, à la tête desquelles se trouvaient Tebuantepec et Soconusco, fut attaquée et soumise. Le roi revint à Mexico suivi d’un immense cortège de prisonniers qui furent livrés au couteau du grand sacrificateur. Cette afli’euse boucherie servit à solenniser le couronnement d’ Axcayacatl. Ce prince ne tarda pas à recommencer la guerre, et il venait d’ajouter de nouvelles provinces à ses États, lorsque la révolte éclata dans la ville mexicaine de Tlatelolco, voisine et vassale de Tenocbtitlan. Voici comment riiistorien Clavigero rend compte de cet événement. Moquihuitzin, roi de Tlatelolco*, tributaire de Mexico et allié loyal de Montézuma Ilbuicamina, avait contribué à la plupart de ses succès. Montézuma lui avait accordé comme récompense la main de sa petite-fille, sœur d’ Axcayacatl, l’Hélène de l’Anabuac, dont tous les historiens indigènes célèbrent l’incomparable beauté. Après la mort de Montézuma, Moquibuilzin , jaloux de son beau-frère, résolut d’anéantir Tenocbtitlan et de s’ériger en chef de la puissance mexicaine. N’étant pas assez fort pour exécuter seul son dessein, il se fit des alliés parmi quelques-uns des plus puissants seigneurs du

‘ Les rois de Tlatelolco furent; Quauhquauhpitzahuac, qui régna soixantedeux ans; Tlacatcatl, trente-huit; Quauhtlacoa, trente-huit; et Moquihuitzin , qui était sur le trône depuis neuf ans quand il fut tué par les Mexicains (Sahagun, liv. XTIl , ch. ii).

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