‹ L'Empire MexicainChapitre 42 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

étaient alluinés tout autour de la cour: de temps en temps, les serviteurs de Tizoc servaient aux convives du roi, dans des coupes du plus grand prix, du chocolat, diverses boissons rafraîchissantes ou fermentées, et les pâtisseries les plus recherchées. D’autres serviteurs parurent ensuite, et offrirent aux assistants, de la part du prince, de somptueux vêtements, des colliers et des bracelets d’or ornés de pierreries, des plumes de prix et de légers manteaux en filet lileu du travail le plus délicat. Bientôt le ballet commença dans la cour; les trois monarques, portant leurs costumes royaux, la tête ornée de diadèmes composés d’émeraudes et d’ambre ciselé, se mêlèrent à la danse et arrivèrent ainsi au sanctuaire de Iluitzilopochtli, où iis offrirent à l’idole de l’encens et un sacrifice de cailles. Les pompes des journées suivantes furent dignes de celles du premier jour, et après six semaines de séjour, les hôtes de Tizoc se retirèrent ravis de sa générosité.

Toutefois, la suite des actes de ce prince ne répondit pas à ce magnifique début; les traditions du pays le dépeignent comme un tyran exécré de ses sujets; une campagne malheureuse acheva de le perdre dans leur esprit. Il mourut en 1486, empoisonné par son petit- neveu Techotlala, seigneur d’iztacpalapan % qui aspirait au trône en sa qualité de petit-fils de Montézuma 1", et par Maxtlaton , seigneur de TlachcoL Le crime ayant été découvert, les coupables furent mis à mort, et Ahuitzotl, frère cadet du roi défunt, monta sur le trône. Ce iirince avait été, sous le règne précédent, gouverneur et capitaine général des Mexicains, et pontife suprême du temple principal; il passait pour le plus grand guerrier de son temps. Son règne de seize ans ne fut qu’une suite dç combats, et, bien que la victoire ne lui restât pas toujours fidèle, il fit arriver les Mexicains à l’apogée de la puissance, les rendit le plus redoutable des

' Signifie ville hUntche ; iViziac, blanc.

2 Tlackco, jeu de lialle.

peuples de l’Amérique centrale, et poussa ses conquêtes jusque dans le Quaulitematlan (Guatemala), à neuf cents milles de Mexico. Il tenta, mais en vain, de soumettre le royaume de Michoacan.

Durant la première année de son règne, Ahuitzotl fit une immense quantité de prisonniers; il ordonna qu’on les nourrît et les traitât avec le plus grand soin, car son intention était de les offrir en holocauste à son impitoyable dieu. Pour donner plus d’éclat à la cérémonie, il fit achever le grand temple d’Huitzilopochtli , commencé dix-huit années auparavant. Il employa à cet effet les matériaux réunis par ses prédécesseurs, et en fit extraire de nouveaux d’une carrière de tetzontli (amygdaloide poreuse) récemment découverte. Les travaux furent terminés en 1487. Le souverain de Mexico invita à assister à l’inauguration du monument ses collègues, les rois des pays limitrophes, les princes et les seigneurs de l’Anahuac et tous les vassaux de l’empire. La terreur qu’inspirait le redoutable souverain des Mexicains et le désir de voir la célèbre cité de Tenochtitlan firent que très-peu de personnes manquèrent à l’appel.

Les historiens indigènes donnent sur ce qui se passa à cette occasion les détails les plus circonstanciés; ils affirment qu’on vit arriver à Mexico queUjucs millions d’étrangers, et qu’ Ahuitzotl, enchanté de cette affluence, traita les personnes de distinction avec la dernière magnificence.

Les quatre rues principales de la capitale, par lesquelles devaient passer les victimes humaines, et qui aboutissaient toutes à l’une des entrées du temple \ étaient ornées de tentures, de fleurs, de rameaux et d’arcs de triomphe construits en bambous. Des spectateurs encombraient les places, les maisons et les terrasses. De tous côtés on répandait des eaux de senteur et on brûlait des parfums.

Le cortège royal se mit en marche dès l’aube du jour.

' Oii trouvera dans un de nos procliains chapitres la description de ce temple,

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