‹ L'Empire MexicainChapitre 49 sur 127 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

nage des temples servaient de demeures aux prêtres et aux ministres du culte et de salles d’école, car on y élevait les jeunes gens de la ville. Un autre édifice renfermait les femmes recluses chargées de l’éducation des filles. Près de là aussi se trouvaient un étang dans lequel on lavait les vases qui avaient servi aux sacrifices, et un monticule nommé Teotlajyan, c’est-à-dire la terre de Dieu; une grande variété d’arbres et d’arbustes croissaient en ce lieu.

A l’ouest des temples s’élevaient deux grands édifices isolés, séparés l’un de l’autre et dont nous devons encore faire mention. On élevait les fils du roi dans l’un de ces bâtiments, ses filles dans l’autre. La maison destinée aux enfants du sexe masculin se nommait Tlacotco; ils y habitaient avec leurs gouverneurs, qui leur enseignaient la morale, les exercices militaires, les sciences et tous les arts connus, même ceux de travailler l’or, les pierreries et les plumes. Le Tlacotco renfermait une salle dans la- ([uelle le roi, ses enfants, leurs gouverneurs et gouvernantes, les princes et les dignitaires de la cour devaient se réunir tous les quatre-vingts jours. Les hommes s’asseyaient d’un côté, les femmes de l’autre, tous revêtus d’habits faits de l’étoffe la plus commune. Un orateur montait sur une espèce de tribune et représentait à chacun, avec la plus entière liberté, scs vices, ses défauts, ses mauvaises actions, en commençant par le roi. Tout ce qui avait été fait de mal pendant les quatre-vingts jours qui venaient de s’écouler se révélait. L’oi’ateur tonnait contre le vice, faisait l’éloge de la vertu; il rappelait les quatre-vingts lois que le monarque avait promulguées, et l’exhortait à donner en toute occasion le bon exemple.

De magnifiques jardins entouraient le palais que nous venons de décrire. On y admirait de belles pièces d’eau, des volières, des labyrinthes, des bains, d’incomparables collections d’arbres et de Heurs que Netzabualcoyotl avait fait venir à grands frais de contrées éloignées, et enfin une

superbe ménagerie. On y entretenait toutes sortes d’oiseaux, de quadrupèdes, d’insectes, de reptiles et de poissons. « On imitait avec de l’or et des pierreries ceux que l’on ne pouvait pas se procurer, ajoute l’historien Ixtlilxochitl; do sorte qu’il n’y avait pas un seul animal, de quelque espèce que ce soit, qui n’y fût vivant ou représenté. »

Netzahualcoyotl fit encore construire à Tezcuco et décorer avec une somptuosité toute royale deux palais destinés à ses collègues lorsqu’ils venaient le visiter, et il est également l’auteur des splendides jardins de Tezotzinco, dont les débris provoquent de nos jours l’étonnement de ceux qui les visitent. Ces jardins étaient échelonnés sur de colossales terrasses; on montait de l’une à l’autre par d’énormes escaliers taillés dans le roc. Des aqueducs y amenaient des eaux distribuées en bassins, en cascades, en jets de hauteurs diverses L Au bas de la montagne de Tezotzinco on voyait une suite de palais où logeaient les princes étrangers qui venaient présenter leurs hommages au roi; plus loin s’étendait un parc clos de murs et peuplé de gibier et de bêtes fauves.

Nous dirons en terminant ce chapitre que les demeures et les jardins royaux étaient toujours admirablement enti’etenus. Un certain nombre de villages, chargés de ce soin, payaient ainsi leur part d’impôt.

' On avait sculpté un rocher qui se trouvait dans ce jardin de manière qu’il représentât un lion ailé, couché et regardant vers l’orient; la tète du lion offrait le portrait de >"etzahualcoyotl. Cette sculpture était ordinaireruent protégée par un dais d’or orné de plumes.

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