‹ L'Empire MexicainChapitre 51 sur 127 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

afin (le voir ses frères. L’un de ceux-ci le traita d’enfant, c[ui n’était bon qu’à chasser les mouches et à se cacher sous les jupons des femmes. Irrité de ces railleries, le jeune prince quitta ses frères, s’empara à la hâte de quelques armes et se précipita du cijté des ennemis. Il fut bientôt dans la tente du chef des Chalcas, le saisit par les cheveux, lui coupa la tête, et mit hors de combat ceux qui arrivaient pour le secourir. Quelques braves capitaines tezcucains coururent après Axoquentzin et le soutinrent dans ce fait d’armes. Le désordre se mit dans les rangs des Lhalcas lorsqu’ils virent leur général mort. Les trois fils de Netzabualcoyotl n’apprirent la victoire de leur frère que par les chants de triomphe qui l’accompagnaient au retour; ils en profitèrent pour soumettre en fort peu de temps et déiinitivement le pays de Ghalco. Le roi fit célébrer à cette occasion de grandes fêtes dans sa capitale.

Cependant, contrairement à l’usage suivi par ses ancêtres, le souverain de Tezcuco avait passé de longues années sans prendre de femme légitime, et par conséquent aussi sans avoir d'héritier. Ses nombreuses concubines lui avaient donné, à la vérité, soixante fils et soixante-sept tilles; plusieurs de ses fils étaient déjà d’habiles capitaines ; mais leur naissance plaçait entre eux et le trône une infranchissaldc barrière. Enfin Xetzahualcoyotl se décida à se marier. 11 voulut prendre sa future épouse dans la famille des seigneurs de Coatlichan ‘, car cette maison et celle de Iluexotla étant les plus anciennes du pays, les empereurs chichimèques avaient coutume (fy choisir leurs femmes. Toutefois il n’y avait alors qu’une seule tille dans la famille en (juestion, et elle était trop jeune pour se marier. Le roi la confia à son frère naturel Ouaulitlehuanitzin afin qu’il la fît élever, et lui dit sous le sceau du secret qu’il avait l’intention de la faire monter sur le trône aussitôt [quelle serait

Signifie pwjs des serpents.

en âge. Mais Quauhtlehuanitzin mourut bientôt après, el quand son tils Huetzcatocatzin recueillit sa succession, il trouva dans la maison la noble vierge; ignorant pourquoi elle y était, il l’épousa. Au bout d’un certain temps Nelzahualcoyotl lui fit ordonner d’amener au palais celle qu’il comptait élever au rang de reine. Huetzcatocatzin lui répondit simplement que, n’ayant pas été instruit des desseins du roi, il en avait fait sa femme; Netzahualcoyoll le renvoya aux juges, et ceux-ci le déclarèrent innocent. Le roi, irrité et mécontent, sortit seul de son palais, se retira dans les bosquets qu’il possédait auprès du lac, et marchant au hasard, il arriva à la ville de Tepecbpan L Ouaubquauhtzin \ seigneur de ce lieu et l’un des quatorze grands de l’empire, l’ayant aperçu, le conduisit à sa demeure et lui offrit un repas. Pour faire honneur à son maître, il le fit servir à table par sa fiancée Azcalxocbitzin ^ jeune Mexicaine fille de Temietzin, frère de la mère de Netzahualcoyotl. Les parents d’Azcalxocbitzin Pavaient donnée à Quaubquauhtzin en échange d’un très-riche présent en ])ierrerics, en or et en étoffes. Comme elle était fort jeune, il l’avait toujours respectée. La princesse mexicaine était incomparablement belle. Le roi en la voyant perdit sa tristesse, en devint éperdument amoureux, et résolut de l’épouser. Mais pour y parvenir, il fallait d’abord se débarrasser de Ouauhquaubtzin. Comme le roi prophète pour le soldat Urie, Netzahualcoyotl chargea son vassal d’une mission très-dangereuse dans la guerre sacrée contre la république de Tlaxcalla; deux chefs sur la discrétion desquels il pouvait compter devaient le tuer, au cas où il échapperait aux coups de l’ennemi. Ouauhquauhtzin ohéit aux ordres de son suzerain; mais pénétrant les desseins du monarque, il composa, avant de quitter celle qu’il aimait, une ballade plaintive qu’il chanta

' Du pays des montagnes.

2 Seigneur deux fois aigle.

^ Xoin eoinposé de atzeaU , fourmi , et de xochitl, fleur.

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