PREMIERE PARTIE
grandes familles, ayant entre elles des traits de ressemblance qui les distinguaient des peuples de notre hémisphère. L’une de ces familles se composait d’une multitude de tribus vivant, à l’état sauvage, des produits spontanés de la terre; l’autre était organisée en corps de nation ayant des formes régulières de gouvernement et de religion basées sur une puissante hiérarchie sacerdotale. Le développement de l’agriculture, du commerce et de l’industrie dans ces Étals, en particulier dans les deux empires du Mexique et des Incas, au Yucatan et dans les différentes provinces guatémaliennes, permettait de les comparer sous de certains rapports aux vieilles et puissantes monarchies de l’Asie et de l’Égypte.
Les races policées des deux Amériques paraissent n’avoir connu que fort imparfaitement leur existence parallèle, et ne s’être trouvées qu’en rapports très-indirects avec les tribus sauvages de leur continent.
D’après la tradition que rapporte Ixtlilxochitl , le Mexique aurait été habité dès les temps les plus reculés par une race de géants, auxquels succédèrent les Olmèques ou Ulmèques, les Xicalanques qui devinrent les dominateurs du pays, et quelques autres peuplades de moindre importance.
A en croire cette même tradition, très-obscure d’ailleurs, les premières notions de la civilisation furent portées à ces diverses nations par des personnages extraordinaires, arrivés de fort loin, du côté de l’Orient, longtemps avant Fère chrétienne. La mythologie de ces temps nous apprend que ces personnages, venus en assez grand nombre, se présentèrent au nom du Ciel, pour réunir les tribus errantes, leur partager les terres, leur donner des lois et leur enseigner les arts utiles. Ils furent, diLon, les fondateurs des premières monarchies de l’Amérique centrale, et unirent la puissance suprême au souverain pontificat. Ces mysté-
été découverte bien avant les voyages de Colomb. Probablement le hardi navigateur génois connaissait ces faits.
lieux étrangers portèrent aux peuples qui se soumirent à leurs lois la connaissance et le culte d’un Dieu unique, créateur et maître du ciel et de la terre. Mais bientôt une foule de superstitions se joignirent à ce culte primitif, et l’apothéose des premiers législateurs eux-mêmes, des héros et des rois, l’observation du mouvement des astres, des forces et des phénomènes incompris de la nature, associèrent un innombrable cortège de divinités à ce Dieu suprême.
L’histoire des premières monarchies de l’Amérique centrale est couverte d’un voile épais. Cependant elles ont laissé des traces imposantes. Les ruines gigantesques de plusieurs villes qui appartiennent à la période la plus ancienne de la civilisation de l’hémisphère occidental excitent de nos jours encore l’étonnement des voyageurs. Elles se distinguent par la solidité et la simplicité. On trouve dans l’enceinte de CCS antiques cités ou dans leur voisinage des débris de pouls, des aqueducs souterrains, des citernes ou plutôt d’immenses réservoirs construits avec un art prodigieux\ des pyramides aujourd’hui couvertes de verdure et qui recèlent dans leurs lianes de longues galeries, des nécropoles, des sanctuaires et des appartements; — enfin l’on y découvre des temples et des palais. Ceux-ci sont en général construits sur de vastes soubassements en forme de talus; ils sont presque tous couronnés à l’extérieur de larges frises et entourés de galeries (jiie soutiennent de massifs piliers; les portes de ces galeries mènent à des cours, à des portiques ou à de vastes corps de logis.
Des révolutions et des désastres dont le souvenir est effacé firent disparaître ces premiers empires; d’autres ruines plus imposantes encore, aujourd’hui également perdues dans les sombres forêts et dans les déserts du nouveau monde, proviennent d’une époque moins reculée; car
’ C’est surtout dans le Yucatan, on les sources sont fort rares, que l’on rencontre ces dernières constructions désignées sous le nom de zonotes.