‹ L'Empire MexicainChapitre 70 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

leurs jeûnes étaient longs et sévères, ils faisaient un fréquent usage d’instruments de pénitence terribles, et étaient tenus à la -plus rigoureuse chasteté; les grands prêtres, attachés à certains temples très-vénérés, n’en sortaient jamais. Outre le sacerdoce séculier, on trouvait dans l’Anahuac des religieux et des religieuses, vivant dans des sortes de monastères, et soumis aux règles les plus rigides. Le plus célèbre et le plus sévère de ces ordres était celui de Quetzalcohuatl, dans lequel on entrait dès l’enfance.

Tous les temples, tous les couvents du pays étaient riches en propriétés foncières, et en serfs chargés de cultiver ces propriétés. Aussi l’état sacerdotal était-il recherché, malgré ses austérités, et les grands y consacraient souvent leurs enfants dès le bas âge; toutefois la prêtrise et la réclusion dans les monastères ne liaient pas toujours pour la vie, on pouvait s’y engager pour un temps déterminé et embrasser ensuite un autre état.

La hiérarchie ecclésiastique était minutieusement réglée. Nous n’entrerons pas dans le détail de la composition de la milice sacerdotale, détail dénué d’intérêt pour la plupart des lecteurs, et que l’on trouve d’ailleurs dans les écrits de Torquemada * et de Clavigero quelques indications générales suffisent ici. Deux grands dignitaires, le seigneur spirituel et le grand prêtre, se trouvaient à la tête du sacerdoce. Ils étaient toujours élus, parmi les membres de la haute noblesse ou de la famille royale, soit par les délégués du roi, soit par le corps des prêtres, et ils jouissaient d’un immense pouvoir. Leur décision en matière religieuse était censée infaillible; on avait recours à leurs lumières dans toutes les affaires importantes, et jamais on n’entreprenait de guerre à moins qu’ils ne l’eussent approuvée. Ajoutons encore que chaque temple, chaque idole, chaque grande fête avait son collège particulier de prêtres, et que, parmi

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