‹ L'Empire MexicainChapitre 71 sur 127 · L. VI · texte numérisé non relu

L. VI

ceux-ci, chacun avait ses fonctions délefininées. Les uns étaient chargés de l’entretien matériel du temple, de l’encensement à heures lixcs des idoles, avec le hitume et le copal, des sacritices, des danses sacrées; les autres administraient les terres affectées à l’entretien du culte et en percevaient les revenus.

Le sacerdoce présidait également à l’éducation de la jeunesse. Nous nous occuperons de cette question dans un prochain chapitre; faisons seulement observer. en ])assant que, sous ce rapport encore, l’inexplicahle contraste signalé plus haut existe. Ces mangeurs de chair humaine, qui engraissaient les autels de Iluitzilopochtli du sang des prisonniers, enseignaient à leurs élèves une morale austère; ils leur inspiraient l’horreur du mensonge, du vol et de l’oisiveté, la crainte liliale envers les parents, la cliarité envers les affligés, le respect de la chasteté et de la virginité, et leur parlaient d’une vie future dans laquelle la vertu recevrait sa récompense et le vice sa punition.

D’autres faits encore confirment ce que nous avançons.

Ainsi des cérémonies très-remarquables, pratiquées à la naissance des enfants et aux relevailles des femmes, prouvent incontestablement que les habitants du nouveau monde avaient, comme toutes les nations de la terre, une notion obscure du péché originel et des châtiments qui en doivent suivre.

Dès (pi’uu enfant venait au monde, la sage-femme le lavait, et disait : « Cette eau, qui lave les taches contractées dans le sein maternel, nettoiera ton corps et lui donnera une vie bonne et parfaite. » Puis, après avoir imploré la' déesse des accouchements, elle prenait de l’eau dans la main droite, soufflait dessus, et la versait sur la tète, la bouche et la poitrine du nouveau-né. Lui faisant prendre ensuite un bain entier, elle ajoutait : « One le Dieu invisible descende sur cette eau et efface le péché d’impureté (pie tu as contracté avant ta naissance. La vie que tu commences

Page 1