PREMIÈRE PARTIE
âme. » Cette absolution était suivie de riinpositiou d’une pénitence, puis le confesseur disait encore : « Couvrez celui qui est nu, donnez à manger à celui qui a faim, quand même vous devriez vous imposer pour cela des privations; car souvenez-vous que la chair des autres est semblable à la vôtre, et qu’ils sont des hommes comme vous. » Ces étonnantes paroles, qu’on dirait sorties d’une bouche chrétienne, précédaient une exhortation dans laquelle on retrouvait au contraire souvent toute la barbarie du païen; car lorsque les crimes du pénitent avaient été nombreux, le confesseur l’engageait -à faire immoler à sa place un ou plusieurs esclaves, afin d’apaiser le juste courroux des dieux.
Il est encore bon de remarquer que dans l’Anabuac la confession entraînait la rémission des peines infligées .aux coupables par l’autorité civile. Si un crime venait à être découvert, on ne poursuivait pas en justice l’individu pouvant prouver qu’il s’en était confessé.