‹ L'Empire MexicainChapitre 74 sur 127 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Éducation , mariage , cérémonies funèbres dans PAnaliuac.

Les détails que nous venons de donner sur les croyances et les pratiques religieuses des peuples de l’Anahuac, nous ont fait voir au fond de leur civilisation , l’infernale barbarie rpii se retrouve plus où moins fai*dée dans toutes les civilisations païennes des deux hémisphères.

Passons à l’état civil et à l’éducation des peuples qui font l’objet de notre étude.

Les différences de castes étaient excessivement tranchées dans l’Anabuac, on s’en convaincra en lisant le chapitre que nous consacrerons à la forme du gouvernement de l’empire; cependant, d’après la loi du pays, chacun y nais-

sait libre, quand même sa mère était esclave. Le pèie ne pouvait vendre son enfant que lorsque, malade et réduit à la dernière misère, il n’avait plus aucun moyen d’existence; de plus, le père qui exposait ses enfants devenait esclave lui-même. Si, d’un côté, la loi protégeait ainsi l’enfant, elle lui prescrivait d’autre part le respect et la soumission envers les auteurs de ses jours. Jamais il ne leur adressait la parole sans leur permission.

Nous avons fait connaître ci-dessus les cérémonies qui accompagnaient la naissance d’un enfant. Quand ses parents voulaient le consacrer au service des autels, ils le portaient au temple vingt jours après les ablutions dont nous avons rendu compte, et y déposaient une offrande en bijoux et en étoffes précieuses, ])roporlionnée à leur fortune.

L’enfance se passait toujours dans l’intérieur de la maison paternelle; de très-bonne heure on habituait les petits garçons et les petites fdlcs au travail, en les chargeant de diverses occupations en rapport avec leurs forces. On leur faisait transporter de légers fardeaux, broyer du maïs, manier l’aiguille, la navette et le fuseau.

Ce n’était guère qu’à l’âge de huit ou neuf ans que l’on commençait à punir les enfants indociles, en les piquant avec des épines, en les fouettant, en leur faisant faire des courses nocturnes , ou en les exposant à la fumée du piment.

Arrivés à leur douzième année, les enfants, (pii presque toujours embrassaient la profession de leurs parents, commençaient à partager leurs travaux, à apprendre à diriger une barque, à tisser, à faire la cuisine. En même temps les garçons fréquentaient les écoles publiques. Les collèges de l’empire, dirigés par les prêtres et placés sous la haute surveillance du conseil académique, étaient annexés aux temples. Ils se divisaient en deux classes ; on élevait les fils des roturiers dans ceux de la classe inférieure; ils y apprenaient à faire le service des temples, à préparer le bois, à chanter et

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