‹ L'Empire MexicainChapitre 76 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

venaient lui rendre leurs hommages, la dépouiller de ses vêtements, la laver avec une eau bleue, la rhabiller et la couronner d’un diadème orné d’une plume de héron. Des chanteurs, le visage peint en bleu, tenant à la main des fleurs et des parfums, célébraient les louanges du mort. Puis on revêtait la statue d’ornements nouveaux, les musiciens recommençaient leurs chants funèbres et engageaient le monarque à aller se reposer auprès de ses ancêtres dans les régions de la paix.

Le corps et la statue étaient ensuite portés au temple principal de la capitale du défunt. La noblesse figurait avec l’étendard royal en tête de l’immense cortège de prêtres et de peuple qui formait le convoi. Les chefs du sacerdoce recevaient silencieusement le cadavre et le déposaient sur un immense bûcher avec tous ses ornements et avec le petit chien destiné à accompagner le roi et à lui aider à franchir les passages infernaux. Les assistants jetaient dans le bûcher, comme offrande, leurs armes et divers objets de prix. Lorsque le corps était consumé, on immolait les premiers officiers de la domesticité royale, le chapelain particulier du monarque, le serviteur chargé du soin des lampes du palais, afin que le roi ne fût pas privé de lumières pendant son voyage, enfin les femmes et les personnes qui devaient former sa cour dans fautre monde.

Le jour suivant, on recueillait les cendres et les dents du mort, ainsi que la grosse émeraude fixée entre ses lèvres, et on les déposait, avec la mèche de cheveux précédemment coupée, dans une urne qui prenait place dans la sépulture des souverains. Pendant les quatre journées suivantes, des ^viandes et des pâtisseries recherchées étaient offertes au défunt; le cinquième jour, une troupe nombreuse de captifs, de femmes et d’esclaves étaient immolés en son honneur, et ce hideux sacrifice se renouvelait quatre fois encore de dix en dix jours.

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