CHAPITRE SEIZIÈME
Gouvernement des royaumes de l’Aiiahuac.
Il ressort de ce que nous avons exposé précédemment que le système féodal, tel qu’il existait autrefois en Europe, se trouvait complètement organisé dans l’einjure de l’Anahuac. Notre vieille maxime, nulle terre sans seigneur, y était généralement admise.
La noblesse, très -nombreuse, occupait la plupart des hauts emplois civils et militaires, elle possédait de vastes domaines, des titres transmissibles par droit de primogéniture et d’autres titres personnels accordés à des services rendus, ou attachés aux fonctions qu’elle remplissait dans le palais du monarque. Les maisons et certains vêtements des nobles affectaient des formes particulières interdites aux gens du peuple. On n’approebait un noble qu’avec tous les dehors du respect, et avec des tournures de langage aussi obséquieuses que celles que les nobles eux-mêmes employaient vis-à-vis des rois.
Durant les premiers règnes qui suivirent la reconstitution de l’Analniac, la noblesse composait un corps politi(iiie investi de prérogatives importantes; elle exei’cait, de concert avec le souverain, le pouvoir législatif dans les trois royaumes, et à Mexico Tenocbtitlan c’était elle qui choisissait le roi parmi les membres de la famille royale en cas de vacance du trône. Il y avait dans l’empire les trente grands vasfsaux de premier rang, dont nous avons eu occasion de parler plusieurs fois; ils formaient les conseils des monarques, et plusieurs d’entre eux comptaient dans leurs domaines plus de cent mille citoyens, et cpieUpies centaines de nobles d’un rang inférieur. Ces hauts et puissants seigneurs exerçaient chez eux une juridiction territoriale complète, ils levaient des taxes sur leurs vassaux, et n’étaient