‹ L'Empire MexicainChapitre 79 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

hommes et les femmes qui prenaient des habits différents de leur sexe, subissaient le supplice de la corde.

On coupait les lèvres et les oreilles aux menteurs; et des peines toujours assez -graves étaient appliquées aux délits moindres.

Les dispositions pénales dont nous venons de faire l’éniimération étaient celles de l’empire proprement dit, car les provinces conquises conservaient leurs lois, leurs magistrats et leur langage.

Il y avait dans l’Anahuac deux sortes de prisons, les unes pour les débiteurs insolvables et pour les personnes dont les délits n’entraînaient pas la peine capitale, les secondes, sortes de cages en bois destinées aux condamnés à mort et aux prisonniers de guerre qu’on voulait immoler aux dieux. On traitait sévèrement les simples condamnés, on donnait au contraire une nourriture choisie et abondante aux prisonniers, atin de leur procurer un embonpoint qui les rendît dignes de figurer sur les autels.

Les fonctions d’exécuteur des hautes œuvres n’étaient rien moins qu’infamantes dans l’Anahuac. Cet officier était considéré comme le représentant particulier du monarque ; et souvent les juges eux-mêmes se plaisaient à exécuter les j)eines capitales. Ce fait n’a rien d’étonnant dans un pays où le privilège d’égorger les prisonniers de guerre était considéré comme la plus honorable des prérogatives du sacerdoce.

Le ministre des finances, assisté de son conseil, était chargé de l’intendance générale des impôts et des tributs. Il désignait les individus qui devaient faire les recouvrements dans les provinces, et conservait les cadastres, les registres des finances et les rôles des terres et des domaines.

On connaissait dans l’Anabuac la distinction entre la propriété foncière et mobilière, entre l’usufruit et la nue propriété. Les biens meubles et immeubles se transmettaient par voie de donation, de vente, d’échange ou de succession. La donation était à titre gratuit ou à titre onéreux.

L’EMPIRE MEXTEATX.

L’impôt foncier était l’impôt principal.

Le sol se trouvait partagé entre la couronne, la noblesse, les communautés de villes et de villages ou de temples et d’établissements religieux. Le cadastre, peint sur toile avec la plus scrupuleuse exactitude, indiquait l’étendue des terres et les noms de leurs possesseurs. La couleur violette désignait les biens de la couronne, le rouge ceux de la noblesse, le jaune ceux des communautés.

Les premiers étaient en partie affeiinés, en partie concédés à des nobles de second rang, à titre d’usufruit. Le produit, très-considérable, des domaines affermés, servait à la consommation de la maison royale et de l’immense quantité d’employés, de pauvres et de voyageurs que le Souverain faisait nourrir. Les détenteurs des biens royaux concédés à titre d’usufruit offraient au prince des bouquets et des oiseaux toutes les fois (jiLils paraissaient en sa présence; ils ne payaient pas d’impôts, mais ils composaient la cour ordinaire du monarque, et ils coiitribuaienl à l’entretien de ses palais et de ses jardins; de plus ils fournissaient à la maison du roi une partie de ses employés et de scs gens de service.

La haute noblesse tenait, ainsi que nous le disions, ses propi iétés en tief et en franc-alleu, et ne j)ayait pas d’impôt. Ces domaines passaient de père en lils par ordre de primogénilure; toutefois leurs possesseurs pouvaient les vendre, pourvu qu’ils ne les tissent pas sortir de l’ordre de la noblesse.

Les propriétés dépendantes des temples et des couvents étaient inaliénables et dans les mêmes conditions que nos biens de mainmorte.

Entin on désignait sous le nom de capuUi la terre du peuple ou de la commune. Les possesseurs d’un capuUi étaient tous membres d’une tribu, et les terres (|ui le composaient formaient la propriété inaliénable de toute la communauté. Celui qui eu cultivait une portion y avait droit tant qu’il

Page 1