‹ L'Empire MexicainChapitre 81 sur 127 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

était défavorable, de nouveaux envoyés arrivaient au l)out des vingt jours. Ceux-ci s’adressaient directement au seigneur du pays et aux nobles de sa famille et de sa maison ; ils leur annonçaient que s’ils ne se soumettaient ])as avant respiration d’un nouveau délai de vingt jours, ils seraient tous punis de mort, ou immolés aux dieux au cas où on s’emparerait de leurs personnes pendant le combat. Quand le seigneur se rendait à ce nouvel avertissement, on lui pardonnait, ainsi qu’à ses nobles; mais il était obligé à l’avenir de payer un tribut aux trois rois de l’Analiuac. En cas de refus, les ambassadeurs lui oignaient la tête et le bras droit avec une certaine liqueur qui devait lui donner des forces pour résister aux attaques de l’armée impériale; ils lui fixaient sur la tête, au moyen d’une courroie rouge, un panache en plumes nommé tecpitotl, et lui remettaient une certaine quantité d’armes offensives et défensives. Puis ils allaient se réunir aux premiers envoyés.

Les vingt jours étant révolus, une troisième ambassade se présentait. Elle réunissait les principaux guerriers du pays, et leur disait qu’ étant les plus exposés aux chances des batailles, ils devaient engager leur seigneur à ne pas résister davantage, parce qu’autrement ses Etats seraient mis à feu et à sang. Lorsqu’il se rendait à ce dernier avertissement, il était seul puni par une augmentation de tribut [)rélevé sur ses revenus personnels; mais s’il persistait dans scs refus, les envoyés faisaient un nouveau présent de massues et de boucliers; ])uis les trois ambassades se réunissaient et venaient prendre congé du prince et de ses guerriers, et leur annoncer que dans vingt jours ils seraient attaqués par l’armée des trois chefs de l’empire , qui accom- ])liraient leurs menaces.

La première mission était composée babituellement de nobles mexicains, le roi de Tezcuco faisait partir la seconde, celui de Tlacopan la troisième.

Pendant ces négociations, les ministres de la guerre des

trois royaumes et leurs conseils prenaient des mesures nécessaires pour l’entrée en campagne. Des hérauts d’armes étaient envoyés à tous les grands vassaux, et invitaient les guerriers à aller aux temples, et à se tirer du sang en l’honneur des dieux, afin de se les rendre favorables. On ne manquait pas non plus d’offrir des sacrifices aux divinités protectrices des pays que l’on allait attaquer, pour détourner leur colère.

Les troupes se réunissaient promptement; tout homme pouvant servir était soldat. Les feudataires amenaient leurs contingents L Les intendants des divers quartiers réunissaient les vivres. On distribuait des manteaux blancs et des nattes à ceux qui se mettaient en marche. Des tlamènes ^ portaient à la suite de l’armée des provisions, des ustensiles, des vêtements, des armes et des ornements guerriers destinés à récompenser ceux qui se distingueraient sur le champ de bataille.

On avait soin de rappeler à tous que celui qui s’emparait du butin ou des captifs d’un autre encourait la peine de mort, et que si l’un des rois venait à être pris pendant un combat, tous les soldats de sa garde , qui devaient le ramener vivant ou mort, subiraient le dernier supplice.

La majorité des soldats n’avait que le petit caleçon désigné sous le nom de maxtli ; ils imitaient les vêtements qui leur manquaient en se peignant le corps de diverses couleurs. Les compagnies d’élite portaient de très-épais jdastrons rcmbourrés de coton, et des sortes de chausses et de justaiicori)s lacés par derrière, faits en toile très- forte et couverts de plumes de diverses couleurs. Les plumes de tous les hommes d’une compagnie devaient être des mêmes nuances : ainsi il y avait des compagnies rouges et blanches, jaunes et

^ L’armée se composait de ces contingents. Son organisation n’était pas j)ermanente et paraît avoir eu beaucoup d’analogie avec celle des armées féodales du moyen âge. Sa hiérarchie n’est que très-imparfaitement connue.

^ Porte-faix.

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