‹ L'Empire MexicainChapitre 82 sur 127 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

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bleues, etc. Ce costume résistait aux flèches et aux dards. Les chefs se couvraient la tête de coiffures imitant des têtes de loup, de serpent, de tigre, sculptées en bois, couvertes de la peau des animaux qu’elles représentaient, et souvent enrichies de lames d’or et de pierreries. Lorsque l’un des rois marchait en personne contre l’ennemi, il portait une armure d’or ayant quelque analogie avec celles de nos chevaliers; il mettait des colliers, des bracelets, une superbe coiffure, et à sa lèvre inférieure pendait un anneau enrichi d’une grosse émeraude. Un petit tambour d’or, fixé au bouclier, lui servait à donner le signal du combat.

Chaque compagnie avait son guidon spécial, orné de plumes. L’un des généraux fixait à son épaule l’étendard du souverain, et durant les combats, il se plaçait en un lieu d’où il pouvait être vu de tous; la fleur des braves l’entourait pour défendre ce dépôt sacré.

Outre les plastrons rembourrés, les troupes de l’Anabuac employaient comme armes défensives des boucliers de grandeurs et de formes très-diverses. Habituellement, ils se composaient de joncs flexibles et couverts de plumes pour le vulgaire, d’écailles de cuivre, d’argent ou d’or pour les personnes d’un rang élevé.

La flèche, la pique, la lance, la fronde, la massue, l’épée, le javelot et le filet à mailles, qu’on jetait sur la tête de l’ennemi, servaient d’armes offensives. Les guerriers garnissaient leurs flèches d’os, d’arètes ou de pierres taillées, et les lançaient avec une incomparable adresse. Leurs épées, fort longues et faites d’un bois très-dur, étaient munies, à l’endroit du tranchant, de pierre d’obsidienne fixée au moyen d’une laque indestructible; ils s’en servaient à deux mains, et l’un des témoins de la conquête affirme quelles valaient de bonnes lames de Tolède.

Leurs piques avaient jusqu’à seize pieds de long et se terminaient par une pointe de cuivre très-affilée; ils lançaient

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leurs javelots à trois pointes avec assez de force pour percer un homme de part en part, et ils les retiraient promptement à eux à l’aide d’un long cordon qui y était lixé, [)Our les lancer de nouveau. Les nations de l’empire savaient construire aussi des tours roulantes en bois, semblables à celles dont se servaient les Romains pour assiéger les villes, et des halistes, au moyen desquelles ils faisaient voler de grosses pierres à de grandes distances.

Tant que l’armée se trouvait en pays ami, on annonçait son passage deux jours à l’avance, atin qu’on fût prêt à la recevoir; arrivée aux frontières, elle, établissait un cani[) retranché.

Les guerriers de l’Anabuac n’étaient pas fort instruits sur ce que nous nommons tactique, évolutions, ordre de marche, etc., mais le premier choc dans une bataille était d’une impétuosité inouïe. Après une volée de pierres et de llècbes, le combat s’engageait corps à corps. Des troupes fraîches se tenaient toujours en réserve, et souvent on feignait une retraite pour attirer l’ennemi dans des embuscades habilement combinées.

La situation de la plupart des cités de l’Amérique centrale constituait leur principal moyen de défense. Entourées de plusieurs enceintes murées, elles s’élevaient généralement sur des sommets escarpés et dominaient de formidables précipices; des sentiers étroils et difliciles y conduisaient, et îl n’était guère possible de les réduire autrement (jue par la famine.

Les victoires se céléljraient par des fêtes et des sacribces; le souverain distribuait des récom[)enses aux guerriers les plus vaillants.

Parmi toutes les récompenses, celle que les braves ambilionnaient le plus était de se voir élevés à la dignité de leuclU ou de chevalier, bien que ceux qui y aspiraient dussent subir d’abord trois années de sé(iuestration complète, de mortifications, de jeûnes et de la plus rude pénitence.

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