PREMIERE PARTIE
Les trois années écoulées, le nouveau leuclli se rendait au temple en grande cérémonie; là, on lui remettait ses armes, on le revêtait d’un habit magnifique, et on lui attachait les cheveux au sommet de la tête au moyen d’une courroie rouge, ornée d’un bouquet de plumes de prix. Un grand ballet suivait l’initiation, puis avait lieu un banquet, après lequel chaque invité recevait une corbeille contenant de belles étoffes et des bijoux.
Les teuctli remplissaient les plus liantes fonctions de l’État et jouissaient en toute occasion efen tous lieux d’un droit de préséance; seuls ils se servaientjde vaisselle d’or. Us formaient quatre classes : les couronnés, les princes, les aigles et les tigres. Tous ces chevaliers avaient leurs logements particuliers au palais du monarque, lorsqu’ils y étaient de service.
Pour achever ce tableau très-sommaire du gouvernement et de l’administration de l’empire de l’Anahuac, nous dirons encore que les rois savaient promptement ce qui se passait dans les parties les plus éloignées de leurs États. On avait établi, dans toutes les directions et sur tous les chemins, de deux en deux lieues, des tours servant de demeure à des courriers toujours prêts à partir. Les hommes destinés à ces emplois étaient formés, dès l’enfance, à courir avec une prodigieuse rapidité. En vingt-quatre heures ils transportaient, au moyen des relais dont nous venons de parler, les nouvelles à une distance de ])lus de cent lieues. La personne de ces fonctionnaires, si indispensables dans des,pays où l’usage des animaux de selle n’existait pas, était sacrée, comme celle des ambassadeurs. On les chargeait souvent de missions de confiance, telles que de transmettre verbalement aux magistrats et aux généraux des ordres du roi , et de rendre compte de leur exécution au monarque.
L’EMPIUE MEXICAIN.