CHAPIT.RE DIX-SEPTIÈME
Agriculture, horticulture et commerce des peuples de l’Anahuac.
L’agriculture élait enjgrand honneur dans toutes les contrées civilisées du nouveau inonde. Les femmes et les enfants prenaient part aux travaux de leurs maris et de leurs pères. Ces peuples n’ayant’ni bêtes de somme ou de trait, ni fer, ni charrue, y suppléaient à force de labeur; ils travaillaient la terre au moyen de pieux, de pelles de bois et de queUpies instruments en cuivre. Pour ensemencer le sol, le père de famille faisait en ligne droite de petits trous, à distance égale les uns des autres; les femmes et les enfants, qui le suivaient, y déposaient un ou deux grains de mais ou de frijol % ou bien encore une racine de manioc, et recouvraient les trous du pied. On sarclait sans peine les cbauq^s cultivés de cette façon parfaitement régulière, et ils produisaient d’abondantes moissons; on les entourait de baies d’aloès ou de murs construits en i)ierres sèches. Les Américains entendaient très-bien les arrosements. Les agriculteurs arrêtaient, au moyen de digues artistement construites, les ruisseaux venant des montagnes, et creusaient une quantité de petits canaux pour diriger les eaux de divers côtés. Les jachères étaient en usage sur le versant des montagnes qu’on ne pouvait pas arroser. Après avoir laissé reposer les terres, on bridait les ronces et les beiLes dont elles se couvraient pour leur donner un engrais. On conservait le mais dans des greniers bien aérés, bâtis en bois léger avec beaucoup d’art.
Les habitants de l’empire donnaient des soins particuliers à la culture de l’aloès maguy. Ce végétal, l’un des dons les plus précieux que la nature ait faits au Mexique, leur pro-
‘ Le blé était inconnu en .Vmérique.