PREMIÈRE PARTIE
Au nombre des sculptures découvertes dans rAnahuac , se trouve la pierre énorme désignée par M. de Humboldt sous le nom de calendrier mexicain, et dans laquelle on remarque une grande quantité de cercles concentriques, avec leurs divisions et subdivisions.
Faisons observer à ce propos que les Aztèques et les autres peuples de l’empire avaient hérité des connaissances astronomiques des Toltèques, mais que ces connaissances n’étaient appliquées par eux qu’à l’exercice du culte et aux usages de la vie civile. Les peuples de l’Anabuac avaient deux calendriers : le civil, appelé compte du soleil, et celui dit compte de la lune.
Les trois cent soixante -cinq jours de l’année solaire se divisaient en dix-liuit mois de vingt jours, auxquels on ajoutait cinq jours complémentaires nommés nemontemi (vides), et considérés comme néfastes.
Dans leurs hiéroglyphes, les Aztèques représentaient l’année par un cercle autour duquel se rangeaient les emblèmes des dix -huit mois, et au milieu duquel on voyait la lune éclairée par le soleil. Treize années formaient nn cycle ou tlatpilli, quatre tlatjjillis m\Q ligature (xmhmolpilU] de cinquante-deux ans, et deux ligatures une vieillesse ou un siècle [huehuetilizli) de cent quatre ans. L’année finissait au solstice d’hiver. Pour faire concorder le calendrier avec la marche du soleil, les Aztèques intercalaient treize jours tons les cinquante-deux ans, et c’était pendant ces jours complémentaires que se célébrait la fête du renoiivelleinent du feu sacré, décrite précédemment.
Le jour se comptait à partir du lever du soleil, et était divisé en huit parties.
Le calendrier rituel, tableau chronologique des fêtes, se fractionnait en petites périodes de treize jours.
Il nous reste à parler des habitudes, des divertissements, des jeux des habitants de l’Anahuac, et de leur langage. Ces peuples aimaient passionnément les réunions, les plaisirs de
la société et la bonne chère; aussi trouvait-on dans toutes les maisons riches de vastes salles destinées aux assemblées et aux repas. L’art culinaire était ti’ès en lîonneur chez les nations civilisées de l’Amérique centrale; les conquérants espagnols ont célébré leurs talents en ce genre. Ils excellaient surtout dans la pâtisserie, et composaient de la plus fine farine de maïs une grande variété de tartes et de gâteaux. Le gibier, le poisson, les volailles, les œufs, les légumes, le cacao, paraissaient sur leurs tables sous différentes formes*; le maïs, le maguy, l’acajou et le palmier leur fournissaient des boissons fermentées, ti’ès-piquantos, ayant de l’analogie avec notre vin de Champagne; enlin c’est d’eux que nous vient le chocolat.
Lorsqu’un riche seigneur aiqiartenant à l’ordre de la chevalerie donnait un grand repas, il faisait couvrir sa table de vaisselle d’or et d’argent et de coupes aussi pi-ccieuscs jiar le travail que par la rnatièi’e. Pour tenir les plats à la température convenable, on se servait de réchauds; c’est de l’Anabuac que cet usage a passé en Europe. Aj)rès le repas, les convives s’étendaient sur des nattes, fumaient et prisaient du tal)ac; leur bote faisait représenter un ballet devant eux, leur offrait en présent de riches babils renfci'més dans des coi’beilles et ne les congédiait qu’au milieu de la nuit.
Les habitants de r \mérif|ue centrale avaient la passion de la danse; on formait les enfants des deux sexes à cet exercice dans les collèges et dans les monasIèiTs, parce (pi’il l’entrait dans le cérémonial du culte jinblic. Le ballet servait d’accompagnement nécessaire à toutes les leles sacrées ou .profanes, à toutes les réjouissances : tantôt il était cnlrecoupé de dialogues destinés à ra])peler d’anciens (‘Xiiloils et des faits célèbres consignés dans les annales du pays, alors il prenait les proportions d’un drame bisloi‘i(iue ; tantôt on le dansait simpiemenî , soit en lile, soit en l’onde. Parfois
^ Mallieurouseinent il faut ajoulor <|iio (l’aflrcux ragoûts de chair huinaine étaient servis dans les festins d’apparat.