CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
situation de l’empire de l’Anahuac peu de temps avant l’invasion espagnole.
Nous avons quitté Netzaluialpilli , souverain des Cliichiinèqiies et des Acolhiias, et Montéziuna II, roi des Azlè(|ues, au moment où la puissance de l’empire de l’Analiuac semblait avoir atteint son apogée.
La prospérité publique subit une éclipse durant les années 1505 et 1506; les récoltes manquèrent dans les trois royaumes, sauf dans la province de Totonocapan; la famine 'fut extrênïe. Les rois ouvrirent généreusement leurs greniers et vinrent au secours de leurs sujets. Les années suivantes furent marquées par la conquête des provinces de A'ocotan, de Tototepec et de Yopatepec. Toutefois, à cette môme époque, les armées de l’empire subirent aussi ([uelques revers ; 2,500 Mexicains et plusieurs chefs distingués périrent dans une bataille livrée aux habitants d'Alixo. Au nombre des victimes se trouvait Malcuilmalinaltzin, gendre de NetZfdmalpilli et héritier probable du trône de Me.xico. 'On soupçonna généralement Montézuma d’avoir fait livrer 'Ce prince à l’ennemi pour se débarrasser de lui. Le roi de Tczcuco se montra fort irrité de la mort de l’époux de sa bile, 'et composa à cette occasion un chant nommé Xenehualizcuicall, c’est-à-dire le chant des fourberies et des trahisons; il commençait à sentir qu’il avait eu tort de ne pas conlirmer l’élection de Macuilmalinaltzinet de faire décerner la couronne de Tenocbtitlan à un homme (jui cachait l’orgueil le plus démesuré sous les dehors d’une profonde humilité.
Jusqu’alors Nelzaliualpilli , chéri de ses sujets, entouré ‘d’une cour splendide, protecteur de l’industrie et du commerce et oracle de l’Amérique centrale, avait été le roi le plus heureux du nouveau monde. Tout à coup, on le vit tomber dans une grande tristesse et livré aux plus noirs