CLAUDE, CALIGULA ET NÉRON C
^cette \ille qu'il avait brûlée, et où dans chaque maison on faisait des vœux pour sa mort. Suivons-le du Grand-Cirqne à la porte Nomentane (aujourd'hui la porte Pie), par laquelle il va s'échapper de Rome. Quel spectacle! Néron, accoutumé à toutes les recherches de la volupté, s'avance à cheval, les pieds nus, en chemise, couvert d^un vieux manteau dont la couleur était passée, un mouchoir sur le visage. Quatre personnes seulement raccompagnent ; parmi elles est ce Sporus, que dans un jour d'indicible folie il avait publiquement épousé. Il sent la terre trembler, il voit des éclairs au ciel ; Néron a peur. Tous ceux qu'il a fait mourir lui apparaissent et semblent se précipiter sur lui. Nous voici à la porte Nomentane, qui touche au Camp des Prétoriens. Néron reconnaît ce lieu où, il y a quinze ans, suivant alors le chemin qu'il vient de suivre, il est venu se faire reconnaître empereur par les prétoriens. En passant sous les murs de leur camp, vers lequel son destin le ramène, il les entend former des vœux pour Galba et lancer des imprécations contre lui. Un passant lui dit : « Voilà des gens qui cherchent Néron. » Son-cheval se cabre au milieu de la route : c'est qu'il a flairé un cadavre. Le mouchoir qui couvrait son visage tombe; un prétorien qui se trouvait là le raçnasse et le rend à l'empereur, qu'il salue par son nom. A chacun de ces incidents son effroi redouble. Enfin il est arrivé à un petit chemin qui s'ouvre à noire gauche, dans la direction de la