‹ L'empire romain à RomeChapitre 4 sur 38 · CLAUDE, CALIGULA ET NÉRON · texte numérisé non relu

CLAUDE, CALIGULA ET NÉRON

rices et sa concubine Acte. Elles enveloppèrent ses cendres d'une étoffe précieuse, et allèrent les placer dans le tombeau de la famille des Domitius. Du temps de Suétone, on le voyait encore du Champ-de-Mars s élevant sur la Colline des Jardins^ aujourd'hui le Pincio. On peut déterminer avec précision le lieu de la sépulture de Néron, car, en suivant les murs de Rome, on reconnaît parfaitement les arceaux des substructions de la villa des Domitius où se trouvait leur tombeau. La belle construction de ces arceaux et la disposition réticulaire qu ils présentent ne permettent pas de les confondre avec les murs de Rome, bâtis beaucoup plus tard, et dont en ce lieu-là ils continuent l'enceinte. La villa des Domitius était à l'extrémité de la promenade actuelle du Pincio.

.Où l'histoire s'arrête, la légende commence. Pour les hommes du moyen âge, Néron, exécrable tyran et premier persécuteur des chrétiens, se confondait avec l'Antéchrist. Encore aujourd'hui sa mémoire demeure odieuse, et beaucoup de ruines dans l'État romain passent pour des débris de villes détruites par Néron. Au moyen âge, on croyait que son fantôme errait sur le Pincio, sur cette aimable colline qui est aujourd'hui le rendez-vous des promeneurs. Chaque jour, les bourgeois de Rome à pied, les élégantes en calèche, les Anglais à cheval, vont y jouir d'une vue admirable en écoutant la musique militaire, en respirant la fraîcheur du soir, sans penser qu'ils sont

chez Néron. Ce fut, dit-on, pour conjurer son fantôme que l'on construisit tout près de là Téglise de Sainte- Marie-du-Peuple. Voilà comment les souvenirs de l'antiquité se sont perpétués à Rome dans la tradition populaire.

# Mais à Rome, outre l'antiquité selon Thistoire et l'antiquité selon la légende, il y a l'antiquité selon les ciceroniy et celle-là ne ressemble point aux deux autres, surtout à la première. Comme il fallait montrer aux étrangers le tombeau de Néron, on a imaginé de donner ce nom à un monument funèbre placé sur la grand'route de Florence, à quelques milles de Rome : on l'avait mis là sur le chemin des voyageurs, ce qui était fort commode pour eux. Malheureusement on avait oublié de lire Tépitaphe, on y aurait vu que ce tombeau était celui d'un certain Vihius : il est vrai qu'elle n'est pas tournée du côté de la route. Aussi le tombeau de Vibius porte encore le nom de tombeau de Néron.

Pour compléter par les souvenirs qui s'attachent aux lieux et aux monuments l'histoire des premiers empereurs, il faut compléter le voyage de Rome par le voyage de Naples. Auguste alla recréer ses yeux mourants au spectacle des rivages de la Campanie et des îles du golfe napolitain : il mourut à Nola. Tibère a donné à Caprée une honteuse immortalité ; Misène vit sa triste et juste fin. Pouzzoles rappelle encore la folie de Caligula. Enfin cette région enchanlée a vu

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