L II HE RUSSE
LA RUSSIFICATION
Alexandre Ier, à coup sûr, n'avait pas entrevu toutes les conséquences pratiques de ses théories libérales : il avait eu seulement l'intuition du rôle politique que cette « marche » de l'Occident, cette bande de territoires annexés et de populations étrangères ou métissées, finno-suédoises, tchoudo-germaniques, lilhuanopolonaises, etc., pouvait avoir entre le christianisme catholique ou protestant et la Slavie orthodoxe, entre la vieille Europe et la jeune Russie, entre les nations libérales de l'Occident et l'autocratie moscovite : il voulait que cette bande interposée fût véritablement une « marche », c'est-à-dire une défense et une transilion, un rempart et comme un filtre.
Loin de russifier ses peuples de civilisation occidentale, il tenait donc à sauvegarder leurs langues et religions nationales, leurs institutions libérales ou traditionnelles; en Finlande et en Pologne, il confirma le régime constitutionnel que l'influence suédoise ou 1 •>« « npation napoléonienne avaient installé : autocrate de toutes les Russies, il fut roi constitutionnel en Pologne, grand-duc constitutionnel en