Id., 1902, p
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(jiics rapports sur la répartition et l'hygiène des habilals. Voici des extraits publiés parles journaux russes et reproduits dans YOdesski Listoh des 21 et 29 février 1897 (on sait avec quelle vigilance la censure russe défend les journalistes contre toute erreur) :
Lodz. — Les Juifs sont entassés dans le quartier Balout, où L'atmosphère est presque irrespirable. Dans une seule chambre, j'ai trouvé dix personnes, mangeant, travaillant et dormant; pas de lits; on couche par terre, hiver comme été; les malheureux sont mal portants et leur misère est indescriptible. La ville de Lodz compte 18 000 Juifs vivant de la charité publique, et si l'on considère que Lodz est un grand centre industriel et commercial, on peut se représenter la condition des Juifs dans les villes où il n'y a ni industrie, ni commerce.
Lublin. — Sur nos registres figurait une maison, dans le quartier juif, portant le numéro 689. Nous l'avons longuement cherchée sans la trouver. Nous la découvrîmes enfin. C'est une misérable habitation, tombant en ruines, au fond d'une ruelle noirâtre et sans issue. Quand nous y pénétrâmes, une odeur suffocante nous prit à la gorge : sept logements renfermant cinquante âmes.
Dans un des logements, éclairé à peine par une lucarne et mesurant quatre pas de large sur trois pas de long, deux ramilles composées de onze membres. L'un des chefs de famille est terrassier, l'autre, cocher. Les femmes seules étaient au logis, entouréesd'enfantsdéguenilléset bruyants. Sui les visages exsangues, se lisaient les pires privations, la souffrance, la faim. Dans le second logement, sans fenêtre, éclairé par la porte entrouverte, nous vîmes également deux familles; deux femmes étaient là, toutes deux mlaades. L'une, âgée de quatre-vingts ans, nous raconta sa vie et ses malheurs; très loquace, elle répondait à toutes nos questions, après nous avoir offert L'unique chaise du logis. La seconde était au lit; c'était une femme d'une l'empire hlsse. 42
admirable beauté, aux grands yeux noirs. Son mari, cocher, est depuis de longs mois sans travail; elle s'excuse de ne pouvoir se lever. Dans la chambre, l'humidité et le froid
nous font frissonner. Le mari est parti de bonne heure pour chercher quelque besogne. Les pauvres femmes pleurent d'étaler leur misère devant un étranger. Elles ont fait quelques efforts pour donner à leur chambre un aspect moins désolé, car la visite des recenseurs était annoncée.
Pour arriver au troisième logis, il a fallu escalader une échelle aux bâtons branlants : un grenier, au toit crevassé, laissant passer le vent, la pluie, la neige, était divisé en plusieurs compartiments; le premier était occupé par un typographe travaillant en ville; cet homme gagnait deux roubles par semaine, après un labeur de seize heures par jour; avec son salaire, il devait nourrir sa femme et trois enfants. Et pourtant, les enfants avaient l'air propret et bien portants. Le logis était convenable. La mère, toute fière de ses fillettes, nous déclare que l'aînée va à l'école, lit et écrit le russe (Warschawski Dnewnik).
Kiciiinef. — Nous avons constaté les résultats les plus navrants. Les Juifs de Kichinef meurent littéralement de faim. Leurs souffrances dépassent ce que l'on peut imaginer. Émus de l'excès de telles infortunes et voulant donner aux Juifs un secours momentané, nous avons, de concert avec le commissaire d'arrondissement, fait une collecte parmi les chrétiens. Cette quête a produit plus de cinq cents roubles qui donneront un peu à manger à ces pauvres gens (Bcssurabetz).
Minsk. — La plume se refuse à retracer le spectacle effrayant des privations que les employés du recensement ont vu de près en parcourant les taudis, greniers et caves, où des milliers de Juifs mènent leur lamentable existence. Les larmes nous sont venues aux yeux bien souvent. Sur toutes les feuilles de recensement, en regard des mots : « moyens d'existence », nous inscrivons : « néant » (Min ski Lisloh) l.
i. Bulletin de l'Alliance israélite, 1897, p. 29-30.
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A Elisabeth grad, à Odessa, plusieurs familles de six personnes se partagent des hangars en planches, formant deux pièces de trois mètres carrés, sans porte de séparation. Les fossés de Ilomel contiennent cent vingt de ces bicoques où logent 2 000 individus: la pièce unique sert d'échoppe, de cuisine et de chambre à coucher. A Vilna, des milliers de Juifs vivent dans les caves, à deux étages au-dessous des rues : il faut, allumer la bougie pour travailler ou prendre les repas.
Les trois quarts de ces Juifs étant des ouvriers et les trois quarts de ces villes étant sans grande industrie, cette main-d'œuvre accumulée avilit les salaires. Dans l'univers entier, sauf peut-être en Chine et au Japon, il n'est pas une région où le travail humain soit si mal payé. Salaire absolu en valeur d'argent, et salaire relatif au taux des denrées nécessaires, c'est vraiment un salaire de famine :
Les bons salaires moyens, tant dans les fabriques que (Luis les ateliers d'artisans, ne dépassent pas 3 1/2 ou 4 roubles par semaine; les salaires les plus fréquents sont de 2 1/2 à 3 roubles; les salaires inférieurs, de 1 1/2 à 2 roubles par semaine pour les hommes l. Les femmes et les jeunes filles gagnent rarement plus de 6 à 8 roubles par mois, généralement 3 à 4 roubles, quelquefois même
1 rouble 1/2 seulement. Dans quelques bourgades, des industries prospères ont donné l'aisance ou rendu la vie à des populations misérables : à Pinsk, le salaire moyen pour une population juive de 20 000 âmes, dont 1 800 ou-