‹ L'empire sumatranais de CrivijayaChapitre 10 sur 16 · «.( IM · texte numérisé non relu

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Le premier texte (ms. a 55 9, fol. 92 v°, i. 12)3:

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Section traitant de la connaissance des îles Zarïn. Elles gisent par a xshd des Farâkid [—environ h" 18' snd]. On dit que ces îles Zaïïn sont au nombre de 7. En ce qui concerne les abords de ces îles [, ils sont les suivants] : quand on en approche, l'eau change [de couleur] et elle devient verle. Comme [autre] abord des côtes [de ces îles], il y a encore des jàijât (algues). Entre ces îles et la côte [africaine], il y a 60 zàm \= 180 heures de route]. J'ai entendu dire par des gens dignes de foi que par 3, â, 5 uhd des Farâkid, gisent des îles (fol. 28 r") éparses , échelonnées depuis l'alignement des îles Zarîn dans la direction de la côte [d'Afrique]. Certains disent que ce sont des îles de sable. Sache que toute région écartée est inconnue 1

Le second texte (ms. 2559, fol. 78 v" mjra) est identique au précédent :

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Section traitant des îles Zarïn. Elles gisent par 2 ishd des Farâkid [= environ 4° 18' sud]. On dit que ces îles sont au nombre de 7. Entre ces îles et la [côte africaine], il y a 60 zâm [= 180 heures de route]. En approchant de ces îles, surviennent des abords comme l'abord des terres. J'ai entendu dire à qui connaissait ces questions par expérience , que par 3 , 4 , 5 ishd des Farâkid , gisent des îles éparses qui s'échelonnent depuis l'alignement des îles Zarin dans la direction de la côte [d'Afrique].

D'après la position de ces îles indiquée par Sulaymân al- Mahrï, on ne peut guère les identifier qu'au groupe insulaire des Seychelles, au nord de Madagascar. Leur nom de ^^,j^ ^y^ juzr Zarln est intéressant. Zarïn n'est pas arabe, mais il est aisé d'y retrouver le persan ;) zer «orjj, ^^jj zerîn «d'or» (aureus). Les Instructions nautiques arabes sont, à ma connaissance, les seuls textes orientaux qui en fassent mention. Les Seychelles n'ont, je crois, jamais livré un gramme d'or. Ce toponyme injustifié est sans doute la localisation dernière de la légende des Iles de l'or, qu'on a successivement situées au sud-est de Sumatra, au sud de Java, à l'est du Japon, au sud de l'Inde, entre Sumatra et Geylan et enfin aux Seychelles, l'événement montrant chaque fois que les indications fournies par les indigènes étaient erronées : le secret était hien gardé. Ce n'est que plus tard que fut révélée la richesse aurifère de Sumatra : les marchands sumatranais, musulmans et hindous avaient réussi à la cacher aux découvreurs européens en quête de l'Eldorado oriental.

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