‹ L'empire sumatranais de CrivijayaChapitre 2 sur 16 · TEXTES CHI^OIS · texte numérisé non relu

TEXTES CHI^OIS

Yi-TSiNG ^^\ Ta t'ang siyu k'ieou fa kao seng tchouan, Les Religieux énnnents qui allèrent chercher la Loi dans les paijs d'Occident, Mémoire composé a l'époque de la grande dynastie T'ang, trad. Ed. Chavannes, Paris, i8f)/i, in-S".

I. (P. 63-64.) Maître Ydn-k'i est originaire de la province de ^ Kiao I autrement dit du ^lîjf: Kiao-lche, le Tonkin]. . . Il est revenu [de Chine] dans les 1:1ers du sud depuis plus de dix ans. Il s'enlond parfaitement au parler ^ ^ k'ouen-loucn^'^^; il connaît bien la langue

(') Dans quelques cas où lu prtisenle version française diffère dos traductions de textes cliinois que j'ai utilisées, les corrections dont il s'agit m'ont été indiquées par M. Pki.liot, qui a bien voulu lire une épreuve de ce mémoire. Il s'en faut cepeudaiil que toutes les erreurs aient été rocliiiées; il n'eutiait pas dans le cadre de ce travail de le faire. 11 serait désirable qu'un sinologue voulût bien se charger de cette néctîssaire revision des textes en question.

'-' «L'appellation k'ouen-lnuen, dit en note Chavannes, peut être prisn pour synonyme de Malais, n Dans un mémoire postérieur à la traduction du présent

sanskrite. Dans la suite, il jugea convenable de rentrer dans le monde et se fixa dans le pays de ^ ^Ij f^ j^ Che-li-fo-yeou [graphie fautive pour 111^ Ghe-li-fo-chc]. C'est là qu'il vit encore aujourd'hui [vers 692]. , .

II. (P. 76-77.) . . . Les ouvrages chinois qu'ils (les Maîtres de la Loi Pei-ngan et Tche-ngan) avaient pris, le Yôga-çâstra (tdias Yôgàcarijûhhmni-çàslra) et d'autres sûlras et çdstfas se trouvent tous dans le pays de Ghe-li-fo-che.

III. (P. 119.) . . . Avant que vingt jours se fussent écoulés [depuis notre départ de Canton], nous arrivâmes au pays de Fo-che*''; je m'y arrêtai pendant six mois [, en 671]; j'y étudiai par degrés la science des sons [çabda vidyà). Le roi me donna des secours grâce auxquels je parvins au pays de ^ ^ J^ Mo-io-yu [=Malâyu]; j'y séjournai derechef pendant deux mois. Je changeai de direction pour aller dans le pays de ||| ^ kie-tch'a [=Këdah, sur la côte occidentale de la péninsule malaise]. Lorsque arriva la douzième lune [de l'année ôy'j], on hissa la voile; je remontai sur un bateau du roi et je me dirigeai petit à petit vers l'Inde orientale [à destination de Tâmralipti, l'actuelle Tamluk, en faisant escale au pays des Hommes nus ou îles Nicobar] . . .

IV. (P. 125.) . . . [Après un séjorn* dans l'Inde, Yi-tsing revient

ouvrage de \i-tsing (Sylvaia Lévi et Edouard Chavannes, Les seize Arhat protecteurs de la Loi, J. As., XI" série, t. VIII, 1916, p. /ig), Chavannes a interprété le texte : «Amoghavajra partit de (janlon sur un bateau k'ouen-loueni; par «... sur un bateau malais??. L'équivalence k'ouen-iouen = malais n'est sûre que dans le premier cas où il s'agit du Che-li-fo-che = Çrivijaya = empire de Palembaii. Pour la seconde citation, la même interprétation est doueuse, car le lexte ne dit pas expressément qu'il s'agit d'un bateau du même pays. On sait, en effet, que les Chinois ont indiqué comme |1|^ -^ 1 ^ •^ k'ouen louen, variantes ^ ^ hiue-louen, 'g' ^ koti-loueii, des indigènes de l'Indonésie et de i'Inde transgangétique voisine. Cf. G. Ferrand , Le K'oueniouen et les anciennes navigations inlerocéaniq^tes dans les mers du Sud, J. As., XI" série, t. XIII, p. 319 et suiv. , en rectifiant ainsi favant-dernière phrase : ff . . .Par langue k'ouen-Iouen à Java, au vii° siècle, il faut entendre le kawi ou vieux-javanais; c'est le vieui-malais qu'on parlait à Palerabaii à la même épo ue, ainsi qu'eu témoigne l'inscription de Banka. , .11. Pour cette inscription, vide inj'ra, XXVII.

(-) Forme abrégée de Che-li-fo-che. Yi-tsing emploie tantôt l'un, tantôt Iculre.

h Târnralipti.] Après cela, je m'embarquai; je passai par le royaume de Kie-tch'a: les textes sanskrits du Tripitaka que je rapportais formaient plus de cinq cent mille stances qui , dans la traduction chinoise, rempliraient bien mille rouleaux; je les pris avec moi et m'arrêtai dans le pays de Fo-che.

V. (P. 126.) . . . 'Maître Chan-hing était un de mes disciples. A ma suite il vint dans le pays de Cbe-li-fo-cbe. . . (cf. également p. i3G).

VI. ( P. làU.) ... Le maître du dhyâna Wou-umG prit le maître de la discipline Tche-hong pour compagnon, et au temps du vent d'est, ils s'embarquèrent; en un mois ils arrivèrent au ])ays de Che-li- fo-che. Le roi de ce pays les honora fort et les distingua du vulgaire. Il leur disliibua des fleurs d'or; — il répandit pour eux du millet d'or''' — Il leur fournil les quatre choses nécessaires à l'entretien (le manger et le boire, les vêtements, la literie, les médecines); — il se prosterna de tout son corps (pancânga) pour leur dévoiler son cœur. Lorsqu'il apprit qu'ils venaient du pays du Fils du ciel de la grande dynastie T'ang, il redoubla pour eux d'honneurs.

Puis Wou-HixG s'embarqua sur un bateau du roi; au bout de quinze jours il aborda dans l'île de Mo-lo-yu; au bout de quinze autres jours il arriva au pays de f§ ^ Kie-tch'a [= Këdah , sur la côte occidentale de la péninsule malaise]. Lorsque le dernier mois d'hiver fut venu, il clinngea de route dans sa navigation et se dirigea vers l'ouest. Au bout de trente jours, il parvint au pays de Na-kia-po-tan-na [= Negapatam dans le sud-ost de l'Inde]; i\ partir de ce lieu, il arriva, après deux jours de navigation sur mer, dans l'île du Lion (Simhala, Ceylan).

VIL (P. 159.) ... La deuxième année y ong-chouen (=683 de notre ère), le maître de la Loi Ta-tsîn entreprit de partir pour les mers du sud ... il suivit un ambassadeur impérial ; après une navigation de plus d'un mois, il aborda dans l'île de Che-li-fo-che. Il demeura là [tiusieurs années; il s'initia à la langue k'onen-louen^"-^', il étudia un grand nombre de livres sanskrits. . .

W ffLes fleurs d'or et le millet d'or avaient une sifynification symbolique dans la relipion bouddhique. Ainsi l'expression -^ ^ Wi . l'iopr. : l'ombre (lu millet d'or, si[i;riifi(' i'ombro à\i lioiiddlia (St. Jumkn, lliiii'ii-lclioaiifr, l. II, p. XV ). D'aprôs un rcnsfi/Tnemcnt oral qui m'a été donné [lar un iettié chinois on appellerait millet d'or les jjraines de cannciier (Cuavannks)».

'-' Vide supra , p. '? , tioIo a.

VIII. (P. 176 el suiv.) Pour moi, Yi-tsing, je m'embarquai à l'embouchure du fleuve de Fo-che ... Ce que j'ai réuni des trois Recueils, à savoir plus de cinq cent mille stances'*^, se trouve en entier dans ie pays de Fo-che. . . . Puis, le premier jour de la 11° lune de cette année (689), nous nous embarquâmes sur un bateau marchand et nous nous éloignâmes de Canton. Nous nous dirigeâmes vers le (5 '^ Tchan-po [=(lampa, l'Annam actuel] en hissant nos voiles; — nous nous proposions d'arriver dans le pays de Fo-che par une longue course, — ... (cf. également p. 182, i83, 187, 188, 189, 190).

Yi-TsiNG, Nan hai ki kouei nei fa tcJiouan, A record of tJie Buddhist religion as 'practisedin India and the Malay Archipelago , trad. par J. Takakusu, Oxford, 1896, in-li°,

IX. (P. 10.) ... Dans les îles de la mer du sud où il y a plus de dix royaumes, le Mûlasarvâstivâdanikâija a été à peu près généralement adopté ... En les comptant d'ouest [en est], la première de toutes est ^ '^ iilJ IJ'I'I l'île *'6 P'o-lou-che [=Baros, sur la côte occidentale de Sumatra]; pms, ^BM M (var. M) IP 4" >P M fi M (graphie fautive ^yeou) ^ ^ l'île de Mo-lo-yu [^^^MalayuJ, c'est maintenant [vers 699] le pays de CheJi-fo-che . . . ''^'.

HouEi-JE (né en 680).

X. Ce moine chinois effectua un voyage de Chine en Inde et passa par Fo-che. «Les royaumes maritimes du sud-est, dit le Song kao seng tchouan (éd. de Tôkyô, XXXV, 5, io3'; chap. 29) : iM ^ K'ouen-iouen , % % Fo-che, l'ile de Ceylan et d'autres, il [Houei-je] les traversa, les parcourut, et il atteignit l'Inde w (cf. mon mémoire sur Le K'ouen-louen et les anciennnes navigations interocéaniques dans les mers du Sud, /.y4s.,XP série, t. XIII, 1919, p. 2/16 , VIIUis).

(>) GiuvANNES a ici «cinq cent mille phrases 7) , mais il faut lire stances, comme dans Textrait précédent do la page laB de sa traduction {vide supra).

(^) Trlpit. do Tôkyô , boite XXXV, vol. VII , p. 68 , col. a. Cf. P. Pelliot , Deux itinéraires, p. 828. Il faut évidemment entendre par cette phrase concise quo le Malâyu est passé sous la suzeraineté du Che-ii-fo-che.

Vajrabodhi (717).

XL Ce moine, qui s'embarqua à Ceylan pour ia Chine, rf traversa vers l'est plus de 20 royaumes, dont ceux de f^ % Fo-che et des |^ A Hommes nus {Song kao seng ichouan, dans Tripiuika de Tôkyô, ^ , IV, p. 70 v")''. Selon un autre texte, parti de Ceylan avec 35 navires persans, ffen un mois de route il arriva au royaume de f^ 3^ Fo-che. Le roi du royaume de Fo-che vint au-devant du maître avec des parasols et dais d'or et un lit d'or. A cause du vent contraire, [le maître] s'arrêta là cinq mois. Quand le vent fut fixé, alors il put se mettre en route 'i. Il rencontra d'ailleurs des tempêtes terribles et erra de royaume en royaume pendant trois ans avant de parvenir en Chine daiis le courant de l'année 720 [Tcheng yuan sin ting che kiao mou lou, dans Triint. Tôk., ^,VÏ,p. 78^)0.

Ambassades de P M ^^ che-li-fo-che

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