‹ L'empire sumatranais de CrivijayaChapitre 3 sur 16 · ET DE ^% ^- FO-CHE À LA COUR DE CHINE · texte numérisé non relu

ET DE ^% ^- FO-CHE À LA COUR DE CHINE

XII. D'après le Sin t'ang chou (k. 922 T > P- '» r°)i 'e Che-h-fo-che envoya des ambassades de la période /iîen4eHg' (670-678) à la période k'ai-yuan (71 8-741).

XIII. La 1" année tcheng-cheng (695), au 9' mois, le 5* jour, une décision impériale ordonne de distribuer des vivres aux envoyés de certains pays étrangers qui viendraient à ia cour, dont ceux du Che-li-foche [T'ang houeiyao, k. 100, p. 22 v°).

XIV. Au 12° mois de la 1" année tch'ang-ngan (début de 702) et en 716, ambassades du Fo-che (Ts'ô fou yuan kouei, k. 970, p. 18 r", pour la première ambassade, et k. 971, p. 9 r°, pour la seconde).

XV. En 724, au 7° mois de l'année chinoise, ffle roi du royaume de Che-li-fo-che envoie en ambassade fil j^ || Kiu-mo-lo (peut-être kumâra rrle prince héritier «) pour offrir deux nains, une fille ff" ijîft seiig-k'i [c'cst-à-dirc une négresse de l'Afrique orientale], une troupe de musiciens et des perroquets aux cinq couleurs; [l'empereur] conféra

(') Apud Paul Pelliot, Deux ilinéraires , p. 336, <') Apud Paul Pelliot, Deux itinéraires, p. 33^-335.

à [Kiu-]mo-lo [le litre] de fjf flj ichô tch'onfr (général), lui accorda cent pièces de soie, et le renvoya dans son pays (Ts'ô fou yuankouei, k. 971, p. 6 i'°; cf. aussi Sin i'nng chou, k. 222 f , p. h r°)ri. An huitième mois chinois de la même année, l'empereur conféra à P ^Ij ^ ^ JA }'^ Ghe-li-l'o-lo-pa-mo (Çrïndravai'man?), roi du Che-H-foche, le titre de ^ J^ f|j J^ -^ ^£ iso-ivei-wei-ta-tsiang-hiiin (Ts'o fou yuan kouei, k. 964, p. i5 v°; k. 976, p. h r°; cf. Sin t'ang chou, k. 222 HF î P- ^ i"°)-

XVI. En 728, le roi du Fo-che fait de nouveaux dons de perroquets bigarrés [Ts'ô fou yuan houei, k. 971, p. 7 v°).

XVII. Au 12° mois de la 29' année h' ai-yuan (au début de 7^2), le roi du Fo-che envoie son fils à la cour chinoise pour offrir le tribut ( Ts'ô fou yuan kouei, k. 971, p. 1 A r°). C'est à cette occasion sans doute qu'en cette même année 7''i9, le roi du Fo-che, apoelé ^ij ^^ -^ ^ Lieou-t'eng-wei-kong, fut nommé ^ H ï Prince Pin-yi et reçut le titre de iso-kin-wou-wei-la~tsiang-kiun [Ts'ô fou yuan kouei, k. 9G5, p. 1 V).

Tenon fan tche de Tchao Jou-koua ( 1 2 2 5 ).

Chau Ju-kua, His work on the Chmese and Arnb trade in the twelfth and thirteenth centuries, entitled Chu-fan-tciiï, traduit du chinois et annoté par Friedrich Hirth et W. W. Rockhill, Saint- Pétersbourg, in-Zi", 1912. Le texte chinois en a été postérieurement publié par Rockhill à Tokyo (Rokumin shimbun Press) avec une postface en anglais datée du 1'' avril 191^. La date exacte du Tchoii fan tche a été indiquée par Pelliot dans son compte rendu de la traduction Hirth-Rockhill ( T'oung pao, t. XIII, 1912, p. 4/16-/181).

H f^ ^ SaN'FO-TS'i.

XVIU. (P. 60.) San-fo-ts'i gît entre le ^ 31 Tchen-la (le Cambodge) et le ^ ^ Cho-p'o (Java). Sa suzeraineté s'étend sur quinze provinces ( jl'l'l )• Ce pays se trouve droit au sud de Ts'iuan-tcheou [du Fou-kien].

Pendant l'hiver, avec la mousson, [en partant de ce dernier port,]

vous naviguez pendant un peu plus d'un mois et vous arrivez alors an "^

^ P^ (lélroit de Linfi-ya^'', où un tiers des marchands qui elîectuent

ce voyajie [font escale?] avant de pénétrer dans ce pays [de San-fo-ts'i].

Un grand nombre des gens de ce pays ont pour nom de famille Jf^

p'ou ^'K

Le mur de la ville (la capitale) est construit en briques et mesure

plusieurs dizaines de H de tour.

Lorsque le roi sort, il est assis dans une embarcation; il est reconvei-t par un pagne enroulé autour du corps. 11 est abrité [du soleil] par un parasol en soie et gardé par des hommes portant des lances d'or.

Les habitants [de la capitale] vivent soit disséminés hors de la ville, soit sur le fleuve dans des maisons flottantes {lut. : des radeaux) couvertes avec des roseaux. Ils ne paient pas d'impôls.

Les gens du pays sont habiles à combattre sur terre et sur l'eau. Loisqu'ils sont sur le point de faire la guerre contre un autre état, ils réunissent et expédient le corps de troupes que réclament les circonstances. Ils nomment [alors] les chefs et commandants; chacun fournit son propre équipement militaire et les approvisionnements nécessaires. Pour affronter l'ennemi et braver la mort, ils n'ont pas leurs égaux chez les autres peuples.

(') Le détroit de Lifiga.

(■^) Les traducteurs disent en note (p. 6i, n. 3) : ^Fti stands for Bu, an al)l)rc\ iatiou of Abu «fatliorw , whicli précèdes so many Arabie names. The phrase ^ fÈ. M "•"^''iiy ^''s surnamed Fiiv, orcurring hère and there in Chinese ethnographical literature may safely ho taken to indicato Arah settlements. Hir.TH, Die Insel Hainan, /187, note.» Si cette interprétation était exacte, il eu résulterait que le San-fo-ts'i = Paiembaù du commencement du xin" siècle possédait une très importante colonie musulmane , arabe ou d'origine arabe ; mais il n'en est rien : le sens de la phrase est tout autre. Par «Un grand nombre [de gens de ce j)ays] ont pour nom de famille Fout) , le texte veut faire entendre, à la chinoise, que beaucoup de noms de gens du San-fo-ts'i commencent par Fou. Ce Fou n'a rien à voir avec l'arabe Abu ; il s'agit ici du titre nobiliaire indonésien Pu ou Mpu (cf. cam Pô), correctement rendu par f^j . Les ff Arab settlementsn du San-fo-ts'i au début du xiii" siècle n'ont donc pas plus de réalité historique que tfces tnarrlmnds sobérns que la fertile imagination de Bkai. avait fait venir à Ceylaii au temps de Fa-hikn et que LKiKiK n'en sut pas chassern (Pklliot, bulletin crilicjue du T'oimgpao, t. XIII, 1919 , p. 'i56); que h; «Tigre des Thaisn de l'épigrajjhie siamoise (cf. G. Coedks, Uucutnetits sur la dynastie de Sukkodaya, dans B.E.F.E.-O., t. XVII, 1917, n° 2 , p. 5-6 ) et autres idola libri.

Us n'ont pas de monnaie de cuivre enfdées à une corde [comme les Chinois], mais ils se servent de morceaux d'argent coupé pour les transactions commerciales.

Pendant la plus grande partie de l'année, la température est chaude et il n'y a que peu de temps froid. Leurs animaux domestiques sont très semblables à ceux de la Chine.

On trouve chez eux du vin fait avec des fleurs, du vin de coco, du vin fabriqué avec des noix d'arec et du miel; tous ces vins ont fermenté, bien qu'on n'ait employé aucun levain de quelque sorte que ce soit. Ces vins enivrent quand on en boit.

Pour la rédaction des documents officiels , ils se servent de caractères étrangers (#)'''. La bague du roi est employée comme sceau. Ils connaissent également les caractères chinois et ils les utilisent quand ils envoient un mémoire à la cour [de Chine].

(P. 61.) Les lois du pays sont très rigoureuses. L'adultère expose rhomme et la femme [qui le commettent] à la peine la plus rigoureuse [, c'est-à-dire : à la mort].

Quand le roi meurt, le peuple prend le deuil en se rasant la tête. Cependant, les gens de la cour attachés à sa personne se donnent volontairement la mort en se jetant dans un bûcher funèbre ardent; cet acte est appelé ff vivre et mourir ensemble n '•'K

Il y a [à San-fo-ts'i,] une [sorte de] Buddha [, c'est-à-dire : une statue] appelée :^ 1^ |lj ff Montagne d'or et d'argent ^i , qui est fondue en or. Chaque nouveau roi, avant de monter sur le trône, fait fondre une statue d'or représentant sa personne. Les gens du pays ont giand soin d'apporter en offrande des vases d'or à ces statues. Les statues d'or et les vases d'or portent tous une inscription destinée à prévenir les générations futures de ne pas les fondre '■^K

(1) Comme à Java, les anciennes inscriptions de Sumatra sont tantôt rédigées en sanskrit, tantôt en indonésien écrit au moyen d'un système graphique emprunté à l'Inde.

(^) Sur cette pratique, cf. Livre des merveilles de l'Inde, au glossaire, s. y" j^i^, p. 194.

(•■"î Ce passage n'est pas clair dans le texte. M. Pelliot en propose l'interprétation suivante : ffll y a un Buddha qu'on appelle le Buddha de la Montagne d'Or et d'Argent. Sa statue est fondue en or. Chaque roi, [juste] avant de monter sur le trône, [fait] fondre sa [propre] image en or pour remplacer cette statue. On fait des vases et de la vaisselle en or, et on rend [à cette image] des hommages solennels. Les statues d'or et les vases et vaisselle portent tous des inscriptions gravées pour que les générations futures ne les

Daus ce pays, lorsque quelqu'un est gravement malade, il distribue aux pauvres du pays [une somme e'quivalente à] son poids en argent. [Cette pratique] est considérée comme un moyen de retarder la mort.

Ils donnent à leur roi le titre de f| ^ long-lsing ''^ Il ne doit pas

détruisent pas.n Pour ces statues royales, cf. une coutume identique chez des tribus turkes dont parle Pelliot dans un compte rendu de Les pays d'Occident d'après /e Wei-lio, de Chavannes (B.E.F.E.-O., t. VI, p. 892, n. 3; et dans un autre compte-rendu , ibid. , p. h 10).

(') HiRTH et RocKHiLL out cru à tort que long-Uing transcrivait un terme protocolaire (cf. p. 65, note 12). «The title arun [auquel avaient songé les traducteurs du T chou fan tc/ie], dit G. 0. Blagden [Some remarks on Chah Ju-kua's Chu fan chi, dans J.R.A.S., 1918, p. 166), is used in Celebes and is not Malay at ail. What Malay vvord is transcribed by the very un-Malaylooking long-tsing I cannot imagine. Possibly thèse are simply Gliinese words intended for a translation of some Indian title beginning with «âg-a,the équivalent of long. Tsing is given in Giles as meaning inter alla tt essence, spirit». But long appears there also in phrases whore it merely means ffimperial-i. Gannot the words represent some conventional expression like «His Majestyn hi La remarque est fort intéressante, mais partiellement inexacte. M. Pelliot m'a fait savoir que long-tsing (et non long-ts'ing, comme transcrivent Hirtu el Rockhill) n'est pas une transcription d'un nom étranger et que les deux caractères doivent être interprétés avec leur valeur sémantique : «esprit, sperme de dragonn, c'est-à-dire aesprit, sperme de nâgav. Cette constatation a une haute importance, car elle rattache l'origine de la dynastie de San-fotsi à un nâga. Dans son important mémoire : The yupa inscriptions of king Mûlavarman, from Koctei [East Bornéo] [Bijdragen toi de T., L. en Volkenknnde van Nederlandsch-Indië , deel 7A, 1918, p. 178),!. Ph. Vogel dit: ffll y a une curieuse légende que nous a conservée la poésie taraoule, (pii rattache l'origine des Pallavas aux anciens souverains du Gororaandel. Gettf légende rapporte que le premier Tondaimân (=Pallava) était le fils d'un roi cola et d'une nâgî ou démonne-serpent.» Et l'auteur ajoute en note : «Le poème lamoul Manimegalai , dans lequel se trouve cette légende, mentionne également une ville appelée Nâgapuram [ = skr. Nâgapura «la ville du nàgart] située dans le Çâvaka-nâdu [ = pays de Gâvaka] qui, comme le dit M. Venkayïa, semble être le nom tamoul de l'île do Java [lire : Sumatra; Çâvaka est la forme tamoule du malais Jàvaka^:> Zâhag , ainsi qu'on le montrera plus loin]. Deux rois de Nâgapuram sont mentionnés : Bhûmicandra et Punyarâja qui prétendaient descendre d'Indraji. {Archl. Survey A nmial Report for 1906'- 1907, p. 3 21, n. 1.) D'autre part, la tradition d'après laquelle la première dynastie du Fou-nan remonte au mariage d'une nâgi avec un prince indien a été étuflico par Finot (Sur rjurlqties traditions indochinoises , dans Bull, de la Commission archêol. de l'Indochine, 1911, p. 3o et suiv.). Ccenès a étudié

manger de céréales, mais on le nourrit de sagou. S'il feisait autrement, l'année serait une année de sécheresse et les céréales seraient chères. 11 prend des bains dVau de rose: s'il se baignait dans de l'eau ordinaire, il y aurait une grande inondatio'i.

[Le roi] porte une haute coiffure dans laquelle sont enchâssés des centaines de joyaux et qui est très lourde. Dans les grandes cérémonies de cour, le roi seul est capable de la porter; aucune autre personne ne le peut. Lorsque le trône devient vacant, tous les fils du roi se réunissent, la coiffure leur est présentée et celui qui peut [eu supporter le poids j succède au souverain défunt.

Il y a, dans ce pays, une ancienne tradition d'après laquelle le sol s'est une fois entr'ouvert subitement; de la crevasse, sortii-ent plusieurs myriades de bœufs qui se précipitèrent en troupeaux dans les montagnes; les habitants s'en emparèrent à l'envi et les mangèrent. Ensuite, la crevasse fut bouchée avec des bambous et des arbres, et il n'en resta plus li'ace.

Eu dehors des produits du pays qui comprennent l'écaillé de tortue, le camphre; le tch'en, sou , tchan et le cheou commun (quatre variétés de bois d'aloès); le ]dang-tchen^^\ le girofle, le sandal, le cardamome; on trouve encore des perles, de Tencens, de l'eau de rose, des fleurs de gardénia, de la civette, de la myrrhe, de l'aloès, de l'assa-foetida , du putchuk, du stoiax liquide, des défenses d'éléphanl, du corail, des œils-de-chat, de l'ambre, des étoffes de coton étrangères et des lames de sabre. Tous ces [derniers] sont des produits des pays étrangers, ^C ^ Tache ( Arabes) ^^' et autres, rassemblés dans ces pays, et que les marchands étrangers viennent vendre en les échangeant contre de l'or, de l'argent, des objets en porcelaine, de la soie brochée, des éche-

également la Légenâp de la Nâgî dans ses Etudes Cambodgiennes [B.E.F.E -0., t. XI, 1911, p. 391-398) et conclut ainsi : «De quelque façon que nous i'envisagions, la légende cambodgienne [de la nâgî] nous ramène à la cour des Pallavas . . .r> L'interprétation nouvelle du long-tsing du Tchou fan tche et ie Nâgapuram du poème tamoul montrent que ie cycle légendaire du nâga ou de la ndgl s'étend à rinsuhnde occidentale : comme l'ancien Cambodge, Sumatra a dû son hindouisation à des immigrants veims de i'inde sud-orientale. Le fait n'a rien d'inattendu; mais des informations dans ce sens ne peuvent être que les bienvenues et on y reviendra ultérieuremenl.

C' C'est le parfum désigné en anglais sous ie nom de laha-wood.

'^) Les produits d'importation dont il s'agit sont ceux qui sont énumérés après : on trouve encore des perles , . , .

veaux de soie, des e'tolTes en soie, du sucre, du fer, du vin [de grains], du riz, du galanga séché , de la rhubarbe et du camphre.

(P. 62.) Ce pays git dans l'océan et est niaitre des détroits par lequel le trafic étranger par mer et par terre, dans Tune et l'autre direction''', doit passer. Autrefois, on utilisait une chaîne de fer, comme barrière, pour se gaier des pirates des autres pays. Cette chaîne pouvait être maintenue haute ou abaissée, grâce à un ingénieux dispositif. Si un navire marchand arrivait, on l'abaissait. Après un certain nombre d'années de paix, pendant lesquelles elle ne fut pas utiUsée, on l'enleva et [maintenant] elle gît lovée sur le rivage. Les indigènes la vénèrent comme le Buddha et les navires qui arrivent lui offrent des sacrifices. Lorsqu'elle est frottée d'huile, elle brille comme une chaîne neuve. Les caïmans n'osent pas passer sur la chaîne pour [aller] faire du mal.

Si un navire marchand passe devant [San-fo-ts'i] sans y faire escale, les bateaux [du pays] sortent pour l'attaquer d'après une manœuvre [jrévue; ils sont prêts à mourir [pour réaliser leur entreprise]. C'est pour cette raison que ce pays est devenu un imporlaul centre maritime'''.

Les dépendances [de San-fo-ts'i] sont les suivantes :

^^ P'eng-fong [= Pahan],

^ ^ iÊ Teng-ya-nong [=Trëhganu],

^^ ^ Wl M Ling-ya-sseu-kia [=Lënkasuka],

■^Mé- Ki-lan-tan [-Këlantan]'^',

#J1^ Fo-lo-an(?),

B m^ Je-lo-ting (?) ("),

(') Des pays de l'Ouest eu Chine et inversement.

('^' L'escale de San-fo-ts'i était ainsi rendue obligatoire pour tous les bâtiments qui passaient à proximité.

(•'> Ces quatre dépendances sont situées sur ia côte orientale de la péninsule malaise. La suivante, Fo-lo-an, se situe cnalement sur ia même côte, mais n'est pas localisée.

('') Jo-lo-ting représente un ancieu *Nit-la-din ou * Nil-ra-dih , c'est-à-dire *Ni'-ra-dih ou * Ni' -la-din = *Niladinga ou *i\iradinga, qui n'est pas attesté par ailleurs. Peut-être est-ce du même pays (pfil s'ajjit dans ce passajje du Song clie où il est dit : rr . . . puis, en quinze jours, [de ^j} j^ P'o-ni (Bornéo)] on arrive au royaume de San-fo-ts'i-, puis, on sept jours, on arrive au royaume de '^ ^ Kou-lo; puis, en sept jours, on arrive au royaume de ^ ^ ^ Tch'ai-li-tiu|{; on parvient au Kiao-tche (Tonkin) et on [fajjne Kouaujjtcheou (Canton)'! [Pklliot, Deux itinéraires, p. dijO et 3o6]; ce qui situerait également le Je-lo-tiug ou Tch'ai-li-ting sur ia côte orientale de la péninsule

ï^ig Ts'ieii-mai(?),

Wi ^ Pa-t'a (^

^ M} ^ Tan-ma-ling [=Tambralinga]'^', MB^ Kia-lo-bi [- Grahi :^ Jaya] ('>, è feîl Pa-lin-fong [==Paiemban],

^^ ^^ Sin-l'o [variante 9^^ ftlL SoMen-f'w^Sunda, partie occidentale de Java],

^H Kieu-pi[^Kampe](^

^ ^ H Lan-wou-li [=Lamuri] ''',

$0 ^ Si-ian [= Ceylan]'"'.

Ce pays commença à avoir des relations avec la Chine pendant la période t'ien-yeou (90/1-907) des T'ang. Pendant la période hien-long (960-968) de la présente dynastie [des seconds Soug], il a envoyé trois fois le tribut [d'allégeance]. La troisième année de la période chouen-Jioua (992), il fit savoir qu'il avait été envahi par Chô-p'o (Java) et suppliait qu'un édit impérial fût envoyé à leur pays; cela fut accordé.

Dans la sixième année de la période hien^'ing (ioo3), on fit savoir au Trône [impérial de Chine] qu'un temple buddhiste avait été construit dans ce pays afin d'y prier pour [la prolongation de] la vie de l'empereur; et on exprima le désir que ce temple reçût son nom et une cloche [de la cour de Chine]. L'empereur donna son approbation à cette requête, ordonna que le temple porterait le nom de :^ ^ H ^

malaise. Mais ce n'est là qu'une conjecture, car l'identité du Je-Io-ting de 'J'chao Jou-koua et du Tch'ai-li-ting du Song che n'est pas certaine.

('' Il s'agit peut-être ici des Bataks de Sumatra, comme l'ont indiqué les traducteurs (p. 66, n. 8).

(^) Sur la cote nord-orientale de la péninsule malaise, au sud de la baie de Bandon. Cf. Coedès, Le royaume de Çnvijaya, p. 16-18.

(') Ibid.

(*' Sur la côte orientale de Sumatra.

'^) Dans le nord de Sumatra.

''') Près de trois siècles avant la publication du TcJiou fan tche, Mas'udî écrivait déjà dans les Prairies d'or (t. I, p. 170) : «... le Maharaja roi des îles du Zâbag, de Kalab (=Kra de la péninsule malaise), de Sirandi'o (== Ccylan), etc. : ...Lô^-^cj i^.joj*«j jd5^ ^iJlS'-jlyil J.>L« ■^\y^X\ ". La rencontre est curieuse , mais aucun témoignage historique n'atteste par ailleurs que Ceylan ait été une dépendance de Sumatra vers le milieu du x° siècle Mas'ûdï) et le premier quart du xui° (Tcuao Joh-koca).

«A partir de la dynastie Ming, et encore de nos jours, on écrit f^ "^ Si-lan55 (Pelliot, Deux itinéraires, p. 358).

Tch'eng-tfien-^an-chou a Dix mille années à recevoir du Ciel» et lit cadeau d'une cloche.

Jusqu'aux périodes king-tô, siang-fou et't'ien-hi (1006-1022) et pendant les périodes ijuan-yeou et yiian-fong (1078-109/1), ce pays envoya un certain nombre d'ambassades apportant le tribut, et des messages impériaux lui furent adi-essés à titre de louange et de réconfort.

Dans l'est, ce pays [de San-fo-ts'i] est limitrophe de J%^^^ Jongya-lou [= Jëngâlâ, à Java], [^'ote : appelé aussi "M. M Ê. Tchong-kialou.]

SoNG CHE OU Histoire des seconds Song (960-1279), chap. cccGLXxxix'''.

San-fo-ts'i.

XIX. Le ^-^ royaume de San-fo-ts'i ^'' est l'un des royaumes des Barbares méridionaux. Il git entre le Tchen-la (Cambodge) et le Chô-p'o (Java) et étend son autorité sur quinze pays différents.

(1) D'après W. P. Groeneveldt, Notes on the Malay archipelago and Malacca, dans Miscellaneous papers relating to Indo-China and the Indian archipelago, second séries, t. I, Londres, 1887, in-8°, p. 187 et suiv.

Le Song che, qui a été compilé au xiv' siècle, a fait de très nombreux emprunts à la notice sur le San-fo-ts'i de Tchao Jod-koca. On s'en convaincra facilement en comparant les deux textes.

(•-) Il y a une question du ^ |^ ^ij Kan-t'o-li du Leang chou (var. du Song chou : Jp [% ^ij Kin-t'o-li) que je ne traiterai pas ici pour ne pas allonger démesurément ce mémoire. Cf. sur le sujet, Ghokneveldt, Notes, p. 185-187; G. Ferrand, Le K'ouen-louen et les anciennes navigations traiisocéaniques dans les mers du sud, J. As., XP série, t. XIV, 1 9 1 9 , appendice III, p. 288-2^11.

(') Dans un commentaire de ses Notes, GROENEyELOT dit (loc. cit., p. içja) : «In transcribing the names of the différent kings [mentionnés dans lo Song che,] the oid JNIandarin pronunciation has been foUowed, because thèse names were writtou down at court and not carried to China by merclianls from Southern China; we are howcvcr but very insufficientiy acquainled with the pronunciation of that period , and so our transcription may often not be quite correct. . . n En fait, presque toutes les restitutions de Guoeneveldt sont fautives. Son San-bo-tsai, par exemple, à côté de la graphie EL i^ ^ ■< ^^^ un pur harharisme. La prononciation de ces trois caractères sous les seconds Song devait être à peu près *Sam-bud-ls'ui (fallriquée du troisième caractère pouvant représenter les palatales sourde et sonore, soit *is'ai<::jay ou cay)

Ses produits sont le rolin, le kino rouge, Je bois d'aloès, les noix d'arec et les cocos. On ne s'y sert pas de monnaie de cuivre, mais on a l'habitude de traiter toutes les transactions commerciales avec de l'or et de l'argent. Pendant toute l'année, la température est ordinairement chaude et rarement froide; en hiver, il n'y a ni gelée ni neige. Les gens se frictionnent le corps avec de l'huile parfumée. Le pays ne produit pas d'orge , mais il y a du riz et des pois verts et jaunes. La volaille , les oies et les canards y sont à peu près les mêmes qu'en Chine. •

On y fait du vin avec des fleurs, des noix de cocos, des noix d'arec ou du miel; et tous ces vins enivrent, quoiqu'ils soient fabriqués sans levain ni levure *''.

Pour faire de la musique, ils ont une petite guitare et un petit tambour; les esclaves provenant du K'ouen-louen ^"' font de la musique pour les gens du pays, eu sautant sur le sol et en chantant.

lis écrivent avec les caractères sanskrits ; le roi se sert de sa bague en guise de sceau. Ils connaissent également les caractères chinois et ils en usent lorsqu'ils présentent des lettres avec le tribut [à la cour de Chine].

Ils ont construit une ville fortifiée, entourée d'un mur en briques superposées qui a plusieurs dizaines de H de tour: leurs maisons sont recouvertes avec des feuilles de palmier. Les habitants vivent disséminés hors de la ville et ne payent pas d'impôts. En temps de guerre, ils choisissent immédiatement un chef pour les commander; chacun fournil ses propres armes et approvisionnements. Avec un vent favorable , on se rend de San-fo-ts'i à Canton en vingt jours.

On donne au roi le titre de § .^ tchan-pei (''. Dans ce pays , il y a beaucoup de gens dont le nom de famille est ^ p'ou '*'.

et permet de remonter à un original tel que *Samb%ijaxja. En dehors de quelques cas spéciaux, je ne reviendrai pas sur les restitutions inexactes de l'auteur des Notes ; elles ont été corrigées en partie par Pelliot dans ses Deux itinéraires.

(•' Le Song che ou Histoire des seconds Song a été compilé par T'o-t'o au Mv" siècle (Pelliot, Devx itinéraires, p. 3o/i). A peine est-il besoin de faire remarquer que de nombreux emprunts ont été faits au Tchoufan tche (XVIII, p. 8).

(■^) Il s'agit ici de nègres de la côte orientale d'Afrique.

(3-4) (3) Ce titre royal est énigmaticjue et inconnu par ailleurs. «D'après leLmg-

tvai tai ta [de Tchkou K'ih-fei, qui a été rédigé en 1178 et dont le Tchou

fan tche reproduit textuellement de très nombreux passages,] (k. 2 , p. 12 r"),

en 1 179 [lire : 1178] le royaume de San-fo-ts'i envoya «un ambassadeur du

Vers la fin de la dynastie des T'ang, eu l'année goS, ils ont envoyé le tribut, et l'ambassadeur''' qui était le gouverneur de leur capilaie, reçut de l'empereur de Gbine le titre de fcGénéral qui pacifie les pays

éloignes fl.

Dans le 9" mois de l'année 960, [le roi | ^. ^Ij i§J ic ^ M IS Si-!i hou-ta Hia-li-tan [= malais : Sëri kuda Haridana?] envoya un andjassadeur pour apporter le tribut'""'; ce qu'il lit encore pendant Télé de l'année suivante. Pendant l'hiver de 961, le tribut fut présenté par un roi appelé ^ ^ij ,% Jïjj Che-li Wou-ye [= Çrî Wuja ?] '''.

Au printemps de l'année 962 '*', le roi Ghe-li Wou-ye envoya une ambassade composée de trois ambassadeurs, pour apporter le tribut. Ils rapportèrent [de leur visite à la cour de Ghine] des queues de yak,

royaume de Tchan-pei pour apporter le tribut 75. Or il semblerait que ce nom de Tchan-pei fût les deux fois [, clans le Ling wai tai ta et le Sung che,] celui du pays même de San-fo-ts'i, qui dans un cas aurait été faussement pris pour le nom du souverain. Plus tard, YHistoire des Ming (k. 324,p. 11 v°; Grokne- VKLDT, Notes, p. 196; ScHLECiEL, dans Toung pao, II, u, p. laS) nous dira encore que le royaume de Jambi [sur la côte orientale de Sumatra, au nord de Palemban] tire son nom de tchan-pei qui, dans la langue du San-fo-ts'i, signifie irsouverainn (P. Pi:lliot, Deux itinéraires, p. 346)îî. D'après plusieurs testes arabes : «l'île de Kilah [=Kra] appartient au royaume de Jâba lindieuTi (Ibn Houdâ^beh); Edrîsï s'exprime dans les mêmes termes. Ir.N .it-WAHDî dit que «le roi de la ville (sic) [de Jàba] s'appelle [aussi] Jâba" (pour ces citations, cf. mes Relations de voyages, t. I, p. 27, i84, i85; t. II, p. 621). Il y a, je crois bien, une parenté étroite entre ce nom royal de Jâba et le titre de Tchan-pei; mais je ne sais quel terme protocolaire ils recouvrent et laquelle de ces deux transcriptions, arabe ou chinoise, reproduit le moins inexactement l'expression indonésienne. On verra plus loin que les conclusions de ce mémoire autorisent un tel rapprochemenl. — W Vide supra, p. 9, n. 2.

'') D'après le Wcu liicn l'ong kao, l'ambassade arriva à la cour eu 90/1; l'ambassadeur s'appelait ^^ gpj" ^ Pou Ho-sou; Méridionaux, trad. d'IIeuvby DE Saint-Denys, Genève, i883,in-/i°, p. 56 1.

'-' D'après le Wen hien t'ang k'ao [Méridionaux , p. 56 1), cet ambassadeur s'appelait ^ ^ '^ Li-tche-ti.

'■'') Le Wen hien t'ong k'ao (Méridionaux, p. 502) ajoute ici : «On apprit par CCS ambassades que le royaume de San-fo-ts'i' était appelé aussi royaume de -^ •^ Sieu-lieou.5) J'ai proposé déjà de corriger ^ -^ Sien-lieou en !^ ■^ iMo-licou = Malâyu (cf. J. As., juillet-août 1919, p. i65).

''') D'après Ma Touan-lin {Méridionaux, p. 562), cette auibassude aurait été envoyée par le roi ^ ^ /^ ^ jtJc 0 ^ Li-si-lin-nan-mi-je-lai [lire «Mi-je-lai, fils de Li-si-lin«J.

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