‹ L'empire sumatranais de CrivijayaChapitre 5 sur 16 · TEXTES ARABES ET PERSANS · texte numérisé non relu

TEXTES ARABES ET PERSANS

IbN HORDÂ^BEH (8/i/i-8/i8).

Kitâb al-masâlik wal-mamàUk , éd. et trad. M. J. De Goeje, Leyde, 1889, in-S^Hl

XXXIV. (P. i3.) ... Le roi de Zâbag giyi s'appelle o^à^J! (var. cA^ijJl)'^'; ... le roi des îles de la mer orientale, le Maharaja''^ . . .

(') Tous ces textes , à l'exeeplion des extraits du Nuzhat al-kulûb de Ham- DULLAH MusTAWFl et dcs mss 2292 et 2559, ont été étudiés déjà dans les tomes I et II de mes Relations de voyages et textes géographiques avahes, ■persans et turks relatifs à l Extrême-Orient, auxquels je renvoie une fois pour

toutes.

(2-3) (2) Litt. ^/-jfiT.. ./(.«, var. ^/-FïA.î. Ces deux leçons sont fautives. D'après

une suggestion de Kern, De Goeje a restitué i~^.^LiJ\ Al-Fatijab = Pali-Jalia tfle prince de Java«. J'ai dit déjà [Relations de voyages, t. I, p. 28, note 7) que cette restitution est impossible : le Jaba des géographes arabes est toujours écrit ÂiU^ Jâba. Pour le même tiire royal, EdrIsî {vide infra, XLVI, in fine, p, 66) a i-^a^j, lilt. F.n.j.b ou F.n.g.b. En adoptant celle dernière leçon, vocalisée v--^ *Fungaba, on aurait *Piingaba, forme araliisée de *Pungaba <;skr pwng-flî^a trlaureau, héros, chef «> javanais, malais, sundanais, etc. pungàwa ou puiigawa «premier ministre, officier, héros, grand de la cour» (cf. Favre, Dictionnaire malais-français , ^^Sjù). Un passage du JS àgarakërtàgama mentionne les puiigavas avec d'autres dignilaires. Le poêle décrivant les environs de Majapahit (chant XU, strophe 1, trad. Kern, éd. Krom, p. /17- Zi8; cf. également R. NG. Poerbatjaraka, De inscriptie van het Mahâksobhyabeeld te Simpang [Soei'abaya], dans Bijdragen toi de T., L. en V. van Nedcrlandsch-Indië , deel 78, 1922, p. Ubo-hoi), dit : « . . . A fest, [habitent] les Brahmanes çivaïtes dont le plus notable est le Très Révérend Rrahmarâja. Au sud, [habitent] les Buddbisfes; le plus notable de la congrégation est le sthavira Rëiikannadi. A l'ouest, [liabitenl] les Ksatnyas, les Mantris, les Pungavas et les parents de S. M. le roi» {kulvan ksalriya mantri pungava sagotra çi-înarendràdhipa). Dans cette hypothèse, pungava, haut dignitaire de la cour, aurait été inexactement pris, par le géographe arabe, pour un titre royal. L'erreur est manifeste, car Ibn Hordâ^beh dit plus loin [vide infra) que «le roi du Zâbag est nommé le Maharajas. Une autre conjecture possible est que, dans ie premier cas, il s'agisse du nom personnel du souverain régnant au ix° siècle; mais notre documentation actuelle est alors trop fragmentaire

(P. /j5.) ... Dans les montagnes du Zâbag, il y a d'énormes serpents qui dévorent les hommes et les buffles ; on en trouve même qui dévorent les éléphants. Ce pays produit des camphriers gigantesques; il y en a qui peuvent étendre l'ombre de leur feuillage sur environ cent personnes. Pour obtenir le camphre, on pratique, au sommet de l'arbre, une incision par laquelle l'eau de camphre s'échappe en assez grande quantité pour qu'on puisse en remplir plusieurs jarres. Après l'avoir recueillie, on fait une autre incision au-dessous, vers le milieu de l'arbre, d'où découlent les morceaux de camphre; c'est la gomme de cet arbre, mais elle se trouve dans le bois même. Après celte opération, Tarbre devient inutile et se dessèche.

(P. 48.) ... Le roi du Zâbag est nommé le Maharaja ... Le Maharaja perçoit chaque jour un revenu de deux cents mami d'or; il ftiit fondre cet argent en une seule brique et le jette dans l'eau en disant : Voilà mon Trésor. Une partie de ce revenu, soit cinquante mann par jour, lui vient des combats de coqs. Une des cuisses du coq vainqueur appartenant de droit au roi, le possesseur la rachète à prix d'or.

SULÀYMÂN (85 i).

Voyage du marchand arabe Sulaymân en Inde et en Chine re'digé en 85 i, suivi de remarcpes par Abu Zayd Hasan (vers 916), trad. G. Ferrand, Paris, 1922, in-8° (t. VU des Classiques de l'Orient).

XXXV. (P. Al.) ... De LangabâlQs (les Nicobar), les navires appareillent ensuite pour se rendre à un endroit appelé Kalâh-bâr^'^ On désigne également sous le nom de hâr, un royaume et une côte. Le Kalâhbâr I fait partie de] l'empire du Zâbag qui est situé au sud du pays de l'Inde. Le Kalâh-bàr et ie Zâbag sont gouvernés par un même roi ^"^^ . . .

pour nous permettre de corriger avec certitude les leçons fautives des manuscrits arabes. — W Les textes arabes, comme les textes malais, ont jr'jft^ iilt. mahvdj. J'ai rétabli partout la forme initiale sanskrile vialidrâja.

(') ^U »:>)S, iitt. le pays maritime de Kalâh = Këra ou Kra, sur la côte occidentale de la péninsule malaise , d'après lequel est nommé fiadïme de Kra de nos cartes. Pour celte identificalion, cf. mon mémoire Le k'ouon-Louen et les anciennes nav'ifalions inlerocéiinirjui'g dans le» mers du Sud, J. As., Xl° série, t. XIV, i<)i<), appendice I, p. 9,l'\-^^'^'^.

('-) On a vu déjà {supra, \\l\ . p. fi\-h:'.) par l'inscription sanskrile de

(P. 45.) On rapporte que près du Zàbag^'^, ii y a une montagne appelée montagne de feu dont il est impossible de s'approcher. On en voit sortir de la fumée pendant le jour et des flammes pendant la nuit. Au bas de la montagne sourdent une source d'eau froide potable et une source d'eau chaude potable.

Ibn al-Fakih (902).

Gompendium libri Kitâb al-holdân auctore Ibn al-Fakïh al- Hamadhânï quod edidit, indicibus et glossario instruxit M. J. de GoEjE, Leyde, i885,in-8*.

XXXVI. (P. !•)... Au Zabâg, il y a des perroquets blancs, rouges et jaunes qui , quand on le leur apprend , parlent couramment arabe , persan, grec et hindou ^''>; il y a [également] des paons verts et tachetés de blanc et de noir; des faucons blancs à huppe rouge; de grands singes blancs de la taille d'un bnfïïe. On y trouve des êtres à forme humaine qui parlent un langage incompi'éhensible ; ils mangent et boivent [comme les hommes]. U y a des chats de différentes espèces, ailés comme les chauves -souris ; [leurs ailes] vont de la naissance de l'oreille (p. Il) à la queue . . .

(P. \V) ... Le navire se dirige ensuite vers un endroit appelé Kalah-bàr '^'. Celui-ci fait partie de l'empire dn Zâbag qui est situé au sud du pays de l'Inde. Un roi les réunit [=Kalah-bàr et Zâbag sont gouvernés par un même souverain] '''' . . .

(P. \\") ... Dans le voisinage du Zâbag se trouve une montagne qu'on appelle la montagne de feu et dont on ne peut pas s'approcher. On

Vien Sa, qu'au vin° siècle, le roi de Çrivijaya étendait sa souveraineté jusqu'à ia baie de Bandon, où elle se maintenait encore en iaa5 [supra, XVIII. extrait du T chou fan tche , p. ii).

(1) Ma traduction de ce texte arabe a : Zâbag<; Jâwaga = île de Java. J'ai dû maintenir l'identification traditionnelle , ie caractère de cette publication ne me permettant pas de présenter, avec arguments à l'appui, la thèse nouvelle exposée ici. Ceci s'applique également à l'extrait XXXIX, infra, p. .56.

(-) AjjsJLiij i^i^i À^Aw^Lî; '^-r^ -«S-»^ t*^^ \^xJLi Lo ^£ xciXxj'. Ce passage montre que la langue grecque était connue en Indonésie occidentale à la fin du ix° siècle.

(') ,L? ao! On remarquera plus loin d'autres variantes de ce toponyme.

W Vide supra, p. .53, XXXV.

en voit sorlir de la fumée pendant le jour, et, pendant la nuit, de la flamme. Du pied de cette montagne, sourdent une source d'eau froide potable et une source d'eau chaude potable {vide supra, p. 54).

(P. \ù) ... On va ensuite au pays du Zâbag dont le grand roi s'appelle Mabârâja, ce qui veut dire rrroi des rois'''^. Il n'y a personne derrière lui [dans la direction du sud], car il est dans la dernière des îles. C'est un roi très riche. . . .

(P. m) ... Le girofle, le bois de sandal, le camphre, la noix muscade proviennent du Zâbag — pays situé du cùté du sud, dans le voisinage de la Chine — d'un pays [du Zâbag] appelé Faneur '"' [==Baros, sur la côte occidentale de Sumatra] . . .

Ibn Rosteh (vers 908).

Kitflb al-alak an-naflsa VU auctore Abu 'Alï Ahmed ibn 'Omab IBN Rosteh, éd. De Goeje, Leyde, 1892. in-S".

XXXVil. (P. iP'v) ... Le grand roi [du Zâbag] s'appelle Maharaja, ce qui veut dire rrroi des rois'^^. On n'eu compte pas de plus grand parmi les rois de l'Inde; car il habile dans des îles. On ne connaît pas de roi plus riche, plus fort et ayant plus (p. ir^) de revenus.

IsHAK BiN 'Imrân (mort vers 907).

Cité par Ibn al-Baytâr (1 197?-! 2/18) dans son Traité des simples, t. lll = Notices et Extraits, t. XXVI, i883, trad. L. Leclekg, n" 1868, p. 127.

XXXVIII. Le camphre est apporté de Sofëla et du pays de Kalà ^"\ du Zâbag et de Haranj (ou Harang)^''. Or Haranj est la petite Chine et c'est de là cju'on en exporte le plus . . .

Ce passage a été reproduit presque littéralement par Ibn Serapion (cf. mes Relations de voyages et textes géographiques

(') Le sons exact de ce tonne sanskrit est agrand roin.

(-) \yn'-''> i qui représente malais Panêuv.

W Vide supra , note i.

('■) -c?-^. var. -^.^ llar'i) ou Hanf^. Ce pays n'ost pas idenlifié.

arabes, persans et turks relatifs à TExtrèine-Orient , t. I, iQiS, in-8°, p. 112).

Abu Zaïd Hasan (vers 916).

Voyage du marchand arabe Sulaymân en Inde et en Chine rédigé en 85 1, suivi de remarques par Abu Zayd Hasan (vers 916), trad. G. Ferrand, Paris, 1922, in-8° (t, VII des Classiques (le lOrienty

XXXIX. (P. 95.) Description de la ville (sic) de Zâbag. Nous commençons [ce chapitre] par l'histoire de la ville de Zâbag parce qu'elle est située en face de la Chine. La distance entre l'une et l'autre est d'un mois de route par mer, et même moins si les vents sont favorables.

Le roi de cette ville est connu sous le titre [sanskrit] de maharaja ( ffgrand roi^i ). On dit que la superficie [du territoire dont cette ville est la capitale] est de 900 parasanges [carrt^es]. Ce roi est eu même temps souverain d'un grand nombre d'îles qui s'ëtendent sur 1.000 parasanges de distance et plus encore. Parmi les états sur lesquels il règne , est l'île appelée Sribuza^'', dont la superficie est, dit-on, de ^00 parasauges [carrées], et l'île appelée Râmï^^', dont la superficie est de 800 parasanges [carrées]. Dans celle-ci, on trouve des ])lantations de bois du Brésil, le camphrier et d'autres essences. Fait également partie des possessions du Maharaja, le pays maritime de Kalah ''^ qui est situé à mi-chemin entre la Chine et l'Arabie. La superficie du pays de Kalah est, dit-on, de 80 parasanges [carrées]. La ville de Kalah est (p. 96) le marché où se centralise le commerce de l'aloès, du camphre, du sandal, de l'ivoire, de l'étain, de l'ébène, du bois du Brésil, de toutes les épices et aromates et d'autres produits dont la mention détaillée serait trop longue. C'est dans ce port que se rendent actuellement [, au

^') Le texte a ^j^j* S.r.b.zœ, var. «jj^* S. rira, qui sont à rectiOer en Sjiy*". •j:?7**' est la leçon fautive habituelle des manuscrits arabes.

'■-'> (f^\yi\, plus exactement c^I-^Jl que Ibn al-Fajçïh vocalise (^IJI Ar- Râminl (cf. mes Relations de voyages, t. I, p. 56 et u. 6). C'est un des noms de l'île de Sumatra. Abu Zayd, ni les géographes antérieurs et postérieurs ne se sont rendu compte que Zàbag, Sribuza, RâminT désignaient un seul et même pays insulaire.

'') Ou Kra, sur la péninsule malaise. Vidcsiiprn, p. 03, note i.

commencement du x" siècle,] les navires de T'Omân el c'est de ce poit que partent les navires à destination de T'Omân.

L'autorité du Maharaja s'exerce sur ces îles. Son île à lui, dans laquelle ii réside, est aussi fertile qu'une terre peut l'être et les endroits peuplés s'y suivent sans interruption. Quelqu'un, dont le témoignage est digne de foi, a rapporté que lorsque les coqs de ce pays se mettent à chanter à l'aube, comme ils le font en Arabie, ils se répondent les uns aux autres [sur une étendue de pays qui atteint] jusqu'à loo parasanges et plus encore; [il en est ainsi] parce que les villages sont contigus l'un à l'autre et se succèdent sans interruption, car il n'y a ni déserts, ni ruines. Celui qui se déplace dans ce pays en voyageant à pied où à cheval peut aller où il lui plaira; s'il lui arrive de s'ennuyer ou (p. 97) que son cheval soit fatigué, il peut s'arrêter où il voudra [, il trouvera toujours un gîte].

Parmi les choses extraordinaires qui sont venues à notre connaissance, en ce qui concerne les traditions de cette île appelée Zàbag [, je vais rapporter la suivante]. Un ancien roi de cette île qui portait le titie de Maharaja, avait son palais qui faisait face à un talâg^^^ communiquant avec la mer — par talâg, on désigne un estuaire comme celui du Tigre, le fleuve de Bagdad et de Basra, où pénètre l'eau de la mer avec le flot et où l'eau est douce au moment du jusant. — De ce talâg, se formait un petit lac contigu au palais du roi. Chaque matin , l'intendant se présentait devant le roi et lui apportait un lingot d'or en forme de brique, pesant un certain nombre de mann dont la valeur m'est inconnue. Puis, devant le roi, l'intendant jetait ce lingot dans le lac. Au moment du flot, l'eau recouvrait entièrement ce lingot et les lingots identiques qui se trouvaient déjà dans le talàg; au moment du jusant, quand la mer se retirait, les lingots reparaissaient et brillaient au soleil.

^') Le texte a la leçon fautive ^^ pour ^^j. «Les Indiens, dit MuTAniiAr, BIN Tâiiir al-MaçdisI (Le livre, de la création el de l'histoire, texte arabe et Irad. par Cl. HuART, t. IV, Paris, 1908, in-8°, p. .^9), se nourrissent habituellement de riz et de sorgho; ils boivent l'eau des mares où se rassemblent les eaux de pluie, et qu'ils appellent -^J talàjn [lire : talâg avec ^ en fonction de gutturale sonore]. «C'est, ajoute en note le traducteur, le sanskrit tàdài^a, hiudoustani Jljo' tàdâg.n Le rapprochement est exact, sous cette réserve que 17 de la transcription arabe ^5A.j doit remonter à une forme prâkrite *tâlàg. Pour l'équivalence régulière des cérébrales indiennes et indonésiennes en transcription arab(!, cf. l'appendice I de mon mémoire sur Le k'ouen-lducn el les anciennes navigations interocéaniques dans les mers du Sud, J. As., XI' série, t. XIV, p. a 1/1-233.

Le roi les examinait quand il siégeait dans sa grande salle dominant le lac. Cette coutume se maintenait invariable : on jetait tous les jours un lingot d'or dans le lac. Tant que le roi vivait, on ne touchait pas aux lingots. A sa mort, son successeur faisait retirer tous les lingots sans en excepter un seul. On les comptait, on les faisait fondre; puis, on en partageait [une certaine quantité] entre les membres de la famille royale, hommes, femmes et enfants, les généraux, les esclaves royaux, en tenant compte de leurs rang et prérogatives respectifs. L'excédent était ensuite distribué aux pauvres et aux malheureux. Puis, on inscrit officiellement le nombre des lingots d'or et leur poids. [ Dans le procès-verbal rédigé à cette occasion,] (p. 98) il était mentionné que tel roi ayant régné à telle époque, pendant tant d'années, avait laissé, après sa mort, tant de lingots d'or dans le lac royal et que ses lingots avaient été partagés, après sa mort , entre les princes et les fonctionnaires royaux '^'. Chez les gens du Zâbag, c'était une gloire pour un roi qu'eussent été longs les jours de règne et que fût plus grand le nombre des lingots d'or qu'il laissait en héritage'"'.

D'après les annales du pays de Zâbag, il y avait autrefois un roi

(') Mas'ùdî {Les Prairies d'or, t. I, p. 175-177) fournit des renseignements identiques. D'après Ibn Sa'îd {videinfra, LX), on laisse dans l'étang une brique d'or par règne et le nombre des briques isolées représente ainsi le nombre des rois qui ont régné sur le pays. Cette coutume existait également au Campa. Ma Touan-lin {Méridionaux , j). /i3o; cf. également G. Maspero, Le royaume de Champa, T'oting pao, t. XI, 1910, p. 5i4) rapporte que le premier empereur de la dynastie des Souei (518-617), Wen-ti, fit envahir le Lin-yi (Campa) par une armée chinoise commandée par le général Lieou-fang. Celui-ci s'empara de la capitale et tcy prit dix-huit tablettes d'or massif, dans la salle où le roi [cam] honorait la mémoire de ses ancêtres. Ces tablettes étaient au nombre de dix-huit parce que '^ j^ Fan-tche [, le roi cnm vaincu, ] était le dix- neuvième roi du Lin-yi ... 5).

'-' «Ce lac aux briques d'or, dit Millies (Recherches sur les monnaies indigènes de l'archipel indien et de la péninsule malaise, La Haye, 1871, in-û°, p. 21), rappelle tout de suite plusieurs noms géographiques de Java , comme le Kalimas «la rivière d'or» qui passe par Surabaya; le nom de Banyou-mas (lire : Banu-mas) «l'eau d'or» , etc.; soit que ce conte soit un mythe étymologique, soit que la mémoire de l'usage ancien ait été conservée par le nom géographique». C'est celte dernière hypothèse qui est à retenir. «Il est bien connu, dit RouFFAER {Encyclopaedie van NederlandscJi-Indië , 1" éd., t. IV, p. 38a , 2° col., fin de la note 3), que les princes de Java et de Bali avaient l'habitude de mettre leurs trésors à l'abri sur une Pulo gëdon — une île du Trésor (een Schatkamer Eiland), construction en maçonnerie entourée d'eau.»

de Khmèr [doul il va élre question plus loin]. Le Khmèr est le pays d'où ou exporte l'aloès khmèr. Ce pays n'est pas une île, mais [il est situé] sur la partie [du continent asiatique] qui confine au pays des Arabes (sic) '■^\ Il n'y a pas de royaume qui possède une plus nombreuse population que celui de Khmèr. Tous les Kbmèrs vont à pied. La débauche et toutes les boissons fermentées leur sont interdites; dans les villes et dans l'empire, on ne trouverait pas une seule personne pratiquant la débauche ou usant de boissons fermentées. Le Khmèr est situé sur la même longitude que le royaume du Maharaja, c'est-à-dire l'ile qui est appelée Zâbag. Entre ces deux pays , la distance est de dix à vingt jours [de route] par mer, en faisant route dans la direction nord-sud ou inversement; [dix jours avec bon vent et vingt jours] avec un vent moyen.

On raconte que, autrefois, un roi de Khmèr fut investi du pouvoir; il était jeune et prompt à agir. Un jour, il était assis dans son palais qui dominait un fleuve d'eau douce semblable au Tigre de l'Trâk — entre le palais et la mer, la distance était d'un jour de route [par le fleuve] — il avait son ministre devant lui. Il s'entretenait avec son ministre et il était question dans la conversation du (p. 99) royaume du Maharaja, de l'éclat qu'il jetait, de sa nombreuse population et des îles qui lui étaient soumises. ffJ'ai un désir [, dit alors le roi,] que j'aimerais à satisfaire, n Le ministre, qui était sincèrement dévoué a sou souverain el qui connaissait sa promptitude à prendre des décisions, lui demanda : rrQuel est ce désir, ô roi'n Celui-ci reprit : ffJe désire voii' devant moi, sur un plat, la tête du Maharaja, roi du Zâbag. 75 Le ministre comprit que c'était la jalousie qui avait suggéré cette pensée à son souverain et il lui répondit : ff Je n'aimerais pas, ô roi, que mon souverain exprimât un tel désir. Les peuples du Khmèr et du Zâbag n'ont jamais manifesté de haine l'un pour l'autre, ni en paroles, ni en actes. Lo Zâbag ne nous a jamais fait de mal. C'est une île lointaine qui n'est pas dans le voisinage de notre pays. [Son gouvernement] n'a jamais manifesté un vif désir de s'emparer du Khmèr. 11 ne faudrait pas que qui que ce soit eût connaissance de ce que le roi vient de dire ni que le roi répétât ce propos. « Le roi du Khmèr se fâcha [contre son ministre], n'écouta pas l'avis que lui

C Mas'ûdî qui mentionno également, presque dans les mômes termes, la campagne du Zabâg contre le Khmèr ou ancien Cambodge, dit plus correctement : J'-'.s»-) -a? Cf^^ (s^ J^ 5-^î~" 3^'t^ O* '7^7^ i>2A.*Jl »js^ ^j^i ''Ce pays [du Khmèr] n'est pas une île de la mer; il est seulement situé sur le bord de la mer; et [ii y a dans ce pays] des montagnes n.

donnait son sage et Joyal conseiller et il répéta le propos devant ses [jénéraux et devant des grands de sa cour qui étaient présents. Le propos passa de bouche en bouche au point qu'il se répandit partout et qu'il parvint à la connaissance du Maharaja. Celui-ci était un souverain énergique, actif et expérimenté; il était alors arrivé h l'âge mûr. 11 fit appeler son ministre et l'informa de ce qu'il venait d'apjirendre; puis, il ajouta : ff Après le propos que ce fou [de roi khmèr] a rendu public, devant le désir [de voir ma tête sur un plat] qu'il a exprimé parce qu'il est jeune et léger, après la divulgation du propos qu'il a tenu , il est nécessaire que je m'occupe de lui. [Mépriser ses insultes,] serait me faire tort à moi- (p. loo) même, me diminuer et m'abaisser devant lui. n Le roi prescrivit ensuite à son ministre de garder secrète la conversation qu'ils venaient d'avoir et de faire préparer mille navires de moyenne grandeur, de les équiper, de mettre à bord de chacun d'eux des armes et des troupes vaillantes en aussi grande quantité que possible. [Pour expliquer ces armements,] il déclara ouvertement qu'il désirait faire un voyage d'agrément dans les îles de son royaume; et il écrivit aux gouverneurs de ces îles qui lui étaient soumises, pour les prévenir qu'il allait leur faire visite en effectuant un voyage d'agrément dans les îles. La nouvelle se répandit partout et le gouverneur de chaque île se prépara à recevoir le Maharaja comme il convenait.

Lorsque les ordres du roi furent exécutés et que les préparatifs étaient terminés, celui-ci s'embarqua et avec sa flotte et ses troupes fit route à destination du royaume de Khmèr. Le roi et ses compagnons se servaient du cure-dent ; chacun d'eux s'en servait plusieurs fois par jour. Chacun emportait un cure-dent et ne s'en séparait pas ou le donnait à garder à son domestique.

Le roi du Khmèr n'eut soupçon de ces événements que lorsque le Maharaja se fut emparé du fleuve conduisant à sa capitale et eut lancé en avant ses troupes. Celles-ci cernèrent la capitale à l'improvisle, elles s'emparèrent du roi et entourèrent son palais. Les Khmèrs avaient fui devant l'emiemi. Le Maharaja fit déclarer par des crieurs publics qu'il garantissait la sécurité de tout le monde; puis il s'assit sur le trône du roi du Khmèr qui avait été fait prisonnier et le fit comparaître devant lui ainsi que son ministre. Il dit au roi du Khmèr : ff Qu'est-ce qui t'a poussé à formuler un désir qu'il n'était pas eu ton pouvoir de satisfaire, qui (p. ici) ne t'aurait pas donné de bonheur s'il avait été réahsé et qui même n'aurait pas été justifié s'il avait été facilement réalisable ?n [Le roi khmèr] ne répondit pas. Le Maharaja reprit : ffTu as manifesté le désir de voir devant toi ma lêle sur un plat; mais si tu avais égale-

ment voulu t' emparer de mon pays et de mon royaume ou seulement eu ravager une partie, j'en aurais l'ait autant au Khmèr. Gomme tu nas exprimé que le premier de ces désirs, je vais t'appliquer le traitement que tu voulais me faire subir et je retournerai ensuite dans mon pays, sans m'emparer de quoi que ce soit du Khmèr, quïl s'agisse de choses de grande ou d'infime valeur. Ma victoire [servira de leçon] à tes successeurs ; personne ne sera plus tenté d'entreprendre une tâche au-dessus de ses forces, et de désirer plus qu'il ne lui est échu en partage par la destinée; on s'estimera heureux d'avoir la santé, quand on en jouira. ^^ Il fit alors couper la tête au roi du Khmèr. Puis il s'approcha du ministre khmèr et lui dit : trJe vais te récompenser pour le bien [cjue tu as essayé de faire] en agissant en [bon] ministre; car je sais bien comment tu avais sagement conseillé ton maître : [cjuel dommage pour lui] qu'il ne t'ait pas écouté. Cherche maintenant quelqu'un qui puisse faire un bon roi après ce fou , et mets-le à la place de celui-ci. "

Le Maharaja partit sur l'heure pour retourner dans son pays, sans que lui ni aucun de ceux qui l'accompagnaient emportassent quoi que ce soit du pays de Khmèr. Lorsqu'il fut de retour dans son royaume, il s'assit sur son trône qui dominait le lac [aux lingots d or] et il lit mettre devant lui le plat contenant la tête du roi du Khmèr. Puis il fit convoquer les hauts fonctionnaires de son royaume et les mit au (p. lori) courant de ce qui s'était passé et des motifs qui l'avaient poussé à entreprendre cette expédition contre le roi du Khmèr. [En apprenant cela], le peuple du Zâbag pria pour son roi et lui souhaita toutes sortes de bonheur. Le Maharaja fît ensuite laver et embaumer la tête du roi du Khmèr; on la mit dans un vase et on l'envoya au roi qui avait remplacé sur le trône du Khmèr le souverain décapité. Le Maharaja fit parvenir en même temps une lettre ainsi conçue : ff J'ai été poussé à agir comme je l'ai fait vis-à-vis de ton prédécesseur à cause de la haine qu'il avait manifestée contre nous et nous l'avons châtié [pour donner une leçon] à ceux qui voudraient l'imiter. Nous lui avons appliqué le traitement qu'il voulait nous faire subir. Nous jugeons bon de te renvoyer sa tête, car il n'est maintenant pas nécessaire de la retenir ici. Nous ne tirons aucune gloire de la victoire que nous avons remportée contre lui." Quand la nouvelle [de ces événements] parvint aux rois de l'Inde et de la Chine, ie Maharaja grandit à leurs yeux. Depuis ce moment, les rois du Khmèr, tous les malins, en se levant, tournent le visage dans la direction du pays de Zâbag, s'inclinent jusqu a terre et s'hiuuiiient devant le Maharaja pour lui rendre hommage.

Mas'ûdï (g/iS).

Les Prairies d'or, texte et trad. par C. Barbier de Meynard et Pavetde Courteille, t. I, i86t , in-8°; t. II, i863,in-8''.

XL. (Tome I, p. 162, in fine.) L'Inde est un vaste pays qui s'étend sur la mer, le 'continent (p. léS) et au milieu des montagnes; ce royaume est limitrophe de celui du Zâbag, qui est l'empire du Maharaja, roi des îles. Le Zâbag, qui sépare la Chine de l'Inde, est compris dans cette dernière contrée.

(P. 207, in fine.) ... Les crocodiles abondent . . . dans la baie du Zâbag, [qui se trouve] dans les états du Maharaja . . .

(P. 2/12.) ... Aux environs de Kalah et de Sribuza, on trouve des mines d'or et d'argent.

(P. 343.) . . . Dans l'empire du Maharaja est l'île de Sribuza qui est située à environ 600 parasanges du continent et enlièrement cultivée. Ce prince possède aussi les îles de Zâbag ^'^ et de Râmnï et bien d'autres encore que nous ne mentionnerons pas; au surplus, sa domination s'étend sur toute la sixième mer ou mer de Campa (l'Annam actuel).

(P. 394.) Nous avons déjà parlé . . . dans nos Annales historiques et notre Histoire moijenne^'^ ... du Maharaja, roi des îles, ainsi que des parhims et des plantes aromatiques , et des autres princes de l'Inde. . . . ce pays [Mandûra-patan ''\ la capitale du Madura,] est situé vis-à-vis de Ceylan, comme le pays de Khmèr l'est des îles du Mahâi-âja, telles que le Zâbag et les autres . . .

(Tome II, p. 5i.) ... On rencontre une troisième espèce de singes dans les nombreuses criques que forme la mer de Chine sur les côtes du Zâbag et de l'empire du Maharaja, roi de ces îles. Les possessions de ce dernier, comme nous l'avons (p. 62) déjà fait remarquer dans cet ouvrage, font face à la Chine et occupent une position intermédiaire entre ce royaume et celui du Ballahrâ [de l'Inde] ... Les marins de Sirâf et de l"Omân qui font continuellement le voyage de Kalah et du Zâbag , connaissent parfaitement les singes de cette espèce . . .

(^) Les éditeurs ont lu fautivement g'iyi Zandj.

(2) kuv^illj yUJl ;Lj^). Ces ouvrages ne nous sont malheureusement pas parvenus.

W Les éditeurs ont adopté la leçon fautive ^Ji3^fùJ^ Mandûrafïn, qu'il faut corriger en ^^xj^y^Xj».

Mas'ûdï (955).

Kitâb at-tanbîh wa'lisrâf, éà. M. J. De Goeje, Leyde, 189/i, in-S"; Le livre de l'avertissement et de la révision, trad. Carra de Vaux, Paris, 1896, in-8°.

XLI. (P. 90, in fine.) . . . Nous avons doané dans le livre des Prairies d'or et des mines de lierres iirécieuses, des renseignements sur tous les volcans qui se trouvent dans la partie habitée de la terre, comme . . . (p. 91) ... le grand volcan qui est dans le royaume du Maharaja, roi des îles du Zâbag et d'autres îles dans la mer de Chine, parmi lesquelles sont Kalah et Sribuza. On désigne tous leurs rois par le titre de Maharaja. Cet empire [du Mahâi-âja] a une population énorme et des armées innombrables; personne ne peut en deux ans, avec le vaisseau le plus rapide, parcourir ces îles, qui toutes sont habitées. Le roi [de ces îles] possède plus de variétés de parfums et d'aromates que n'en possède aucun autre roi. Ses terres produisent le camphre, Taloès, le girofle, le sandal, la muscade, le cardamome, le cubèbe, etc. Quant au volcan, il est situé dans les montagnes''^ qui se trouvent à (p. 92) l'extrémito d'une des îles. Il paraît noir le jour à cause de la clarté du soleil, et rouge la nuit; sa flamme rejoint les nuages du ciel tant elle est haute el tant elle monte dans l'air . . .

Ibrâhïm bin WIsif-Sâh (vers 1000).

L'Abrégé des Merveilles, trad. de l'arabe d'après les manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris, par Carra de Vaux, Paris, i898,in-8°.

XLII. (P. 61.) ... Une île proche du Zâbag; il s'y dresse une montagne dite montagne du feu, d'où sort, le jour, de la fumée; la nuit, de la flamme ; personne ne peut en approcher.

(P. 62.) Les îles du Zâbag. C'est un g'rand archipel, fort peuple, riche en moissons et en denrées diverses. On dit que lorsque les habitants de la Chine étaient ruinés par les invasions ou les guerres civiles ,

'') Il semble qu'il s'agisse ici du fameux Bërâpi de Sumatra (litt. [la montajpie] qui est en feu), Barapi on dialecte minankabaw (cf. /. As., juilletaoût i(,i(j, p. 198-1 (j9).

ils venaient [)illei' l'une des îles du ZâbajT et que tel fal le soii de toutes les îles de cet archipel et de toutes leurs villes . . .

Les îles du Zâbag sont nombreuses : l'une d'elles, connue sous le nom de Sribuza*'', a une superficie de hoo parasanges [carrées]. Elle produit des denrées et des parfums . . .

L'île du Maharaja: c'est le nom du roi de file. C'est une grande île très prospère et très fertile. Des commerçants dignes de foi ont rapporté que les coqs chantant dans les arbres s'y répondent à cent parasanges (p. 63) à cause de la continuité des terrains cultivés et du bel arrangement des campagnes , que n'interrompent ni déserts ni ruines. Les voyageurs s'y déplacent sans provisions et descendent où ils veulent'"'*.

BîRÛNï (vers 1 o3o).

Albervni's India, an account of the religion , philosophy, litleralure, clironology, astronomy, customs, law and aslrology, about A. D. io3o, cdited in tlie Arabie original by E. Sachau, Londres, 1887, m-h°^^\

XLIII. (P. l-r) Les îles orientales de cette mer [l'Océan Indien] qui sont plus rapprochées de la Chine que de l'Inde , sont les îles du Zâbag appelées dans l'Inde sûwarndih^''\ c'est-à-dire rrîles de ïovr, . . ,

(P. VtY^) . . . L'épithète d'or (ou de l'or) appliquée à la forteresse, peut être de pure convention. Il est, cependant, possible qu'il faille l'entendre au sens propre du mot, car les îles du Zâbag sont appelées cria terre de l'or^, parce qu'on retire beaucoup d'or en lavant un peu de terre [de ces îles].

Du même auteur : Kkâb at-tafhini li âwail sanuat at-tanjîm «Livre de l'instruction sur les principes de l'astrologie w, dans

('' Les mss ont sovjJv.» Sadula, »jj»*w Sarira; Carra de Vaux a restitué Scrboiah.

'-' FiV/p supra, p. 57.

(■') Traduit en anglais par Sachau sous le litre de : Aldehuni's Lidia, etc., an English édition, vvilli notes and indices, a vol., in-8°, Londres, 1910, a" éd.

W i^i yi>-w. C'est la forme ara]>iséo du complexe sanskrit suvarnadvïp «île de i'orn.

mes Relations de voi/agcs et textes géographiques arabes, persans et turlis relatifs à l'Extrême-Orient, t. II, Paris, iQi^, in-S", p. 600-601.

XLIV. . . . Plus loin (au delà de Ceylan), sont l'iie de Kalah d'où on exporte l'étain et l'île de Sribuza d'où on exporte le camphre.

Des pays qui se trouvent dans les climats . . . Nous disons que l'écpialeur commence dans la mer au sud de la Chine; passe à l'ile de Zâbag- qui renferme de l'or, entre les îles de Kalah et de Sribuza . . .

Harakî (vers 1 iSa).

Al-Batlânï sive Albatenii opus astronomicum, éd. et trad. C. A. Nallino, pars prima, Milan, igoS, in-/i% p. lxvii.

XLV. Parmi les îles de cette mer de l'Inde, sont l'île de Zâbag . . ., Pile de Kalah d'où l'on exporte l'étain, l'île de Sribuza d'où l'on exporte ie camphre.

Edrîsî (1 i5/l).

Kitâb nuzhat al-mukah Jl ihtirâk al-afâk k Livre de la récréation pour l'homme désireux de connaître les paysw, trad. par Amédée Jaubert sous le titre de Géographie d'Edrisi, Paris, t. I, i836, in-/i° (t. V du Recueil de voyages et de mémoires publié par la Société de Géographie de Paris).

XLVI. (T. 1, p. 58.) . . . Les habitants des îles du Zâbag vont au [)ays du Zang''^ dans de grands et de petits navires, et ils s'en servent pour le commerce de leurs marchandises, attendu qu'ils comprennent le langage les uns des autres *^^

(P. 69.) ... Au nombre des îles du Zâbag est celle de Sribuza''^ dont la circonférence est, à ce qu'on dit, de 1.900 milles et où l'on ti'ouve des péch(;ries de perles et diverses sortes d'aromates et de parfums, ce qui y attire les marchands.

(') Côte orientale d'Afrique au sud du cap Guardafui.

^'■1 La texte araltc a »>5ji Sarbuwa; la carte aflérento à cette section, «jJ^^ Sarira , qui sont à corriger en »jij.w Sribuza.

M. G. KKliRAND. 5

(P. 60.) ... On dit que lorsque l'état des affaires de la Chine fut troublé par les rébellions et que la tyrannie et la confusion devinrent excessives dans l'Inde, les habitants de la Chine transportèrent leur commerce au Zâbag et dans les autres îles qui en dépendent , entrèrent en relations et se familiarisèrent avec ses habitants, à cause de leiuéquité , de la bonté de leur conduite , de l'aménité de leurs mœurs et de leur facilité dans les affaires. C'est pour cela que cette île [de Zâbag] est si peuplée et qu elle est si fréquentée par les étrangers.

Auprès de cette île [du Zâbag], il en existe une autre peu considérable, dominée par une haute montagne dont le sommet et les flancs sont inaccessibles, parce quelle brûle tout ce qui s'en approche. Durant le jour, il s'en élève une épaisse fumée, et durant la nuit, un feu ardent. De sa base coulent des sources, les unes d'eau froide et douce, les autres chaudes et salées.

(P. 65.) ... Les habitants des îles du Zâbag et des autres îles environnantes viennent chercher ici [à Sofâla de la côte sud-orientale d'Afrique] du fer pour le transporter sur le continent et dans les îles de l'Inde , où ils le vendent à bon prix , car c'est un objet de grand commerce et de grande consommation dans l'Inde . . .

(P. 78 infra.) ... Les gens de Komr (= Madagascar) et les marchands du pays du Maliârâja viennent chez eux [les Nègres de la côte sud-orientale d'Afrique], en sont bien accueillis et trafiquent avec eux ...

(P. 178.) ... Au Zâbag, les rois s'appellent <».^a '^' ...

Yâkùt (122/1).

Yacut's gcographischcs WôiHcrbuch . . . herausgegeben von Ferdinand WïsTEKFELD, Leipzig, G vol.jin-S", 1866-1870.

XLVII. (T. I, p. m) ... Dans les régions de l'est, se trouvent les îles du Zâbag; puis, . . . Sribuza''^ d'où on tire le camphre.

(T. II, p. 1 ■ f) Az-Zâbag est une île située aux confins [orientaux] du pays de l'Inde, derrière la mer de Harkand [= golfe du Bengale], et aux confins [occidentaux] de la Chine.

(T. III, p. ^a) Sribuza est une île dans la terre de l'Inde dont la

(^) Vide supra, p. Sa, n. 2.

(-) On a imprimé Sj^ji/, erreur typographique pour 5j^^ Sarbuza, qui est

a corriger en s

position dans le monde habile est sur i'équateur. On en exporte le camphre.

Kazwînï (120 3- 1283),

Kitâb ajâïh al-malilûkàt iva yarâïh al-maujûdât « Livre des merveilles des créatures et des curiosités de l'univers w, dans Zakarija BEiy MuBAMMED BE.\ Mabmvd el-Cazwiim's Kosmographî'e, éd. WiJsTENFELD, Gôttingen, 18/19, ^'^"8% Erster Theil.

XLVill. (P. l'A) Les îles de la mer de Chine. . . . L'île de Zâbag^'^ C'est une grande île sur les frontières de la Chine, à l'extrémité du pays de l'Inde. Elle est gouvernée par un roi appelé le Maharaja.

XLIX. MuHAMMÀD BL\ Zakariyâ ar-Râzî [mort en 928 ou 982] dit : «Le Maharaja reçoit un tribut qui s'élève à deux cents manu d'or par jour; le mann vaut 600 dirhams. 11 fait faire des briques [avec cet or], et les jette dans l'eau [d'un étang], et cet étang lui sert de maison du Trésor, v

L. Ibn al-Fakïh [902] dit: ffDans cette [île] habitent des êtres semblables aux hommes, mais leur caractère ressemble plutôt à celui des bêtes sauvages; ils parlent une langue que personne ne comprend. 11 y a dans cette [île] des arbres et ses [haljitants] sautent d'un arbre à Tautre." Le même auteur dit ensuite: ffll y a dans cette [ile] une espèce particulière de chats avec des ailes comme celles des chauvessouris qui partent de la naissance de l'oreille et vont jusqu'à la queue ; il y a aussi des antilopes semblables aux bœufs de montagne, dont la couleur est rouge à points blancs, leur queue est semblable à celle des gazelles et leur chair est d'un goût désagréable. Il y a encore la civetle qui ressemble au chat et dont on tire le parfum du même uom ; le rat musqué; la montagne appelée Nasbâu''* où se tiouvenl de grands serpents dont quelques-uns peuvent avaler des hommes, des bœufs et des buffles, d'autres [même] des éléphants; des singes blancs qui ressemblent en partie aux buffles, en partie aux béliers, et d'autres [singes] avec la poitrine blanche et le dos noir'^^n

'■) Ici et iufi-a, le texte a fautivement -fk Zànaff pour -?l; .

(^) yLaiî JI, var. yLa-JI, yLài.,'! , yL.:sju3JJ! ; je nc sais quelle est la lionne ieçon du nom de cette montagne, qui n'est pas identifiée.

(') Ces deux passages ne se retrouvent pas iuLégralument dans le texte (lui nous est parvenu et qui a été édité par De Goeje [vide supra, p. 5/i).

LI. Zakariyâ bin Yahyâ bin Hâkan*'' dit : rrDans l'île de Zâbag-, il y a une espèce de perroquets blancs, rouges et jaunes, qui parle toutes les langues possibles; il y a également des paons noirs, tachetés de blanc, et verts; une espèce d'oiseau appelé al-hawâri, plus grand que celui du Soudan, plus petit que le pigeon à collier, à bec jaune, ailes noires, ventre blanc et jiattes rouges, qui parle mieux encore que les perroquets. Il y a également dans [cette] ile des créatures à forme humaine qui parlent une langue incompréhensible; ils mangent comme les hommes ; il y en a de blancs , de noirs et de verts , avec des ailes au moyen desquelles ils volent <^^n

LU. Mâhân bin Baiir'^' de Sîrâf dit : rr J'étais sur l'une des îles du Zâbag et je vis de nombreuses roses rouges, jaunes, bleues et d'autres couleurs. Je pris un morceau d'étoffe rouge et mis dedans quelques roses bleues. Lorsque je voulus les emporter, je vis du feu dans l'étolTe qui consuma toutes les roses qui s'y trouvaient, mais l'étoffe ne brûla pas. Je questionnai les gens du pays à ce sujet et ils me dirent : ffCes roses ffont beaucoup de propriétés utiles, mais il est impossible de les emff porter hors de la roseraie, n

LIIL Mdhammad bin Zakariyâ [ar-Râzï] dit : ff Parmi les merveilles de celle ile [de Zâbag], il faut compter l'arbre à camphre. Il est extrêmement grand et couvre de son ombre cent hommes et même davantage. L'arbre étant percé dans sa partie la plus élevée, il en coule Veau de camphre de quoi remplir une quantité de cruches. [Quand la récolte de la partie supérieure est terminée,] on perce un peu plus bas, au milieu de l'arbre, et on en fait sortir des morceaux de camphre; car c'est dans cette partie que se trouve la résine de l'arbre et il n'y en a qu'à l'intérieur du camphrier. Quand on l'a récolté, l'arbre se dessèche.»

LUI. (P. l<5>i) ... La montagne de Jâba, dans l'Inde. C'est une montagne au sommet de laquelle se trouve un feu qui brûle [sur un espace de] 900 coudées carrées. Pendant le jour, [il en sort] de la fumée. Il y a là des collines qui produisent des parfums qu'on transporte dans les [autres] pays et dans l'univers entier.

'') Cet auteur ne m'est connu que par la présente citation. t^) Vide supra, p. 5/i, le passage de Ibn al-Façïu qui est vraisemblablement à la base de ces informations.

^') Inconnu par ailleurs.

Kttâb âOâr al-bilâd iva ahhâr al-ibâd «Livre des monuments des pays et des renseignements sm- les hommes jî, dans Zaka-

RIJA BEN MuHAMMED BEN MaHMUD EL-CaZWINi's KosmOgmphw ,

éd. WûsTENFELD, Zvveiter Theil, Gôttingen, 18/18, in-8''.

LIV. (P. 1^) Jâwa est un pays [situé] sur le rivage de la mer de Chine, limitrophe du pays de l'Inde. De notre temps, les marchands [voulant trafiquer avec la Chine] n'arrivent que jusqu'à ce pays; toute autre région de la Chine leur est inaccessible à cause de la grande distance et de la différence des religions. Lés marchands exportent de ce pays l'aloès [appelé] /âwî (ou aloès sumatranais), le camphre, le nard , le girofle, le macis, les vases chinois. On exporte [ces derniers] dans le monde entier.

LV. {P. h) L'île de Zâbag. C'est une grande île à la frontière de la Chine, limitrophe du pays de l'Inde. Elle contient des choses extraordinaires. C'est un royaume étendu. Son roi est puissant; il s'appelle le Maharaja.

LVI. MuHAMMAD BiN Zakariyâ dit: ffLe Maharaja perçoit chaque jour un impôt qui s'élève à 200 mann d'or; il fait [avec cet or] des briques et les jette dans l'eau. C'est l'eau qui lui sert de maison du Trésor. « 11 dit aussi que parmi les merveilles de cette île est l'arbre à camphre. Il est très p-rand et couvre de son ombre cent hommes et plus. L'arbre dans sa partie la plus élevée, étant percé, il en coule l'eau de camphre, de quoi remplir une quantité de cruches. [Quand la récolte de la partie haute est terminée,] on perce un peu plus bas, au milieu de l'arbre, et on en fait sortir des morceaux de camphre; car c'est dans cette partie que se trouve la résine de l'arbre et il n'y en a que dans l'intérieur du camphrier. Quand on l'a récoltée, l'arbre se dessèche '^'.

LVII. Mâhân BIN Bahr de Sîrâf raconte ceci : rr J'étais, dit-il, sur l'une des îles du Zâbag et je vis de nombreuses roses rouges, jaunes, bleues et d'autres couleurs . . . [vide supra, LU, p. 68).»

LVIII. Ibn al-Fakïh dit (p. t^') : ff II y a dans cette île, un peuple semblable aux hommes, si ce n'est que leur caractère ressemble à celui des bêtes féroces. Ils parlent une langue qu'on ne comprend pas. Ils sautent d'arbre en arbre . . . {vide supra, L, p. 67).

(') Vide «Mpî-rt, XLIX et LUI, p. 67 et 68.

LIX. Zakariyâ bin Mchahmad bin Hâkân'^' dit : cfDaas l'ile de Zâbag, il y a des perroquets blancs, jaunes et rouges qui parlent toutes les langues possibles. Il y a également des paons noirs, tachetés de blanc, et verts ; un oiseau appelé al-havoân, plus petit que le pigeon à collier, à ventre blanc, aux ailes noires, aux pattes rouges et à bec jaune. 11 parle mieux encore que le perroquet. Allah seul sait la vérité !n

Ibn Sa'îd (1208 ou 121/1-127/1 ou 1286).

Extraits du ms. 228/1 du fonds arabe de la Bibliothèque nationale de Paris qui est intitulé : c^ Livre qu'a réuni et résumé 'Alî bin Sa'îd le Maghrébin l'Espagnol — qu'Allah l'ait en sa miséricorde! — du Livre de la Géographie [de Ptolémée], en sept chmats; et il y a ajouté les longitudes et les latitudes exactes d'après le Livre de Ibn Fâtima ^2) — qu'Allah l'ait en sa miséricorde ! 51

LX. (Fol. '2 II v°). 1" chmat. ... Les îles du Zâbag sont célèbres chez les voyageurs, La plus grande est l'île de Sribuza, dont la longueur, du nord au sud, est de 4oo milles, et dont la largeur, soit au nord, soit au sud, est de 160 milles. On y accède facilement de la mer'"'. Sa ville [appelée aussi] Sribaza, jusquoii pénètie un golfe de l'île, est située au centre de l'île. Elle est [située] sur un fleuve. Sa longitude est de 88° 3o' et sa latitude de 3° ho'. Dans cette île, se trouvent d'autres villes dont nous ignorons les noms. ... Au sud-est de Sribuza, se trouvent un nombre infini d'îles qui font partie de l'archipel du ZâJjag. Le plus grand nombre de ces îles sont habitées par des noirs . . .

LXl. (Fol. 27 Y°.) ... Les îles du Maharaja sont nombreuses et on en parle dans les livres. On y trouve de l'or excellent. Leur souverain compte parmi les rois les plus riches de l'Inde et c'est celui qui possède le plus d'éléphants. (Fol. 27 v°.) La plus grande des îles de cet archipel qui contient la ville du Maharaja, a 200 milles de long et environ 100 milles de large. La ville est située sur son côté occidental et est par

(1) C'est évidemment le même personnage qui est appelé précédemment (LI,'p. 68) bin Yahyâ.

(^) Inconnu par ailleurs.

(') Litt. elle a des entrées dans la mer.

i5i° de longitude et 13° 3o' de latitude. A l'est de la ville , se trouve un estuaire qui vient de .la montagne qui est au nord. On raconte que le palais de ce roi se trouve sur un vaste canal dont il a tapissé le fond avec de l'argent. Il l'a clos aux deux extrémités pour que ce qu'on y dépose ne puisse pas sortir. Depuis qu'ds gouvernent ces îles, la coutume de chacun des rois de cette dynastie est de jeter une brique d'or, chaque année, [dans le canal]. Après la mort [du roi], on compte les briques et on connaît [ainsi] la durée de son règne. On remet [dans le canal] une des briques et on distribue le reste aux soldats , en l'honneiu" du nouveau roi. Les briques isolées [ représentant chacune un règne , ] sont mises d'un côté, et les briques [annuelles mises dans le canal par le souverain régnant,] sont mises d'un autre côté. Quand ou veut indiquer coml)ien de leurs rois ont régné, on compte les briques isolées [qui représentent chacune un règne '^^]. On sait quelle est la durée du règne du roi régnant au moyen d'une baguette [graduée comme un maréomètre]. On ne la sort pas de sa place, car elle se trouve dans un endroit exposé au soleil levant; et, dans la matinée, cet or brille au milieu de l'eau. On trouve des corindons, des émeraudes, de grandes perles dont d [le Maharaja] dispute la possession aux autres rois et dont il s'enorgueUlit. Cet endroit (fol. 28 r°) est le Trésor des richesses [du roi^^' ]. On dit, sans le prouver, que cette île a été enlevée à une race pour passer à une autre. Pour cela, ils montrent de la fierté à leurs voisins. Le titre de Maharaja est un surnom [lire : titre] que [les rois] se transmettent héréditairement.

LXII. Au sud des îles du Maharaja est l'île de Jâwa^^', grande, célèbre, où les navires se rendent à cause des nombreuses drogues indiennes qui s'y trouvent et parce que ses habitants sont bien connus par leur façon de traiter les voyageurs. Son extrémité occidentale est par ihh° de longitude et dans ce coin [nord-occidental], parmi ses villes, est celle qui est célèbre pai-mi les voyageurs, Lâmurï'*''. Cette

O Vide supra, p. 58, n. 1.

('^' Vide supra, p. 58, n. a.

(') SflÀ'^ ~ Sumatra.

(*) <5jv»i), que je lis ^^^is) d'après les notations chinoises. C'est le ^

g [sic) Lun-li du Lin^ wai lai <«. le ^ ^ ^ Lan-ivou-li du Tchou fan tche (cf. HiRTH-RocKHiLL, Chau Ju-kua, p. G2, 6(3, 79 et 73)-, le P^ PÂJA n|| Nan-wou-li du Tao yi Iclie lio , le ^ ^^ g Nan-po-li du Yitiff ijai cheng tan ( cf. RocKiiiLi. , NoiPs on Ihfi relations and (rade, dans Toung pao, t. XVI, 1916 ,

dernière est par 5" de latitude. Dans le sud de l'île, dans le coin sudouest, se trouve la ville de Pan6ûr''> qui donne son nom au camphre [iippelé] pancfiri. Elle se trouve sur le même méridien que l'autre [Lâmuri] en ce qui concerne sa longitude. Sa latitude est de i" i5o'. Les Montagnes du Camphre s'ëtendent de la ville [de Pancûr] jusqu'à peu près à l'extrémité de l'île, de l'ouest à l'est. Au milieu de l'île [de Jàwa], sur les Montagnes du Camphre, se trouve sa capitale, la ville de Javva. Là, réside le roi de cette île et des îles qui l'entourent et qui se rattachent [h l'île de Jâwa]. De cette ville tire sou nom l'aloès [appelé] jâwl; il est noir, lourd , plonge dans l'eau comme s'il était une pierre. On dit que l'aloès, c'est la racine de l'arbre. (Fol. 28 v°.) Cette ville [de Jâwa] est par 1/19° 20' de longitude et 3° de latitude.

KuTB AD-DÏN As-SïRÂzi (mort en 1 3 1 1).

Nihâyat al-idrak fi dirayat (d-ajldk «La plus parfaite compréhension de la connaissance des sphères», d'après le ms. 1106

p. 1/48 et 1^9 ; cf. également Pelliot, Deux itinéraires, p. 827, note 3); ie Lamuri du Nâgarakêrlâgama (chant XIII, strophe 2, édit. Krom , p. r)o), etc. (') Cod. ^y^2^ pour -^^xi, litt. Faneur avec ^ = t. C'est le fameux port du camphre de la côte occidentale de Sumatra , l'actuel Baros ou Barus. Les Chinois l'ont connu sous ce dernier nom : ^ •'^ ^ifi Fo-lou-che (Yi-tsing), W'M M M Lang-p'o-lou-sseu [Sin t'ang chou); c'est aussi Baros qu'il faut restituer dans le complexe ^ f^ ^ signifiant «onguent de P'o-lu)i et désignant le camphre, qui remonte au plus tard an temps des Leang (5oa- 556) (Pelliot, Deux itinéraires, p. 3io-34i). Quant au ^ ^ Pin-sou du xni° siècle, au |ÈÉ ^ Pan-tsou du Tao yi tche lio (cf. Rockhill, Noies on the relations and trade, T'oung pao, t. XVI, 191 5, p. i33); au ||| 2^ Pan-tsou, ou Jlï 2$^ 3J Pan-tsou-eul du xv° (cf. Pelliot, Deux itinéraires, p. 3^1 1), il faut évidemment restituer également Pancur; mais si j'en juge d'après le passage du Ming che (apud Groeneveldt, Notes, p. i64) et la notice lik du Tao yi tche lio, il ne peut s'agir dans ces deux cas du Pancur-Baros de la côte occidentate de Sumatra que son exportation de camphre avait rendu célèhre. Le passage du Ming che dit : «Ahout that time (i6i5), some followers of the impérial envoys (envoyés à Java) had been driven hy a storm to the country Pan-tsou-cul)) (Groeneveldt, Notes, p. i64). L'itinéraire des missions chinoises se rendant à Java n'a pu, en aucim cas, passer au large de la côte occidentale de Sumatra; ce Pan-tsou-eul = Pancur n'est donc pas le Pancur-Baros d'où s'exporte le camphre, La notice lia du Tao yi Iche lio, traduite par Rockhill, dit : ff Pan-tsou. This locality is the hill back of f| ^ f^ Long-ya-mcm^

de Leyde et le ms. 5682 de Berlin, dans Eilhnrd Wiedemann, Bcitrâge zur Geschichte der Naturwissenschaften, XXVII, tirage à part des Sitzungsherichte der pliysikalisch-medicinischen Societdl in Erlangcn , t. hh ^ 19^2.

LXIIÏ. (P. 3^.) L'ëquateur commence à l'est de la Chine et passe par une île que les Indiens appellent Jamkût; puis, par les parties méridionales de la Cliine; puis par Dizkank [ouKankdiz]; — ''' par l'ile de Zâwa '-\ nom qui signifie trie pays de l'om ; ensuite, par le. sud de l'ile de Sirandib (Geylan); entre les îles de Kalah et de Sribuza; ...

DiMASKÎ (vers 1825).

Cosmographie de Cuems ed-din Abou Abdallah Mohammed ED-DiMiCHQi, texte arabe, éd. Mehren, Saint-Pétersbourg, 1866, in -4°; Ma7iuel de cosmographie du moyen Age, trad. Mehren du texte précédent, Paris, 187/1, in-S".

LXIV. (P. 9 de la trad.) . . . [L'équateur] passe aux îles Dïbajât (les Maldives), entre les côtes me'ridionales de l'ile de Sirandib (Geylan) et l'ile de Sribuza; après lîle de Zâbag, il touche la côte méridionale de la Chine et aboutit à l'extrême frontière de l'Orient . . .

(P. 22.). . . . D'après Abu'l-Faraj bin Kodâma [, mort en 922,] . . . parmi les fleuves situés au-delà de l'équateur, nous trouvons . . . deux fleuves de l'île de Sribuza.

(P. 199.) L'île de Sribuza, d'une circonfe'reuce de 1.200 milles, contient beaucoup de villes, parmi lesquelles Sribuza est la plus célèbre; on y trouve la meilleure espèce de camphre.

(P. 206.) L'île de Maharaja est la plus considérable'^'; sa longueur

[litt. : (rdétroit de la dent du dragon (long-ya), vide supra, p. 3o, note] . . . n Ces indications permettent de situer ie Pan-lsou ou Pan-tsou-eul du Tao yi tclie lia et du il/m^ clw sur la côte oi'ienlalo de Sumatra où il existe, eu effet, une île Pancur, homonyme et homographe du port du ccmphre de la côte occidentale de la même île.

(') Ce qui suit est une addition marginale au manuscrit de Leyde (Wiedehann).

('^) Le texte l donc Sjl; .

•et w P

(^) Le texte a p. l<M= : *-o^!j4i! jSl-^1 A ^^ z}t^^ 'r'r?'*' '^^'' ^'"'^ ^^ l\lalirirfija est la mère des îles malirirfijicnncs-' (.ipparlenant au Maharaja).

est de 12 journées [de mai'che] sur une largeur de 5; à son extrémité, est (p. 207) situé un grand volcan qui lance des étincelles comme des pierres, avec un bruit de tonnerre et des éclairs; à cause du feu, il n'y a ni lieu d'habitation, ni passage jusqu'à une distance d'une parasange. Ce volcan est le plus grand du monde, et il n'y en a pas de pareil : la place qu'il occupe s'appelle lie du volcan, et, comparée avec le reste de l'île , elle ressemble au pied en proportion de la jambe . . .

Abûlfidâ (1273-1 33 1).

Géographie ctAsoviFÉDA, t. II, 2' part., trad. St. Guyard, Paris, 1 883, in-/i°.

(P. 126.) Iles de la mer orientale.

LXV. ... On lit chez Ibn Sa'ïd : Les îles du Zâbag sont célèbres par les récits des marchands et des voyageurs <'l La plus grande est l'île de Sribuza qui a hoo milles de longueur du nord au sud et environ 160 milles de largeur sur toute son étendue '-'. Des bras de mer y pénètrent. Sa capitale Sribuza est située en son milieu , sur un estuaire et sur un fleuve. Sa longitude est 108° 3o' et sa latitude 3° ho'.

LXVI. (P. 127.) Le même auteur rapporte que parmi les îles de la mer de l'Inde, il faut citer celle de Jâwa, grande, île célèbre par l'abondance de ses drogues '''. La côte [nord-] occidentale de cette île a pour longitude i45° et pour latitude 5°. Au sud de l'île de Jâwa on remarque la ville de Pancûr, d'où le camphre [appelé] pancûri tire son nom. La longitude de Pancûr est ihb" et sa latitude 1° 3o'.

LXVII. (P. i3o.) ... Ile de Zâbag. D'après VAtrvâl [=^ Livre des longitudes et des latitudes attribué à Al-Faris, x° siècle], 11 5" de longitude. Au sud du 1" climat. Dans la mer Verte.

On lit dans YAtwâl : il y a dans les îles du Zâbag des serpents capables d'engloutir un homme et même un buffle , et des montagnes en ignition perpétuelle. Les feux de ces montagnes se voient sur la mer à plusieurs jours . . .

(') Vide supra, LX , p. 70.

(2) Les chiffres donnés par le manuscrit de Ibn Sa'îd s'accordent ayec ceux-ci. Vide supra, LX, p. 70.

(') Vide supra, LXIT, p. 71-

LXVIII. Ile (lu Maharaja ou de Sribuza '*'. D'après le Kânûn [de Bîrûnî j i/io° de longitude et i° de latitude. Au sud du premier climat. Grande île de la mer Verte.

Ou lit chez Ibn Sâ'îd : Les îles du Maliârâja sont de nombreuses îles.

Leur souverain est un des plus riches rois de l'Inde et celui qui possède le plus d'or et d'éléphants. La plus grande de ces îles est le siège de sa royauté- D'après le Kitâb al-Atœâl, l'île de Sribuza, c'est l'île du Mahârâj

LXIX. MuHALLABï [fin du x° siècle] dit que Tîle de Sribuza est une des dépendances de la Chine. 11 ajoute qu'elle est prospère et peuplée , et que lorsqu'un vaisseau en part pour se rendre en Chine il trouve en face de lui, dans la mer, des montagnes étendues et qui pénètrent dans la mer, cela pendant dix jours. Quand les voyageurs s'approchent de ces montagnes, ils y trouvent des passages et des chenaux qui aboutissent chacun à une contrée quelconque de la Chine '^'.

Hamdullah Mustawfï (i3/io).

The geographical part of the Nuzhat al-Qiilùb composed hy Hamd-Allàb Mvstawfî of Qazwîn in jâo (iSâo), texte persan et Irad. anglaise par G. Le Strange, E. J. W. Gihh mémorial séries, n" XXIII, 2 vol., in-S", parti, 1916 (texte); part. II, 1918 (trad. et notes).

LXX. (P. 2 29 de la trad.) Iles de Jâba et de Zâbag'*\ Elles sont situées sur la frontière de l'Inde et leur roi est appelé Maharaja. Ibn IJcrdâSbeh assure qu'il est le souverain d'un si grand nombre d'îles et si peuplées que son revenu quotidien s'élève à 200 mann d'oi-'^^ Dans

(') Le texte a : [sic) s-jj* '^y^'y^ cs^i îi't*^' ^t^T^ KVi\Q du Maharaja, c'est l'île de Sribuzan, c'est-à-dire : île du Maliârâja et île de Sribuza sont les deux noms d'une même île. Le texte a, en plus, cette phrase que Guyaud n'a pas traduite : ~lj4^l Sj^jr^ cs^i {sic) s^vau '»\t>j=^ Jljl^i)! t>Uj ^ JU^ «d'après le Livre des longitudes, l'île de Sribuza, c'est l'île du Mahârâjan.

(') Cf. la note précédente et vide supra, LXI, p. 70.

(') Ces passages sont géniTalement appelés : Inertes de la Chine. Cf. mes Relations de voyages, à l'index du tome tl, sous : (Jhinc (Portes de la - ).

''') Le texte a gk que Le Strange a fautivement rendu eu translittération anglaise par Zâbij.

(■') Vide sxipra, XXXIV, p. 53.

l'île de Jâba, il y a une montagne au sommet de laquelle se trouve un endroit de loo aunes carn'es de superficie, qui est entièrement éclairé par le feu. Pendant la nuit, ou voit ce feu s'élevant à la hauteur de deux longueurs de lance et [se développant sur] loo aunes de long; pendant le jour, on aperçoit comme de la fumée; il ne s'éteint jamais. Sni- celte île il y a des hommes ailés qui peuvent voler.

Ibn al-Ward! (vers i 34o).

Mandat al-ajâïb wa faridat al-yaraih «La perle des merveilles et le joyau des choses extraordinaires». J'ai utilisé l'édition du Caire de l'^So-^iSôS et l'édition Tornberg (2 vol., in-8°,Upsal, 1835-1839).

LXXI. (P. II.) . . . Parmi les îles de la mer de Chine, est l'île de Zâbag qui comprend de nombreuses îles cultivées et fertiles, situées aux confins extrêmes de la Chine et des régions les plus éloignées de l'Inde. On n'y voit pas de ruines: on peut y voyager sans [emporter] ni eau ni provisions en raison de la fertilité [du pays]. Elle a environ 100 parasanges.

LXXII. MuHAMMAD BiN Zakariyâ [ ar-Râzî] dit quc le roi de cette île s'appelle le Maharaja. 11 perçoit chaque jour un tribut de 3oo mann ,|'or — le mann est de 600 dirhams. — Son produit net quotidien est de plus de 126.000 midkâl qu'on [fond et qu'on] transforme en briques et qu'on jette [ensuite] dans la mer qui [ sert ainsi] de Trésor^''.

LXXIII. Ibn al-Fakîh dit : «Dans cette île habitent des [êtres] qui ressemblent aux hommes, mais ils ont le caractère des bêtes sauvages et parlent uu langage incompréhensible. [Dans cette île,] se trouvent des arbres et ses habitants sautent (lilt. volent) d'un arbre à l'autre. Il y a aussi une espèce de chat sauvage [de couleur] rouge, tacheté de blanc, qui a une queue comme celle des lézards. Une autre espèce de chat est pourvue d'ailes comme la chauve-souris. 11 y a également des bœufs sauvages rouges, tachetés de blanc; leur chair est acide; des civettes qui sont une espèce de chat et des rats musqués. Sur une montagne connue de l'île, appelée An-Nasân ''', se trouvent des serpents d'une telle gran-

(') Vide supra, p. .^)3, Sy, 67, fig et 76.

'-) y'.*.-ai.'l. Vide siiprn . T[). C^'^.

deur qu'ils pcuveni avaler un «éléphant; des singes de la taille d'un buffle et de grands béliers. Parmi les singes, les uns sont blancs comme du papier; d'autres ont le dos blanc et le ventre noir; d'autres, au contraire, ont le dos noir et le ventre blanc; d'autres, enfin, sont noirs comme les rats [sic). Il y a (p. m) des perroquets en grand nombre, blancs, rouges, jaunes, verts, qui parlent toutes les langues qu'ils entendent. Il y a des créatures à forme humaine, blanches, noires, rousses , vertes , qui mangent , boivent et parlent un langage incompréhensible. Elles ont des ailes avec lesquelles elles volent

LXXIV. Ibn as-Sîrâfï '"' dit : «Je fus dans une des îles du Zabag et je vis des roses en grand nombre, rouges, blanches, bleues , jaunes et niuiticolores. Je pris un manteau et j'y mis des roses bleues. Lorsque les roses furent [dans le manteau], je vis du feu, dans le manteau, qui brûla toutes [les roses] qu'il contenait sans que le manteau fût brûlé '^'.n

J'ai questionné des gens à ce sujet qui m'ont répondu que ces roses sont très utiles , mais que jamais personne n'a pu les sortir de cette roseraie.

On trouve dans celte île l'arbre à camphre qui est si extraordinairement grand qu'un seul camphrier peut couvrir de son ombre cent hommes ou même davantage . . .

LXXV. L'ile de Jâba est (p. \rv) grande. On y trouve la banane, le coco, le riz, d'excellentes cannes à sucre et l'aloès ... 11 y a [dans cette île], une grande montagne. La nuit, il en sort un grand feu visible à 1 5 parasanges ; et le jour, de la fumée. 11 est impossible de s'approcher de la montagne, [même] à 5 parasanges, sans en mourir [, tant la chaleui' est intense]. Le roi decette ville (sic) [de Jâba] s'appelle [également] Jâba'*'. 11 est revêtu de vêtements en or et [coiffé] d'une couronne en or, ornée de perles, de corindons et de pierres précieuses de grand prix. Ses dirhams et ses dinars sont fi'appés à son effigie. 11 adore les idoles. Le culte des gens de cette île consiste en chants et mélodies [accompagnés] de battements de mains. Les jeunes filles les plus jolies se réu-

(') Vide supra, p. .5A et 68.

(■-) H s'ajjit sans doute de MiiiÂN din Bahi» AS-SïnÀFï (de Sîrâf) dont il a été question précédemment (s«p-aj p. GH).

'') Vide supra, p. 68 et 69.

W Vide sup\-a, p. 72.

nisseut et dansent en variant les mouvements du corps et en balanrant le corps devant l'idole. Dans le temple où se trouve l'idole , il y a de belles jeunes filles qui dansent en faisant de nombreuses inclinaisons du corps. Lorsqu'une femme met au monde une belle fille et que celle-ci est devenue adulte, sa mère la revêt de vêtements splcndides, [la pare] de bijoux et, accompagnée de ses parents, hommes et femmes, conduit sa fille à l'idole et la lui offre en hommage. Ensuite, les serviteurs [de l'idole] remettent [la jeune fille] à des maîtres qui enseignent à danser et à faire des mouvements de corps harmonieux <''.

Bâkuwï (commencement du xv'' siècle).

Kitdl) talhîs alâOâr wa '^ajaih al-malik al-kahhàr «Livre de l'examen des monmïients et des merveilles du roi tout-puissant 55, trad. DE Guignes, dans Notices et Extraits, t. II, 1789.

LXXVl. (P. 397.) Jâwa. Pays sur le bord de la mer de Chine, du côté de l'Inde; les marchands en tirent le bois d'aloès nommé jâwi, le camphre , le nard , le girofle , le macis et les vases de la Chine dont on fait commerce.

LXXVll. L'île de Zâbag. Cette île, qui est grande, est située sur les frontières de la Chine , du côté de l'Inde. Ses productions sont étonnantes ; c'est un royaume fort étendu ; on y trouve le camphre qui est un arbre si grand que 100 hommes peuvent y être à l'ombre, et qui rend beaucoup de liqueur; on fait une ouverture au tronc et on en tire des morceaux de camphre qui est une sorte de gomme. Il y a dans ce pays une espèce de chat qui a des ailes comme celle de la chauve-souris, qui s'étendent d'une oreille à l'autre (sic); des chèvres qui ressemblent a des bœufs de montagne, elles sont rouges marquées de blanc; la civette; dans une montagne appelée Nasbân '■^\ de grands serpents qui attaquent les bœufs et les buffles; des singes; des perroquets, les uns blancs, d'autres rouges ou jaunes, qui parlent très bien, et de beaux paons.

LXXVllI. (P. 410.) . . . L'île de Jâba. Ile de l'Inde dont les habitants sont roux. On y voit une haute montagne qui pendant la nuit jette

(') Cf. mes Relations de voyages, t. Il, p. l\2'2, n. i. (') Vide supra, p. 76, u. 2.

du feu, et de ia furaëe pendant le jour. Il y a du bois daloès, des cocos, des bananiers et des cannes à sucre.

Ibn Majid (l/l8(j).

LXXIX. Le muallim^^^ ou maître de navigation Sihâb ad-din Ahmad bin Mâjid^-^ est l'auteur à' Instructions nautiques sur les mers du Sud (Océan Indien, mer de Chine occidentale et mers du grand archipel d'Asie) que nous ont conservées les mss 2992 et 255t) du fonds arabe -de ia Bibliothèque Nationale de Paris.

Le passage suivant est extrait d'un traité nautique du ms. 2292 , intitulé : *X^tjJLJI^ j^^Ji ^ ^Jr*o\ ^ «XjtyUî oU^ « Livre des renseignements utiles sur les bases et les principes de la science nautiques, daté de 896 de l'hégire = 1/1 89-1 Age. Au chapitre consacré à la description des dix plus grandes îles des mers du Sud, qui sont, d'après Ibn Mâjid : la presqu'île arabique , j.iUî Al-Komr = Madagascar, Sumatra, i^U^ Jâwa = Java, j^î Al-yùr = Formose , Ceylan, Zanzibar; Bah-

''' *J-«-*'. Au sens classique : «précepteur, moitre, professeur, instituteur; celui qui est arrivé à la maîtrise dans son art ou son métiern. En terminolojjic nautique, le mu'allim répond à TofTicier de navijjation de ranciennc marine à voiles qui élait spécialement charjjé de la conduite du navire. Dans son Ayn-i-Akbari , Ar.cY-FAZL en donne la définition suivante : «Le muallim ou capitaine. Il doit être informé des endroits |)rofonds et peu profonds de focéan et doit connaître l'astronomie. C'est lui qui guide le navire vers sa destination et l'écarle des dangers^ {The Âm i Akbari liy Abcl Fazl 'Allami, trad. Blochmann, Calcutta, 1878, in-S", p. 280). Cf. également mes Relations de voyages, t. II, 191 A, in-8°, p. 5^1 8, el Ilobson-Jobson , a'édit. , s. v" mahim. Sur Ibn Màjid et le muallim suivant, SilaïmAn al-MaiirT, cf mes Relatiom de voyages, ibid., p. ^18 5 et les auteurs cités.

(^) Sur IiiN Majid, cf. mon article Le -pilote arabe de Vasco de Gama et les instructions nautiques des Arabes au xv' siècle, dans Annales de géogi-aphie, XXX° année, n" 172, i5 juillet 1929, p. 289-807.

rayn et Ibn Gâwân, dans le golfe Persique, et Socolora; l'auteur décrit ainsi Sumatra :

3^ ^JJ! i^^ ^y (')»pa^ ïyj^ iiiJliJI »j^ ... (Fol. 68 v".) JliULUwl tSxs.^ ^3^l*!i.ii ^* L^yJÎvNj:*! <X>^ ^i^^ i^^^J^ «XïLxi :>|^ii^

l..«-iû Jo i^ytr*^ ^ (J*»'^^^ (J-^^iA^^ t^jl—^j' liJl-»-^^ (J^y^ lïj-9 ^AaÀwwJÎ ^jAjitNjb «XjtXKAM Ia^j! ^^vwuj <^tX3-Aw c^'^'^ t^^V' J^ [jX*«i)) Las».

Cj Sans doute pour ëCLiû, qui désigne ici l'île de Sumatra tout entière. L'état du même nom sur la côte nord-est de l'île est appelé par Ibn BatCta ïJa^ Sumutra, var. ïJisJsi, Sumutra.

(-) Cod. i o0^jv^. Je corrige la vocalisation de l'initiale d'après les notations chinoises : ^|, '^ Si-lan du Ling wai tai ta [Chau Ju-kua, p. ']li.,n. a), i^H M '^*"'"" et surtout i^0 !^ ^ Si-louen-tie , pron. anc. *Si-lun-dep, qui est la transcription correcte du toponyme arabe Sirandîb (cf. Pelliot, Deux itinéraires, p. SôS-BSg; Chau Ju-kua, p. 7a, 78 et 7^, n. 8).

'■') Cod. (jii*^. Voir la note précédente.

^^^A x j>Jl ,^3 (fol. 69 r°) »jj^— «Jî (jb^i) l^i Sl 5 c-o<XJ^ tS'^'J

^ii 5 5--0 /waLs^îAaw »*X£ l^ sJa^^Nij Xjçi iUiî 5 l-gjl-» f»l.*w.Ji /w» (jàxj^j (j^y-> çLx^-»}^ (jol=i iWî 5 ^'' iu-U-wo^ >jilXl!5 (>ï>yJi JLiili y*>sJC«

^^^ ^j^i^i «J^Ur «XsLjIÎI xaAc Lg^JUsi^ ijCii L^lioi ^^^ cxiû JJî

La troisième île est l'ile de Sumutra*"^ C'est Tile où passe l'e'quatcnr. Un ignorant a dit qu'il passe au nord de l'île; mais nous disons qu'il passe au sud. La position exacte [de l'équaleur] est par 5 isba (iitt. doigts) des Farâkid''^', au moment de leur passage au méridien vers l'est et au moment de la culminatiou fie l'Epi (la Vierge du zodiaque) au-dessus du cap'^'. Là, les deux pôles sont à la même distance'^'. [Les pôles] ne sont pas deux astres, mais ce sont deux endroits qui séparent les régions de l'est de celles de l'ouest ''''.

[L'ile de Sumutra] est la résidence de Al-Hâtï, le sultan de tout le

0) Cod.

(-) Cette vocalisation est en accord avec les transcriptions chinoises du nom de l'état de Sumutra , homonyme de celui de l'île tout entière , que donnent le Tao yi tche Ho : ^ jj^ ^ ^ij Siu-wen-ta-la ; le Ying y ai cheng lan et le Sing tch'a cheng lan : ^ P^ ^ ^ij Sou-men-ta-la (cf. Rockhill, Notes on llie relations and trade , T'oung pao, t. XVI, igiS, p. i5i-i57; et Pelliot, Deux itinéraires, p. 827, n. à). Je reprendrai la question prochainement. Vide supra, p. 80, n. 1.

(•'J 5 isba des Farâkid (j3 et 7 ou les Gardes du la Petite Ourse) = environ 0" 53' Nord. Pour ces calculs, cf. mes Relations de voyages, t. 11, p. hgli et les auteurs cités.

^'') Cet essai de traduction n'est en rien certain. Les textes nautiques des mss 2993 et 2559 contiennent un très grand nombre d'expressions techniques tout à fait inconnues par ailleurs. Je n'ai pas réussi encore à les interpréter toutes.

('■>) Là = l'équateur, qui est à égale distance des deux pôles.

'"' Il y a ici confusion entre pôle cl innidirii.

M. G. FEniiA.NU. (i

pays d'Abyssiuie '''. Certains sultans sont en lutte contre lui; mais il est le plus grand de tous.

On diffère d'opinion en ce qui concerne le nom de Sirandib. Les uns disent que c'est le nom de l'île de Silân; d'autres, celui de [l'île de] Sumutra *^'. Ce qui est certain , c'est que l'équateur se confond avec la vallée, [c'est-à-dire] la vallée de Sirandib ''^l [Cette dernière île] est égale-

(') Cette phrase et la suivante n'ont rien de commun avec la description de Sumatra. Je ne sais par quelle confusion elles ont été interpolées dans ce passage. Ce titre royal éthiopien (en gë'ëz <||2 hade) est mentionné dans le oU5 ^giill ^Js de Kalkasandî, qui est du xiv' siècle (l'auteur est mort en iii8) : «Rois d'Abyssinic de notre temps. Tous les rois d'Abyssinie s'appellent i^^ {sic) hattî; c'est le titre qui est mentionné daus la correspondance à eux adressée par la cour des sultans [mamluks du Caire]» (édit. du Caire, t. V, 191 5 1 p. l^'^ô). Pour l'une des lettres auxquelles fait allusion ce passage, cf. Qoatre- MÈRE, Histuii'e des sultans mamlouks de l'Egypte , écrite en arabe far Taki-eddin Ahmed Makrizi , t. I, s° part., Paris, 1887, in-/i°, p. 12a, n. i5i : «En 1374, rapporte MakrïzI, on reçut une lettre adressée au sultan [Malik Zâhir Bibars] par le roi d'Abyssinie qui prend le titre de (J^^ al-hatî, c'est-à-dire khalife. n Albuquerqde (lettre XLI, en date du h décembre i5i3, dans Cartas de Affonso de Albuqverqve , seguidas de dociimentos que as elucidam, t. I, i884, in-4°, Lisbonne, p. 929) écrit : «Les Maures et les Abyssins appellent le souverain d'Abyssinie généralement [connu sous le nom de] Prêtre Jean, Elaty, [ce qui répond] au titre d'empereur; ils ne l'appellent pas Prêtre Jean. 51 Dans une autre lettre non datée, adressée à Duarte Gualbâo (sic), il dit encore : «Le Prêtre Jean s'appelle [en réalité] elayre {sic, pour elaty), ce qui répond au titre d'empereur; son nom [personnel] est David, roi d'Israël" [ibid., p. 600). Une lettre adressée au roi de Portugal par Francisco d'ALBUquerqce (un juif converti qui avait sans doute pris le nom de son parrain, le chef d'escadre cousin du grand Albuqucrquc), en date du 20 octobre i5i3 {Carias de Affonso ve Alduquerque , t. III, 1908, Lisbonne, in-i", p. 872, ^tili), porte ceci : «Si Votre Majesté désire savoir comment s'appelle le roi Prêtre [Jean, qu'EUe sache] qu'ils (les indigènes) l'appellent «ell hati danti- «nellque {sic) ysraell» , ce qui signifie «David, roi d'Israëljî.n Les Commentarios do Grande Afonso D^tBOQt'B/tQPE (réimpression de 177/1,1. IV, chap. vu, p. Al) disent également : «Les Abyssins n'appellent le Prêtre Jean que Elati, ce qui répond au titre d'empereur, n

(^) C'était une erreur courante au moyen âge.

(') Pour Ibn Màjid, Ceylan est sur l'équateur. Sédillot décrit dans ses Matériaux paur servir à l'histoire comparée des sciences niathémaliques chez les Grecs et les Orientaux (Paris, 1 SA 6-18/19, in-8°, t. I, p. 8/19), un astrolabe en laiton acheté à Alep qui porte l'inscription suivante sur un côté du premier disque : «Pour l'ile de Sirandib (Ceylan), qtii n'a pas de latitude puisqu'elle

ment appelée Sirandîd avec deux d'^^'' et [Sii-andîb] avec un d et un b. Dans les deux cas, elle est située pai" /i ùba des FaiTikid. Si tu appliques le mot ffla vailéen , c'est-à-dire la vallée de Siraudib [au nom de] cette île, c'est exact. Les latitudes sont prises du pôle; elles ne sont pas prises de l'étoile Al-Judayy''\ qui s'appelle également As-Sumiyyâ [en arabe] et, en persan, Gâli''\ Le pôle, les observateurs ne le voient pas et cependant c'est du pôle qu'on prend les latitudes. On eu a la direction par une étoile toujours visible qui fait partie des étoiles boréales , telles que Mîb '''\ Gâb et Faràkid '"'. Quand on observe la hauteur méridienne et le maximum de déclinaison d'une étoile, on apprend que l'axe [de la sphère] est entre les deux points observés et qu'elle [l'étoile] est à tant de degrés de l'horizon d'après l'observation faite avec l'astrolabe. La ligne de l'équateur [qui s'étend] à l'est et à l'ouest, est traversée parla ligne du méridien et divise ainsi la terre en quatre parties. La ligne du méridien est sur les deux bords des ténèbres '*\ La ligne de l'équateur [commence] à l'est, aux îles de Silâ^'' et [se termine] à l'ouest, aux iles Fortunées; et ces deux lignes [, c'est-à-dire le méridien et l'équateur,] se

est dans la ligne équinoxiale, son heure la.n L'autre côté porte : tfPour latitude OG", heure 24n, c'est la durée du plus long jour de l'aimée sous ce parallèle.

(^^ Celte indication, inexacte d'ailleurs, ne se retrouve, à ma connaissance, dans aucun autre texte arabe.

'^' L'étoile polaire. Cette affirmation est inattendue, car presque toutes les latitudes boréales sont déterminées par des observations de l'étoile polaire; cf. mes Relations de voyages, t. II, p. 5i.ô-5,39.

'^' En persan »l5gàh, litt. fie lieu)). Quelques pages avant, au fol. 27 r°, 1. i3 et suiv. , Ibn Mijid dit :

jO 4i <-r^-»'2-»-J (^■>^5 U^l >>v^:Os-û.j<^ A^i! JIjJI «-.^j^'j jo^ ^o nl ^^ t5'>^

L;.twJ) JkJyiail ^L),>J1 JJÎi\ .>vJLc (^fv*Jj Vj-*^ is*"y^ C^' ^^^i '-0»." f-f^

tcAl-Judayy, c'est le gâli. Al-jadi [avec lequel il ne faut pas le confondre,] est un signe du Zodiaque (le Capricorne), qui [s'étend sur] deux mansions et un tiers-, c'est l'une des douze divisions du ciel. Gâh est un nom persan arabisé-, les Égyptiens l'appellent as-simiijijâ (sic).

W Litt. trie clou^, étoile voisine de la polaire.

(') Litt. cflcs Veauxn. Vide supra, p. 8), n. 3.

(*) Il faut sans doute entendre que les extrémités nord et sud du méridien sont plongées dans les ténèbres des deux pôles.

^') La Corée.

coupent à la vallée de Sirandïb. La plus grande partie de la terre habitée (fol. 69 v°) se trouve dans les deux quarts boréaux et la plus grande partie des deux [quarts] austraux est occupée par l'eau, sauf. . .''^ de la terre comme l'Abyssinie et une partie de la Syrie, car l'eau pénètre très avant [dans les terres].

Sumutra a un grand nombre de rois infidèles. C'est le pays par excellence ('' des éléphants blancs ('>, du camphre, du macis, du musc excellent de cette île qu'on vend au poids de l'or. Au nord [de l'île], les Farâkid sont par 7 [isba] 3/6 ; au sud, les Farâkid sont par un peu moins de û [isba]'-''''.

Ibn Iyâs (i5i6).

Kilftb nasak al-azhâr fi 'ajâïb al-aktâr et Livre de l'odeur des parfums dans les merveilles des paysw, éd. Arnold, dans sa Ckrestomathia arabica, Paris, i853, in-8".

LXXX. (P. 66.) ... Le royaume [de l'Inde] est voisin immédiat du royaume de Zâbag''^ la résidence du Maharaja, [qui est situé] entre l'Inde et la Chine ...

(P. 71, infra.) ... La ville du Zâbag(°> est grande; elle est située sur une île aux confins de la Chine, du côté de l'Inde. Elle contient des merveilles. Il y pousse (p. 72) l'arbre à camphre. Cet arbre est si grand qu'un seul [camphrier] peut couvrir 100 hommes de son ombre. Le camphre coule du sommet de l'arbre [après l'avoir incisé] et on le met

(2) Je traduis par tfpays par excellences i'arabe y-xx», qui a le sens de nmlneTî , «endroit où quelque chose se trouve spécialement et eu grand nombre?;.

'•■') On sait que l'éiéphant dit éléphant blanc est un simple albinos, d'où sa rareté. On sait aussi la vénération qu'ont les bouddhistes pour 1 éléphant blanc, en lequel se serait incarné Çàkyamuni pendant sa longue ascension vers le nirvana. Autant que je sache, il n'a pas été trouvé de nombreux éléphants blancs à Sumatra; il en existe actuellement quelques-uns à la cour de Bangkok et au Cambodge.

W Pour les latitudes du nord et du sud de Sumatra, vide infra les extraits

du ms. aSBg.

(S) Le texte a la leçon fautive gjJl J-U pour gly)! liLU. (") Le tf xto afaulivomont g-'lj, pour jj!^ .

dans des jarres pour y être desséché et solidifié. C'est une résine de cet arbre qui ne se trouve qu'à l'intérieur [de l'arbre]. Il y a dans celte [ville], des chats ailés comme les chauves-souris. Il y a aussi une espèce de démon qui ressemble à une vache de montagne; il est de couleur rouge, tacheté de blanc, ses chairs sont amères (sic). Il y a également un félin à musc, semblable au chat, dont le musc se trouve sous l'aisselle. 11 y a une montagne appelée An-Nâsbân '^' où se trouvent de grands serpents qui avalent éléphant, vache, veau et buffle. II y a des singes blancs semblables aux buffles et aux grands béliers. Il y a des oiseaux blancs, rouges, jaunes qui parlent toutes les langues : on les appelle des perroquets. H y a des paons au plumage tacheté de blanc et de noir, verts, aussi grands que les grandes autruches.

SuLAYMÂN al-Mahp.î (i""" moitié du xvf siècle).

Les textes arabes qui suivent sont empruntés au ms. aBog de la Bibliothè(|ue Nationale de Paris. Ils ont pour auteur un muallm^-^ arabe nommé Sulaymân ibn Ahmad al-Maiihi Al- MuHAMMADÎ, qui est inconnu par ailleurs. Nous savons seulement par un passage du Midût de Sïdï 'Alî, que ce muallim était déjà mort en i553 '^^.

Le premier texte est extrait d'un traité nautique daté de

t5i2, intitulé : i^j^î -^IxJl Isj^jo ^ «J^^^î »<Vj!j| ^c Le soutien des Mahara (de l'Arabie méridionale; ce sur quoi s'appuient les Mahara, en quoi ils ont confiance) et la fixation des sciences nautiques ??.

Les variantes au texte arabe indiquées en note sont données : A, d'après le ms. 2299 du même fonds arabe de Paris i^vide supra, p. '79); B, d'après un extrait du texte lurk du Mtihit d(! SiDÎ 'Alî (ms. de Naples) publié par Luigi Bonelli^''^;

(') Vide supra, p. 78, n. 2.

(^) Vide supra, p. 79, n. 1.

^'' Le Muhît n'est en réalité que la version lurke dos textes nautiques arabes de Ihn MàJîd et Sulavmàn al-MauiîT. Cf. mes Relulions de voyages, t. II, p. /i85, n. 3.

('') /)('/ Muhît 0 '-Desniziotu' dei mari délie hidie-^ deU'ammiraglio turco Slnf

C, d'après la traduction allemande du Muhît par Maximilien BiTTNER (1), qui a quelquefois corrigé les lectures de l'éditeur du texte turk en utilisant le manuscrit de Vienne, plus correct que celui de Naples.

l.^^! (''(sîc)(^Ja^ h^¥?^ (sîc)oé^*« ^i tS"*ai (Fol. 27 v", 1. 6.) x»^ i)î J^-ï^ (j-jf ^\ ibfiU; A^js-^ ^l<>J>jA)l t^^ J<>=?- JUwJI ^^ /j^X JCJ^ ^AwL» ^ y'^l^ '^^ «X«yi ^Siff'i ^^^wJ 't'.j-»^^ (^y* '"^^'^^'b

'AlÎ detto Kidtib-i-Rûm , dans Rendiconti délia R. Acad. dei Lincei, Classe di scienze morali, storiche e Jilologiche, Série quinta, vol. III, 189^, p. 751-777. Le texte en question se trouve aux pages 771-773.

(') Dans Die topoi>raphischen Capitel des Indischen Seespiegels Mohît, trad. M. BiTTNER, avec introduction et 3o cartes par Wilheim Tomaschek, Vienne, 1897, in-foi. La traduction du passage en question est aux pages 71-73.

W Cette graphie incorrecte : ^ final = ï , se présente à plusieurs reprises dans les mss 9392 et aSSg. B a sjaii «jjj^ yA'>- Le nom de l'île n'est vocalisé que dans A et B. Les trois textes ont la sifflante palatale, s^la^ "p^ir?" 7^-^ est à traduire par rrroutes [maritimes] de Tile de Sumutra^. L'arabe s^.>>, plur. jj'j>, a, en terminologie nautique, le sens de «route?). Sïdï 'AlI le glose par i^jjl^ «route, chemin». Le sens de ces deux mots est en effet identique, celui-ci étant employé pour la terre et celui-là pour la mer.

La phrase suivante du texte turk n'existe pas dans le ms. sSBg : elle a élé ajoutée par Sîdï 'Alî au texte arabe : «Schiffswege (jj.i) an der Insel Sumutra. Mit den Schiffswegon an der Insel Sumutra verhalt es sich folgenderraassen : Zuerst sei kund, dass es daselbst Zibeth, nàmlich Moschus-Galia (c^ju .ibj LiLSw» *:Jlc), in unermesslicher Menge gibt.n Le ghcdiya est un parfum composé de musc et d'ambre; c'est également un médicament. Cf. mes Relations de voyages, t. I, p. 286 et t. II, p. 61/4-620.

Ce texte sur Sumatra a été reproduit en traduction seulement dans le t. II de mes Relations de voyages, p. 5oi-5ii, d'après B, C et le ms. 2559.

(•'') B a à^MJj ySji^ que G a lu Ntkû Tarmid. Le ms. 2669 avait o^^y >^, sans points diacritiques. Ils ont été ajoutés par un correcteur inconnu. Les corrections de cotte nature et les additions en marge y sont nombreuses. Il semble bien qu'après avoir été copié par un scribe quelconque, le 2559 a été collationné avec le texte reproduit, car quelqu'un y a ajouté, d'une autre encre, les points diacritiques, les passages sautés par le copiste et a rectifié les

->^( 87 )K-^ (^l i A x-Lfij x>u-ot xj^î yî*XSytJ) ^jî J^ilî JyJI J!y»i iUb" ^^ t>*»Jî A-jç-Lfi:^ ^^A^ iUjjî «aAa yij«*ï^À)i y! c^jl-^' JyiJ'j ''' ^j-*4^' j-^i v.jL*aj^ iuÀj <xj| (^yxiJi^i ifoXs.^ e*]UJî Jyiiîj ''^ ^jLJj^i q^xj^

erreurs de copie. Cette revision n'a été cependant que partiellement faite et laisse à désirer. A , fol. 53 r°, 1. 8 , a : o^-^' ^<^' Tabâkû tarmad. Je suis la leçon du ms. 2r>59 sans en garantir l'exactitude.

(^) B a seulement : ^u>XL)^j^l J^l t-^jc^ ^Jij^yi y,>«-^A3l ci>^^u> jlà J^ï, que C a traduit par rtnach Angabe der Araber nicht ganz 'i".

'•'') Ce passage a été mal rendu par Sïdi 'Ali, qui, en outre, y a ajouté ce qui suit : B j j ' ^ ..-=>l yX .« th t ^) ^jol a*sI ^^^^ ^1 sj^^Lj wLjàjo ciJLi Jjji

L«joL- 1^3 r>^^i^ ^s-*^ ^•>^'-j tJjt^J^ yi ■J^.-^.'^ ^'^£+^' s^j' 8j^a^ 'î^in^

- 1 ■ ,L>i « ^j '->-'>-? ,'^-:-*gl "^y^ L«JL«j j tSJLcà i Mâ! ^^Oo^à 8JsJ-«;LJ5 (Ul<' y^j! y->i

^jl : -î- I j wjI;^^ ^li^-^ *-^ XJ xJjjl ^j tijji^ «^^ soJj JojC L)^ xJ)! u-où

xJ^I J^ »,^L51 v^"';! xxjjj^jj, que C traduit par : « . . . und nach dor Behauptung etlicher 3 1/2 Finger hoch. Einige haben sogar gesagt, er stùnde auf dem Siidende der Insel Sumutra nur 3 Finger hoch. Nach meinem Dafiu-halton ist dies ailes richtig : Denn, wie schon frùher erwahnt, bewegen sich die Flxstcrne mit dem achten Himmel. Dies beweist auf Folgendes : Bei der Bestimmung der Fingerhôhe (des Kleinen Baren) an jcnem Punkte fanden nàmlich die Inder zu unserer Zeit den Klninen Baren Ix Finger hoch slehend , wàhrond vor diesen die Araber den Kleinen Barcu 3 3//i Finger hoch stehend gefunden hatten; einige sagten, er stùnde nur 3 1/2 Finger hoch, und wieder einige fanden am Ende der Insel nur 3 Finger. Es steht also fest, dass die Hohenbcstimmung immer strittig ist, denn es ist évident, dass der Kleine Biir sich mit der Bowegung des achten Himmcls bewegt. Mau sollte also mittelsl des Astrolab's odor «antworteuden Quadranten?) die geographische Brcite eines jeden Platzes bestimmen und verzeichuen, aber auch mit Beriicksichtigung der goographischcn Breitn eine Karte conslruiren, die aile Ilohen, Insein und Weltgegendon je am richligcn Orte briiigt, und sich nacli dicser oriontirpnn (p. 7 1) Bittnk» traduit ^-^=1 par «Fingern , ce qui est son sens httéral. Cf. mes Relations de voyajjes, t. II, p. /197, n. 6.

(*) -4I3 signifie littéralement rdosA. Appliqué à une grande îlo orientée

-^.i-&.( 88 )^— tiJljL.i& y\«X j^JI^ '-' j*.3,^LoIJux> (^yfVkO '*' iyy^S' ij^y^ v^^ 0-* a^.^2^ j^^ Uy-H^^ '*'j)^^*- ;»^5 (j^'^^-*^^ u^yjr" *^^=' ''' f^ **^^

nord-sud, ctdosn désigne la côte qui fait face à la haute mer (la côte occidentale de Sumatia et la côte orientale de Madagascar, par exemple). ^^ «veutren, désigne la côte opposée (orientale de Sumatra et occidentale de Madagascar). On retrouve une terminologie à peu près identique et sans doute empruntée aux Arabes dans les anciens routiers portugais. Cf. «Portos que ha na ilha de Sâo Lourenço pela banda de dentron = côte occidentale de Madagascar = K ventre" des instructions nautiques arabes (dans G. Pereira, Roteiros Portuguezes da viagem de Liboa à India nos seculos xvi et xvii , Lisbonne, 1898, in-8°, p. 84 )-, ff Viagem de Goa para o cabo de Boa Espcrança por Moçambique por dentro da ilha de Sào Lourenço 55 [ihid., p. 160); tr Viagem de Goa para 0 cabo de Boa Esperança por fora [=cfdos"] da ilha de Sào Lourençoji {ihid., p. ii8). Ces expressions parallèles sont courantes dans les textes arabes et les routiers portugais.

(" Le texte avait initialement »^>.5' «grande» , qui a été corrigé en iy^ pour Sj^JiJ «nombreux'!.

(^) A a la même leçon dans ce vers, fol. io5 v°, 1. 8 :

«et leur nom [de ces îles], ô ami, est MïkâmârQs-, Mârûs, à Sumutra, est une montagne qui nous est familière».

(■■*) Le passage depuis yLy^ ,xso ^ jusquà ylo^ï^iJl ^,^;^L«ULy« avait été sauté par le copiste. 11 a été ajouté en marge par le correcteur.

(4) G a lu Andar-Sàbûr. Aucun des textes n'est vocalisé; mais, par analogie avec r>KJol, qui est sûrement à lire 3y';^l /«Jra/w-a = Indrapura , je vocalise r^Lw^^xJ! Indra-sâhîir.

(^) B a la même leçon; G a c^^UaJ^ Mantâwi, qui est le nom des îles Mentawei, Mantawai ou Mantawei. (S)^i^ est un complexe malais bien connu : mata-hâri, litt. «l'œil du soleil, le soleil». Il s'agirait donc d'une île appelée «île du soleil». Bittner, qui a adopté la correction c^jlLa^, lit Mentàivî (p. 71); ToMASCHEK inscrit Maidàivï sur la carte XXV. Graphiquement, la correction de (5,t.g^ en c^jLLjl.* est dilTicilement acceptable, car le 4 médial ne peut guère être confondu avec la médial. Au surplus, il serait extraordinaire que le ms. 2559 et le manuscrit turk fussent tous deux fautifs en donnant une leçon qui représente le complexe malais précité. Enfin, géographiquement , l'île de Matahari ou île du Soleil est située dans ces deux textes par W A3' nord et les îles Mentawci sont par Ta 3° sud. Tomaschek a donc été obligé d'inscrire une

.^( 89 )<-^ ^^ yii (s?c) '^' A.2S.5A.A.J lLg A.Awio <îu^!5Aj L2.3^.4w.j i^J^Î^ ^^jùU ^jAà

île Mantâwï contre Ja côte nord-occidentale de Sumatra, alors qu'aucune relation de voyage , ancienne ou moderne , n'a signalé un nom de ce genre à cette lalilude. Je ne suis pas on mesure d'identifier Tile de Matahâri; mais il me parait plus prudent d'en maintenir provisoirement le nom sur la foi des textes arabe et turk.

'■' ts^!>^ (JLaJ^, qui a été ajouté en marge, ne figure ni dans B ni dans C.

^-) ^J^, en terminologie nautique, désigne un ffbanc plat s'étendant devant la terre" (cf. Instructions nautiques sur la mer Rouge et le golfe d'Aden , Paris, i885, in-8°, n° 681, à l'index des mots arabes, p. xv, s. v° Rak).

'^) i-jui, plur. yLoi-i = trrécif de roches» (cf. Instructions nautiques , op. laud., s. v° Shah). »

(*) Manque dans B et C.

'^) C a : ffMan nennt sie Fulô Bâniq; bci den Indern heissen sie Talàgili, weil sie den zu Gùgarât gehôrigen Talâgih ahulich sind.»

(") Le texte a *a.3A^ .

t') A a Mi ,j^^ Gâmis-falak, fol. Sa v", dernière ligne; Ma J^^ Gâmis-

fallah, fol. 109 r°, 1. 7; 109 v", 1. 18; 111 r", 1. a; *Jj ^«jiLi G âmûs-f allait , fol. io5v°, L 11 et kI^ (jMy>\^ Gâmûsî-ftilah , fol. 54 v" infra. Cette dernière leçon est un hybride composé de j'allah , déformation du malais ^^j pîilaw, pïilo «rîlcTî, et du perso-arabe ^^U... rrhuillc". La syntaxe malaise et arabe exigerait *jallah-gâmûs ; mais l'inversion gmtm-fallah , dont on retrouve d'autres exemplaires dans la toponomastique ancienne de l'Inde trausgangétique , a été faite sur le modèle de sanskrit Yavadmpa.

W ^1 al-barr a, dans certains textes géographiques, le sens de ffcontinont, terre feiinon, par opposition à la mer et aux terres insulaires. Ici, il est employé avec son sens initial de tr terre, par opposition à la mer. Cf. les exemples classiques ><*îJlj tJl «la terre et la mern; itarj lo tfpar terre et par mer».

^U II JjJiJI Wc,^jui! ^^ 4^i)l J^iJi Jiyî A^)ci- AAÀi '''^'li^^li ^1 Juk-^A« xJJa^ ij\ ^£<>JA^ ii^S4*** «-^^ï cuJUJl Jj.xîî^ J"*4^ (*^^

xAJa-* ^LUI Jj-A-JI^ -AjJI jxJJo* Jj^l Jj,iJI J!yl iuAjfAAii iLWi

(jUj^^ija ^uuî^ j^iii j^Jii vy^î ^^ ^^^ J^iJ'^ J^^î

(j*K^L:a>. (wi L^-Â-Lao 5oi> Uî^ i^^^JI^ iJyoL^Î^ Vt*^ c^aJujI J^Jut^ XA-ii iL.lafw ^♦Kix) t^*x»i) ^^^ (fol. 38 v°) cjJi*!) *XLi« <^j«^U A.Xi SvJa-i^ >*X JLj (j--*5 r-*-^5 xÀla^ J*^^^^ *^jl> • ('^"^ u&Jv:*.! y^l^ï ^ » JLa..çw ^«Xjo «j)j.^iî liû^iUj Uî^j c^JixJÎ i^dk^ t-JUJI U>-ài.ii

(') A a la leçon fautive , fréquente dans les textes arabes , ^yJ^i^i Payeur, fol. 53 r°, 1. 5 ; et la bonne leçon, ^yùiXi, fol. 111 r", 1. 5.

(-) Vide supra, p. 87, n, k.

(^' C'est la bonne leçon qu'ont également A, B et C. Vide supra, p. 86, n. 9.

C") A a lijLc, fol. 111 r°, 1. 6; B et C ont »^ys. Cette notation est tout à fait inattendue, car le Nâgarakërtàgama (i365) a Harœ (cf. G. Furrand, Relations de voyages, t. II, p. 662), qui est passé à Haru, puis à Aru, dans la langue moderne. D'après le poème kawi précité, ^^i^^ et Sjjc sont à lire SjnLii 'Àrûh et s^jc 'Arûh; Ijjlc, 'Ai'û.

(=■) A a pS:4^ Mahkafang, foi. 53 r°, 1. 1, et ^JSi^ Mahhafing, foi. n 1 r°, 1. 3. B et G ont la même leçon que le ms. aôôg. Bittner a lu Mâhôfdnag.

(') C'est l'un des 32 ^^ hann (plur. yUii.1 a^nân) ou rumbs de vent de la boussole. L'expression arabe, litt. triever du Scorpion)', a été rendue, en traduction, par le terme équivalent usité dans les marines occidentales. Cette

L^-^ ,j-^;UU.A-« ;jj.=:^ Ji ^\^ (W)i)l **J;Î ^jÎJ^â^l V>^5 Oj^^^

^ ^àJl JS ;ôau (^' ^1 ^ jUù ^:>i)i y^lj t^U!^

LXXXJ. Le soutien des Mahara.

Section traitant de la connaissance de l'île de Sumntra.

Elle''' commence, au nord'®\ à la montagne de Lâmurî où les Farquestion sera traitée en détail dans la traduction intégrale des mss 2-299 et 2559, qui sont actuellement en cours de publication.

(') B a : ,i>r^4-i-o aLj! Jov£ cs^^^ )'^)i-^i ^;>oo.'>-^ ;'^-»^ et C : «... ein neuer und bewolmter Hafeu, dessen Gouverneur durch Gerechtigkeit bekannt ist ... ».

(2) B a la même leçon; A a yiili, fol. 53 r°, 1. 7 et 111 r°, 1. 9; C a Menang-hdbà (sic), rectifié, entre parenthèses, en Manqâbôh, ce qui représente SjjLLLo, comme dans le ms. 2 5 69. Le Nâgarakërtàgama a Manankabiva (cf. G. Ferrand, Relations de voyages, t. II, p. 652), qui permet de corriger les leçons précédentes et de rétablir Sj^ij^jJ Manangl^âbwa = Mananhabwa. Dans un manuscrit malais daté du i3 safar 12^0 = octobre 182^, le même nom est écrit ^.JjLl* = Mënaiikabaw (H. H, Jdïnboll, Catalogus van de Maleische en Sundanesche handschnjten der ieidsche Universtteits-bibliotheek , Leyde, 1899, in-8°, p. 2/i5, GGLVl).

W B et G ont la même leçon fautive, que Tomaschek a identifiée à Tile de Banka. Le ms. 2 559 ^t B ont tous deux ^ ^ ^^J^ vh port de Falu Baug» -, il ne s'agit donc pas d'une île, mais d'un port de la côte sud-orientale de Sumatra. ^ ^ est à corriger en ^ ^ . A a , en effet , ^ (jgiS au fol. 1 1 1 r", 1. 11, et J^ au fol. 53 r°, 1. 8. L'iiu et l'autre et les leçons précédentes sont, sans doute, pour ^4^ Falimbang = V'd\emh3ih.

C') Même leçon dans G; B a fautivement ^J^j.

(5-6) (5) Les documents utilisés pour le commentaire de ce texte sont :

Itinerario voyage ofte schipvaert van Jan Huygen van Linschoten naer oost ofte Portugais Indien i5jQ-i5g2, édit. H. Kern, VGraveuliago , in-8°, 1910, t. 1, chap. 19 : Van 't Eylandt Samatrn, eertijts Taprnhana glieheeten, p. 7/1-7(5 et la carte do la page 70 du même volume-,

La carte de Sumatra de Valentyn reproduite dans le n" 22 du Journal of

kadayn (les deux Gardes = (S et 7 de la Petite Ourse) sont par 7 M et y/8 [= 5" AS' nord environ], d'après les uns; par 7 isba 3/4 [= 5° 34'

t/ie 5<raùs iranc/i 0/ «/le Royal Asiatic Society, décembre 1890, intitulée : Nieuwe kaart vnn het eyland Sumatra verbeterd door François Valentyn, J. van Braam et (sic) GouDER de Linden;

Le Petit Atlas maritime , recueil de cartes et de plans des (juntre parties du monde, Tome III, contenant :T l'Asie, W l'Afrique, avec les détails intéressans de ces deux parties, 176'!, sans nom d'auteur ni de iieu d'impression (je n'ai pas encore pu retrouver les deux premiers volumes de cette publication, dont le présent volume m'est seul connu);

A new directory for the East Indies containing gênerai and jmrticular charts of the océans, seas , straits , coats, islands, capes, golfs, bays, harbours, rocks, sands, soundings , etc., necessary to be hnoivn in sailing to,from and throughout the East Indies, the whole (originally begun and carried on from the most approved charts and plans, by M' W. Herbert, M' W. Niciielson and others) much improved and augmented by Samuel Dunn, Londres, 5' édition, 1780; Tlie Oriental Pilot; or a sélect collection of charts and plans, both gênerai and pnrticulars; calculated for the navigation of the couniry trade in the seas beyond the cape of Good Hope : including the Indian sea, with the Arabie and Persian golfs, the China sea, the castern sea, etc., etc., etc. Dratvn chiefly from the last édition of the Neptune OniENTAL of Mons. d'Amies nE Mannevillette ; with important additions and several improvements , extracted from mimerons Journals of the Honourable the English East India Company; and from actual siirveys by officers in that service ; as also from the original drafts of the Dutch East India Company with sailing directions. Londres, sans date (vraisemblablement des dernières années du xvin° siècle).

Ce sont les seuls documents cartographiques que j'aie à ma disposition. — W D'après le texte de Linschoten (p. 7^-75), la pointe nord de Sumatra est par 5° nord et l'extrémité méridionale de l'île par 6° sud. L'île aurait 170 milles de long et 60 milles de large. Sur la carte de Linschoten, la pointe nord-ouest et la pointe sud de Sumatra dépassent respectivement de près d'un quart de degré le cinquième parallèle septentrional et le sixième parallèle méridional. La partie nord de Sumatra est à peu près parallèle à l'équateur et divisée en trois états : Daia, au nord-ouest; Achem = Acin, communément Atchin, au centre; et Pedir, au nord-est.

Sur la carte de Valentyn, l'extrême pointe nord-ouest est par environ 5° 30'. Tout le nord de l'île constitue l'état d' Atchin {Tryk van Atsjen), avec la ville d'Atchin à la pointe nord-est, sur la rive droite et à l'embouchure d'une rivière non dénommée.

D'après le Petit Atlas maritime , l'extrême pointe nord-ouest est par 5° et quelques minutes. Mêmes indications que dans Valentyn. La rivière est appelée ff rivière d'Achem».

La carte XTII du New Directory {A particular plan of Acheen road with the

environ], d'après d'autres. Elle finiL au sud, [avec le pays ou le cap de] Tïkû Tarmad^'l En ce qui concerne la latitude de ce dernier endroit, les opinions fUiïèrent : il y en a trois, La première est que, m cet endroit, les Farkadayn sont par k isba [= o" 62' sud environ]; cest l'opinion de la majorité des Indiens [de la côte occidentale de l'Inde]. La seconde est que, en cet endroit, les Farkadayn sont par un peu moins de A isba [= un peu moins de 0° 62' sud] ; c'est l'opinion des Arabes et des Colas'-). La troisième est celle de ceux qui l'ont vérifiée : [les Farkadayn sont en cet endroit] par 3 isba 1/2 [= 1° A3' sud envii-on]. Certains disent que l'extrémité méridionale de l'île de Sumutra est [même] par 3 isba' [= 1° 34' sud environ] ^'l

Sache que sur la côte occidentale, il y a de nombreuses iles appelées

Islands adjacent) désigne l'extrême pointe nord-ouest sous le nom de «kings Pointw, la ville d'Atchiu est à 0° 10' à l'est. Ce «Kings Point», ia moderne fflète d'Atchinîi , est à peu près entre 5° a3' et 5" a-V. VOriental Pilot (carte ia , A chart of the strails of Matacca and Siiigapore) appelle également cette pointe «tlio King's Point or Cape Ashimn et la situe par environ 5° 20'. La ville de «Acliem or Ashimn est à un degré de longitude à l'est, sur le delta d'une rivière non dénommée.

tf . . . the great Island Sumatra, whicli Extendeth from o5° lio' South Latitude to oô" io' North Latitude, soc that the Equinoctiall Line dividelli this Island into 2 Equall parts..." {A Geographical account of cuuntries round ihe baij oj Bengal, iÔGq to iGjg, by Thomas Bowrey, édit. Sir Richard Caiinac Temple, Halduyt Society, a" série, t. XU, Londres, 1906, p. 286).

(') Vide supra, p. 86, n. 3.

'-' Le J^->e^\ ù-~f^ (yï J>=îJI *Às?' ^j-i t-jLx5' de Sulaymân ibn Ahmad aliMatirî, que contient également le ms. a55g, a, au fol. 167 r", 1. 9 et suiv. :

rLes Sùliyàu [= Cola] sont les gens du Sùlamandala [= Colamandalam = Coromandel]. La plus célèbre de leurs villes est celle de Kâyâl. C'est la ville do leurs savants. Kâyâl est un port célèbre depuis l'antiquité. 11 est situé dans le pays do Kankara (ou Karaykara, le Kailukari de nos cartes).»

Kâyal est le Cail de Marco P01.0 (cf. édil. \Li.i:-C()iiDn;u, t. 11, 1903, p. 372-373). La notation arabe reproduit exacloment le nom tamoul de cet ancien port : Kâyal (cf. Impérial Gazelteer of Indiu, Madras, t. II, Calcutta, 1908, p. 283).

(') Toutes ces latitudes sont inexactes. L'extrémité méridionale de Sumatra est aux environs de 6".

Mîkâmârûs'''; les Farkadayn sont là par 7 isba [=li° 18' nord environ]. Viennent ensuite deux îles appelées Indrasâbùr '"'. Entre ces îles et la côte occidentale de l'île de Sumutra, il y a 8 zàm'^> [de distance]. Ensuite, au sud de ces îles, se trouve une île appelée Matahârï'''^ là où les Farkadayn sont par 7 isba i/k [=- k" kB' nord environ]. Après celle-ci, au sud, il y a de nombreuses îles appelées Mïkâmârûs <^', là où les Farkadayn sont par 7 degrés de hauteur [= k" 18' nord]. Là où les Farkadayn sont par 6 isba iji [= 3° 26' nord], se trouvent deux grandes îles : ce sont des montagnes élevées. A mi-chemin de l'île septentrionale de ces deux îles , il y a de petites îles. A l'est de ces deux îles , il y a peu de fond, des récifs de roches et (fol. 28 r°) des barrages dans l'eau ('\ On appelle ces deux îles Pulaw BânyakC*. Les Indiens les ajjpellent Talâgîh parce qu'elles ressemblent aux Talâgih [du Guzerate]'"*; car dans l'île septentrionale, les montagnes qui s'y trouvent apparaissent semblables aux Talâgih. Les précautions, toutes les précautions, il faut que les prenne en cet endroit, celui qui vient de Gâmis-fula '^', car il ne peut

(1) Vide supra, p. 88, n. a.

(^) Vide supra, p. 88, n. 4.

(') 8 zàm = zh heures de route , à raison de 3 heures au zâm.

'*) Vide supra, p. 88, n. 5.

'^) Ce sont les dernières îles méridionales de l'archipel dont il vient d'être question.

C) Il s'agit vraisemblablement , soit de hauts-fonds , soit de bancs de sable.

(') Ce sont les îles que nos cartes, reproduisant servilement la transcription hollandaise, appellent Banjak, qui est à prononcer Banale, ^j-ob, que Bittneu a lu Bâmk (p. 71), est donc à lire J-oLj Bânyak. C'est un bon exemple de Iranscriplion de la nasale palattllo -)- a.

'*) Vide supra, p. 89, n. 5.

(') Vide supra, p. 89, n. 7. C'est la Gaucnispola de Marco Polo (édit. Yule- CoKDiEH, t. II, p. 3oo et 807); la Gomespola de Linschoten (édit. H. Kekn, carte de la p. 70, t. I); la Poulo Goiiws du Neiv Directory (carte XIII) et de ÏOrienlalPilot (carte liz). ff[Achin], rapporte Thomas Bowrey (.4 geographical account of countries round the bay of Bengal, 166g to 16^ g, édit. Sir Rich. Carnac Temple, Hakluyt Society, 1906, p. 286-287), hath likewise a very Excellent Roade or bay in which there is roome Enough for many hundreds of Ships and in great Safety, where they may ride in 12, 10, 8, 6, 4 fathoms depth , very cleare ground , and almost land locked with the head of Sumatra [=Tête d'Atchin], Pullo Way, and Pullo Gomus, and 2 or 3 Small Islands and rocks." Sic Carnac Temple ajoute en note : «Cf. Dampier, William, A new voyage round the worldn (Londres, 1696, t. II, p. 122) : «Pulo Gomcz is another large island about 20 miles West from Pulo Way, and about 3 leagues

se sauver que sur la côte, c'est-à-dire sur la côte occidonLale de Tile de Sumulra, s'il veut arriver à Pancur^'^

from the N. W. point of Sumatra^. Cf. also the foUowing from «Abstiacl of Captain Aitkins Jourualn, 0. C. N° io/iS, «tiSth April i675n. As soon as wee were shott without the island Polo Gomos, wee mctt with a slrong stream??. Horsburgh, East India Directory, vol. II, p. ia, cd. i8o5, lias «Pulo Gomez, vvhere there are regular soundings and good anchoring ground, from lo to 17 fathoms'i. Cf. Captain Alexander Hamu.ton {A new account of the East Indies, Edinbourg, 1727, vol. II, p. 112), «Between Atchcen Head an higli steep Promontory, and the South End of Gomus Islands , there are two Chunels to corne from the Westward into the Road.n

C) ;>«ai9, litt. Fansûr = Faneur -<: Pancûr. Vide supra, p. 90, n. 1. Dans une note de son Account of the Malay Mss belonging to the Royal Asiatic Society (Miscellaneous papers relaling to hido-China and the Indian arcliipelago , û" série, t. II, 1887, p. 5i), H. N. Van der Tdnk dit à propos de Hamzah de Baros appelé Hamzah tg^yai tH parce que »Fantsur est Tancicn nom de Baros; d'où le camphre de Baros est appelé en arabe ^^yaJULlI ^^i^ «camphre de Pancuri^. YcLE, qui a utihsé cette citation, ajoute {Marco Polo, éd. Cordier, t. II, p. 302) : «It is highiy probable that Fansûr and Barûs may be not only the same locality but mère variations of the same name. The place is called in the Shijarat Malayu, Pasuri, a name which the Arabs certainly made into Fansûri in one direction, and which might easily in another, by a very common kind of Oriental metathesis, pass into Barfisi.n Ydle, qui n'était pas arabisant, n'a pas pris garde que ïs, en transcription, de Fansûr et de Barûs, sont deux lettres différentes. La première est un ^J^ qui, dans le cas présent, rend la palatale malaise c, transcrite par les Hollandais //; la seconde, une sitllante dentale que les Arabes ont également rendue pur j- s. En réalité, malais *Pancur > arabe ^ynSi n'a absolument aucun rapport avec malais Barus ou Baros > arabe ^y.yli Balûs. Les deux noms désignent le même port occidental de Sumatra, mais il u'y a aucune parenté phonétique de l'un à l'autre. Sur Balûs et Faneur, cf. les deux premiers volumes de mes Relations de voyages et textes géographiques arabes, turks et persans, passim. Le doublet Baros-Pancur s'explique ainsi. Baros qui est situé par environ a" de latitude Nonl , en pays batak, est le port d'exportation et la têlo de ligne de la route à destination de la région du benjoin et de celle du camiilire. Les premières étapes sont : Kampoù Mudik, Lubuk Tuwa et Pansur, le long de la rive gauche de la rivière Batu Garigis. Les Bataks écrivent Pansur, mais prononcent Patsur, d'où la forme malaise Pancur qui a confondu l'un et l'autre et que les Arabes ont rendu par ;>«i^ (cf. L. van Vuuren, De handel van Baroes, als oudste haven op Sumatra' s westhust, vei-klaard; en voor de toehomst hesehouwd, dans Tijdschrift v. Kon. Nederlandsch aardrijicskundig Genotschap, a" série, t. XXV, lyoB, afl. 6, p. 1389 et suiv., avnc carte et plans).

Sui' la colc orientale de Sumutra, la mer a peu de foud, particulièrement autour du port de Aru.

[Voici] la route [à suivre] sur la côte occidentale de lile de Sumulra. De Gâmis-pula à Mâkûfâug^'', d y a trois opinions : la première, [faii-e route] au sud-est; la seconde, au sud-sud-est; et la troisième, au sud. D'après moi, c'est la route au sud qui est la meilleure. De Mâkùiâng — c'est uue montagne sur la côte occidentale de l'ile de Sumutra. Les Farkadayn sont là par 7 isba 1/2 [= 5° 9' nord environ], d'après les uns: 7 isba i/à [= II" /i3' nord environ], d'après les autres — de Mâkufang à Pancur, la route est, d'après les uns, au sud-est; d'après les autres, au sud-est- i/4-sud : c'est la première qui est la meilleure. De Pancûr à l'extrémité de l'île de Sumutra, la route est, d'après les uns, à l'est-sudest; d'après d'autres, au sud-est- i/4-est et d'après d'autres encore, au sud-est. La première et la seconde opinion est celle des Colas ; et la troisième, celle des Arabes, des gens de Hormuz et des Indiens [delà côte occidentale de l'Inde].

[Voici] la route [à suivre] sur la côte orientale. De Gâmis-fula à Lâmurï, au sud-est'"'. De Lâmurî au port de Sumutra, les uns disent [qu'il faut faire route] à l'est- i//i-sud; les autres, à l'est-sud-est'"'. Du port de Sumutra à l'extrémité de l'ile , l'opinion dominante est de faire route au sud-est.

Les ports de l'ile les plus connus sont : le port de Sumutra sur la côte orientale — les Farkadayn sont là par 7 isba 1/2 [=:= 5° 09' noj-d environ]; le port de Mandara'^' qui est proche de Lâmurï, également sur la côte orientale — c'est un port nouveau, célèbre par sa prospéiité et par le bon ordre qui y règne — ; le port de Pancûr, sur la côte occidentale— les Farkadayn sont là par 6 isba [= a° 34' nord environ]; le port de Manankâbwa '''\ également sur la côte occidentale — les Far-

(') C'est le Mancopa de Barros (Da Asia, décade III, iiv. V, chap. i, Lisbonne, 1777, p. 5i 1).

(-) La direction donnée à la route est inexacte , car la petite de de Gâmisfida est au sud-ouest de la pointe la plus septentrionale de la Tête d'Atchin. Vide infra le texte arabe suivant.

^^ Celte route indique nettement que Lâmurï est à l'est de la Tête d'Atchin , donc sur la côte orientale de Sumatra, en prenant comme point de séparation entre les doux côtes la pointe la plus septentrionale de l'île.

('') Ce port est inconnu par ailleurs.

(*) Vide supra, p. gi, n. 2. Linschoten l'a également inscrit sur sa carte comme port de la côte occidentale : Manancabo. C'est aujourd'hui le nom d'une

kadayn sont là par 5 isba [=o''52' nord environ]; le port de Pulaw Bang^'', sur la côte orientale — les Farkadayn sont là par 3 isba Zjk [= 1° i8' sud environ].

Sache que dans les îles Mïkâraârûs, se trouvent des gens semblables aux bêtes féroces qui maugent les hommes. 11 en est de même des gens de la côte occidentale de l'ile de Sumatra : ce sont des brutes anthropophages qu'on appelle Batang^^' [=Batak]. Prends garde, prends bien garde 1

Le texte suivant est extrait également du ms. aSSg. C'est une des sections du chapitre m d'un autre ouvrage nautique de SuLAYMiN al-Mahrî, intitulé ^rs^JI ^s. ^9 ysJsl\ ^14^1 v^ yi^lJl «Livre de récits de voyages précieux ou science de la mer en fureur». Il n'est pas daté, mais il est postérieur au texte précédent. C'est au Khâh al-minhâj que Sîdî 'Alî a emprunté les trois importantes sections : sUi j-Ls ^J> J^ai Section de la latitude d'après l'étoile polaire (du fol. (U v^à 70 r°); /oJoJdi (j-Lï ^^ Jbwai Section de la latitude d'après les Farkadayn ou les deux Veaux = /S et 7 de la Petite Ourse (du fol. 70 r" à 7 1 v°) et jiotjL]! ^Lo ^i Ju^i Section de la latitude d'après a, /3, 7, <J de la Grande Ourse (du fol. 7 1 v" à 72 r°). On trouvera la traduction de ces trois sections d'après le MuiiU de Sîdî 'Alî, dans mes Relations de voijages et textes géogi-ophùpies arabes , persans et turks, t. II, p. 5i5-53().

Le chapitre 11 du . <j t j! ^L^àJIî ljLlj:} commence ainsi (fol. 6/1 r", 1. 9 et suiv.) :

^^jLi ^^-LoiJ! ^J»l^ ^ V;-*^'^ 4>J4J! Jtf>! ^JM Làjl o^Axà.! J^^^»-^

peuplade de celle réf[ion, que les anciens marins avaient sans doute donné au porl par lequel on pénélrail dans le pays.

'*) A corriger en Palemhanjj == Palemban. Vide supra, p. 91, n. 3.

'*) Il s'a(Til sans di)iilo des Balaks, dont le nom a élé inexactement transcrit. Cf. le texte aralie stiivanl, p. 100 et loa.

M. G. FERRANU. 7

LeiXjiJî Jj,.S OOUaJ cjbdOl Î<X£& ^j yLJj,*ïJJ IX9Î^ »«xjJ! ^b:^

Lgj qIoî a*jS^^\ (j«jj)l (jiî*j ^ '^^jT' C5J' -î^^yj ;^^^' (J^^ C5*

Chapitre 11 traitant de la latitude [des ports situés] sur les côtes habilées connues. Sache que, au sujet de la hauteur du Gâh (l'étoile polaire), il y a des divergences entre les gens des pays sous le vent et ceux des pays au vent^'', en ce qui concerne certains caps. Il en résulte également des divergences entre les gens de l'Inde [occidentale] et les Arabes au sujet de la hauteur fondamentale [, c'est-à-dire de la hauteur de la polaire à tel ou tel endroit]. Dans mon livre intitulé Al-'Umda {vide supra, p. 85), [les latitudes données] sont conformes à celles des [marins] Colas '^'; dans le présent livre, j'ai reproduit l'opinion des

(') Dans la terminologie nautique de Ibn Màjid et de Sulaymân ai.-Mahrî, le point de séparation entre les pays au vent et les pays sous le vent est le cap Comorin. Cette expression , qui est sans doute empruntée au malais , a pris en arabe, comme on vient de le voir, un sens géographique assez différent. Pour les Malais, le point de séparation des deux sortes de pays est, au conlraire, la pointe nord de Sumatra. Modifier dans ce sens la note 2, p. ^96, de mes Belalions de voyages, t. II.

TcHEOD K'iD-FEi, dans son Ling ivai tai ta [II, la""), indique une répartition spéciale des pays de la mer de Chine et du grand archipel d'Asie en «pays de la haute côte et de la basse côte» : «Le royaume de Chô-p'o, appelé également f^ ^ ^1 P'ou-kia-Iong [= P'u-kia-lon < Pëkalonan], git dans le sud-est de la mer. Sa position étant en bas (c'est-à-dire dans le sud par rapport à l'Annam, qui est au nord et qui est dit être «en haut»), fait qu'il est appelé la côte basse» (dans Chau Ju-kua, trad. Hirth-Rockhill, p. 79 infra). Le T chou fan tche contient des indications identiques, évidemment empruntées au Ling mai tai ta. «On a l'habitude, dit Tchao Jou-koua (ibid., p. 2o4, notice 11), de distinguer entre la «haute côte» et la «basse côte». Le Tchenla (Cambodge) et le Tchan-tch'eng (Campa) sont appelés [pays de la] haute côte; [le pays de] Ta-che, le San-fo-ts'i (Palemban) et Cho-p'o (Java) sont appelés [pays de la] basse côte.»

(-' 11 existait donc aux xv° et xvi° siècles des textes nautiques colas sur la navigation dans l'Océan Indien, les mers de Chine et de l'Indonésie, assez importants et utiles à connaitre pour que les auteurs d'Instructions nautiques arabes se soient crus obhgés de les étudier et, dans certains cas, de les prendre pour base de leurs propres publications. Je ne crois pas que cette littérature

Anciens [qui ont rédigé des Instructions nautiques,] pour toutes les côtes parce que je les ai vérifie'es pour certains caps que je supposais avoir été situes au-dessous de leur latitude vraie, par exemple Midawwar et Zagad, J'ai trouvé ces deux caps pai- lo et ii [isba], et même à un peu moins [de lo et 1 1 isba] . . .

(j^ l-^»i\ sJLwi »Ja^ h^'f^ i^jJi^ (^ tK»^ (Fol. 78 r°, 1. 10.) y.j<S yyA. jj^^ xL» (j**Lo Vy-^ ijl:2.^ (jAiK ^^Lfiî (j*»vî l«xô vy^^ aJJlj (fol. 78 v°) ylJ^jyiJi L£»-a^Tyî^Ai)l Jyl\ Ji«i iJJ^jJi ^i

x-Lk-il ^ A-1-9 (j«Ll <xXi (j^^^W- Q* U-^^^ ^r?.^ '-«b V,^**^' aXIxo k-l)Lj iv-la-^ (:J-^^ li? • (^^'* S-Sujfié yù\j>jJ <îJj (j**L« (^3 ^^A»«oi)î xAia-« '^'r^ *7-!^^ ixAjfcjj qx»^ JUamj yî«Xïyl)i J^X^^sii ^^la/s «Lû^ » Ja>^ (^ ^^ iolJi »*:>0>J! Loî^ '^^^^ »;J«>Jî »*>^ ^i J^^'

j,aJ| iJa X-« /v5j <>J> /j-o ;ïiy XiUw tXsi-iJi <.i*xa. ^\y4' (*^^^^ (:)^

jjLojJi ivX^ ^ jj^.;i^ -Afi '^'j)^jj*Xjî ^jvXàj :i^\^ yjJ^S cAiûi)^«XÀj

spéciale ait été consultée-, je n'ai même pas souvenir qu'on en ait signalé l'existence.

('J Le texte a fautivement j-^.

^*^ God. r^*a.u .

(') Cod. 8^

W Cod. lp;Ool.

— ^ 100 ).♦*— j,jÔ5 (fol. 79 r°) 8^1=^ ^iSXi J.xXxi\ ^tXÀi yû|^ tfy*^ li-î^ o^^yftj

^tXJLj ^~£Û 5 (J-^ J*^^-*-? J•■^*^ ^»^»^ ^'^^ *JL5 ^*^^ ^■'^ ^••^^ ^'^J >LjLAaJ! ^i)LÀ Aj| ^ilyôj jjoU» ^Osxj Liaj|^3 '^^ ^? 45-^ J"-^^ jfr*^ «XJLâ jiULxJl cyl*«lo Loli ^^:a.|yJ! diXï ^^^ ^rft^J ^^- )^^ ("^^

^ U*>oo *S- p'^jî iojLc Uy^ -xiLJlî^ '''^'li^U xbLsL» ^^ Jx^ yî»XJ>-iJ!^ '"' jjgii^UlJùyo ^tfwô' ^^Iàjj )^^^ t^^'^ *;^^ *Td3^ V>*^

j^! oJ» ^1 ci^Ul^j-à.^ (^UAaw:i\j »jJV^^ ^jJ >^ '>^»J jMj (^''<^) à^ x-o^ ^^^' itX;Û5 (.juajj *Jù«< U;û y!*XS»x!î (*^ jX>-w ^tXô^^l ^^ *AjIJu ^d)^ '^jri'fT- (fol. 79 v°) vy^I ^il ;v4^ *i|^di *N^5 yU*^' ^j! (tf>^U (sîc) jijij)lJiJL^ ^yC^' («^ji)^ *^^' ;'»NJ^ Uy'^^^ ^''^^^âaoa) (^ qXJ -.ajJI xJIm ^^'> ^yaXi ^\ {sic) q*.^j1JU/b *;^)"^ O^ <é^^'

(') Cod. ^.> J~9.

('^) Cod.;^U, Jo!.

W Cod. gU^U.

W Cod. j-j^LiUu..

(0 Cod. iU^^-.

t«) Cod. jjCi.

W Cod. ^^JyaU.

") Cod. r>*a^ •

— «.{ 101 ).e*— Livre de récits de voyages précieux.

LXXXII. Section traitant de ia connaissance de l'ile de Surautra.

Sumutra commence, au nord-ouest, là où les Farkadayn sont par un peu moins de 8 isba [= 6° nord environ]. Gâmis-fula est à l'ouest de ce cap [nord-occidental]. Proche de ce cap, c'est-à dire du cap [septentrional] de Sumutra, gisent les îles de Mâs-fula'^'. Ce sont des îles grandes et petites. En ce qui concerne la latitude de l'extrémité méridionale de l'île de Sumutra, il y a plusieurs opinions que j'ai rapportées dans [l'ouvrage intitulé] Al-'Umda ''''. L'opinion la plus répandue est qu'elle se termine là où les Farkadayn (fol. 78 v°) sont par 3 isba 1/2 [= 1° 63' sud environ].

[Voici] la route à suivre sur la côte occidentale : de Gâmis-fula à Mâkûfâng, au sud-sud-esl; de Mâkûfâng à Pancûr, au sud-est- i/4-sud; de Panèûr à l'extrémité méridionale de l'île, au sud-est.

[Voici] la roule à suivre sur la cote orientale : de Gâmis-fula à Mâsfula, au [)lein est^^'; de Mâs-fula au port de Sumutra, à l'est- 1/4 -sud;

W Cod. Uco,

(^' Cod. ryoJu».

W Mâs-J'ula est un complexe dont les mots sont malais et la construction sanskrite, signifiant «île de i'orn. L'aire d'expansion de mâs, correctement ëmûs, amas et mets en malais, s'étend, en dehors de l'Indonésie, à ia péninsule malaise et à l'Indochine. Cf. javanais emas; blsaya, dayak, tagal amas; makassar amasa; batak ornas; khmèr mâs; bahnar, jaral, halafi mah; cam mo'h; rade ma; péninsule malaise amas , mas, mâs (cf. Aymonier-Gabaton, Dictionnaire cam-français , p. 365, sub verbo, et C. Otto Bi.aoden, Comparative vocabulary qf aboriginal dialects, dans Pagan races of ihe Malay peninsula, Londres, 1906, in-8°, t. II, p. 621, s. v° gold). La Lijst van de voornaamste aardrijkskundige namen in den Nederlandsch-Indischen archipel (Bailaiyia, 1906) mentionne trois îles du môme nom : l'une dans l'archipel des îles Aru (Résidence d'Amboinc)-, la seconde dans la résidence de Timor, et la troisième sur la côte orientale de Sumatra, dans la Résidence de Riouw et dépendances.

(*' Vide supra, p. 85.

''J Litt. «à l'est fondamental T».

[du port] de Sumutra à Pulaw Barhaia, au sud-est- i/i-est — les Farkadayn sont là par 7 isba [= k" 18' nord environ]; — de [Pulaw] Barhaia à l'ile de jumur, au sud-est-i/i-est également. Celte route est [dite la route] du large'''.

La route le long de la côte [orientale] est la suivante : [du port] de Sumutra à Aru où les Farkadayn sont par 6 isba 1/2 [= 3° 26' nord environ], au sud-est; de Aru aux environs de Rakan'->, à l'est-i/isud — les Farkadayn sont là par 6 isba' i/k [= 3° 00' nord environ]. A partir des environs de Rakan, la terre s'avance dans la direction du pôle [sud] et de ses environs, jusqu'à l'extrémité de l'ile. On dit cela et on dit aussi autre chose.

Les porls connus de l'île sur la côte occidentale, sont :

Le port de Panèar; c'est le port du camphre. . .'^', de l'or et d'autres produits;

Le port de Pariyaman '^', célèhre parmi les hommes [et qui est situé dans le pays] de Manankabwa; c'est le port de la poudre d'or et de l'aloès;

Le port de Indrapura'^^ qui n'est plus connu à cette époque-ci, mais qui était célèbre autrefois.

Les ports de la côte orientale sont :

Le port de Pedir'^', sous la montagne de Lâmuri; c'est le port du poivre ;

Le port de Sumutra; (fol. 79 r°) c'est le plus célèbre des ports de l'île. C'est une grande ville. C'est le port du poivre, de la soie et de l'or. C'est un port fréquenté;

(1) C'est-à-dire la route par le milieu du détroit, opposée à la route du cabotage le long de la côte. Pulaw Barhaia est sans doute le petit groupe d'îles à l'est de l'embouchure de la rivière de DeU, plus exactement Dëh, au sud du k' degré de iatitmle nord, que YOriental Pilot j; carte la) appelle «Pulo Varela, cali'd by Ihe Sailors Pulaw Verura». Pulaw Jumur, exactement Pulaw Jëmur, est l'une des îles de l'archipel des Aru. Cf. Tomaschek, carie XXV, et mes Relations de voyages, t. II, p. A89, note; Age, note; iga, igç), 533, oîi 8jjr Gumrah, ^ Gamar, etc.; Gumar, Gamar, doivent être rectifiés en j57 Jumur < malais Jëmur.

f^) Malais Rëkan ou Rokan.

(') Le texte a ^, qui peut signifier tf camphre vivantn , mais je n'ai trouvé cette expression nulle part ailleurs.

W Ou Pariaman , généralement appelé Priaman.

(M Indrapura , la ville d'Indra ; exactement Indrôpurô et IndërôpurÔ.

'•) Litt. Fîdir; en atchinais Pidië.

Le port de Aru; c'est un petit port;

Le port de Rakan; c'est un petit port;

Le port de Palemban'''; c'est également un petit port. Parmi ces petits ports sont les ports du benjoin'^' et d'autres produits de ces re'gions.

En ce qui concerne la latitude ^'' de ces ports , je l'ai indiquée au chapitre des latitudes et il n'y a pas à y revenir.

Attention'*'. Sache que sur la côte de l'ile de Sumutra qui fait face à la haute mer, du côté de l'ouest, il y a une série d'iies. [Voici quelle est] la route au large : de Gâmis-fula aux îles de Indrasâhûr qui sont les premières en commençant par le nord, au sud-sud-ouest — elles sont en face de Mâkûfâng; — la distance entre ces deux points est de 8 zâm. Ensuite, au sud, une grande île aux nombreux criques'*' et ports, appelée Mîkâmârûs où les Farkadayn sont par 6 isba 3/4 [— 3° 62' nord environ]. C'est le pays dont sont originaires les Batak anthropophages. — Nous implorons d'Allah le pardon et la sécurité I — Entre cette île et la côte occidentale de Sumutra, il y a également 8 zâtn de distance. Si, de cette île, tu fais route à l'est-i/i-sud, tu arrives dans un groupe d'îles parmi lesquelles sont : Pulaw Bânyak'^', Pulaw Lumbû'''',

''' Le texte a Falî-bang.

'*) Le texte a ^^lA ■^ùli^.

('' Le texte a euLwUiJI, pluriel de o-Uï, qui signifie simplement «mesure" et, dans le cas présent, avec le sons de «mesure de hauteur d'étoile à tel endroit pour en déterminer la latitude».

'*' *->>Jij' signifie au propre «avertissement, admonition, avisî5. Je l'ai traduit par le terme nautique équivalent : «attentions, qui est imprimé en caractères gras dans les Instructions nautiques modernes. Les instructions qui suivent ce titre mis ainsi eu relief ont pour but de mettre en garde les marins contre les dangers de la navigation en tel ou tel endroit.

(^' D'après Birûnî, <».c yubb, plur. vU-èl aybàh, signifie «golfe, baie» et ^>i. hiir, plur. ;l>^l ahwàr, «estuaire de fleuve formant golfe» {Albebdni's India, cdit. et trad. E. Sachau, p. UY du texte arabe et p. 208, t. I, de la traduction anglaise). L'indication est exacte du point de vue géographique; mais, en terme de marine, hûr a le sens de «lagune, crique». Cf. Instructions nautiques sur la mer Rouge et le golfe d'Aden, n" G81, i885, p. xv, sub verbo.

'*) Pulo Banak. Vide supra, p. gi et note 7. Le texte a ici la leçon fautive ^b Bànî pour jï^jLj Bânyak.

<') Je n'ai pas à ma disposition de document cartographique me permettant de situer ciaclemeat cette île. Il s'agit sans doute du groupe insulaire gisant en face de Baros.

Pulaw Lûlû ''', i'île de Talâgïh <'' et des îles désertes <'' jusque près de la côte. Sur la côte, se trouve le port de Sinkil'''', là où les Farkadayn sont par 6 isba 1/2 [=3° 26' nord environ]. C'est un endi'oit à récifs de roches. Après ces îles, en se dirio;eant vers le sud, (fol. 79 v°) se trouve une île située en face de Panèûr — entre ces deux points, il y a environ 8 zâm — appelée Mankârûs ^^K Sache que la route de l'île de Mankârùs à Panèûr est à l'est-sud-est ; mais prends bien garde [aux parties] maisaines'"' dans ces endroits.

(^) Voir la note 7 de la page précédente.

W Ibid.

(') Le texte a cabl^^, de la racine v^ «être ruiné, dévasté, dépeuplée . «[The Moorish pilot], rapporte Teixeira, though repuled the best in those narrow seas [il s'agit du golfe Persique], neariy pul us high and dry at a pass wliirh the Moors cail Karab [lire v'7^ harâb], that is, «broken?) or «ruinedn. They say that there veas a great city, that was overflowed by reason of ils low positions {The travels of Pedro Teixeira, trad. et annoté par William F. Sinclair et Donald Fergcson, Haklmjt Society, 2* série, n° IX, 1902 , p. 26). La traduction de caUl^ par «désertes» implique que les îles en question ont été dévastées et dépeuplées.

W Exactement Siàkil, mais communément appelé Sinkel. La notation arabe Sinkil est fautive , car la sifflante palatale n'existe pas dans les langues de Sumatra.

(^) Dans le même traité du ms. 2659, au fol. 70 v°, 1. ih etsuiv. , Solaïmân cite les ports et îles suivants, qui sont situés à l'endroit où les Farkadayn sont par 6 isba' : J-.}^L• 8tt>j=>- ^ ^yo.i.i> ^0^ *j »jL<ii ^^Lj ^^ ^JS^ ^0^ *i *ïiU

»Ja*4 cii^-i-» ^y• ^^^^ ^ cy<^«^ J^î «Malâka [sur la côte occidentale de la péninsule malaise]-, puis le port de Rakan sur la côte orientale de [l'île de] Sumutra; puis le port de Pancîir; puis l'île Rlàrûs, qu'on dit s'appeler aussi Fulo Bàbik [et qui est située] à l'ouest de [l'île de] Sumutra. n Mankârûs est, sans doute, une erreur de graphie pour Mârûs et l'île en question est à identifier à Pulaw Babi, au large de Fancûr-Baros. Vide swpra, p. 88, n. 2. W ^Lw;i)l, pluriel de g^, signifie au propre «saleté, mai propreté n ; c'est le contraire de vJi;>jià-5 «propre». Ces deux mots répondent en terminologie nautique française à «sain» et «malsain», avec le sens de «endroit où la navigation est ou n'est pas dangereuse». Cf. les passages suivants des ^mlructions nautiques sur la mer Rouge et le golfe d'Aden, n° 681, i885 : p. 56 «Au sud des îles Djifatin jusqu'à Kosseïr, la côte a comme direction générale le S. S. E et est assez saine»; p. 70 «le chenal en dedans de Makaoua ... est sain»; p. 85 «Le passage entre Shab [=sa'b] Gousser et Shah Touil paraît sain»; p. 65 «La BAIE MALSAINE ... cst pleine de récifs et de roches sous l'eau»; p. 86 «Approche de Suouakin par l'est. — Le chenal ... est malsain pour les navigateurs qui ne sont pas pratiques de la localité; on conseille donc de ne pas le prendre jusqu'à nouvel ordre».

Parmi les iles connues [sont les suivantes] : l'ile Nihâ''^ qui est située au-dessus [=au sud'-'] du port de Pancûr; l'ile Bâsalâr qui est au sud et au large de Pancûr '^'. Il se trouve dans cette dernière île un cours d'eau qui ne tarit jamais <^'. Mais combien il y a encore d'iles non mentionnées ici et de récifs de roches !

Abû'l-Fazl (1095).

The Ain i Ahhari hy Abvl Fazl Allami , texte persan édité par H. Blocumann, 2 vol., in-Zi", Calcutta, 1872 et 1877; trad. anglaise : t. I, par Blochmann, in-8°, Calcutta, 1878; t. Il et III, par le colonel H. S. Jarret, Calcutta, 1891 et 189/1.

LXXXllI. (T. 111, p. 46.) Table pour la détermination des longitudes et des latitudes des endroits situés dans le quart habité du globe. . .

Pays situés au sud de l'équateur.

L'ile de Lâmurî, dans l'Inde,

qui produit le bois du

Brésil long. i3o' 00' lai. 9" 00'

L'ile de Kalah, dans rinde. . lio'oo' 8° 00'

L'iledu Maharaja, dansl'Inde. iBo" 00' 1° 00'

Premier climat.

L'ile de Zâbag io/j"oo' iS" oo'[nord<')]

(') Le texte a L^^ , que je lis L^vj . On sait que le nom indigène de l'ile de Nias est Niha.

'■^' Les cartes arabes ont une disposition différente des nôtres. Le sud est en haut de la carte; ie nord, en bas; l'est, à la gauche du lecteur et l'ouest, à b'a droite. Tel endroit au-dessus de tel autre est donc au sud de celui-ci. Pour des expressions de ce genre, cf. Ibn KhaldCn, t. II de mes Relations de voyages, p. A61.

('' Il s'agit d'une île Pancûr de la côte orientale de Sumatra, dont le nom est homographe de celui du célèbre port du camphre de la côte occidentale : Pancur-Baros.

^*) Litt. qui coule toujours.

(^' Toutes ces indications sont inexactes. Les pays situés dans le i"" climat sont au nord de l'équateur. D'après les latitudes données par Ado'l-Fazl, le

M. G. FEnnAND. 8

Mille et une nvits'^^K

LXXXIV. Au cours de son premier voyage, Sindbâd arrive dans une île inconnue. Il y rencontre des j3alefreniers qui lui dirent : ffNous sommes les palefreniers du roi [appelé] le Maharaja à qui celte île appartient. . . ri Dès que les juments du roi eurent élé saillies par l'étalon sorti de la mer, ffles gens, montés chacun sur une jument, formèrent une troupe nombreuse et partirent, en m'amenant de compagnie, pour la ville du roi [appelé] le Maharaja, où nous arrivâmes tous ensemble. Ils m'introduisirent vers ce roi et me présentèrent devant lui. Il me demanda qui j'étais, et je lui racontai tout ce qui m'était arrivé" (texte et trad. de Langlîîs, dans Savauv, Grammaire de la langue arabe, Paris, i8i3, in-/i°, p. /i75-/i76).

liIVRE DES MERVEILLES DE lInDE.

Kitâb %ij(nb al-Hind, Livre des merveille,'! de l'Inde par le capitaine BozoRG BiN Sahriyâr de Râmhormoz, trad. par Marcel Devic, texte arabe et notes par P. A. van der Lith, Leyde,

i883-i886,in-/i°(2l

LXXXV. (P. 187.) Yunus, fils de Mahrân, de Sïrâf, 'e marchand qui a été au Zâbag, m'a dit : ffDans la ville où réside le Maharaja, roi du Zâbag, j'ai vu une quantité innombrable de rues marchandes. Dans [la rue] des Changeurs, j'ai compté jusqu'à 800 changeurs, outre ceux qui sont établis çà et là dans les autres rues.n II ajoutait bien d'autres choses sur cette île du Zâbag, ses campagnes cultivées, la multitude de S2s villes et de ses villages, qui passent toute description.

LXXXVl. (P. 176.) J'ai déjà parlé de Sribuza qui est située à l'extrémité de l'ile de Lâmurï, à 1 20 :âm [= 060 heures de route] de Kalah.

Zabâg serait à 16" au nord de i'ile du Maliâraja, à 28° au nord de Kalah = Kra de la péninsule malaise et à 2 A" au nord de Lâmurï = pointe nord de Sumatra !

C Le texte des Mille et une nuits n'est pas daté, mais son ancienneté est incontestable (cf. mes Relations de voyages, t. II, p. 564).

'■-) La date de ce texte est incertaine; j'en ai donné les raisons dans mes Relations de voyages, t. Il, p. 564-565.

Allah seul coanait la vérité! La baie de Sribuza pénètre, dit-on, de 5o parasanges dans l'île. C'est un fleuve beaucoup plus large que le Tigre à Basra, ses eaux sont douces comme celles du Tigre. Il n'y a point de baie plus longue dans toute l'ile. Le flux s'y fait sentir de douze en douze heures. On y trouve des crocodiles; mais ceux qui sont dans la partie qui avoisiue les habitations, ne font aucun mal, ayant été enchantés, comme nous l'avons dit<'', tandis que les parties situées en dehors des constructions sont inabordables, à cause de ces animaux. Quelques maisons sont bâties sur terre: mais la plupart flottent sur l'eau, soutenues sur des pièces de bois reUées ensemble, en forme de radeaux, et d'une durée infinie. Ils font cela par ciuinte du feu; car leuis habitations, construites en bois, sont fort sujettes à l'incendie; que le feu prenne quelque part, tout brûle. Placées sur l'eau, les maisons sont mieux protégées; si le feu se déclare en un point, chaque propriétaire peut couper ses amarres, déloger et s'aller fixer ailleurs, loin de l'incendie. Lorsqu'il se déplaît quelque (p. 177) part, il peut de même changer de quartier. Ces habilalions de la baie sont rangées de manière à former comme des rues. L'eau, entre les habitations, coule avec abondance. C'est de l'eau douce qui arrive du haut pays pour pénétrer dans l'estuaire et se jeter dans la mer, de la même manière que le Tigre.

ClÛrUAYA > CuE-LI-FO-CHE = ZâBAG < JâVAKA.

L'empire de Çrïvijaya avait sa capitale à Palemban même ou aux environs de l'actuelle Palemban. C'est ce qui résulte des itinéraires de Yi-tsing(III et VI, p. k et 5). Celui-là, de Chine en Inde, part de Canton, avec escales à Fo-che ou Cheli-fo-che, Mo-lo-yu, Kie-tch'a, l'une des Nicobar, pour aboutir à Tâmralipti; autrement dit Canton-PalembaiWambi-Këdah- INicobar et, enfin, Tamluk. Celui-ci, de Chine à Ceylan, emprunte l'itinéraire suivant, le port chinois d'embarquement n'étant pas explicitement indiqué : Canton, Che-li-fo-che, Molo-yu, Kie-tch'a, Na-kia-po-tan-na, Ceylan; c'est-à-dire : Canton-Palemban-Jambi-Këdah-Negapalam-Ceylan. Dans ce der-

'') Vida p. iGS-iOo du même ouvrage.

nier cas, il est dit que la durée du voyage entre les deuxième, troisième et quatrième escales, fut de quinze jours de Clie-lifo-che à Mo-Io-yu et de quinze jours également de Mo-lo-yu à Kie-tch'a^". Si le voyage paraît un peu long entre ces escales qui sont relativement proches, on se rappellera que Palembaii et Jambi sont des ports fluviaux, situés, comme Bangkok, Saigon et Canton, en amont, à quelque cent milles de l'embouchure, et que la navigation dans ces fleuves et rivières d'Extrême-Orient est extrêmement lente, malgré l'assistance

des pilotes locaux. En fait, de Palemban à Jambi, près d'un quart du voyage s'efl"eclue dans l'estuaire et la partie basse du fleuve oii les apports d'alluvions et les déplacements constants des bancs de sable et de vase sous l'influence du courant varial)le avec les saisons (saison des pluies ou saison sèche), de la mousson, des cyclones, rendent la pratique du fleuve extrêmement diflicile et malaisée pour les bâtiments de haute mer. Je n'ai navigué ni sur le bas fleuve de Palemban, ni sur celui de Jambi, mais je connais assez bien le bas Menam; et je sais combien la montée de la mer à Bangkok et la descente du fleuve à la mer exigent de précautions, même de la part des marins du commerce qui font régulièrement la navette entre Saigon ou Singapour et la capitale siamoise, avec des vapeurs de faible tonnage. On peut ainsi facilement imaginer combien cette navigation était plus délicate encore pour les voiliers et jonques de mer du vn^ siècle.

Çrïvijaya et Che-li-fo-che ou Fo-che se situent donc à Palemban. D'après l'inscription de Vien Sa (XXIX), le roi de Çrïvijaya est titré Maharaja; le texte épigraphique dit en efl'et,

C Vùli! supra, LXXXVI. p. 162 , le passage du Livre des merveilles de l'Inde où ii est dit que Kalali ou Kra de la péninsule malaise est à 120 zàm de route = 36o heures = i5 jours de route de Sribuza; mais il s'agit sans doute ici d'un voyage direct, sans escale intermédiaire entre les deux ports de départ et d'arrivée.

expressément : çrmahârâjanàmâ i^vide supra, p. /12). C'est exactement le titre par lequel les textes arabes désignent le souverain du Z;ibâg et nous en avons de nombreux témoignages : Ibn 1Jorda(Jbeh (XXXIV^), Ibn al-Fakïh (XXXVI, p. lô), Ibn Rosteh (XXXVII), Abij Zayd (XXXIX, § 9), Mas'ùdî (XL et XLI), Kazwînî (XLVIII et LV), Ibn Sa m (LXI, infne), Abîjlfidâ (LXVIII et LXÎX), Ibn al-Wardï citant Muhammad BiN Zakariyâ AR-Rizi (LXXII), qul s'étendent du milieu du i\.^ siècle au milieu du xiv%

D'autre part, Abîjlfidâ affirme que «l'île du Mabârâja, c'est l'île de Sribuza?), c'est-à-dire que «île du Maharajas et «île de Sribuza?) sont les noms différents d'une même île (LXVIII, p. 75, et n. 1 ). Le même auteur rapporte également un passage du Livide des Io?igitiides attribué à Al-Faris (x^ siècle) dont Abûlfidâ ne fait sans doute que reproduire le témoignage (p. 7/1). DiMASKÏ, qui fut contemporain du prince de Hamât, s'exprime dans des termes équivalents : «L'île du Mabârâja, dit-il, est la mère des îles mabâràjiennesjj (LXIV, p. 78, et n. 3), ce qu'il faut entendre par : l'île du Mabârâja [=Sribuza] est la capitale de tous les pa^s dépendant de ce souve-

rain.

L'é(|ualion : île du Mabârâja = Zâbag = Sribuza est du reste attestée par ailleurs. Abu Zayd décrit en détail la ville [sic) de Zâbag (XXXIX); Ibrahim bin Wâsif-Sâii (XLII) s'exprime lansles mêmes termes en parlant de l'île du Mabârâja. D'après Abu Ziiyd, le palais du Mabârâja du Zâbag est situé sur un fleuve dont l'estuaire est semblable à celui du Tigre (XXXIX, p. 67); le Livre des merveilles de l'Inde en dit autant du fleuve de Sribuza (LXXXVI), que l'auteur trouve «beaucoup plus large que le Tigre à Basra??. Le même ouvrage arabe parle des maisons llottanles ancrées dans le fleuve de Sribuza; le Tchou fan tche en fuit également mention dans la notice consacrée au San-fo-ts'i (XVllf, p. (j).

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