CHAPITRE YI MODE PARTICIPE
Participe présent. Adjectif verbal, Gérondif
lo Participe présent.
Le participe présent, malgré son nom, en somme inexact, se rapporte suivant les cas, au passe', au présent, ou au futur. Ainsi, l'on dit également :
Etant très occupé, j'ai dû, je dois, je devrai rester chez moi.
Le participe présent est généralement invariable (*).
Ex. : Un enfant aimant son père. — Une fille aimant sa mère. — Des enfants aimant leurs parents.
Exceptions :
a) Dans quelques expressions qui viennent de l'ancien français, bien que verbe, le participe présent est assimilé à un substantif variable.
Les ayants droit, les ayants cause, les allants, les venants, les aboutissants, les descendants, etc. (c'està-dire ceux qui ont, vont, viennent, descendent, etc.); les carêmes-prenants (c'est-à-dire : les jours de carême qui prend, qui commence) [j).
(') Arnauld enseigna le premier dans sa Grammaire générale (1660) que le participe présent doit rester invariable, ce que l'Académie française admit le 3 juin 1679.
(') Expression souvent employée par Molière et par les classiques. Elle désigne les trois jours gras avant le mercredi des cendres et, par extension, les personnes masquées pendant ces derniers jours de carnaval.
h) En vieux français^ le participe présent avait très souvent un sens passif (comme en anglais) et s'employait à la place du participe passé ; dans ce cas, il était variable.
Ex. : Sur sa poitrine (il) tenait ses mains croisants (croisées).
Cette fonction du participe présent s'est perdue dans le français moderne, mais il en est resté quelques expressions.
Ex. : Une rue passante (c'est-à-dire : sowvuni x)cissée). Une couleur voyante {vue facilement).
Une place payante iqui doit être payée, où l'on
paie).
Payer argent comptant (argent compté). Musique chantante (facilement chantée).
Toute affaire cessante (cessée).
Poste restante {restée au bureau).
2p Adjectif verbal.
Il existe certains adjectifs terminés en anl, qui viennent aussi des verbes et qu'on appelle, pour cette raison, adjectifs verljauœ. Ces adjectifs s'accordent en genre et en nombre avec le nom auquel ils se rapportent.
Ex. : Défiez-vous des eaux dormantes. — Voici une petite fille obéissante. — Je ne trouve pas l'expression courante. — Vous avez des enfants charmants.
3° Distinction entre le participe présent et l'adjectif verbal.
Pour pouvoir distinguer le jmi'ticipe présent de l'adjectif verbal, il faut se demander si le mot terminé en r/;?/ exprime une r/cV/o;? ou un état transitoire ou bien
une qualité habituelle ou un état permanent. On dira par exemple :
J'ai rencontré une meute de chiens courant après un cerf (parce que le mot courant exprime une action); mais on dira : Les chiens courants de ce chasseur lui ont coûté très cher (parce que courants exprime ici la qualité des chiens). Pour les mêmes raisons on écrira : Voici des enfants obéissant à leurs parents (action transitoire), et : Voici des enfants obéissants (état, habitude).
Il n'est pas toujours très facile de distinguer le participe présent de l'adjectif verbal. Souvent on peut écrire de deux manières une phrase composée des mêmes mots, suivant qu'on veut faire prédominer l'idée d'action ou celle d'état habituel. Ainsi l'on dira : Ce peuple est formé d'hommes croyant comme nous (ils font l'action intellectuelle de croire comme nous), et : Ce peuple est formé d'hommes croyants, comme nous (ils ont la qualité d'être croyants).
En général, on reconnaît qu'un mot en ant est participe présent :
a) Quand il est suivi d'un complément (direct, indirect ou circonstanciel).
Ex.: On apercevait des soldats poursuivant l'ennemi (direct). — Les gens se soumettant ;i tout ne sont pas des hommes (indirect). — Je les ai aperçus courant dans la prairie (circonstanciel).
h) S'il est accompagné de la négation ne.
Ex.: C'est une femme très aimable, ne se fâchant jamais.
Avec la négation non, le mot peut être adjectif ou substantif verbal.
Ex. : Dans une armée il y a beaucoup de non-combat-
tants. — Il faudra tenir compte des non-voulants. — A la dernière élection, il y a ea beaucoup de non-votants.
c) Si on peut le remplacer par un infinitif.
Ex. : Nous les avons vus courant et gesticulant (c'està-dire : courir et gesticuler).
d) S'il est suivi d'un adverbe ou d'une locution adverbiale.
Ex. : Ce sont des enfants obéissant bien.
Si l'adverbe précède, le mot est en général adjectif verbal.
Ex. : Ce sont des enfants bien obéissants.
e) S'il est employé comme gérondif avec en exprimé ou sous-entendu.
Ex. : Les soldats sont morts en combattant pour leur patrie. — Sa maladie va empirant (c'est-à-dire : en empirant).
f) Quand le mot en ant précède le substantif ou lorsqu'il est employé comme attribut, il est toujours adjectif verhal.
Ex. : De charmants enfants. — Ces théories sont séduisantes.
Remarque. Un certain nombre de mots de cette catégorie que la plupart des grammaires désignent ;)«?' erreur comme les doubles formes d'un même verbe, ont une orthographe différente ; tels sont convainquant (participe), convaincant (adjectif); différant (participe), différent (adjectif). Gomme le fait remarquer Brachet, cela tient à ce que les premiers se sont formés régulièrement des verbes français convaincre, différer, tandis que les autres ont été tirés directement du latin; on a donc tort de dire que ces derniers sont les adjectifs verbaux des
verbes correspondants. Le tableau ci-dessous contient ces mots différents :
Participes Adjectifs Participes Substantifs
tirés des dérivés du tirés des dérivés du
verbes français. latin. verbes français. latiu.
Adhérant Adhérent Affluant Un affluent
Convainquant. Convaincant Différant Un difi"érend
Diflerant Différent Equivalant... Un équivalent
Divergeant .... Divergent Excédant Un excédent^
Equivalant.... Equivalent Expédiant Un expédient
Excellant Excellent Précédant ... Un précédent
Extravaguant. . Extravagant Présidant .... Un président
Fatiguant.".... Fatigant Résidant Un résident
Intriguant Intrigant —
Néghgeant .... Négligent Sachant Un savant
Précédant Précédent , a ■ „ h/,
(ce dernier ne de- Suffoquant .... Suffocant rivant pas directe-
Yaquant Vacant ment du latm.)
Violant Violent
4" Place du participe présent, son emploi dans la phrase.
Le participe présent se place différemment, suivant le sens ou la tournure de la phrase. Il précède la proposition principale, si l'action qu'il exprime e^i antérieure d.M verbe de celle-ci ; il vient après si elle esi iiosté^Heure.
Ex. : Jetant précipitamment ses armes, il se mit à fuir (action antérieure). — Il partit abandonnant sa femme et ses enfants (action postérieure).
Si les deux actions ont lieu en même temps, on place la proposition la plus courte la première, par raison d'harmonie.
Ex. : En forgeant on devient forgeron. — On devient forgeron en forgeant du matin au soir pendant des années.
(') Orthographe jadis courante, en harmonie avec précédent et antécédent qui ont le même radical : mais maintenant on écrit de préférence : un excédant.
5'^ Emploi du participe présent.
Le participe présent remplace le verbe à un mode personnel dans les cas suivants :
a) A la place des conjonctions x^arce que, puisque, comme, lorsque, quand, après que, suivies du. verbe, si le sujet de la proposition principale est le même que celui de la subordonnée ou dépendante.
Ex. : Le soldat, voyant son frère mort, ne voulut pas lui survivre (c'est-à-dire : Lorsque le soldat vit son frère mort, il ne voulut pas lui survivre). — Le chasseur saisissant sa carabine, mit en joue l'animal et fît feu à bout portant (c'est-à-dire : Après que le chasseur eut saisi sa carabine, il mit en joue l'animal et fit feu à bout portant).
Remarque. Dans les exemples précédents, le pronom il est supprimé devant le verbe de la proposition principale.
l)) A la place des mêmes conjonctions et du verbe, lorsque les sujets des deux propositions sont différents, mais Men entendu en exprimant alors le sujet du second verbe.
Ex. : L'impérialisme avait perdu un grand nombre de ses partisans ; Napoléon mourant, il était fort compromis {il, c'est-à-dire l'impérialisme).
Remarque. Si le sens n'est pas clair avec le participe présent, il faut employer le mode personnel et la conjonction. Ainsi on ne pourra pas dire :
Mon maître m'a dit d'aller me promener, mais ayant beaucoup d'occupations, je compte rester ici pour l'aider.
— lia —
Il faut écrire : Mon maître m'a dit d'aller me promener, mais comme il a beaucoup d'occupations, je com.pte rester ici pour l'aider.
c) Le participe présent remplace fréquemment qui et un verbe à un mode personnel ; dans ce cas, il peut se rapporter aussi bien à un complément qu'à un sujet.
Kx. : Nous aperçûmes le cheval galopant sur la route (c'est-à-dire : qui galopait sur la route). — On entendait le grondement du fleuve charriant des troncs d'arbres (c'est-à-dire : qui charriait).
6" Proposition participe.
Lorsque le participe présent équivaut à une proposition subordonnée, il prend le nom de proposition participe. Si le sujet de la proposition participe n'est pas représenté dans la principale, la première se nomme participe absolu ; c'est l'ablatif absolu latin.
E.x. : Louis XIV régnant, l'Edit de Nantes fut révoqué. — Les parts étant faites, le lion parla ainsi. — Les chrétiens convaincus disent : Dieu aidant, nous y parviendrons. — La fête aura lieu, Dieu voulant, le 10 mai prochain.
7 " Gérondif.
La forme verbale en ant remplace le gérondif latin en ando, dont elle dérive du reste (').
Le gérondif français est précédé généralement de la préposition en; mais il s'emploie aussi seul ou avec le verbe r/Z/er jouant le riMe d'auxiliaire.
(') Le participe présent, dérivé de l'accusatif participe, terminé en antem, de la première conjugaison latine, s'est confondu, en vieux français, avec la forme en ant dérivée du gérondif en ando.
Ex. : Giuseppa embrassa son fils et rentra en pleurant dans sa cabane (Mérimée). — Falcone saisit la montre et, la jetant avec force contre une pierre, il la mit en mille pièces fiVfer«>>?eeJ. — Le Léman va se rétrécissant du côté de Genève. — Il s'en allait chantant à tue-téte.
Le 6"^''^''^^^f^ ''7' est toujours invariable, comme le participe présent. Il peut avoir deux sens :
r^JIljoue le rôle d'un complément circonstanciel et indique la manière, le moyen :
Ex. : En travaillant on devient très instruit (c'est-àdire : par le moyen du travail).
h) Il remplace un complément circonstanciel de temps et indique qu'une action a eu lieu en même temps qu'une autre (simultanéité).
Ex.: Il est mort en travaillant (c'est-à-dire: pendant son travail).
8° Emploi du gérondif.
Dans une \)\\r-àse,\& participe ï'^ésent peut se rapporter au sujet ou au comiplément ; \e gérondif diïïèTe, sur ce point, de son homonyme verbal. Pour pouvoir employer le gérondif dans une phrase, il faut que le sujet du mot en ojit soit aussi celui de la proposition principale.
Ex. : Il est mort en combattant (c'est-à-dire : Il est mort pendant qu'il combattait).
Remarques :
a) Les étrangers et même les élèves français violent très facilement la règle du gérondif. Il n'est pas rare do rencontrer dans leurs compositions des phrases de ce genre :
Tout en marchant Ci avec nous, je lui racontai mon histoire. — Epuisé i)ar la marche, il s'endormit au bord du chemin ; tout en dormant, la nuit était venue. — Espérant que vous accueillerez ma demande, recevez d'avance mes meilleurs remerciements.
A cause de la différence des sujets, ces constructions sont tout à fait incorrectes. Il faut dire, k la place :
Tandis qu'il marchait avec nous, je lui racontai mon histoire. — Pendant qu'il dormait, la nuit était venue. — Espérant que vous accueillerez ma demande, je vous prie de recevoir d'avance mes meilleurs remerciements (-).
h) En vieux français, on construisait très souvent la phrase sans tenir compte de la différence des sujets. II est resté quoique chose de cette construction dans le français moderne.
Ex. : L'appétit vient en mangeant (c'est-à-dire : pendant qu'on mange). — La fortune vient souvent en dormant (c'est-à-dire : quand on dort). — Tout en parlant son regard s'était animé (c'est-à-dire : tandis qu'il parlait).
Le plus beau sonnet de José-Maria de Heredia contient une tournure de ce genre, qu'un pédant i)Ourrait critiquer, on invoquant la lettre de la grammaire, mais qui n'en est pas moins très heureuse ici :
LkS C'OXOrKI'ANTS.
Comme un vol de gerfauts, hors du charnier natal. Fatigués de porter louis misères hautaines,
{') Lorsque tout précède le gérondif il a le sens de tandis que.
CO En anglais, on trouve fréquemment des phrases dans lo genre de celle-ci : « We crossed the bar, on advancing, the beautihil port became visible. » Kn français, il ne serait pas correel de traduire on àdcancing par en araïu-ant, car cela voudrait dire (jue c'est le port qui avance ; la vraie trailiictioa serait celle-ci : « Nous /ranr/dnics la han-c, tandis que nous avancions, /'■ /"■"" n^rt <lnvnt risihir. »
De Palos de Morguer, routiers et capitaines, Parlaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques, L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;
Ou penchés à l'avant des blanches caravelles, Ils regardaient monter en un ciel ignoré Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
Des tournures de ce genre sont cependant exceptionnelles en français. Les étrangers ne doivent pas les prendre comme modèles et feront bien de s'en tenir à la règle logique admise par tous les grammairiens; ils risqueraient, en s'en écartant, de tomber dans les incorrections inadmissibles dont nous avons donné les exemples plus haut.
Exercices sur l'emploi du participe présent.
Emploi du participe présent et de l'adjectif cer bal.
Mettez au participe présent ou employez comme adjectifs les mots soulignés.
Bien que ne croyant pas mal faire, ces hommes ont agi d'une façon blâmable. — Cette marchande, économisant beaucoup, pourra devenir riche. — En me parlant, ils avaient une attitude menaçant. — Les riches n'ont souvent pour les pauvres gens que des paroles méprisant. — Les soldats, mourant loin de leur patrie, se sentent encore plus malheureux. — Ce soldat ramassa son fusil d'une main mourant. — L'ombre grandissant envahissait toute la campagne. — Ces enfants, grandissant chaque jour, seront bientôt aussi grands que leur père. — Pendant la Terreur, les meurtres
juridiques allaient croisscmt. — Cette femme, lïréi'oyant ce qui l'attendait, n'osa pas venir. — Une mère prévoyant donne à son fils une bonne éducation. — Les Japonais sont aujourd'hui des hommes pensant comme nous. — Nous avons aperçu les soldats passant par la ville. — Les gens obligeant se font des amis. — Les gens, obligeant tout le monde, trouvent souvent des ingrats. — La surface de l'eau, luisant comme un miroir, semblait une traînée de métal fondu. — Le soleil se jouait sur l'eau luisant. — C'est le quartier de Paris où il y a le plus de rues passant. — De la grande noirceur sort une clarté douteuse, comme d'un métal aperçu dans l'ombre, un infini de lumière pâlissant, le lustre inextinguible de l'eau vivant, en vain ternie par le ciel mort. Deux ou trois fois la lune s'est dégagée, et sa longue traînée vacillant semblait celle d'une lampe funéraire allumée parmi les draperies tombant et devant le revêtement noir de quelque prodigieux catafalque {Taine). — La bête, se sentant frappée, détourna la tète et, voyant son adversaire debout au milieu de l'arène, d'un bond elle s'élança sur lui; mais le gladiateur l'évita en se baissant jusqu'à terre, et le tigre alla tomber en în^^mrm^ à quelques pas. Le gladiateur se releva et trois fois il trompa par la même manœuvre la fureur de son sauvage ennemi. Enfin la bête féroce vint à lui à pas comptés, les yeux étincelant, la queue droite, la langue déjà sanglante, montraiit les dents et allongeant le museau; mais cette fois ce fut le gladiateur qui, au moment où elle allait le saisir, la franchit d'un saut, aux applaudissements de la foule, que l'émotion de cette lutte maîtrisait déjà tout entière (Guiraud). - Cependant la masse effrayant de l'infanterie des barbares vient toujours roulant vers les légions. Les légions s'ouvrent, changeant leur front de bataille, attaquant à grands coups de piques les deux côtés du triangle de l'ennemi {Chateaubriand).
Emploi des participes présents formés du français et des adjectifs et suljstanti/s dérivés directement du latin.
Choisissez l'un des deux mots soulignés, et faites accorder, s'il y a lieu, les adjectifs.
Le bouddhisme compte un grand nombre d'adhcrant ou d'adhérent. — Nous étions une cinijuanfaine r/^//R''r«^i^ ou
adhérent à cette doctrine. — Cet avocat emploie toujours des arguments convainquant ou convaincant tout le monde. — Voilà assurément une raison convainquant ou convaincant. — Nous avons été dans un pays différant ou différent beaucoup du nôtre. — Ce voyageur a visité les pays les plus différant ou différent. — Nous espérons qu'on parviendra à apaiser le différent ou différend qui s'est élevé entre la France et l'Angleterre. — Ce sculpteur est un artiste excellant ou eœcellent dans sa spécialité. — C'est un véritable fou extravagûant ou extravagant sans cesse. — Cette dame portait un costume extravagûant ou extravagant. — Ces exercices, fatiguant ou fatigant inutilement les soldats, doivent être proscrits. — A Madagascar, les soldats français ont supporté des marches très fatiguant ou fatigant. — Le grand Frédéric et Napoléon étaient d'incomparables chefs d'armée, ne négligeant on négligent rien pour s'assurer la victoire. — Les hommes négligeant ou négligent sont peu aptes à diriger de grandes affaires.— Il fait aujourd'hui un lemps suffoquant ou suffocant. — J'ai aperçu votre ami vaquant ou vaca?it à ses occupations. — Dans cette maison il y a deux appartements vacant ou vaquant, depuis huit jours. — La ville était pleine de soldats affluant ou affluent de toutes parts. — Ce fleuve n'a qu'un affluant ou affluent. - On donnera à cet officier une place équivalant ou équivalent à celle qu'il avait autrefois. — Ce (^ue vous m'ofl'rez n'est pas un équivalant ou équivalent de ce que j'ai perdu. - Il nous faut un homme habile et actif, expédiant on expédient rapidement la besogne. — Ce malheureux est criblé de dettes ; il en est réduit aux expédiant ou expédient. — Vous invoquez là un s\nix,n\\QT précédant ou précédent.— Dans le lointain an apercevait des cavaliers pr^écédant ou précédent le général. — A la Chambre des communes on choisit toujours comme speaker nnùé^ynié présidant ou jy^^ésident très bien. - Le présiden.t ou présidant de la Confédération suisse change tous les ans. - Je viens d'écrire à un de mes amis résidant onrési'tent depuis longtemps en Italie. — J'écrirai demain à un diplomate de mes amis, résidant ou résident au Monténégro. — Elle a un violant ou violent mal de tète.
Emploi du participe présent à la plar-e d'un mode personnel.
Mettez à la place des mots soulignés une tournure avec le pat-ticipe présent en supprimant le pronom souligné.
Qucmclle gén-éral vit, que loul était fini, il donna l'ordre de la retraite. — Après Waterloo, Napoléon se livra aux Anglais, parce qu'il comprit qu'il lui serait impossible d'échapper à leurs vaisseaux qai croisaient sur les côtes de France. — Quand Henri IV voulut donner la liberté religieuse aux protestants, il proclama l'Kdit de Nantes. — Harold était à York, qui se reposait de ses fatigues, quand un messager vint en grande hâte lui dire que le duc de Normandie avait débarqué en Angleterre. — Comme il craignait de manquer le train, notre ami prit une voiture pour aller à la gare. — Nous avons vu en passant votre ami qui se promenait dans son jardin. — Il est sorti parce qu'il ne voulait pa;^ vous déranger plus longtemps.
Emploi du rjérondlf.
a) Mettez le (jérondi/'-A la place de la tournure soulignée.
Lorsqu'on séjourne dans un pays plusieurs années, on en apprend forcément la langue. — .J'ai rencontré votre ami pendant que Je venais.— Tandis que nous attendons son arrivée, nous pouvons toujours nous mettre à table. — s'il travaille jour et nuit pemlant un mois, votre ami pourra peut-être terminer sa traduction, — L'enfant est tombé alors qu'il courait. — Stanley réussit à retrouver Livingstone jjarce qu'il avait déploijé une énergie extraordinaire. — On perd beaucoup d'illusions à mesure qu'on vieillit. — L'avare perd souvent ioni parce qu'il veut trop gagner. — La richesse lui est venue pendant qu'il dormait. — Lorsqu'on arrive à Genève on aperçoit h; Mont-Blanc. — Nous nous protnenàmes un moment sur le (|uai de la gare, pendant que nous attendions l'heure du départ.— Le bandit s'enfuit précipitamment dès qu'il vit arriver les soldats. — A force d'écrire, on devient écrivain. — On s'instruit beaucoup />«r les voyages.
h) Corrigez les phrases suivantes en changeant le sujet de la proposition soulignée et en la modifiant.
En arrivant à Avignon, l'asjjecû de la tulle vous fait croire qu'on a déjà quitté la France. — Comptant sur votre promesse, veuillez, Monsieur, recevoir mes salutations très empressées. — En travaillant sérieusement, la besogne que vous avez entreprise sera bientôt terminée. — En s'amusant au bord de la rivière, un faux pas le fit tomber dans l'eau. — Tout en causant avec moi, Je le fis entrer- dans la maison. — En attendant votre réponse, recevez. Monsieur, mes meilleurs compliments. — En s'en allant, la vue du lac et des montagnes fit retow^tier plusieurs fois les voyageurs. — Chaque soir, espérant voir revenir son mari naufragé, les flots de la mer attiraierit la pauvre fe?7îme qui restait longtemps les yeux tournés vers l'horizon.
Participe passé.
1° Participe passé employé sans auxiliaire.
Le participe passé employé seul (^) est un véritable adjectif qui s'accorde en genre et en nombre avec le substantif qu'il qualifie.
Ex. : Le mois passé. — L'année passée. — Les soldats blessés. — Des âmes blessées.
Exceptions :
Dans certaines propositions, qui ne viennent pas de la langue latine comme le participe absolu, quelques participes restent invariables (*) : 7nais alors ils sont tou-
(') En réalité, dans presque tous les cas, l'auxiliaire être est sousentendu dans la phrase.
(-) Dans son arrêté du 26 février 1901, le ministre de l'Instruction publique admet cependant que ces participes varient ; la règle es donc facultative. — On peut écrire aussi ci-joint et ci-inclus san trait d'union.
jours placés avant le nom ; ce sont : ai^prouvé, attendu^ certifié, ci-inclus, ci-joint, étant donné, excepté, non compris, passé, supposé, vu.
Ex. : Approuvé les écritures ci-dessus. — Ci-inclus la lettre de mon frère. — Excepté sa mère, tout le monde est parti. — Passé dix heures, je m'en irai.
Si ces participes sont placés après le nom, ils varient.
Ex. : Je viendrai à 10 heures passées.
2° Emploi du participe passé sans auxiliaire ; sa place dans la phrase.
a) Le participe passé de tous les verbes peut s'emplo'yer seul, excepté celui des verhes neutres ou intransitifs conjugués avec avoir et celui de la plupart des ve7^bes réfléchis ou jjronominaux essentiels, tels que se souvenir, s'écrier, etc. Ainsi l'on dira :
Un enfant chéri. — Une rue encombrée. — Un événement arrivé hier. — Une femme décédée. — Un nouveau venu.
Mais on ne pourra pas dire : Une femme périe. — Un roi succédé à son père. — Un fait souvenu par quelqu'un. — Une ville emparée par l'ennemi. — Dans ces cas-là, on doit ajouter l'auxiliaire et dire : Une femme ayant péri. — Un roi ayant succédé à son père. — Un fait dont quelqu'un s'est souvenu. — Une ville dont s'est emparé l'ennemi.
Les étrangers se trompent souvent sur ce point.
Remarque. On trouve cependant des participes de verbes neutres conjugués avec avoir et de verbes réfléchis qui s'emploient seuls.
Ex. : Un homme couru (après qui on court, qui a du
succès). — Une histoire vécue (([Lii paraît avoir été vécue).
— Un homme adonné à hi boisson. — Une femme agenouillée. — Une personne évanouie. — Un animal blotti dans son trou. — Un cheval cabré. — Un enfant pardonné.
— Des jours envolés. — Un bonheur évanoui. Ici les verbes ont un sens passif.
b) Le participe passé employé sans auxiliaire au commencement d'une phrase se rapporte généralement, comme le f,M;Mondif, au sujet de la proposition principale.
Ex. : Instruits par l'expérience, ils sauront maintenant mieux se conduire. — Brisée par la fatigue, elle s'endormit.
Dans le courant d'une phrase il peut, comme le [»articipe présent, se rapporter à un régime. •
Ex, : Nous aperçûmes une femme brisée par la fatigue.
c) Le participe passé, comme le participe présent, peut former une [)roposition appelée égalemement participe absolu.
Ex. : Eux partis, tout le monde fut content. — Le beau temps revenu, nous nous remîmes en route. — Le roi mort, son trône fut détruit.
3" Participe passé conjugué avec l'auxiliaire être.
Le participe passé conjugué avec être s'accorde toujours avec le sujet, ce qui a lieu pour les participes des verbes passifs et des verbes neutres non conjugués avec avoir.
Ex. : Plusieurs villes ont été détruites par le tremblement de terre. — Mon frère est arrivé. — Ma sœur est partie. — Mes parents sont arrivés. — Mes cousines sont revenues. — Les enfants seront punis.
4° Participe passé conjugué avec l'auxiliaire avoir.
a) Le. participe^ conjugué avec avoir, ne s'accorde jamais avec le sujet; il s'accorde avec le complément direct ou accusatif, mais seulement si ce dernier est idacé avant le verbe.
Ex. : Nous avons acheté des livres (invariable parce que le complément 7/rrç.s est placé après le participe). — Les livres que nous avons achetés (variable parce que le complément que, mis pour livres, est placé avant le participe).
Remarque. Les étrangers, et même un grand nombre de Français, considèrent comme une chinoiserie la règle précédente. Pour en comprendre la raison d'être il faut se rappeler ceci : En vieux français, conformément à la tournure latine {habeo: j'ai, et un participe [)assé variable), on traitait à l'origine le participe comme un adjectif, qui pouvait même se séparer de son auxiliaire. On ù\s\i\\.''analytiqiiemenL : « Ils ont la ville vue » ou : « Vue la ville ont. » Mais de très bonne heure aussi, le participe se lia avec son auxiliaire, de manière à former une formule verbale synthétique, analogue comme sens au parfait latin, dans laquelle le participe devenu invariable n'avait plus sa vie propre. C'est de ces deux tendances opposées que sortit, à partir du XVI™" siècle, la règle moderne, inutilement compliquée du reste, qui s'explique de la manière suivante : Dans le jjremier cas : « Nous avons acheté des livres », avons acheté forme une locution inséparable, purement verjjale ; dans le second cas, « les livres que nous avons achetés », avoir est la forme verbale, tandis que achetés est un (|uali(icalif de que remplaçant ^à-?'é".ç. Ce raisonnement classique est d'ailleurs excessivement subtil et l'on comprend qu'il paraisse très discutable.
Il l'est tellement, qu'.iprès avoir pris l'avis d'une commission de savants, le ministre de l'Instruction publique de France, dans un arrêté du 31 juillet 1900, relatif à la réforme orthographi(}ue, avait rendu absolument farultat if l'accord du participe passé conjugue avec avoir. Il admettait qu'on pût écrire : Les livres que j'ai /?< ou
lus. — Les fleurs que j'ai cueilli ou cueillies. — La peine que j'ai 2n'is ou prise. — L'Académie française n'ayant pas approuvé la réforme ministérielle sur ce point, le ministre n'a pas maintenu cette tolérance, qui finira néanmoins par s'imposer un jour ou l'autre comme en italien.
b) Le participe passé conjugué avec avoi?^ ne s'accorde jamais avec le cornpléînent indirect.
Ex. : Je leur ai donné des livres. — Nous avons rencontré votre sœur et nous lui avons parlé.
Il suit de là que les participes des verbes intransitifs ou neutres conjugués a.vec a voir sont toujours invariables, puisque ces verbes n'ont jamais de complément direct.
Ex. : Ils ont péri dans les flammes. — Les années qu'il a vécu en Angleterre lui ont été très profitables.
Mais il y a des verbes qui ont deux sens, un sens actif et un sens neutre ;. leur participe passé peut donc s'écrire de deux manières suivant les cas. Le tableau suivant montre ces différences :
Sens actif (accord) :
Ce domestique les a fidèlement servis.
Que de parents nous avons pleures !
C'est la seule langue qu'il ait parlée.
Voici les lettres que nous avons pesées!
Combien de dangers a-t-il courus !
C'est la récompense que son courage lui a value.
C'est une histoire qu'il a vécue.
Sens neutre (sans accord) :
Ces livres nous ont beaucoup servi.
Que de jours nous avons pleuré.
Les heures qu'il a parlé ont paru courtes.
Il ne pèse plus les 150 livres qu'il a pesé.
Que de kilomètres nous avons couru.
Cette maison ne vaut plus la somme qu'elle a valu.
On regrette les jours qu'on a vécu.
5*^ Participe passé d'un verbe pronominal, réfléchi ou réciproque.
Avant d'expliquer les règles relatives aux verbes pronominaux, il est bon de faire remarquer que cette expression de verbe réfléchi, qui tend à prédominer maintenant, est souvent impropre. Quand je dis : « Cet homme se loue », j'exprime une action réfléchie d'un sujet sur lui-même ; mais si j'écris : « Ces deux hommes se calomnient l'un l'autre », j'exprime une action réciproque de deux sujets l'un sur l'autre et, dans ce cas, l'action exprimée par le verbe ne se réfléchit ims sur le sujet. On devrait donc appeler le premier verbe : pronominal réfléchi et le second : pronominal réciproque. Du reste les règles sont les mêmes pour les deux catégories de pronominaux.
Le participe passé d'un verbe pronominal, réfléchi ou réciproque, bien que celui-ci soit conjugué avec cire, suit la règle du participe des verbes conjugués avec avoir; l'auxiliaire être est en effet mis pour avoir dans les temps composés des verbes réfléchis. Par suite, si le participe est précédé d'un i\.i:.iz\isaX\î (complément direct), il s'accordera avec celui-ci ; s'il est précédé d'un datif (complément indirect), il restera invariable.
Ex. : Ils se sont amusés hier au spectacle. — Ils se sont parlé longtemps.
Pour reconnaître logiquement si le pronom est un accusatif ou un datif on tourne la phrase ainsi :
— réélis ont amusé eux hier.
Ils ont parlé à eux longtemps.
Si, dans la phrase ainsi transformée, le pronom est employé sans la préposition à, c'est un accusatif : c'est un datif dans le cas contraire. Le premier se de la phrase primitive est complément direct ; le second, complément indirect.
Remarques :
a) Dans les verbes pronominaux, formés avec des transitifs, l'action réfléchie ou réciproque peut être directe ou indirecte; le participe, donc, varie ou ne varie {)as suivant le sens.
Ex. : Ils se sont trouvés hier dans la rue (action réfléchie directe). — Ils se sont trouvé bien des défauts (action réfléchie indirecte).
b) Dans les verbes pronominaux, formés avec des intransitifs, l'action réfléchie ou réciproque est toujours indirecte; par suite, le participe de ces verbes est, à part quelques exceptions, toujours invariable.
Ex. : Ils se sont nui par leurs paroles imprudentes (action indirecte).
c) Dans certains verbes pronominaux, où l'action réfléchie est absolument vague, le pronom qui précède le participe est considéré comme un accusatif (complément direct) et l'usage exige l'accord du participe. Ces verbes peuvent se diviser en deux catégories :
1° Les verbes essentieUement pronominauji\ jadis employés comme transitifs et qui ne sont plus usités que comme réfléchis, tels que s'enfuir, se repentir, s'emparer, se fnoquer, s'ohstiner, s'abstenir, s'em})resser, s'éci-outer, s'éi'anouir, elc. — S'arroger fa.\l seul exception.
Ex. : L'armée s'est enfuie tout entière. — Les soldats
se sont emparés de la ville. — Ils se sont moqués de vous.
— Elles se sont arrogé une grande liberté.
2" Certains verbes transitifs et quelques intransitifs, qui sont assimilés à des verbes essentiellement pronominaux, parce que leur second pronom échappe à l'analyse, tels que : s'apercevoir, se taire, s'ennmjer, s'entendre, se réjmndre, s'échapper, s'attaquer à, s'attendre à, se jJlaindre de, se prévaloir de, se saisir de, se douter de, se jouer de, s'en aller, s'en venir, etc.
Ex. : Ils se sont aperçus de ce que vous avez fait. — Nous nous sommes ennuyés beaucoup en votre absence.
— Ils se sont entendus comme deux larrons en foire. — Elle s'en est allée hier matin.
Se rire de fait exception à la règle précédente. Ex. : Ils se sont ri de vos menaces.
D'après Littré, le participe de se plaire et se complaire doit aussi rester toujours invariable.
Ex. : Ils se sont plu à vous contrarier.
6'^ Participe passé d'un verbe impersonnel.
Le participe passé d'un verbe impersonnel ou accidentellement impersonnel est toujours invariable.
Ex. : Il a fallu bien des années pour terminer ce travail. — Il est arrivé beaucoup de voyageurs hier. — Les pluies qu'il a fait cet été ont causé des inondations.
7° Participe passé suivi d'un infinitif.
Le participe passé, suivi d'un iulinitif, varie ou ne varie pas, suivant le sens de la phrase (') :
(') Voir plus loin, page 130, l'arrùtc iiiinistôriel relatif à cette rC'gle.
a) Il varie s'il a pour complément direct (accusatif) le pronom qui précède.
Ex. : Voici l'actrice que j'ai vue jouer. — Ce sont les hommes que j'ai entendus parler. (J'ai vu l'actrice qm jouait. — J'ai enlenclu les hom?nes qui parlaient.)
b) Il reste invariable s'il a pour complément direct l'infinitif qui suit (^) :
Ex. : Voici la pièce que j'ai vu jouer. — Le français et l'anglais sont les deux langues que j'ai le plus entendu parler. (J'ai vu Jouer la pièce. — J'ai entendu parler les deux langues.)
On reconnaît logiquement quel est le complément direct, en tournant la phrase comme nous venons de le faire ou en faisant la question qui ? ou quoi ? après le verbe.
a) J'ai vu qui ? l'actrice jouer.
J'ai entendu quoi ? les hommes parler.
b) J'ai vu (\\io\1 jouer la pièce.
J'ai entendu (\\io\t parler les deux langues.
Remarques :
1° Si l'infinitif est un verbe intransitif (qui n'a jamais de complément direct), naturellement l'accusatif de la phrase ne peut se rapporter qu'au participe et il y a toujours accord.
Ex. : Les enfants que j'ai vus dormir. — Les femmes que j'ai vues passer.
(') Je dois à robligeance de M'" Friedel, directrice de pensionnat, à Lausanne, la formule suivante qui me semble très heureuse : k Le participe passé suici de l'infinitif s'accorde acec le complément direct qui précède, si celui-ci fait l'action exprimée par l'infnitif; il reste incariable dans le cas contraire. »
2" Si rinfiiiitif est transitif, et suivi d'un accusatif, le complément précédent ne peut également se rapporter qu'au participe et il y a aussi accord.
Ex.: La fermière que j'ai vue traire ses vaches doit venir ce soir. — On l'a laissée conduire son fils à la gare.
3° Dans certaines phrases, le participe peut varier ou rester invariable suivant qu'on met le pronom qui précède à l'accusatif ou au datif. Ainsi l'on dira :
On l'a laissée prendre son argent, ou : On lui a laissé prendre son argent.
4° Avec les participes eu et donné su\\\ de à et d'un infinitif, on peut faire rapporter le complément soit à l'infinitif, soit au participe, et écrire indifféremment : Voici les livres que j'ai eu ou eus à lire. — Apportez-moi les dessins qu'on vous a donné ou donnés à copier. On peut, en effet, considérer à lire comme un infinitif ou l'assimiler au participe futur passif latin en ndus, nda^ ndum; dans le premier cas, la phrase veut dire : J'ai eu à lire les livres ; dans le second, elle signifie : J'ai eu les livres devant être lus.
Il y a cependant des cas où le participe doit rester invariable parce que le sens n'admet pas deux interprétations.
Ex. : Les rues que j'ai eu à traverser étaient pleines de monde. (Evidemment on ne peut pas dire : J'ai eu les rues.)
5^5 S'il y a une préposition entre le participe et l'infinitif qui suit, la règle est la même.
Ex. : Il nous a conseillé de partir. — C'est la faute qu'ils ont résolu d'éviter. — Elle nous a demandé de venir la voir.
()0 Quand le participe est suivi d'un infinitif dont le verbe a deux significations, il peut s'écrire de deux mat nières suivant le sens.
Ex. : Les chiens que j'ai vus courir (courir, verbe neu-
tre). — Les cerfs que j'ai vu courir (courir ou courre, verbe actif).
La première phrase veut dire : J'oi vu les chiens qui couraient ; la seconde : J'ai vu les cerfs qu'on courait (c'est-à-dire : qu'on chassait).
70 Le participe fait, suivi d'un infinitif, est toujours invariable .
p]x.: Voici les maisons qu'il a fait construire. — Avezvous vu les livres qu'elle a fait acheter hier?
8° Les participes pu, dû, voulu, suivis d'un infinitif, exprimé ou sous-entendu, sont toujours invariables.
Ex. : Je lui ai donné tous les soins que j'ai pu (c'est-àdire : pu lui donner). — Nous avons fait tous les efforts que nous avons dû (c'est-à-dire : dû faire).
Mais s'il n^y a pas d'infinitif après ces participes, ils rentrent dans la règle ordinaire.
Ex. : 11 a payé les sommes qu'il a dues à votre frère.
90 Les participes dit et cru restent invariables si le pronom qui les précède est logiquement le sujet de 1 infinitif.
Ex • J'ai vu la dame qu'il m'a dit jouer si bien du piano (c'est la dame qui joue). - Ce sont les livres que j'ai cru avoir été achetés par vous (les livres ont été achetés).
Le sens indique la raison de cet usage : Il ne m'a pas dit la dame, mais que la dame joue. Je n ai pas cru les livres, mais que les livres avaient été achetés.
Remarque importante :
Dans un arrêté du 26 février 1901, le ministre de llnstruction publique, d'accord sur ce point avec l Acadcmie française, a établi la règle suivante :
« Lorsque le participe passé, construit avec ai'Oir{'),
(') L'arrêté aurait dû ajouter : ou rtrc employ.^ pour avoir, puisque le premier exemple qu'il donne renlerme le verbe ttre.
» est suivi, soit d'an infinitif, soit d'an participe présent » ou passé, on tolérera qu'il reste invariable, quels que » soient le genre et le nombre des compléments qui » précèdent. Ex. : Les fruits que je me suis laissé ou » laissés prendre ; — les sauvages que l'on a trouré ou » trouvés errant dans les bois. »
Cette réforme partielle est un acheminement vers la suppression des règles beaucoup trop compliquées qui précèdent.
8° Participe passé suivi d'une proposition subordonnée.
Si le pronom précédant le verbe est le complément direct d'une proposition subordonnée qui suit, le participe reste invariable.
Ex.: Il nous a montré les meubles qu'il a 7;e;25e que vous auriez achetés (le relatif que, mis pour meubles, est complément direct de auriez achetés). — Voici la raison que j'ai supposé que vous auriez donnée (id.).
N.-B. Des tournures de ce genre sont, du reste, très lourdes; les étrangers feront bien de les éviter.
9° Participe passé employé avec
en.
a) Le participe passé précédé de en tout seul est invariable, parce que ce mot est considéré comme complément indirect. Il équivaut au mot anglais S07ne.
Ex. : J'ai acheté beaucoup de poires et j'en ai envoyé à ma sœur. (C'est comme s'il y avait : J'ai envoyé un peu de celles-là. En, remplaçant de celles-là, est le complément déterminatif de un peu sous-entendu.)
h) Si le mot en est précédé d'un adverbe de quantité
{cofïibien, lUus, autant, inoins, peu, troj)^ etc.), le participe peut se mettre au singulier ou au pluriel.
Ex. : De ces gens-là, combien en avez-vous vu ou vus ?
10° Participe passé employé avec le.
Le participe passé employé avec le, remplaçant une proposition sous-entendue, est toujours invariable.
Ex. : Elle n'était pas aussi malade qu'on l'aurait cru (c'est-à-dire : qu'on aurait cru gi^'elle était).
^11'^ Participe passé employé avec le peu.
Le participe précédé de le peu varie ou ne varie pas suivant le sens de la phrase.
a) Si le peu signifie une petite quantité, le participe s'accorde avec le nom.
Ex. : Le peu d'eau qu'il a bue lui a fait du bien.
Il) Si le peu a le sens de le manque, V insuffisance, le participe s'accorde avec le peu et reste invariable.
Ex. : Le peu de ressources qu'il a eu a causé sa ruine.
Remarque. La logique de la phrase doit guider l'élève ici, mais il y a un moyen facile de reconnaître laquelle des deux règles on doit appliquer : quand on peut supprimer le peu sans changer le sens, le participe varie; dans le cas contraire, il reste invariable. Ainsi on peut dire : L'eau qu'il a bue lui a fait mal, on ne pourrait pas dire : Les ressources qu'il a eues ont causé sa ruine.
12° Participe passé précédé d'un collectif.
Le participe passé précédé d'un nom collectif s'accorde tantôt avec celui-ci, tantôt avec le nom qui suit, suivant le sens logique de la phrase.
Ex. : La somme de capitaux qu'il a dépensée est prodigieuse (il a dépensé la somme). — La somme de malheurs qu'il a soufferts est exceptionnelle (il a soufïert les malheurs).
Remarque importante. L'arrêté ministériel cité plus haut admet que l'accord est absolument facultalif.
Exercices sur l'emploi du participe passé.
Emploi du participe passé sans auxiliaire et avec l'auxiliaire tHre. Faites accorder, s'il y a lieu, les participes soulignés.
J'espérais un f^Tand plaisir de ce voyage; mes espérances ne furent pas trompé. — Les oiseaux, caché dans les trous des rochers et à moitié engourdi, ne faisaient entendre aucun chant. — Voici la lettre arrivé ce matin. — Est-ce que votre mère est déjà levé? — Nous serons enchanté de vous revoir. — On termine fréquemment une lettre en français, par ces mots : Recevez, Monsieur, mes salutations empressé. — Venez me voir avant le 15 janvier: passé cette date, je serai en voyage. — Ce livre a 500 pages, non compris les 20 pages de la préface. — Nous pensions que cette dame était mort depuis longtemps; on nous a appris hier qu'elle est encore vivante. — Dans cette bataille, tous les officiers du régiment furent tué, excepté un colonel et un lieutenant. — Ces dames sont parti hier à 11 heures jmssé. — Quoique peu éloigné des habitations, celte foret avait l'aspect d'une forêt vierge. — Quand nous entrâmes, la jeune fille était assis devant la table; elle se leva aussitôt.
Je voyageais en chaise de poste avec deux négociants français qui avaient cherché un compagnon de route pour allé-
ger les frais du voyage. A quelque distance de Velletri, nous rencontrâmes la voiture du courrier de Rome à Naples renversé sur les bords du chemin et criblé de balles. Le courrier, un postillon et deux chevaux avaient été tué. Les dépêches avaient été déchiré et les lambeaux de lettres flottaient au vent. Les brigands s'en étaient allé par la route des Abruzzes. Les détachements de cavalerie et d'infanterie françaises, qui avaient été envoyé à leur poursuite, venaient de les rejoindre et c'était la fumée de leurs fusils que nous avions vue flotter au-dessus des rochers déchiqueté. C'est ainsi qu'on entrait alors dans le royaume de Naples. {Lamartine.)
Emploi du participe passé conjugué avec l'auxiliaire acoir. Faites accorder, s'il y a lieu, les participes soulignés.
Nous avons visité plusieurs appartements ce matin, mais aucun de ceux que nous avons vu ne nous plaît. — Après avoir résisté une demi-heure à peine, les Chinois s'enfuirent. — Nous lui avons prêté tous les livres qu'il a voulu. — Les cerfs que ces chasseurs ont couru leur ont donné bien du mal. — Je vous ai a^iporté les livres que vous m'avez demandé. — Il était dix heures quand nous les avons rencontré. — Avez-vous connu ces messieurs à Paris? — Les dangers que nous avons couru pendant cette guerre étaient très grands. — Cette dame parle avec plaisir des années qu'elle a vécu en Angleterre. — On préfère toujours la langue qu'on a parlé dans son enfance. — Votre ami m'a promis de vous envoyer la lettre qu'on lui a écrit. — Les crayons que vous nous avez donné nous ont beaucoup servi pour faire nos dessins. — Ce soldat a reçu les éloges que son courage lui a valu. — Ces jeunes gens ont succédé à leur père, mais ils ne l'ont pas remplacé. — Les marchandises que cet épicier a pesé sont de première qualité. — Je n'ai pas encore lu les lettres qu'on m'a adressé.
Cette construction ancienne (^) a souffert tout ce que peut souffrir un édifice; des bâtiments modernes se sont collés
(') Le Panthéon d'Agrippa, à Rome.
contre son dos et contre ses côtés; on l'a flanqué de deux clochers ridicules ; on lui a volé ses poutres et ses clous de bronze pour en faire les colonnes du baldaquin de Saint- Pierre; longtemps des masures incrusté entre les colonnes, ont obstrué son portique ; la terre était tellement encombré que, pour arriver à l'intérieur, au lieu de monter, on descendait. Encore aujourd'hui, toute réparé qu'elle est, sous ses teintes noirâtres, avec ses fentes, ses mutilations et l'inscription à demi effacé de son architrave, elle a l'air d'un estropié et d'un malade. [Taine.)
Pariicipes passés des cerbes pronominauc .
Faites accorder, s'il y a lieu, les participes soulignés.
Nous nous sommes vu hier à la soirée de Madame X. — Vous vous êtes trompé. Messieurs. — Savez-vous où ils se sont rencontré et s'ils se sont parlé longtemps ? — Cette dame s'est concilié tout le monde par son attitude. — Après notre arrivée à Lausanne, nous nous sommes baigné dans le lac. — Je ne comprends pas pourquoi votre cousine s'est dégoûté de la musique qu'elle aimait tant autrefois. — Après un simulacre de défense, les ennemis se sont enfui. — Ces pauvres vieillards se sont ^/e>0Md7/(^de toutau profîtde leurs enfants. — Les hirondelles se sont dispersé dans toutes les directions. — Si la chose eût été faisable, elle se serait empressé de la faire. — Pendant la dernière guerre, les Japonais se sont emparé de Port-Arthur. — Je trouve que cette personne s'est arrogé des droits qu'elle n'avait pas. — Ces gens-là se sont moqué de vous. — Quand le vent s'est mis à souffler, toutes les lumières se sont éteint. — Nous nous sommes ijroposé de partir demain. — Nous nous sommes proposé comme ingénieurs auxiliaires. — Nos amis se sont beaucoup ennuyé hier au soir au théâtre. — Est-ce (]ut' Madame votre mère s'en est allé?— La nouvelle s'eslréprnidu que la guerre était imminente. — Ma s(L'ur s'esl entremi.s pour réconcilier les deux jeunes filles. — lisse sont, liicn k tort, inuniscé dans cette querelle. — Nos voisins se sont installé dans leur maison de campagne. — Ces deu.x individus se sont lance mille injures à la face. — Nous lui avons
conseillé de ne pas partir dans d'aussi mauvaises conditions, mais elle s'est obstiné à faire ce voyage. — En travaillant dans cet atelier, ces ouvriers se sont beaucoup î)er'fectiO)iné.
— Mon frère n'avait pas envie d'acheter une maison, mais comme une bonne occasion s'est présenté, il en a profité. — Notre petite chatte s'est échappé cette nuit. — Ces deux associés se sont quitté en fort mauvais termes.— Je suis persuadé que cette dame se sera repenti d'avoir refusé la place qu'on lui offrait. — L'accusée a d'abord nié son crime; mais, à un moment donné, elle s'est coupé et a fini par tout avouer.
— Ces messieurs se sont plaint qu'on les avait mal reçus.— Ma mère s'est aperçu que vous étiez en froid avec elle. — Le soldat paraissait guéri, mais sa blessure s'-est rouvert et maintenant il est au plus mal. — Ces dames se sont fait mille compliments sur leurs toilettes. — Ces deux hommes sont évidemment très liés, car ils se sont tutoyé. — Si Mademoiselle Marie avait su que nous partions, elle s'en serait venu avec nous. — La jument s'est cabré d'effroi.
Participe passé suicL d'un infinitif.
Faites accorder, s'il y a lieu, les participes soulignés.
L'histoire que vous avez entendu raconter hier est tout à fait fausse. — La troupe que nous avons vu]0\iev est partie depuis trois jours. — Les deux orateurs que vous avez entendu parler à la Chambre sont très éloquents. — La comédie que vous avez vu jouer à l'Odéon est de Molière. — Croyez-vous que ce soient les seules maisons qu'il a fait construire. — La dame qu'il a cru voir au théâtre n'est plus ici. — Nous aurions pu forcer notre servante à rester jusqu'à la fin du mois, mais nous l'avons laissé partir tout de suite. — Les cahiers que j'ai eu à corriger hier m'ont occupé toute la soirée. — Vos amis nous ont écrit de venir les voir. — Ce sont les ouvriers que j'ai vu travailler chez vous. — Les peaux que j'ai vu travailler à !a fabrique m'ont paru fort belles. — Je leur ai remis des journaux qu'ils se sont empressé de lire. — Le libraire nous a envoyé des livres qu'il avait supposé pouvoir nous intéresser. — Il regrettera souvent l'occasion qu'il a laissé échapper. —Les moyens que ce
nég-ocianta (là employer pour se faire payer sont, très curieux.
— Je vous montrerai tous les objets d'art que j'ai pu rapporter d'Orient. — Les fautes qu'il a voulu punir n'étaient pas bien graves. — La police a réussi à arrêter les voleurs qu'on lui avait rfiï se cacher dans cette maison abandonnée.
— L'idée qu'on vous a fait abandonner était bonne, à mon avis. — Les liirondelles que nous avions vu partir sont revenues.
Participe employé avec en, avec le et avec le peu.
Faites accorder, s'il y a lieu, les participes soulignés.
Il y a dans ce pays un g-rand nombre de nègres; pendant notre dernier voyage nous en avons rencontré des centaines. — On m'a dit que vous aviez reçu, ce jour-là, beaucoup de lettres, mais je doute que vous en ayez 7''eçu autant que moi. — A la Bourse, les joueurs finissent par tout perdre; combien en a-t-on connu qui ont dissipé en quelques jours une grande fortune. — La situation politique n'est pas aussi mauvaise qu'on l'avait pensé. — Le peu d'agréments qu'il a trouvé dans cette ville l'a déterminé à partir. — Le peu de distractions que nous avons eu nous a permis de passer le temps agréablement. — Selon moi, votre sœur n'est pas aussi convaincue que vous l'aviez cru. — Grâce au peu de livres qu'il a reçu, il a pu préparer son examen. — Nous ne pensions pas lire tous ces journaux, mais nous en avons lu la plus grande partie. — Le peu de marcbandises que ce négociant a vendu a causé sa ruine.