MODE IMPÉRATIF
L'impératif a deux temps: V impératif futur et Vitupératif futur antérieur.
1° L'impératif futur s'emploie dans les cas suivants:
a) Pour exprimer un ordre, un commandement ou une défense.
Ex. : Venez demain. — Apportez-moi ce livre. — Ne faites pas cela. — N'entrez pas.
Remarque. Lorsqu'on veut donner à l'impératif une forme plus polie, on se sert des locutions: Veuillez...^ Ayez la bonté ou la complaisance de.... Soyez assez bon pour...
Ex. : Veuillez me prêter votre livre. — Ayez la complaisance de m'accompagner. — Soyez assez bon pour me dire ce que vous pensez faire.
Si l'on veut ajouter à l'impératif l'idée de prière, on emploie le verbe daigner.
Ex. Daignez m'accorder son pardon.
b) L'impératif s'emploie souvent à la place de si et du présent de l'indicatif. (Voir page 55.)
Ex. : Lisez ce livre et vous connaîtrez mieux l'Italie (c'est-à-dire : Si vous lisez ce livre, vous connaîtrez mieux l'Italie).
cj II s'emploie aussi quelquefois à la place du subjonctif.
Ex. : Venez ou ne venez pas, cela m'est égal (c'est-àdire : Cela m'est égal que vous veniez ou que vous ne veniez pas).
2" L'impératif futur antérieur implique aussi une idée de commandement, mais il veut dire toujours que la chose doit être faite pour un temps fixé.
Ex. : Ayez terminé ce travail pour trois heures (c'est-àdire: Il faut que vous ayez terminé ce travail pour trois heures).
3*^ Il existe en français une sorte d'impératif composé formé du mot allez et d'un infinitif. Cet impératif, qui s'emploie surtout avec la négation, sert à faire ressortir davantage l'idée qu'on veut exprimer ou à renforcer le sens d'un verbe.
Ex. : Nous l'avons tiré de la misère, et pour nous récompenser, il a dit du mal de nous. Allez, après cela, parler de reconnaissance. — Le roi de Dahomey avait un album... N'allez pas vous représenter un album illustré par le crayon de nos maîtres... (de Chcrrillc). — Il m'a été impossible de venir hier... N'allez pas croire que j'y aie mis de la mauvaise volonté.
Exercices sur l'emploi de l'impératif.
Mettez à V impératif les verbes diU futur.
Vous irez dans le jardin chercher quelques fleurs. — Chacun fera son devoir et la victoire est à nous. — Nous serons justes envers nos semblables; c'est le premier devoir. — Tu ne passeras pas par ce chemin, si tu veux éviter les mauvaises rencontres. — La Rochejaquelin dit à ses soldats cette admirable parole: «Si j'avance, vous me suivrez ; si je recule, î'ous me tuerez; si je meurs, vous me vengerez ! » — Mazarin, apprenant qu'on faisait des chansons contre lui à propos des impôts, dit en riant : « Ils chanteront, mais ils paieront ! " — Roileau a dit dans son Art poétique : « Vingt fois sur le métier vous remettrez votre ouvrage. » — Il faut mettre en pratique la parole du Christ : « Vous ne ferez pas à autrui ce que vous nevoudriezpasqu'on vous fît. »— Vous viendrez me voir demain et m'apporterez ce que vous m'avez promis. — Un feras ce que dois; il adviendra que pourra.
Mettez les verbes soulignés
à l'impératif de politesse, avec les locutions Veuillez, Ayez la bonté.
Ayez l'obligeance, Soyez' assez bon.
Agréez, Monsieur, mes meilleures salutations. —Je vous demande de me donner du pain. — Rendez-moi ce service — Prètez-tnoi votre canif un moment. — Rapjjortez-lui le livre qu'il m'avait prêté. — Présentez mes hommages à Madame votre mère. — Par donnez -lui; il ne sait pas ce qu'il fait.
Remplacez par l'impératif ou l'impératif composé les expressions soulignées.
Si VOUS payez vos dettes, vousserez estimé. — iS'i7/aïï son devoir, tout ira bien. — Si nous «rons confiance en l'avenir, nous réussirons. — Que vous partiez ou que vous ne 2)artiez pas, c'est pour moi la même chose. — // faut que vous
finissiez ce livre avant midi. — Vous ne croirez pas, au moins, que je vous aie trompé! — L'un dit : blanc, l'autre dit : noir; vous vous ferez après cela une opinion! — J'ai été obligé de le supporter pendant toute une soirée ; ne vous imaginez T)<^is que cela m'était égal. — Si vous parlez une heure chaque jour, vous apprendrez vite le français. — Si vous n'oubliez pas de venir, tout ira bien.— Quandunmalheur viendra, il ne saura que faire. — Quant à vous, que vous suiviez Mars ou l'amour, ou le prince; — que vous alliez, veniez, couriez, demeuriez en province; — que vous preniez femme, abbaye, emploi, gouvernement, — les gens en parleront, n'en doutez nullement (La Fontaine).