CHAPITRE VI
traitement
Le traitement de l’empyème pulsatile présente de grandes difficultés.
• On se trouve en présence d’une pleurésie purulente ancienne, invétérée, souvent d’origine et de nature tuberculeuses. Que peut-on espérer en pareil cas, et quelle conduite fautil tenir?
Si l’on s’abstient, si l’on abandonne la maladie à son cours naturel, il pourra arriver deux choses ; ou bien le malade succombera à l’hecticité, àla cachexie, à l’asphyxie progressive; ou bien il sera soulagé par des vomiques, par la rupture spontanée d’une poche extra-pleurale, d’un empyème de nécessité, et une survie parfois assez longue succédera à l’évacuation spontanée de la plèvre.
l’empyème pulsatile.
L’abstention pure et simple — le traitement purement médical ne mérite pas d’autre nom
ne saurait être conseillée en présence de
l’empyème pulsatile; elle serait coupable.
Quand et comment faut-il intervenir? On interviendra le plus tôt possible, car une pleurésie purulente qui est devenue pulsatile n’a été que trop négligée, elle doit être traitée sans délai.
Bien plus, c’est avant l’apparition des pulsations qu’il faudrait traiter la pleurésie, et en le faisant, on préviendrait l’apparition des pulsations, on ferait la prophylaxie de l’empyème pulsatile.
Actuellement le traitement antiseptique de la pleurésie purulente a donné de tels succès que tout médecin n’hésite pas à intervenir radicalement et de bonne heure. Voilà pourquoi peut-être l’empyème négligé, traité par la contemplation, devient de plus en plus rare et pour ainsi dire introuvable. Donc la pleurotomie antiseptique, voilà le traitement de choix, le traitement par excellence, qui partout adopté aujourd’hui, permet de faire la prophylaxie, le traitement anticipé de l’empyème pulsatile.
A cette phase récente de l’empyême tout espoir n’est pas perdu.
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Quandles pulsations ont fait leur apparition, les chances favorables sont moindres.
On agira d’abord par la thoracenlèse, par la ponction aspiratrice qui permettra d’évacuer en grande partie ou complètement le pus contenu dans la plèvre; d’où un soulagement très marqué pour le malade.
On a vu des malades qui, après une série de ponctions, ont pu quitter l’hôpital et reprendre leurs occupations. Cependant la maladie n’était pas guérie, l’empyème persistait, mais il était devenu latent, et l’on a vu de ces collections purulentes de la plèvre, analogues aux abcès froids, compatibles avec une assez longue existence.
Pour ces empyèmes latents, l’incision des espaces intercostaux, la pleurotomie n’est pas à conseiller; elle ne produit pas de résultat plus décisif que la ponction, et elle expose à des fistules intarissables et à des infections secondaires de la plèvre. Quand un empyème pulsatile déjà ancien se présentera avec les caractères de la chronicité, avec apyrexie, état général satisfaisant, on ne s’empressera donc pas d’inciser les espaces intercostaux, on s’adressera de préférence à la thoracentèse.
Au contraire si l’empyème pulsatile est de
202 l’EMPYÈME pulsatile.
date récente, on fera la pleurotomie antiseptique, après une ou deux ponctions aspiratrices qui auront permis de tâter le terrain et d’éprouver les chances du malade.
Il ne faut pas, dans ces cas, demander aux ponctions plus qu’elles ne peuvent donner; le poumon est trop comprimé, trop menacé dans sa structure, pour autoriser des essais multiples et des temporisations funestes. La pleurotomie sera précoce et rigoureusement antiseptique.
Si elle ne suffit pas, si la paroi thoracique et le poumon ne peuvent se rejoindre, on fera l’opération d’Estlander, c’est-à-dire la résection d’un certain nombre décotes. On enlèvera ainsi à la paroi thoracique une partie de son squelette, et on la rendra plus flexible.
La pleurotomie antiseptique a fourni quelques succès; la pleurotomie avec résection costale en a donné d’autres. Mais quelquefois on a pu croire à des guérisons qui ne se sont pas maintenues. C’est ainsi que le malade de Féréol opéré par M. Berger a pu sembler guéri pendant quelque temps ; puis la fistule s’est rouverte et des symptômes in quiétants se sont de nouveau montrés.
En résumé, le traitement de l’empyème pul-