‹ L'Empyème pulsatileChapitre 8 sur 29 · The Lancet, 31 mai 1884, p · texte numérisé non relu

The Lancet, 31 mai 1884, p

niveau ne laissàit entendre que les bruits du cœur.

Admise le 4 janvier, la malade succomba le 6. Le diagnotic fut ; épanchement dans la cavité pleurale gauche avec déplacement du cœur, anévrysme ou plutôt tumeur mahgne occasionnant des pulsations. L’autopsie donna un éclatant démenti à ce diagnostic, qui n’aurait pas dû être fait dans le pays de Mac Donnell. On ne trouva en effet qu’un vaste épanchement purulent remplissant la plèvre gauche ; le péricarde était adhérent au cœur, lui-même hypertrophié, et l’auteur pense que c’est à cette lésion et aux tiraillements qui en résultèrentqu’on doit attribuer les pulsations thoraciques.

Il est regrettable que le D' Broadbent n’ait pas rapporté avec plus de détails cette intéressante observation, qui est un type d’empyème pulsatile. Il ne nous dit rien des lésions pulmonaires. Quel était l’état du poumon gauche? où était-il? quelles étaient ses connexions?

y avait-il ou n’y avait-il pas de tuberculose pulmonaire? Tout cela est passé malheureusement sous silence, et la pathogénie ne reçoit aucun éclaircissement d’une observation qui présente de telles lacunes.

Une observation originale, due au D‘' Eichhorst, est rapportée par M. Keppler dans un travail d’ensemble paru en 1887 L

i. Ueber Pleuritis pulsans. {Deut. Arc/i. f. Klin, med., l'887, p. 220-240.)

Obs. XXVII. — Un garçon de 14 ans tombe malade il y a 13 jours, et accuse un violent point de côté au niveau des septième et huitième côtes droites, entre la ligne mamillaire et la ligne axillaire. On put bientôt constater une matité étendue à la largeur de trois doigts en arrière. Quatre jours après, la matité atteignait l’angle inférieur de l’omoplate. Il y avait, à ce niveau, une diminution notable de la respiration, avec abolition des vibrations thoraciques. Finalement la matité gagne toute la moitié droite du thorax ; le pouls est fréquent, la dyspnée très forte ; la température oscille entre 38“ et 39“. Applications de glace, infusion de digitale pendant trois jours; on.avait diagnostiqué une pleurésie séreuse.

L’enfant était d’ordinaire bien portant et sa famille était saine.

Examen le 17 octobre 1883. On constate que l’enfant est délicat, maigre, peu musclé. Teint animé par la fièvre, pouls à 120. Tandis que la moitié gauche du thorax respire avec ampleur, la moitié droite reste immobile ; les espaces intercostaux de ce côté sont effacés. On constate de légères pulsations occupant la partie antéro-latérale de la moitié droite du thorax. Ces pulsations, isochrones aux battements du cœur, s’étendent jusqu à la troisième côte. La main, appliquée à ce niveau, sent nettement les pulsations. Matité absolue, abolition des vibrations thoraciques.

Signes de tuberculose au sommet.

La pointe du cœur bat à un centimètre et demi

* IMW * 11 ii| I n ii iM I ^ 11|

52 i’eMPYÈME pulsatile.

de la ligne mamillaire gauche; les bruits sont purs. Poumon gauche sain.

On fit une ponction et on constata avecsnrprise que le liquide était séreux et clair. On retira par aspiration 800 centimètres cubes de sérosité transparente.

Cette évacuation ramena la sonorité en arrière, mais ne changea pas la matité antérieure. On pensa à un cloisonnement de la pleurésie et on fit, l’. en avant, entre la ligne mamillaire et la ligne axil- •. laire, dans le cinquième espace, une nouvelle ponction qui donna 200 centimètres cubes de sérosité. Alors les pulsations disparurent complète- ■ ment.. Cette intervention sonlagea le malade. , Quinze jours après, nouvelles douleurs, formation d’une voussure au niveau de la 8® côte, et la ponction donna cette fois du pus.

On fit alors la pleurotomie, avec résection de la septième côte, entre les hgnes axillaire et ma- ^ mülaire ; on retira, le 18 novembre 1885, 300 centimètres cubes de pus. Le résultat fut excellent tout d’abord. a

Plus tard onretrouvales signes d’unnouvel épan- ■ chement; on réséqua, le 28 mai 1886, la neuvième ■ côte, on retira un btre de pus, et l’enfant guérit.

Cette observation est vraiment extraordi- „ naire et assurément unique. C'est le premier cas et le seul de pleurésie droite pulsatile ; toujours la pleurésie pulsatile est une pleurésie gauche. L’exception citée plus haut me porte ^

à penser qu’il pouvait bien y avoir inversion congénitale des organes et en particulier du cœur. Cette anomalie expliquerait le siège insolite des pulsations.

Quant à la nature séreuse de l’épanchement, elle est moins extraordinaire, quoiqu’elle sorte aussi de la règle. Ce n’était pas au début une pleurésie purulente, mais c’était une pleurésie destinée à le devenir, puisque la seconde ponction a donné du pus.

Quoi qu’il en soit, il semble démontré qu’une pleurésie peut être pulsatile, sans être fatalement et toujours purulente à toutes les phases de son évolution.

Aux observations que je viens de rapporter avec plus ou moins de développements, il con-- I vient d’en ajouter un certain nombre d’autres dont voici l’indication :

Obs. XXVIII. — Le D' Théodor Dunin a publié dans la Gazette Médicale de Varsovie {Gazetta Lekarska) un cas d’empyème pulsatile chez un jeune sujet.

Obs. XXIX‘. — Geigel a vu un ouvrier de S7 ans, emphysémateux, présentant dans l’hypochondre droit une tumeur qui avait grossi peu à peu. Cette tumeur partait du voisinage du bord

1. Ueber empyema necessitatis. [Würzburo med. Zeitschrift, I, 2, 1858.)

l/lîMPyÈME PULSATILE.

sternal droit et s’étendait vers la ligne axillaire : sur une longueur de 9 centimètres. Elle se divisait en deux parties, l’une interne petite, demi sphé- ■ rique, l’autre externe, plus grande, arrondie. A la palpation on sentait des pulsations. Le malade mourut au quatorzième jour. On trouva 5 à 6 onces de liquide séro-purulent dans le péricarde et une grande quantité de^pus dans la plèvre.

Encore un cas d’empyème pulsatile du côté droit, mais avec une symptomatologie bien sommaire et bien obscure. Il est difficile de tirer argument d’un exemple aussi peu explicite.

Obs. XXX. Tumeur pulsatile duns la région précordiale. — Un homme de 21 ans a présenté un empyème de nécessité pulsatile sous le sein gauche ; il aurait guéri par l’incision. Ce fait est attribué à Âsson (cité par M. Keppler) ‘.

Obs. XXXI. XXXII. XXXIIU. - L. F. Toft a observé trois cas de pleurésie pulsatile affectant la disposition classique : ü s’agissait de trois pleurésies purulentes ; toutes les trois rempüssaient la grande cavité pleurale, toutes les trois étaient situées à gauche. Dans ces trois cas, il y avait compression et déplacement du cœur, dont les battements étaient transmis à la paroi thoracique par le hquide épanché.

Page 1