‹ L'Encéphalite LéthargiqueChapitre 10 sur 35 · RS NE · texte numérisé non relu

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la léthargie est plus profonde, presque comateuse, le ptosis bilatéral est très marqué, pas de strabisme, réactions pupillaires presque normales ; pas de raideur de la nuque, ni de Kernig:; réflexes plantaires normaux à droite. Babinski extrêmement marqué à gauche ; tressaillements des mains, transpirations profuses avec ‘éruption sudorale au cou, sur les flanes et le dos.

Brusquement, pendant que je l’examinais, le malade pousse un gémissement rauque, sa main gauche se fléchit en pronation forcée sur son avant-bras, ce dernier sur le bras; la tête est, avec les globes oculaires, en déviation éonjuguée gauche ; toute la moitié gauche de la face est agitée de convulsions extrêmement violentes, un spasme respiratoire immobilise la poitrine, la cyanose apparaît, le pouls est à 120, le membre inférieur gauche, en extension forcée, présente des spasmes musculaires partiels. Pas de morsure de la langue, ni d'émission involontaire d'urine. Les convulsions toniques et. cloniques durent une minute. A la détente musculaire succède le stertor. Au bout d'une demi-heure, alors que la respiration redevient normale, apparait une nouvelle crise épileptique (la troisième en l’espace d’une heure), toujours localisée à la partie gauche du corps, accom- pagnée de transpirations profuses, crise identique à la précédente, mais de durée plus courte.

Je ne sais si depuis ces crises se sont répétées, je n’ai plus revu le malade, mais j'ai appris qu'il était mort dans la nuit du 15 au 16 mai.

Indépendamment des symptômes caractéristiques de l'encéphalite léthargique présentés par ce malade, les constatations suivantes ne permettent pas de douter de ce diagnostic : la ponction lombaire a donné un écoule-

ment goutte à goutte d'un liquide clair, eau de roche,

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qui, à la cellule de Nageotte, ne contenait que trois éléments par millimètre cube, la quantité d’albumine n'y dépassait pas 0,30. Wassermann négatif. L'hémoculture avec repiquages successifs a laissé les milieux nutritifs absolument aseptiques. Les urines, en quantité normale (un litre et demi) ne contenaient que très peu d’albuminre ; aucune affection rénale antérieure. L'absence de cas semblables dans l'entourage du malade, l’ensemble symptomatique décrit, ainsi que l’absence de toute raison alimentaire, permettent d'éliminer sans hésitation lé botulisme, que certains auteurs anglais tendent à incriminer comme cause de l'encéphalite léthargique.

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