OBSERVATION V
KO (P. Claisse. — Soc. méd. hôp. Paris, 7 mars 1919)
! S \ MwS,.. (F.),.52 ans, est soignée depuis la fin de - janvier par Mw°le docteur Boyer pour des troubles cérébraux qui prennent une allure inquiétante.
À part d'anciens accidents de paludisme et un fibrome (hystérectomie vers 1910) on ne, constate rien d’intéressant dans les antécédents). Fe à
A la fin de décembre 1918, MS... a pendant quelques jours un malaise fébrile, avec céphalée et vomisse-
ie) Buse ments, considéré comme une atteinte de grippe. Elle ne se rétablit pas complètement, éprouve dans les oreilles un bruissement intense, une céphalée tenace avec sensation de vide cérébral, des troubles visuels, de la diplopie.
8 février. — La malade a eu l'impression d’un choc. On constate un état de stupeur avec léger tremblement. Le pouls est rapide. Température 57°4,.
9 février. — La stupeur est plus marquée.
10 février. — Appelé auprès de la malade, je constate un état-de stupeur d’où la malade sort pour répondre nettement aux questions. La face est immobile, comme figée, rappelant l'aspect des parkinsoniens. De même qu'elle répond aux questions, la malade accomplit les mouvements. commandés, avec lenteur mais avec assez d'exactitude, pour reprendre de suite une immobilité absolue. Elle peut ouvrir les yeux, mais il y a du ptosis et un léger strabisme (le moteur oculaire externe droit semble intéressé). Je ne constate pas de modification de la sensibilité ni des réflexes.
12 février. — La ponction lombaire a fourni un liquide parfaitement clair avec légère albuminose et Hmphécye tose modérée. à
Le résultat de la ts lombaire s'ajoutant aux signes objectifs me conduit au diagnostic d'encéphalite léthargique, reproduisant le syndrome que J'ai eu l’occasion d'observer trois mois auparavant avec mon confrêre Hulot. |
Ce diagnostic est confirmé par M. Netter que. nous appelons quelques jours plus tard.
L'état s'améliore lentement. Les troubles visuels s'atténuent. La somnolence est moins marquée.