‹ L'Encéphalite LéthargiqueChapitre 13 sur 35 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Id. ibid.)

G... (L.} 54 ans. En décembre 1918 je suis appelé

par le D’ Billon pour un malade traité dans .sa clinique

par le D' Laurens. M. G... (L.), atteint d’otite, a subi.

un évidement mastoïdien deux mois auparavant. La cicatrice est parfaite: La guérison paraissait absolue lorsque est survenu un état fébrile, avec céphalée et torpeur, auquel le D' Laurens ne trouve aucune cause chirurgieale. J'observai ce malade plusieurs jours avec l'idée qu'une fusée purulente avait dù se produire secondairement vers la base du crâne, malgré l'intervalle très net qui existait entre la phase opératoire et l’état actuel. FAN La réaction de Wassermann (7 janvier, 1919) est négative. Le liquide céphalo-rachidien contient 1 gramme d’albumine avec légère Iymphocytose.

Peu à peu l’état s'aggrave. La torpeur s’accentue : c'est. un état de léthargie absolu certains jours,

incomplet parfois, laissant obtenir quelques réponses.

La nutrition est compromise. Le malade avale difficilement. L'intestin fonctionne irrégulièrement. La température, très instable, monte à certains jours à 39° et redescend au voisinage de la normale. On ne constate aucun signe formel d'une lésion cérébrale en foyer, pas de paralysie, pas de modification des réflexes tendineux

et'cutanés,

La situation reste très grave pendant tout le mois de janvier. La fièvre a à peu près disparu. De temps à autre on observe des montées d’un ou deux jours à 38°. L'état de torpeur, d'adynamie persiste, avec céphalée tenace et atonie des sphincters. Le traitement est purement symptomatique : huile camphrée, spartéine, lantol, collobiase d’or, etc.

Au début de février l’état s'améliore. La stupeur est moins marquée. Le malade répond mieux aux questions, ouvre les yeux, et c'est à ce moment seulement que le diagnostic réel apparaît. Je constate en effet des troubles oculaires très caractérisés : ptosis, diplopie due à une parésie du moteur oculaire externe droit. Rattachant ces symptômes à Fa léthargie, au résultat presque négatif de l'examen du liquide céphalo-rachidien, je puis enfin admettre l’analogie de ce cas et de l’autre relaté précédemment. AVE

Depuis lors l'amélioration s’est régulièrement | accentuée. La température est normale. La céphalée eb les’ troubles visuels ont disparu. La mémoire revient. Le malade reste très amaigri et faible, mais il peut se lever et reprend des forces de jour en jour.

Pendant que je surveillais ces deux cas j'eus à. m'occuper d’un troisième malade, qui, sans présenter le syndrome au complet, a eu des désordres de même nature.

Fe TD) y LEE

Page 1