‹ L'Encéphalite LéthargiqueChapitre 29 sur 35 · TU CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

TU CHAPITRE VI

ÉTIOLOGIE. — PATHOGÉNIE

Nous croyons, avec Netter, que l’encéphalite léthargique ss une affection spécifique, contagieuse et épidémique, à caraclère saisonnier.

L'épidémicité est frappante : depuis les cas signalés par Camerarius et l'épidémie de Nona jusqu'à l'épidémie de 1917-1918, on a remarqué que tous les cas survenaient en mêmé temps et dans des points très éloignés (en 1890, l'épidémie est à la fois européenne et américaine ; de 1916 à 1918, il y a eu des cas en Autriche, en Hongrie, en France, en Algérie, en Angleterre, en Grèce, en Australie, aux Etats-Unis et dans l'Amérique du Sud). NE are

Au printemps 1919, on signale de nouveaux cas en France et en Amérique. Dans chaque période, la maladie ne frappe que peu de sujets, d’une façon très disséminée. Elle est surtout vue chez des sujets au-dessus de 20 ans et au-dessous de 50. |

Voiei une statistique empruntée à l’article de Netter :

10 adultes contre 10 enfants (l’auteur fait remarquer qu'il est surtout appelé à soigner des enfants).

Sur 105 cas, dans le memorandum du « Local Government Board »:

15 au-dessous de 10 ans.

26 de 10 à 20 ans.

64 au-dessus de 20 ans.

Rice-Oxley signale un cas chez un homme de 74 ans, et, Batten et Still une épidémie infantile oh mois 1/2 Il ans)

L io se fait probablement, comme dans le cas de ce genre,‘par le rhino-pharynx. Cependant ce n'est là qu'une hypothèse basée sur les analogies de l'affection avec la grippe et la maladie de Heine-Médin.

Le 26 juillet 1917, von Wiesner relate, dans la « Wiener klinische Wochenschrift », quelques expériences intéressantes qu'il a effectuées sur le Macacus rhesus. Ayant injecté à un animal de cette espèce de l’émulsion de cerveau de malade mort d’encéphalite léthargique, ilLa observé du sommeil, des troubles paralytiques et la mort. Au contraire, l'injection d'émulsion filtrée n'aurait produit aucun résultat. Il a ensuite trouvé un ‘coccus prenant le Gram dont il a obtenu des cultures.

. La difficulté que l'on éprouve à connaître les travaux

faits chez nos ennemis pendant la guerre empêche de savoir’ exactement ce qui en est.

En France, Pettit, dans un cas de Lereboullet et Hutinel, n’est pas arrivé à un résultat positif par inoculation du liquide céphalo-rachidien au singe. Les essais d'hémoculture ont été négatifs.

En l’absence de toute constatation bactériologique démonstrative de l'existence d’un agent spécifique, on

UE PE s'est demandé si l'encéphalite léthargique n’était pas une forme clinique spéciale de maladies infectieuses antérieurement connues.

Les auteurs anglais, Harris en particulier, ont cru qu'il s'agissait de botulisme. Mais, outre qu'on n'a jamais pu déceler une intoxication alimentaire, les troubles observés ne ressemblaient que de très loin à ceux du botulisme, s’accompagnant de somnolence qui manque toujours dans cette affection.

D'autres auteurs, parmi lesquels il faut citer Crookshanks, de Saint-Martin et Lhermitte en France, ont voulu voir dans l’encéphalite léthargique une variété de poliomyélite antérieure aiguë, d’où le nom de polioméso- . Céphalite avec narcolepsie qu'ils ont proposé,

Il est certain que de grandes analogies existent entre les deux affections, mais nous pensons avec Netter que des différences réelles les séparent:

1° Si l'on considère les épidémies des deux affections, on voit que l’encéphalite léthargique survient au printemps, alors que la poliomy élite survient surtout en été et en automne.

2/b encéphalite léthargique SAR surtout chez les adultes. La poliomyélite frappe plutôt les enfants.

3° Bien que de même type, dans les deux maladies, les lésions anatomiques sont beaucoup plus légères dans la première, elles sont plus facilement curables et la guérison est plus fréquente. |

4 Le liquide céphalo-rachidien est peu modifié dans l’encéphalite léthargique ; il présente une hyperalbuminose et une leucocytose à peu près constantes dans la Rd

* Waidya et Bombay ont montré que l’encéphalite ne to habituellement pas de leucocytose san-

| — 73— guine, tandis que celle-ci existe nettement dans la poliomyélite.

Une autre hypothèse doit être discutée touchant l'identification possible de l’encéphalite léthargique avec la grippe.

Un fait assez curieux à souligner est l'apparition simultanée de ces deux maladies. |

En 1917-18, le fait est démontré. 11 en est de même en ce qui concerne l'épidémie d’influenza de 1890 et la légendaire Nona. Si l'on remonte plus haut, la même concordance d'apparition apparait encore.

Sydenham, dans sa description d’une « fièvre continue d'une partie de 1669 et des années 1673-74-75» qui paraît surtout se rapporter à des cas de grippe, décrit des manifestations qui paraissent ressortir à l'encépha-

hte léthargique.

« Cette fièvre portait quelquefois à la tête el causait un délire non pas phrénétiqueé mais presque léthargique. » «Le plus considérable de ces symptômes était une espèce de coma qui jetait le malade dans l’assoupissement et le délire. Il dormait quelquefois pendant plusieurs semaines, et ne se réveillait que par de grands cris et avec peine. Alors, il ouvrait simplement les yeux et, après avoir pris-quelque remède, ou un verre de sa boisson ordinaire, 1l retombait aussitôt dans son assoupissement, lequel était quelquefois si profond qu'il

aboutissait à une véritable aphonie. »

11 note qu'il s’agit d’un assoupissement profond et épidémique contre lequel sa thérapeutique fut vaine

(saignées réitérées, emplâtres vésicatoires, lavements,

diaphorétiques, etc...).

Si l'on ajoute à cette concordance des épidémies, la

similitude de certains symptômes, tels que l’asthénie,

les rhinopharyngites postérieures ; si l’on songe que beaucoup de complications nerveuses de la grippe, de forme méningo-radiculaire, ne se sont accompagnées, au cours de l’épidémie actuelle, d'aucune modification du liquide céphalo-rachidien, l'hypothèse de l'identité de ces deux maladies présente une grande vraisemblance.

Toutefois, en l’état actuel de nos connaissances, nous ne saurions être affirmatif sur ce point. L'encéphalite léthargique présente, dans ses formes typiques, une individualité clinique trop parfaite pour qu'on ne la considère pas, jusqu'à plus ample informé, comme constituant une affection autonome. |

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