Observation de Murs (La Clinique, mai
Une fillette de 9 ans a eu la scarlatine à l’âge de 2 ans. La troisième semaine de la convalescence fut brusquement troublée par l’apparition d’une paralysie des membres inférieur et supérieur à droite. La parole resta embarrassée pendant un an.
Le voile du palais est dévié à gauche. Le membre inférieur est raccourci de 3 cm. Le réflexe rotulien est exagéré. Le réflexe plantaire se fait en extension. L’enfant peut marcher mais avec claudication. Le membre supérieur droit est également raccourci et atrophié; la main droite est en flexion.
On doit admettre une lésion de la partie inférieure de la protubérance et du bulbe, reliquat d’une encéphalite consécutive à la scarlatine.
6. — Observation de P. ScHILDER (Deutsche Zeitsch. F. Nervenk., 1919 et 1928).
I. O., 21 ans, est entrée le 18 février 1919 à l'Hôpital des Maladies infectieuses pour la scarlatine.
Elle est la quatrième de 6 enfants. Elle a eu la coqueluche à 6 ans; son développement physique et intellectuel est normal.
En même temps que la scarlatine, qui guérit sans complications, elle avait eu de la céphalée, de l’aphasie, de l’astasie-abasie et des mouvements choréiformes.
L'examen somatique ne montre rien d’anormal, si ce n'est un premier bruit cardiaque assourdi ; la cuti-réac-
ie
tion est faiblement positive ; la réaction de Wassermann est négative dans le sang.
Il lui est impossible de marcher et même de se tenir debout, elle perd l’équilibre et tombe en arrière en projetant ses jambes en avant. La musculature toute entière du corps est flasque, la jambe droite étant plus flasque que la jambe gauche. La force musculaire est conservée. L'épreuve du doigt sur le nez dénote surtout à droite des mouvements brusques, saccadés et démesurés. Il existe de l’adiadococinésie et du tremblement intentionnel. Les réflexes tendineux sont plus vifs à droite qu’à gauche. De même à droite on note une ébauche de Babinski et un peu de clonus du pied. La sensibilité est normale. Absence de troubles des sphincters et de nystagmus. Les réflexes pupillaires sont normaux. La parole est traînante, scandée et peu compréhensible.
Par un traitement de rééducation, l’amélioration est lente; l’incoordination aux membres inférieurs diminue, et la malade peut se tenir debout.
En octobre 1927, la malade, affaiblie et amaïigrie, est admise dans la Clinique de neurologie.
L'examen montre un nystagmus horizontal pour le regard de côté, qui s’accentue dans la position couchée. La parole est toujours scandée et explosive, mais bien meilleure qu’au début de la maladie. La démarche est sautillante. Absence de Romberg. L’hypotonie musculaire aux membres supérieurs est plus forte à droite qu’à gauche. Adiadococinésie des deux côtés. Tremblement intentionnel. Dysmétrie des mouvements. L’écriture est tremblée. La sensibilité est normale. Absence de troubles neurologiques aux membres inférieurs : la force musculaire, les réflexes et le tonus sont normaux.
7. — Observation de J. H. TOoMEY, L. H. DEMBO et G. M. ConNELL (Journ. Of. dis. of children, février 1923).
ag res
Un garçon de 6 ans est admis en juillet 1922 à l’Hôpital de Cleveland.
Rougeole et varicelle dans ses antécédents.
Cet enfant fait une scarlatine typique. Il se lève au bout de trois jours et, pendant trois semaines, il joue comme d'habitude.
Le vingtième jour après l’exanthème, on observe de la photophobie et de la raideur de la jambe droite. Le lendemain matin, il a des vomissements, de la somnolence, du strabisme et de la fièvre. Le surlendemain, la somnolence est plus prononcée, il a le soir des convulsions, de l'incontinence des urines et des matières. La ponction lombaire donne issue à un liquide hémorragique.
Le vingt-troisième jour, l’état est très grave: coma, cyanose, Cheyne-stokes, raideur des bras et des jambes, myosis, raideur de la nuque, tachycardie; température à 40°4. L’enfant succombe dans la nuit.
Autopsie : Les ventricules sont pleins de sang et de caillots. Les noyaux de la base sont infiltrés de sang. Les parties superficielles sont nécrosées et hémorragiques ; au-dessous se trouve une zone d’hémorragies punctiformes.
Pas de lésions notables dans les autres viscères.
Au microscope : Thrombose de nombreux vaisseaux cérébraux avec œdème et infiltration hémorragique.
8. — Observations de OBARRIO (Revista de especialid., avril 1930).
Cet auteur rapporte deux cas de syndrome de Parkinson comme séquelle de scarlatine. Pour la première malade, âgée de 35 ans, la scarlatine remonte à deux ans, le tremblement et la rigidité siègent dans la moitié droite du corps. L’autre malade de 18 ans a eu la scarlatine à 14 ans, le syndrome de Parkinson est généralisé.
9. — Observation de URECHIA (Revue Neurologique, février 1931).
Une fillette de 11 ans a présenté, à la suite d’une scarlatine, un syndrome pédonculaire droit caractérisé par une rigidité modérée du membre inférieur droit avec un caractère extra-pyramidal et des tremblements du membre supérieur droit qui avaient un caractère intermédiaire entre le tremblement parkinsonien et la chorée.
Il s’agit d’un syndrome de Bénédikt du type supérieur, dû à une lésion du noyau rouge et du pédoncule cérébelleux supérieur.
10. — Observations de URECHIA (Archives de Neurologie, février 1931).
Cet auteur rapporte trois cas de complications tardives de la scarlatine.
Julienne B.., 17 ans, présente immédiatement après une scarlatine des troubles du caractère. Elle manifeste d’abord de l'indifférence pour son entourage, puis, deux mois plus tard, elle devient méchante avec sa mère, vole, fait des dépenses, profère des obscénités, et commet des faits qui obligent sa mère à l’interner. Cet état se maintient les mois suivants.
Louis E..., 18 ans, sans antécédents pathologiques, fait une scarlatine en juillet 1930. Le dixième jour de la maladie, apparaissent brusquement des troubles psychiques de caractère hypocondriaque; il a de l’insomnie; est agité, croit que son sang est pourri, qu’il va mourir, etc. Trois mois plus tard, les idées hypocondriaques subsistent.
B. T..., 10 ans, a eu à 9 ans une scarlatine grave suivie de troubles du caractère. Elle était impulsive, désobéis-
Le —
sante, indisciplinée, agitée, n’apprenant plus rien à l'école. Au bout d’un an sont apparus des accès épileptiformes.
11. — Observation de UREcHIA (Revue Neurologique, janvier 1932).
B. H..., garçon de 14 ans, aucune tare nerveuse, a eu la scarlatine à l’âge de 10 ans. Immédiatement après cette affection, l’enfant a éprouvé de la faiblesse dans les membres du côté gauche. Quelques semaines plus tard sont apparus des tremblements et des contorsions qui s'étendent à la totalité du corps. Au bout d’un an, les torsions sont intenses avec des phases d’agitation exagérée et d’accalmie relative. La marche est difficile, le corps prend spontanément une torsion droite.
Pendant son hospitalisation, on a constaté des mouvements dystoniques intenses, de grande amplitude, étendus à tout le corps. La marche est toujours très difficile. On note une torsion vers le côté droit et de l’atrophie des membres gauches. Les réflexes tendineux et cutanés ne sont pas modifiés. La sensibilité est normale. La ponction lombaire a été complètement négative.
Il s’agit d’un cas de spasme de torsion ou dystonie lenticulaire.
12. — Observation de DAGNÉLIE et R. DuBois (Journ. de Neur. et de Psych. de Bruxelles, septembre 1932).
R. M... fillette de 8 ans 1/2, fait une scarlatine classique qui, pour son propre compte, évolue de façon tout à fait normale. La température est descendue à 37°5 le troisième jour de la maladie, et dès ce moment l’enfant restera apyrétique.
Le deuxième jour de l’éruption, l’enfant a vomi le matin, elle est couchée en chien de fusil, elle gémit sans cesse et est nettement hostile aux soins de l'entourage,
Il n’est plus possible d’en tirer une réponse cohérente. La station debout et la marche sont impossibles. Il y a une légère raideur de la nuque et une hypertonie marquée des quatre membres. Les réflexes tendineux des membres inférieurs sont très faibles. Le Babinski est douteux à droite. Elle perd ses matières au lit.
Le troisième jour, en plus des signes de la veille, on constate des mouvements cloniques du membre supérieur droit, apparaissant par crises, du nystagmus et de l’asynergie oculaire.
Le quatrième jour, l’enfant revient à une conscience beaucoup plus claire. Il n’y a pas de troubles des réservoirs. Les autres signes sont inchangés.
Les jours suivants, l’enfant est de plus en plus consciente, mais la régression des signes précédents découvre un syndrome cérébelleux typique.
Le vingtième jour, les manifestations cérébelleuses s’atténuent, et l’amélioration progresse rapidement.
Le quarantième jour, il persiste comme seuls signes, un léger tremblement intentionnel des membres supérieurs et une parole lente et monotone.
Quatre mois plus tard, la situation est inchangée.
Les analyses biologiques du liquide céphalo-rachidien ont montré :
Le premier jour :
— 16 cellules par mme. (Iympho. 25 %; poly. 41 %; endoth. 25 %),
— 0,22 gr. d’albumine par litre,
— 0,75 gr. de sucre par litre.
Le quatrième jour :
— 49 cellules par mme. (lympho. 64 %; poly. 28 %; endoth. 18 %),
— 0,30 gr. d’albumine par litre,
— 0,82 gr. de sucre par litre.
Le quatorzième jour :
— 8 cellules par mme. (Iympho. 90 % ; endoth. 10 %), — 0,22 gr. d’albumine par litre, — 0,68 gr. de sucre par litre.
13. — Observations de Van BOGAERT, BORREMANS, RENsENs et R. WEyN (Anvers) (Presse Médicale, 7 septembre 1932).
Ces auteurs rapportent deux cas d’encéphalo-myélite subaiguë et tardive de la scarlatine :
A. S..., garçon, 12 ans.
Rougeole et coqueluche à l’âge de 8 ans.
L'enfant fait une scarlatine à exanthème fugace et sans albuminurie en avril 1924. Au neuvième jour, il semble en pleine convalescence.
Le quatorzième jour après l’exanthème, la fièvre remonte légèrement. Il a des difficultés à déglutir et se plaint de lassitude générale, de céphalée.
Le quinzième jour, le gonflement des ganglions du cou est net, la gorge est très rouge. Oligurie. Pas d’albumine. L'enfant se plaint de violentes douleurs dans l’épaule, le bras et la jambe droite. Il refuse toute nourriture et présente des périodes de somnolence non justifiée par la température. Le pouls est rapide (110).
Examen le dix-septième jour : Somnolence marquée. Diplopie par paralysie du droit interne de l’œil droit. Inégalité pupillaire, la pupille de l'œil droit est dilatée et ne réagit pas à la lumière, celle de l'œil gauche est en myosis et réagit normalement. Rétention des urines. Paraplégie flasque des deux membres inférieurs, sans gros troubles de la sensibilité tactile, douloureuse et algique. Parésie du membre supérieur droit avec abolition des réflexes. Tremblement intentionnel du membre supérieur gauche dans l'épreuve du doigt sur le nez avec grosse dysmétrie. Légère raideur de la nuque.