‹ L'enchantéeChapitre 15 sur 67 · LES YEUX DE LA MER · texte numérisé non relu

LES YEUX DE LA MER

0 mer ! tes yeux trop beaux d'absente et d'oublieuse Exhalent vers mon cœur un amour dont je meurs. Je veux appareiller pour l'eau mystérieuse, Et je veux m'en aller vers les yeux dont je meurs.

Les flots ont des rumeurs lointaines de feuillage. En vain la nuit descend, profonde, sur les eaux, Je veux appareiller pour un très long voyage Et prendre en mes filets, ô mer! tes yeux trop beaux.

Et si par les embruns ma felouque est brisée, Joyeux, je m'étendrai sur le banc des rameurs, Dans l'espoir de t'avoir, ô mer I pour fiancée. Et de m 'ensevelir dans tes yeux dont je meurs.

Mon âme est le pêcheur devenu fou d'amour Qui partit sur la mer et n'eut pas de retour.

Tunis, 189U.

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