‹ L'enchantéeChapitre 16 sur 67 · POUR DIRE TOUT BAS · texte numérisé non relu

POUR DIRE TOUT BAS

Oh! je voudrais un soir qui ne finirait plus, L'été, lorsqu'aux rameaux les brises sont câlines, Et qu'un peu de tristesse erre sur les collines A cause de l'essor des tardifs angélus.

Je voudrais que le ciel eût toujours, indécise, Tel un sourire au fond d'un regard reflété. Cette mystérieuse et fugace clarté, Et le couchant ces tons rosés de chair exquise ;

Que la nuit, au levant, ébauche seulement La bleue obscurité de son aube naissante ; Qu'elle se pose sur les monts, et que l'on sente Les souffles de son vol fraîchir au firmament ;

Qu'une fine lueur plane sur toute chose ; Que rien ne dorme, mais que tout soit assoupi Et s'alanguisse en des nonchalances d'épi. Et que toute paupière à rêver soit mi-close ;

Que les échos du jour meurent, mais pas assez Pour qu'on n'entende encor des rumeurs cristallines. Gomme au frôler des doigts distraits les mandolines. En sourdine, vibrer parmi les airs lassés ;

Puis, pour que l'ombre soit discrètement gemmée, Qu'une étoile reluise, unique, dans les cieux ; Et qu'ils soient caressants, qu'ils soient aimants, ses yeux, Comme ceux de l'Amie absente et bien-aimée.

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