PAYSAGE REVE
Les arbres sont très hauts, souverainement calmes, Et, quand le vent du soir les effleure, on dirait Qu'un vol de grands oiseaux passe sur la forêt, Tant sont mélodieux les soupirs de leurs palmes.
La rivière s'en va, tranquille, sous les bois. Et son murmure est doux comme une voix d'amie Par qui toute douleur en l'âme est endormie, Et qui, pour écouter, s'arrêterait parfois.
0 vision de paix et de béatitude !
Oh! pour être jamais, trop lointain et trop beau,
Le rêve de laisser couler comme de l'eau,
Ma vie en cette calme et fraîche solitude !
Le rêve d'y marcher dans l'herbe et dans la mousse,
A jamais oublieux des souffrances d'antan,
Le rêve d'y guérir de l'amour et, pourtant,
D'y pleurer quelquefois d'une douleur très douce.