LE TREMBLE
Gomme l'on se souvient quelquefois, par hasard, D'un vers d'une chanson qu'on aurait désapprise. D'un plaisant paysage entrevu quelque part, J'ai gardé seulement la souvenance exquise D'un tremble délicat qui flottait à la brise.
S'inclinait-il, ce tremble, au bord d'un clair étang. Où l'âme des roseaux erre en pâles murmures ? Palpitait-il au seuil d'un bois où l'on entend, Lorsque les vents du soir inspirent leurs ramures, Les arbres échanger des paroles obscures ?
L'ENCIIAr<TÉE
Etait-ce par un soir d'automne paresseux S'épanchant du ciel rose en lueurs satinées ? Ou bien par un matin argenté comme ceux Par qui l'été prélude à ses blanches journées, Que je l'ai vu, ce tremble, en mes jeunes années?
Je ne sais. Mais il faut que ce fût au moment Où, comme im calme étang, mon âme était dormante, Pour que je sente encore frissonner doucement, Comme on sent frissonner l'ombre d'une ombre aimante. Ce tremble délicat sur mon âme dormante.