PITIE
Dans les nuits d'hiver, quand la terre est blarxhe
Sous le ciel raidi, Quand au vent glacé le bois neigeux penche
Son front alourdi;
Quand le froid étreint le cœur du grand chêne
Jusqu'à le meurlrir, Quand les grands sapins eux-mêmes ont peine
A ne pas mourir ;
Lorsque le pommier du verger sanglote ;
Quand le vieux noyer Entre les réseaux du givre grelotte
Et se sent plier,
Combien plus encor souffrent les charmilles,
Les peupliers blancs, Les bouleaux aussi frêles que des filles,
Les saules dolents.
Le tremble inquiet qu'une haleine affole,
Le pécher vermeil, L'amandier frileux comme rme créole
Loin de son soleil.
Alors, dans les bois, combien d'agonies Se plaignent tout bas I
Combien de sanglots de choses finies Que l'on n'entend pas !