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LES AMPHORES

Parce qu'elle est suave, harmonieuse et chaste, Parce qu'elle descend des cimes du ciel vaste;

Parce que la douceur, la joie et la clarté, Se répandent de son ineffable beauté ;

Parce qu'elle est l'Eau sœur de la sainte Lumière, Sur qui flotta l'Esprit de l'aurore première ;

L'Eau féconde, par qui la Terre dans son sein Enfante les épis dont l'homme fait du pain ;

L'Eau musicale dont la chanson monotone, Aux cœurs des malheureux, consolante, résonne;

L'Eau vibrante des mers, amante des voiliers Qui s'en vont bondissant comme de grand béliers;

Parce qu'elle est le charme, et le rêve, et la vie, En qui la soif de toute lèvre est assouAde :

Les hommes d'autrefois à qui, mieux qu'à présent. Le monde révélait son charme adolescent,

Les hommes qui vivaient sous les tentes sonores Inventèrent la forme exquise des amphores.

Tunis, 1893.

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