TANIT
Dans les cieux somptueux tendus de velours noirs, Traînant les plis de sa simarre lumineuse, Tanit la Blanche sort de la tente des soirs. Toute puissante, toute belle et bienheureuse.
Elle sort de sa tente et monte au firmament ; L'inefTable vertu que répand sa présence Yerse dans tous les cœurs un long enchantement. Et l'univers est plein de sa douceur immense.
HC
L E^CHA?iTEE
La vierge harmonieuse et fervente, la mer, De son antique amour toujours endolorie, Lui redit les versets de son cantique amer. Et sous son baiser pâle elle s'apaise et prie.
Et tels, autour des dieux des Olympes anciens, Les paons sacrés ouvrant les pennes de leurs queues. Au devant d'Elle vont les vents aériens Qui l'évenlent avec leurs grandes ailes bleues.
Un moment, sur la rive où régna la cité
Qui l'honora jadis d'une louange unique.
Où les prêtres voués à sa divinité
Portaient des cloches d'or au bas de leur tunique^
Où, près du cep d'onyx aux raisins toujours murs,. Sur l'autel revêtu de lames d'or, sereine. Son image trônait invisible aux impurs.
Sur la rive un moment son sourire se traîne.