LES VIEUX NIDS
Au printemps, lorsque les oiseaux, A l'ombre des feuilles nouvelles, Le long des bois, aux bords des eaux.
Couvent leurs amours sous leurs ailes,
Si par hasard vous découvrez, Reliques des saisons dernières.
Solitaires et délabres, Quelques vieux nids dans les bruyères,
26 L*ENCHA>'TÉE
Ayez pitié de ces vieux nids Qu'afflige un printemps égoïste, Et qui de leurs bonheurs finis Gardent comme un souvenir triste.
Songez aux toits inhabités,
A la masure démolie.
Aux berceaux, aux cœurs dévastés.
Aux vieilles choses qu'on oublie.
Mais surtout ne les brisez pas, Ces vieux nids qu'en vos rêveries Vous découvrirez sous vos pas.
Parmi les bruyères fleuries.
Car, au retour des mauvais mois, Quand la neige, emplissant les haies Et s'entassant au front des bois, A recouvert toutes les baies.