SOIR ROMAIN
Les chevaux africains, le poitrail blanc de baves. Ramenaient les oisifs des villas de Tibur ; Un soir voluptueux se mourait dans Tazur, Et le soleil couchant dorait les architraves.
En litières, passaient les dames ; leurs esclaves De leurs pas accordés foulaient le pavé dur ; Par groupes, devisant de quelque édit futur, Allaient les sénateurs, drapés de laticlaves.
Des éphèbes flânaient une rose à la main. Debout sous un portique, un poète badin Disait à sa maîtresse une ode improvisée.
Le Tibre reflétait les platanes dormants ; Parfois, des profondeurs de l'épais Colisée, Les lions élevaient de longs rugissements.