‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 10 sur 219 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

politiques et sociales, suffisantes pour assurer nos destinées terrestres en même temps que le salut de nos âmes, et capables de réduire au silence' les prétentions de la sagesse humaine. De même, au droit nouveau , vrai et divin , il faudrait une vérité religieuse d'accord avec lui, faisant marcher le progrès moral de front avec le progrès matériel, et remportant sur l’antique catholicisme un triomphe incontesté.

Rendons grâces à Pie IX : car son Encyclique met fin à nos douloureuses incertitudes. Loin de nous faire renoncer à l’émancipation progre.ssive de tous les hommes et de tous les peuples, elle nous presse, au contraire, d’examiner qui, de l’Église ou de la raison moderne, réalisera pleinement ce vœu trop légitime.

En effet, si l’Église catholique, apostolique et romaine est vraiment fondée par Dieu , et dirigée par Dieu vivant en elle, alors elle doit être investie, comme elle l’affirme, d’une pleine puissance, non moins à l’égard des nations et des princes qu’à l’égard des individus. Flambeau de la justice et de la vérité, elle ne saurait être en opposition ni avec les découvertes de la science, ni avec les conquêtes de la civilisation et de la liberté; et, de plus, elle est seule capable de les diriger, de les contrôler, de les faire réellement servir au bonheur de Ions. Libre aux sociétés d’être sceptiques ou rationalistes, de même qu’elles ont pu être païennes ou hérétiques. L’Église

L’ENCYCLKJUL ET LA CÜNVEMIÜN. .'1

n'enseignera pas la révolte aux catholiques vivant dans leur sein. Mais, du moment que peuples ou gouvernements cherchent, en dehors de son autorité, le chemin du bien-être et de la liberté, elle ne peut laisser croire à ces peuples ou à ces gouvernements qu’ils soient encore catholiques; elle ne peut pas davantage leur laisser croire qu’ils arrivent jamais k fonder ni autorité ni liberté véritable. Car pour eux, elle le sait, il n’y aura, tôt ou tard, que décadence morale, intellectuelle et matérielle, obscurcissement des plus simples notions du droit et de la justice naturelle, déchaînement et antagonisme des appétits matériels , sans autre frein que le règne de la force brutale. Ne pas le proclamer, surtout en un temps où la soif des richesses et de l’indépendance est si ardente , si prompte à les chercher en dehors de la vérité catholique, serait se rendre complice des illusions et des mystifications dont tant de nations et tant d’âmes sont les victimes.

Au contraire, si, malgré ces solennelles affirmations, les principes modernes, invoqués pour justifier la convention , devaient grandir les hommes et les peuples , et leur ouvrir à tous une ère indéfinie de puissance, de lumière et de véritable félicité, alors Jésus-Christ ne serait pas Dieu , l’Église ne serait pas son épouse, le Pape ne serait pas son vicaire. Alors cette société et cette doctrine incomparables ne seraient qu’une institution humaine, répondant aux besoins de certains temps et de certaines

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